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quels il comptait une partie de ses concitoyens. Quelques Romains se plaignaient de ce qu'on l'avait laissé sortir, ainsi que Magon, du territoire italien , et déploraient les malheurs qui, suivant eux, menaçaient les légions en Afrique. Fabius, principal auteur de ces tristes et vaines prophéties, mourut centenaire, à ce qu'on dit : c’est un point sur lequel nous avons élevé quelques doutes. Il en existe aussi sur la question de savoir si des négociateurs venus de Carthage ont été congédiés comme de vils espions, ou si leurs propositions pacifiques ont été accueillies par le sénat de Rome. Ilest bien avéré au contraire que celui de Carthage renvoya saus réponse trois députés romains qui demandaient raison de la plus criminelle violation de la trêve. Loin d'obtenir la réparation des dommages causés à une flotte et à un convoi, ces députés, assaillis eux-mêmes sur mer pendant leur retour, devinrent les victimes d'une nouvelle perfidie. Scipion ne voulut point user dereprésailles ; il respecta le caractère des négociateurs africains qui rentraient dans leur patrie. Annibal aussi débarquait alors entre Susa et Adrumète. Ainsi se terminait l’année consulaire de Servilius Cæpio et de Servilius Géminus : leurs successeurs Tibérius Claudius Néron étServilius Pulex s’installèrent le 4 février 202. Après la distribution des fonctions civiles et inilitaires, après des cérémonies publiques destinées à calmer les alarmes de la multitude, ôn-entra en campagne, C'était l'Afrique qui allait être le théâtre des grands événements : des princes et des seigneurs'du pays ayant fourni des renforts au général carthaginois, il vint camper sous les murs de Zama, à peu de distance de Scipion , qui, de son côté, avait pris des villes,
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soldats, et à qui Masinissa en amenait dix mille, Annibal sentit le besoin de la paix, surtout lorsqu'il eut perdu un convoi considérable et environ huit mille hommes tant tués que prisonniers, dans une action particulière, Il implora la médiation de Masiuissa, qui obtint du proconsul une seconde trêve, à laquelle con. sentait le sénat de Carthage, mais dont le peuple repoussa les conditions, plus dures encore que celles de la première. Ce débat alluma une sédition, qui se dirigea surtout contre Asdrubal, et le força de s’empoisonner. Les hostilités recommencèrent, toujours à l’avantage des Romains, et amenèrent une conférence mémorable entre les deux généraux. Je vous ai offert l'analyse des discours que les historiens leur prêtent, et j'ai recueilli les détails qui concernent les préparatifs, l'engagement, les vicissitudes et les résultats de la bataille de Zama, gagnée par Scipion. Je vais terminer aujourd'hui l’histoire de la seconde guerre punique.
Les Romains n'avaient perdu à Zama que deux mille hommes, selon Polybe et Tite-Live; Appien dit deux mille cinq cents. Ce troisième auteur er ‘te vingt-cinq mille Africains tués, huit mille cinge prisonniers, outre onze cents transfuges , savoir, huit cents Numi des et trois cents Espagnols; total, trente-quatre mille six cents. Chez les deux au‘"es-historiens la perte d’Annibal consiste en cent trente-trois étendards, onze élé phants et quarante-mille hommes, dont la moitié reste sur le champ. de bataille, et l’autre est réduite en captivité. On,distinguait dans cette seconde moitié beau coup..de Macédoniens, et surtout leur chef Sosipater Pour fixer la date de cet événement, il faut tenir compte
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CENT DIX-NEUVIÈME LE d’une écli i ue | or de soleil que les historiens Pr . y si . avec la bataille même pen p | : es hostilités. Les tables tralrar RAS OS on julien de l’an 202 avant die OR pre e soleil visible en Afrique et en Bus Rom tr à placer entre le r9 et le 3 , rare 2. re la victoire de Scipion à Zama k Has che ré Poe la valeur et l’habileté doit dpt onné en cette journée des preuves écla è “q “ position de ses troupes, la ecrabiostisbn ra Le mouvements : un vainqueur res me 8 L we dé rendant de pareils hommages N Eos nphé. Ce qui est certain, c’est qu’Anrop heureux de pouvoir, par des mar HN ous sont pas très-bien connues, re e : y regagner Il quitta bientôt cet asile, L Fi cet asile, es sénateurs RES ne où il n'était jamais rentré PL a. ie ri malgré ses malheurs, un accueil ape si : dans le sénat, où l'on délibérait ra P . re en de si tristes conjonctures, il un et de ressources que dans om on résolut de ne rien EM re mi « | chir i ns TS enclin à la clémence, sn mire : resser de nouvelles supplications, De se [ ss n savait profiter de ses succès : il pilla ri p ennemi, et aussitôt après se rapera ki vint camper à Tunis. La réiolh.
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préteur de Sardaigne, Lentulus, au port d'Utique, avec cinquante vaisseaux de guerre, et cent bâtiments de transport chargés de munitions. Ce renfort enhardit le proconsul à paraître devant Carthage; mais, auparavant, il envoya Lélius à Rome, pour y annoncer la victoire de Zama, et il ordonna au propréteur Octavius, qui de Sardaigne s'était aussi rendu en Afrique, de conduire par terre vers Carthage le corps des légions romaines. L’escadre de Lélius portait à Rome les plus riches dépouilles enlevées à l'ennemi et les prisonniers de marque, des meubles travaillés en ivoire, d’autres ouvrages précieux, deux mille cinq cent dix talents en argent et en or, destinés au trésor public. Le proconsul avait fait deux parts de tout le reste du butin. L'une, mise à l’encan, produisit des sommes à distribuer aux soldats. Entre les prix militaires, le plus magnifique fut décerné à Masinissa ; c'était uue couronne d’or. L'autre part dela proie servit d’offrande aux dieux et aux déesses. On la rassembla sur un bûcher, on la consuma en holocauste; et, dans cette solennité, Scipion, pour mieux témoigner sa reconnaissance aux immortels, voulut remplir lui-même la fonction de sacrificateur, ainsi que l'ont pratiqué plusieurs autres généraux romains. Appien, de qui nous tenons ces détails, parle en même temps des mesures que.prenaient les Carthaginois pour se mettre en état de résister encore aux vainqueurs. Avant d’avoir appris l'événement de Zama, et, comme nous l'avons vu, dès l’an 203, ils avaient dépêché un messager à Magon, qui venait de passer dans la Gaule Cisalpine, où il s’efforçait de soulever les habitants contre Rome et d’enrôler des soldats, On informait Magon du débarquement de Scipion en Afri-
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que, et on l’invitait, soit à rentrer en Italie, soit à revenir avec son armée sur les côtes africaines. Les Romains surprirent le messager, interceptèrent les lettres dont il était porteur. Scipion les envoya au sénat de Rome, qui en entendit publiquement la lecture et décréta l'équipement d’une nouvelle flotte. Mais la nouvelle de la journée de Zama et les négociations qui la suivirent arrêtèrent les préparatifs de cet arrnement.
Tous les mouvements de Scipion annonçaient le dessein d’assiéger Carthage; il ne songeait en effet qu’à épouvanter cette cité, et à lui inspirer, par cet effroi, un impatient désir de la paix. 1l craignait que le consul Tibérius Néron ne vint la conclure, et il ne voulait céder à personne l'honneur de terminer la guerre, L’aspect soudain de sa flotte, accrue de celle de Lentulus, frappa de consternation le peuple de Carthage et Annibal lui-même. Une galère sortit du port, ornée de banderoles, de branches d'olivier, de tous les symboles de la paix. Elle portait dix députés choisis dans les plus nobles familles; et on la vit s'approcher, à la rame, du vaisséau que montait Scipion. Les dix envoyés prodiguèrent les supplications, les prostrations , les promesses : le proconsul répondit qu'il retournait à Tunis, et que, là, il examinerait s’il devait recevoir leurs hommages et accéder à leurs demandes. L'armée de terre, commandée par Octavius, revint à Tunis, et Scipion allait s’y reñidre d’Utique, où il avait conduit sa flotte. Mais il tpprit qué Vermina, second fils de Syphax, accourait de Nurmnidie à la tête d’une armée considérable, surtout en cavalerie, Vermina s’était mis en marche avant d’être informé de l'affaire de Zama , qui peut-être aurait tourné tout autrement , s’il
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avait pu rejoindre Annibal avant cette journée, Maintenant il n’arrivait que pour subir sa part du désastre, Un détachement de légionnaires et tout le corps des cavaliers romains allèrent à sa rencontre, l'atteignirent, exterminèrent sa cavalerie, lui tuèrent quinze mille hommes, firent dov:e cents prisonniers, enlevèrent quinze cents chevaux numides et soixante-douze enseignes, Ce revers redoubla les alarmes des Carthaginois : ils envoyèrent au camp de Tunis une ambassade composée cette fois de trente seigneurs, qui descendirent aux plus humbles prières, aux plus abjectes protestations de soumission et de repentance. Le proconsul n’adoucit point l'expression de son mépris pour des perfides qui l'avaient déjà trompé; il ne laissa point voir qu’il aspirait à négocier peut-être plus ardemméent qu'eux-mêmes. Il ignorait avec quel zèle, avec quelle dextérité ses amis retardaient à Rome le départ du con. sul Néron;etil craïgnait de le voir survenir au premier jour, à la tête de cette flotte dont on avait ordonné l’é. quipement. Il tint un conseil de guerre, où il opina pour la paix; et, dès le lendemain, il rappela devant lui les trente ambassadeurs africains, Il prit avec eux le ton qui convenait à sa fortune, à sa puissance et àses desseins. Il ne leur épargna pas les reproches; mais, à d’amères invectives contre leur mauvaise foi, succédèrent de vives exhortations à la prudence, et à la crainte des dieux vengeurs de toute infidélité, Il finit par dicter des conditions que, d'après les récits des historiens, nous comprendrons en dix articles, Le premier permet aux Carthaginois de vivre selon leurs lois et leurs coutumes;.de conserver, sans crainte d'aucun pillage, les villes et les provinces qu’ils possédaient en Afrique avant
e, Maindésastre.
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CENT DIX-MEUVIÈME LEÇON. 469 la guerre. Le second les oblige à rendre les prisonniers romains, à livrer les déserteurs, les esclaves fugitifs, et les Italiens qu’Annibal a traînés après lui; le troisième, à remettre tous leurs vaisseaux de guerre, à l'exception de dix trirèmes , et tous leurs éléphants, sans pouvoir désormais apprivoiser un seul de ces animaux. Le quatrième leur interdit toute guerre, soit en Afrique, soit au dehors, à moins qu’ils n’obtiennent le cousentement exprès du peuple romain. Par le cinquième, ils s'engagent à restituer à Masinissa tout ce qu’ils ont usurpé sur lui ou sur ses ancêtres, et à contracter une alliance avec lui; par le sixième, à fournir, jusqu'à la ratification du traité, du blé aux légions de Rome et la solde à ses auxiliaires ; par le septième, à payer en cinquante années un tribut de dix mille talents en argent; et par le huitième, à livrer cent otages âgés de quatorze ans au inoins , de trente au plus, etque le proconsul choisira. L’avant-dernier article porte que la trêve nouvelle ne commencera qu'après la restitution des vaisseaux et des effets déloyalement enlevés durant la précédente; et le dernier, que l’armée romaine évacuera l’Afrique dans l'intervalle de cinquante jours après l’exécution du traité. Voici, Messieurs, quelques variantes fournies par Appien : aux dix mille talents il substitue deux cent cinquante talents euboïques, payables en chacune des cinquante années ; ce serait en tout douze mille cinq cents talents. Ilélève lenombre desotages à cent cinquante, et n’y comprend que des enfants. Il ajoute aux dix articles les quatre suivants : 1° Magon sortira de la Ligurie dans l’espace de soixante jours (nous avons vu qu’il en était déjà sorti); 2° Carthage retirera ses garnisons de toutes les places qu’elle a con-