V. Rome avait les mêmes consuls quand ce poëte
(x) Act, I, se, 2, 4, 5, 63 act, Il, sc. mulum calcitrare; le chap, 14 du traité 8; act, LIT, sc. 7 et 8, de Jeau Nicolas, de Calearibus; S, Frid,
(a) Voy. les Commentaires sur les Mayeri Exercitatio, num Christus lege- Actes des apôtres , IX, 5 : Contra sti- rit Terentium, ete,
fit représenter l'Eunuque, quelques mois après ou avant le Phormion; mais l’Eunuque obtint encore plus de succès : il fut joué deux fois en un seul jour, à ce qu'affirme Donat, et reproduit avant la fin de l’année. Suétone dit que le poëte y gagna huit mille pièces d'argent, octo millia nummum , et que jamais encore une comédie n'avait été venduesi cher. Madame Dacier réduit pourtant cette somme à deux cents écus de France; il est probable que c’était plus. D’heureux détails de cet ouvrage ont été transportés dans le Muet de Brueys et Palaprat; mais ces imitateurs sont bien loin, selon la Harpe, d’égaler le dialogue et la diction de l'original. Auparavant , la Fontaine avait traduit en partie l’Eunuque latin, sans même en changer le titre: « Ce n’est, disait-il ingénument, qu’une médiocre co- « pie. » Quelque modeste que soit cet aveu , on est forcé d'y souscrire. Molière a tiré un meilleur parti du premier acte de la pièce latine; il y a saisi des traits qui ont embelli les divers tableaux qu'il a tracés des querelles d’amants et des dépits d'amour. Perse et Horace avaient puisé à la même source quelques morceaux de leurs satires (1). De son côté, Térence devait à Ménandre le premier fond de toute cette comédie, qui peint si vivement les mœurs antiques. On la jugerait fort mal, si on ne la comparait qu’à nos mœurs modernes. La Fontaine, en la-considérant sous son véritable point de vue, y admirait la simplicité du sujet, la force et la combinaison des ressorts, la nouveauté des nœuds, la vérité des caractères, la pureté des expressions, la délicatesse des pensées. « Je n’aurais jamais fait,
(1) Porrigis irato puero... (Hor, lib. IL, sat, 3.) Dave, cito hoc credas jubeo... (Pers. sat. 5.)
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TÉRENCF. 509 «ajoutait-il, d’examinertoutesles beautés del’Eunuque. » VI. Térence a terminé sa carrière dramatique par les 4delphes, qui furent joués un an avant sa mort, l'an de Rome 594, 160 avant l’è:e vulgaire, sous les consuls Anicius Gallus et Cornélius Céthégus. Donat se trompe, lorsqu'il suppose que c’est, dans l’ordre des temps, le deuxième ouvrage de l’auteur. Le sujet en était pris de Ménandre, suivant l'inscription; de Diphile, suivant le prologue. Dans tous les cas, la pièce est, comme chacune des précédentes, originairement grecque; mais c’est peut-être celle où le style de Térence atteint le plus haut degré de perfection, et celle aussi qui remplit le mieux le but de la comédie, peindreles mœurs pour les corriger : on y reconnaît l’habile moraliste et le grand écrivain. La Harpe cependant reproche au poëte de n'avoir fait qu’opposer un excès à un excès, sans marquer le terme moyen où se fixe la sagesse; et M. Lemercier a reproduit cette observation critique. Il nous semble que, loin d’avoir omis cette leçon, Térence l’a d'autant mieux donnée, qu'il n’a pas eu besoin de l’exprimer : elle sort uaturellement de tout son ouvrage. C’est en offrant le tableau des caractères extrèmes, si communs parmi les hommes, et des funestes effets qui en résultent, qu’on recommande le plus efficacement la modération. Cette pièce a paru offrir le premier type de l’École des maris, où Molière, en effet, met en opposition deux frères, l’un enclin à des rigueurs excessives, et l’autre purement raisonnable; mais, par cette dernière circonstance, comme aussi par le fonds et tous les détails de l'intrigue, les deux ouvrages diffèrent beaucoup trop pour qu'il y ait lieu de les rapprocher. Une imi-
tation plus réelle, quoique bien moins heureuse, des Adelphes de Térence, se rencontre dans l'École des pères de Baron ou du père de la Rue (1). Telles sont les six comédies latines du poëte carthaginois. L'un de ses premiers successeurs dans la même carrière, Afranius, le préférait à tous les autenrs comiques : « Gardez-vous, «disaitil, de lui comparer personne. » Quelque temps après, Jules César le jugea plus sévèrement; il ne vit en lui qu’un demi-Ménandre, qui n’excellait que par les grâces du style et à qui la force comique avait manqué. Cicéron , au contraire, paraît croire qu'il a reproduit Ménandre tout entier, et loue sa philosophie profonde presque autant que sa diction élégante, En le comparant à Cécilius et à Plaute, Varron le déclare le meilleur moraliste des trois, mais inférieur à Plaute dans le dialogue, à Cécilius dans l'invention et la conduite de l’action théâtrale : il le trouve habile à peindre et à conserver les caractères des personnages, plutôt qu’à représenter et à exciter les mouvements des passions humaines. Horace lui attribue, sinon plus de génie, au moins plus d'art qu'à Cécilius. Celui-ci et Afranius lui sont associés par Velléius Paterculus, qui nous les donne tous trois pour les créateurs et les modèles des grâces de la langue latine, Quintilien rend hommage à l’urbanité de Térence, et lui reproche tou: tefois, ainsi qu'aux autres comiques latins, une versification irrégulière ;-trop peu de fidélité à la mesure du vers iambique trimètre, Dans Auiu-Gelle, Volcatius Sédigitus ne lui assigne entre ces poëtes que la sixième
(1) M. Schoell, dans son Histoire et ila dit que Molière avait emprunté de la littéralure latine, a confondu son École des pères des Adelphes de
en une seule les deux comédies fran. ‘Térencx, caises qui viennent d'être indiquées ;
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Julière avait emprunté 3res des Adelphes de
ss | TÉRENCE. 5 aprè l lace, après avoir décerné les denx 1è :
cilius et à Plaute. D’autres ] a en res juges, plus éclairés peut- | nt pas tant de différence : Pli eune, voulant louer des | sua 0 es lettres qu’on venait de lui li | il les avait pri ca ises pour du PI é rence mis en cn . . Cependant Servius, le comme :
e, pens il pe oile, e que, si | de Vis , Si l’auteur d SR es Adelphes es ar “is ses rivaux pour la convenance su do expressions , ils entendent mieux que | .
ss partie .
p ce s de leur art. Donat lui est plus a spécialement d'avoir bie < pre talent, et de s'être co LR 6 nsacré au i sans s’essayer i ie pps Be dans le tragique, où il n’aurait pas rs ne rien Ruñn d’Antioche estime sa mere , vers trimètres de ses prologues ets ses on exac-
miers actes.
ne . as enfin le qualifie l’ornement du
ane sert Eu théâtre par son ingé-
Rs . m'entraînes, lui dit-il, à rappren-
ee esse tes charmants dialogues. » Nou plusieurs autres anciens auteurs qui ont
Alement cité cité ou vagu ement loué Té Térence, sans caracté-
venons de rapp 1 eler, qu’il n’étai 4 était pas jugé d’une manière
rès-uniforme dans l'antiquité à ami - cette diversité d’opi- A chez les littérateurs des temps ein sans . ts il n'est pas d'écrivain qui An pureté de la langue latine; il VE us délicieux à lire; et il y à cupde St dons seule de ses comédies que dans Pipe aute. Les éloges de Jules Scaliger sont p plus restreints : il n’admire dans Téronos
bia HISTOIRR ROMAINE.
que la beauté des formes ; le fond lui paraît pauvre, et l’action partout languissante. En l'envisageant comme écrivain, Vossius ne lui préfère, chez les Latins, que Cicéron. Daniel Heinsius accumule les épithètes pour vanter son jugement, son goût, son langage. Il a, selon le père Rapin, bien d’autres avantages sur Plaute : il est plus régulier; il sait mieux ordonner un drame, distribuer les actes, amener des dénoùments naturels; et, s’il est vrai qu’il complique un peutrop ses sujets, cedéfaut est racheté par l'inimitable perfection de son style. L'un de scs plus rigoureux censeurs est Saint-Évremond, qui ne lui accorde que le talent de faire parler d'ignobles valets, des vieillards ridicules, de jeunes libertins, et le plaint d’avoir ignoré la langue des passions et même celle de la galanterie. Madame Dacier, qui a traduit tout Térence et trois ouvrages de Plaute, ne sait trop auquel des deux adjuger le prix; et, eu dissertant fort longuement sur le mérite de l’un et de l’autre, elle ne fait guère que recueillir les observations déjà proposées. Rollin et la plupart des littérateurs modernes se sont bornés aussi à redire ce qu’on avai pensé sur ce sujet, et se sont abstenus de prononcer des jugements qui leur fussent propres. Blair néanmoins fait remarquer non-seulement la délicatesse du langage de notre poëte, mais aussi la décence de ses dix logues , la simplicité pittoresque de ses récits, la sagesse de sa morale, l'intérêt des situations qu'il invente o qu'il perfectionne en les empruntant , la douceur ds sentiments qu’il exprime et qu’il f:it passer dans l'âme du spectateur et du lecteur. Blair en conclut que Tt rence est le père de la comédie sérieuse, et qu’il mérit de très-grands hommages, quoiqu'il manque de fort
it pauvre; et zeant comme Latins, que pithètes pour ge.Ila, selon sur Plaute :
er un drame, ents naturels; es sujets, ce dén de son style.
st Saint-Évrede faire parler iles, de jeunes langue des pasfadame Dacier, ages de Plaute, le prix; et, el ite de l’un et de les observations des littérateurs e ce qu'on avai us de prononcti Blair néanmoins icatesse du lan cence de ses dur récits, la sages qu'il invente 0!
, la douceur des asser dans l'än conclut que T* se, et qu'il mérite manque de fort
TÉRENCE, et de vivacité iqu’i un é, et quoiqu'il y ait trop peu d i dans les caractères et dans les intri a s intrigues qui scène. La é ni dote ie ne de Plaute et la richesse de son ima ss éduis :
. uisent Marmontel, qui reconnaît pou érence est plus fi sv in, plus e | nt ; enchante Il i à concilier l’agré ee : ier l'agrément et la décence, la ae Fe san i ei 4 | se exactitude et la facilité. La Harpe ï | 5 us décisif, et presque sans restriction dé ss palme à Térence, « qui, dit-il, n° re « défauts de Plaute, si * Re nr ns , si ce n’est cette teinte d’uniformité Es 2. ité dr ujets, qu’il n’a pu faire disparaître entière al Ï É :
ne s qu’il a du moins effacée autant qu’il étai s " ! A Q ne Le sur un théâtre où il ne lui était pas pe Fi ; ablir une intrigue avec une femme lib SE développant cette dernière idée, la Ha .
, r 2 montrer comment Térence, obligé ele . :
ne h ? yer des couree trouvé : moyen de les ennoblir, en leur es mœurs plus dé i | blables les ee Te Sete elles retrou d ut vent des parent es, auxquels, dès l’ sac ; enfa s A nce, elles ont été enle- Hans ou par fraude. Voilà, suivant l’a t . 4 CE ” se 1 Cours de littérature, voilà pourquoi il ne rest ce di i À , ie Le comédies, ni caractères bas, ni aucu :
: ne ouffonnerie, de grossièreté ou de li c'est ainsi que le poë oo. Fee q poëte a su observer toutes les bien s théâtrales dans la conduite de ses piè poser d'excellents dial i RE .
Lee ialogues, introduire sur la scène u LA LA e . 1 trop dégradée, le vrai ton de la nature et la ve de ersation des honnêtes gens , une morale instructi S L L . ; es plaisanteries du meilleur goût. Rien ne ë querait à cet éloge, s’il était permis d’ tt Re | permis d'y comprendre la comique et le talent de l'invention. Mais M AIX, Ru ne
mercier en retranche au contraire tout ce qu’il faut pour que Térence retombe au-dessous de Plaute; opinion qui doit être celle de tous les juges qui exigeront, pour première condition, qu'une comédie les divertisse. Il serait superflu d'ajouter que les littérateurs romantiques, ceux qui n’admettent à peu près aucune théorie des composi tions poétiques, aucune règle constante du bon goût; ceux qui pensent que nul empire légitime n’est exercé sur les beaux-arts que par la mode, le caprice et l’enthousiasme, ne sauraient admirer un classique tel que Térence, ni lui savoir gré des exemples de sagesse, d’é- Kygance et de régularité qu’il a laissés à la comédie moderne. Pour nous, persuadés qu’on doit de la reconnaissance à ses travaux, des hommages à son habileté dans la science des mœurs et dans l’art d'écrire, nous avouerons néanmoins qu’il n’a nulle part l'originalité comique qui distingue les chefs-d’œuvre de Plaute, l’'Amphytrion, les Ménechmes, l’Aulularia, la Mostellaria. À nos yeux mêmes, les défauts reprochés à la comédie latine sont encore plus sensibles dans Térence que dans son rival : il ne peint jamais les mœurs romaines; il emprunte ses sujets aux poëtes grecs, Apollodore, Diphile et Ménandre, et y ajoute fort peu de fictions nouvelles; ses prologues sont. monotones ; ses dénoûments s’opèrent par des apparitions soudaines, par des révélations imprévues, par des reconnaissances peu ménagées, quoi qu'en dise la Harpe. Il fait aussi beaucoup d'usage des a parte ou des doubles scènes, qu’on jugerait pourtant avec moins de rigueur, si l’on se représentait mieux la construction des théâtres antiques.
La versification de Térence a été l'objet de quel-
faut pour pinion qui pour pree. Il serait ques , CEUX S compost:
bon goût; t'exercé sur et l’enthoutel que Téagesse d’ela comédie de la reconson habileté écrire, nous : l'originalité e de Plaute, , la Mostelbchés à la co:
jans Térence ss mœurs rogrecs Apole fort peu de pnotones ; SES s soudaines, onnaissances . {1 fait aussi ubles scènes, aueur, si l'on s théâtres an-
bjet de quel-
TÉRENCE. 515 ques recherches particulières : on a vu plus haut que Quintilien et Rufin d’Antioche en avaient parlé assez diversement : les grammairiens modernes ne sont guère plus d’accord sur cet article. La plupart cependant se sont efforcés de ramener ses vers à des iambiques trimètres, c’est-à-dire de trois mesures ou de six pieds. La seule règle qu'il observe assez constamment est de finir chaque vers par un iambe; encore s’en est-il souvent dispensé (1). A l'égard des autres pieds, il use amplement de la liberté de substituer à l'iambe et au spondée, le trochée, l’anapeste, le dactyle, le double pyrrhique ou quatre brèves, le crétique ou une brève entre deux longues. On a aussi besoin de supposer fréuemment l’élision extraordinaire de quelques syllabes surtout de l’s final; et, malgré tant de licences, on n’en est pas moins obligé d'admettre des vers tétramètres (de quatre mesures ou huit pieds), entremêlés aux trimètres. Ce n’est qu’au moyen de ces commodes hypothèses qu'on trouve un système de versification dans les six comédies de cet écrivain : aussi ont-elles été plus d’une fois transcrites et même imprimées sans distinction de vers et comme de la prose. Il y a des érudits qui ne les croiraïent pas versifiées sans le titre de poëte que se donne Térence dans ses prologues ; mais ilnous semble que le rhythme y demeure partout sensible; qu'il y règne une harmonie douce et constante, fort distincte de celle qu’admet Ja prose. On aurait bien de la peine à discerner dans ces pièces les morceaux que Donat et d’autres grammairiens appellent des cantiques (cantica ), et qui se détachaient de ceux qui (1). Hic consiste, — Si vis, nuuc jam, — Audio violenter, — Huc addacam, — Haac venturam, etc.
les précédaient et les suivaient, à peu près comme nos airs d'opéra se distinguent des récitatifs. M. Bottiger conjecture que ces cantica étaient joués par le principal acteur, au son de flûtes ou de quelques autres instruments. Ce serait une manière d'expliquer ce qui se lit dans les inscriptions egit Ambivius, modos fecit Flaccus; mais quelques-unes de ces inscriptions désignent plusieurs acteurs, egerunt Ambivius et Atilius, et c’est bien d’ailleurs à la pièce tout entière que paraît s'appliquer l'accompagnement, &büs paribus, dextris et sinistris; tibiis imparibus, deinde duabus dextris, etc. Il est si difficile d’éclaircir ces particularités que le Monnier y a reroncé, dans la crainte d’être aussi obscur que l'avaient été ses prédécesseurs.
On a, sans ces renseignements, bien assez d'instruction littéraire à puiser dans Térence lui-même : aussi n’a-t-il jamais cessé d’être étudié dans le cours des siècles. Loué par Eusèbe, par saint Jérôme, par saint Augustin, ila été depuis connu de Cassiodore, d’Isidore de Séville, de plusieurs théologiens, grammairiens et littérateurs, jusqu’à Pétrarque. Peu d'auteurs classiques ont été plus souvent copiés au moyen âge. La Bibliothèque Royale de Paris possède plus de vingt manuscrits complets ou incomplets des comédies de ce poëte: il.en est un qu'on a cru antérieur à l'an 900, et qui a fourni les figures que madame Dacier a publiées; un second a paru être du dixième siècle ; d’autres du onzième ou du douzième, L'un de ceux du Vatican remonterait, si l’on en croyait Fontanini, au temps de Charlemagne; mais Ange Politien et Muret ont attaché encore plus de prix à celui qui a été possédé par Bembo, et dont il existe un spécimen dans la Diplomatique de Mabillon, On en con:
comine nos M. Bottiger le principal tres instru- > ce qui se modos fecit iptions désiset Atilius, re que parait ibus, dextris duabus dexarticularités te d’être aussi rs. 2 d'instruction 2 : aussi n'a-t-il es siècles. Loué ugustin, ilaété de Séville, de ttérateurs, juses ont été plus othèque Royale its complets ou en est un qu'on urni les figures ond a paru être ou du douzième:
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