R ANNALES ROMAINES. ANNÉE 212 AVANT 3. € —— SECONDE GUERRE PUNIQUE
ards RER PRES
y NO- 5 en ps Messieurs, dans notre dernière séance je ne vous ai l: rom - entretenus que de la Sicile. J'ai raconté comment le pro- | l'Ap- consul Marcellus s'empara d'abord de trois quartiers |
M de Syracuse, Tyché, Néapolis, Épipoles; comment, tan: dis qu'il investissait particulièrement l’Achradine, une maladie pestilentielle enlevait un grand nombre de ses soldats, et lui ménageait néanmoins des succès, en exerçant bien plus de ravages sur les assiégés et sur les Carthaginois. Bomilcar obtint du sénat africain une nouvelle flotte avec laquelle il aborda le cap Pachinum;
LLpicyde alla le rejoindre; Marcellus courut pour leur livrer bataille: mais Bomilcar s'enfuit vers les côtes d’Ilie, Épicyde se réfugia dans Agrigente, et Marcellus revint achever le siége d’Achradine. Des conférences allaient aboutir à une capitulation, lorsque des déserteurs romains, qui la redoutaient comme leur arrêt de mort,
excitèrent une révolte. Les séditieux se nommèrent six
oouverneurs, dont l’un, Espagnol de nation, s’entendit avec Marcellus, et livra la porte d’Aréthuse aux Mhomains. Ils furent bientôt maîtres et d’Achradine et Al'Ortygie. J'ai exposé les suites de cette conquête; j'ai re-
lueill surtout ce qu’on rapporte de la mort d'Archi-
mède. Vous avez ensuite entendu un récit de Plutarque, Biclatif à la ville d'Engyum , dout les habitants avatent Mhroscrit leur concitoyen Nicias : vaincus et conquis, ils
furent traités avec la plus généreuse clémence et par
Nicias lui-même et par Marcellus. Ce proconsul se porta
peu après sur Agrigente, et mit en déroute les troupe |
d'Hannon et d’Épicyde , en l’absence de Mutinès, troisième lieutenant d'Annibal. Ainsi se terminèrent les campagnes de Marcellus en Sicile : il en rapporta dans Rome des tableaux, des statues, chefs-d'œuvre d'arts: tes grecs.
Les deux consuls Quintus Fulvius Flaccus et Appius Claudius Pulcher, après avoir accompli tous les actes religieux , étaient partis ensemble pour le Samnium vers le 1° juin 212. Ils avaient résolu d’assiéger Capoue, persuadés qu’il fallait emporter cette place pour priver l'ennemi de sa principale ressource. De son côte, Annibal s’occupait des moyens de surprendre Tarente, ou du moins Thurium : il songeait surtout à profiter du mécontentement que ces deux cités venaient d’éprou-
ver. Le sénat s'était aperçu de leur penchant pour lek
parti carthaginois, et des mouvements d’Annibal autour d'elles : en conséquence, non content de mettre dans
l’une et l’autre de fortes garnisons romaines, il avait}
exigé un assez grand nombre d’otages, qu’il faisait garder à vue dans un édifice public, sur le mont Aventin, en face du temple de la Liberté. Tarente avait alors à Rome un envoyé, nommé Phinéas, qui, s’y voyant fort désœuvré, voulut se désennuyer par une intrigue. Il eut accès auprès des otages, ses compatriotes, sur
lesquels on n’exerçait pas une vigilance bien sévère.) parce qu’ils ne semblaient avoir aucun intérêt à s’échap-h per. Phinéas leur en inspira la pensée, et offrit de leurk fournir des moyens d’évasiou. Il corrompit quelques-Jé uns de leurs gardes, preéposés à la conservation du a
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temple voisin ; et, se mettant à la tête des fugitifs, il les fit partir de nuit, les conduisit par des sentiers détournés, gagna enfin avec eux Anxur ou Terracine. On courut après eux, et on les saisit dans ce lieu même. Il eût été plus prudent sans doute de les épargner, de se borner à les retenir dans une prison plus étroite; mais on n’écouta que les premiers mouvements de la colère tous : ces otages furent frappés de verges, et précipités du haut du Capitole. Les Thuriens et les T'arentins dissimulèrent d’abord leurs ressentiments. A Tarente, la garnison commandée par Livius Macatus était trop forte pour qu’on osât l’insulter; mais il se trama entre treize jeunes seigneurs un complot qui devait livrer la place au général carthaginois, et qui avait pour chefs deux hommes de la plus haute distinction, Nico et Philomène. Ne voulant pas traiter par lettres avec Annibal, ils feignirent une partie de chasse nocturne; et, sortant tous treize de la ville par différentes issues, vers le coucher du soleil, ils se réuuirent au reudez-vous qu’ils s'étaient donné. Le camp des Carthaginois n'était pas loin : ils y parvinrent à travers les forêts; et, de peur que leur nombre n’alarmât les sentinelles, Philomène et Nico se présentèrent seuls, laissant leurs onze compagnons cachés dans l'épaisseur du bois. fntroduits dans la tente du général, les deux conjurés exposèrent leurs desseins, et les motifs qui Îles leur avaient inspirés. Annibal jugea qu'il fallait saisir une si heureuse occasion d'accomplir sans péril une conquête depuis longtemps désirée ; mais, afin qu’on ne soupçonnät point la conférence qu’il venait d’avoir avec ces jeunes Tarentins, afin que la garnison romaine M n'eût point à rechercher les causes de leur trop lon-
gue absence, il leur permit d'enlever un troupeau de bœufs dans un pâturage voisin , de rentrer dans la ville |
avec cette proie, de déclarer enfin que l’ardeur du bu- M
tin les avait emportés jusqu’au voisinage du camp en: à nemi. Le commandant Macatus les reçut de fort bonne | grâce : il était homme de plaisir, aimant la table et sur. | tout le gibier. Ils lui promirent de lui amener de temps en temps de forts convois ; Philomène, chasseur de pro: fession , lui fit des présents exquis. Dès lors les perinis- | sions de chasser, de butiner ne leur manquèrent plus : ils eurent autant de conférences qu’ils voulurent avec Anbibal, et obtinrent de ce général la plus solennelle pro: messe que Tarente, lorsqu'il en deviendrait maître, ne | souffrirait aucun dominage en ses biens, en ses lois, en sa liberté; qu’elle ne serait assujettie à aucun tribut, ni forcée de recevoir une garnison carthaginoise, Du | reste, on lui abandonnait, à lui et à ses soldats , tout ce que les Romains possédaient au sein de la place. Ces conditions acceptées, on convint d’un signal que
donneraient les conjurés toutes les fois qu'ils de-f
manderaient des entretiens. Philomène en eut ainsi de très-fréquents avec le général africain. Le prétexte de la chasse autorisait toutes les sorties du Tarentin, et} les présents de gibier lui ouvraient les portes à toutes les heures de la nuit. Il menait toujours avec lui une escorte nombreuse et une meute de chiens. Fa chasse était, disait-il, son unique plaisir, sa seule manière de vivre. Lorsqu'il revint chaque fois avec une provision suffisante, elle lui était fournie par des Carthaginoïs qui} avaien’ chassé à son profit, pendant qu’il conférait d’af-
faires plus sérieuses avec leur chef. Au milieu de kB nuit, et au premier coup de sifflet de Philomène, les
Romains lt voyeur de | de la proie longtemps
2 vint le mom
de Tarente afin de ren rateurs. Éta Malade; au croyait oisif de ses treize et d’approcl à dix mille ho dalertes et le vres pour qi le précédaie tes, et 1le fc nes allant à escadron ne ne se donta rière. Arrive Shalte sur les environné d« Fnour qu'on | riers, et, san:
de ne point mandements
# CUNe entrcpt
recueillir les lomène, sort chasse, pénè ncral de l’ét
Romains lui ouvraient une poterne , comme au pourvoyeur de leur commandant, ct ils recevaient une part de la proie pour leur récompense. Ce manége dura fort longtemps sans éveiller le moindre soupçon. Quand ‘ , . . .
2 vint le moment d'exécuter l'entreprise, Annibal s’éloigna
au de la ville Ë du bu- @
mp en: |
bonne | : : ds
M de Tarente à une distance de trois journées, sans doute ns rs afin de rendre moins suspectes les menées des conspia rateurs. Établi dans son nouveau camp, 1l feignit d’être me Dunalade; autre moyen d’écarter toute défiance. On le ss e croyait oisif en ce poste : il y recevait des nouvelles re de ses treize affidés. Ils le prièrent de partir en diligence Île pro: | et d'approcher de la ville. A cet effet, il se fit suivre de
tre. ne dix mille hommes tant cavaliers que fantassins, les plus itre, ne D
alertes et les plus braves de son armée, ayant des vises lois,
à tribut, oise. Du ts , toul
vres pour quatre jours. Environ quatre-vingts Numides
le précédaient à cheval, chargés de veiller sur les rou-
tes, et ile faire rebrousser chemin à toutes les personnes allant à Tarente, même de les tuer au besoin. Get escadron ne passa que pour un parti carthaginois; on ne se douta point du corps d'armée qui marchait derlrière. Arrivé à quinze milles de a FR fit halte sur les bords d’une rivière qui arrosait un vallon
a place.
environné de montagnes; lieu trop écarté, trop désert,
L , A Le , Luour qu’on l’y pût découvrir, Il y rassembla ses guer-
riers, et, sans leur dévoiler son dessein , il leur ordonna
de ne point se disp-rser, de rester attentifs aux com-
mandements des officiers, de ne tenter, sans ordre, au-
a - LUC entreprise, Il assurait qu’on ne tarderait point à brovisi ss | ù k Re recueillir les fruits de cette obéissance. Cependant Phiinois (|
.e d'af. À lomène, sorti, comme de coutume, sous prétexte d’une rait d’af- ; à chasse, pénètre jusqu’au vallon : il rend compte au gé-
‘u de
Ne. D néral de l’état de Tarente; il annonce que l’occasion ène, les
se présente de s’en emparer dès la nuit même. Macatus 1 de son ant doit figurer dans un festin qui se donnera près du PSbeau qu'il temple des Muses, dans la grande place. Le comman- Ma porte er dant ne s’y ménagera pas; ct, pour peu qu’on se hâte, 1 Mon fait mai on va le trouver ivre et assoupi par la bonne chère. ’ fdent. Le v. En effet, au milieu de ce repas, Macatus recut l'avis MBathéa, et : de l'approche d’un parti de cavaliers numides aux en- MMplace, laiss virons de la ville. Loin de s'en épouvanter, il se per- BSsur la garn suada de plus en plus qu’Annibal n’était pas sorti de nvites à re son camp, tint table jusqu’au soir, et remit les affaires BSne pas s'épc au lendemain. Nico et les autres conjurés employaient BSucun Rom; mieux leur temps : ils épiaient Macatus. Quand ils le Btrophe, son, virent rentrer en son logis, ils l’abordèrent d’un ton algré quel familier, en contrefaisant l'ivresse, et lui tinrent des Mprit pour ga propos plaisants qu’il écouta fort volontiers, le festin ner, monte l'ayant mis en joie; ils ne le quittèrent que lorsque le Melle, gardée sommeil l’eut accablé. A l'instant ils avertissent leur Philomène troupe, et font toutes les dispositions nécessaires pour à Drécipités d introduire l'ennemi. Il était minuit, un profond silence Mnanière rom régnait en tous lieux. Philomène revient; à son coup AR ce signal,
de sifflet ordinaire, la poterne s'ouvre @evant lui; il Bar les Carth aide à porter sur une civière un énorme sanglier. Le! ui ont entend Romain qui est là de garde considère l'animal, et, tan- 'lusieurs se f dis qu’il admire, se sent percé d’un coup d’épée qui ris querelle
l'étend par terre : trente Carthaginois entrent à la Moyant les Ca suite de la civière, brisent la porte, appellent une troupe BEAts de Maca plus nombreuse de leurs camarades ; et tous les soldats Mr la place } endormis au corps de garde sont égorgés. Annibal devait MES félicite d’4 entrer par la porte Téménide, qui regardait la can-h aient pas ég
pyue et qui tenait son nom de Téménus, descendant MIEUX qui avaie d'Hercule. Sur une hauteur appelée du nom d’Hyacin- PEVec Rome the, le général carthaginois allume un feu qui avertit B delle, encoré
de son arrivée : Nico répond à ce signal par un flan-
acatus
a LE AR: LL eo e rès du MRbeau qu'il élève du milieu de la ville. Annibal attaque nman- Mila porte en dehors, et N ico en dedans : des deux parts
hâte, Mon fait main basse sur tous les Romains qui la défenchère. dent. Le vainqueur s’avance sans résistance par la rue t l'avis MBathéa, et range son infanterie en bataille sur la grande PMplace, laissant hors des murs sa cavalerie, qui tombera
Lux en-
se per- Meur la garnison romaine si elle sort. Les Tarentins sont orti de nvités à rester paisiblement dans leurs maisons, et à affaires Mine pas s’épouvanter : l’ordre est donné de n’épargner loyaient aucun Romain. Macatus, instruit enfin de cette catas-
d ils le Mrophe, songe au moins à sa sûreté personnelle; il a,
un ton algré quelque reste d'ivresse, assez de présence d’esent des prit pour gagner une des portes qui s'ouvrent sur la
le festin Mner, monte sur une barque, et se sauve dans la citarsque le lelle, gardée par les siens.
ent leur Philomène, im patient de venger les otages tarentins
précipités du Capitole, fait sonner la trompette à à la anière romaine. Les soldats de la garnison accourent ce signal, et sont massacrés avant la fin de la nuit Dar les Carthaginois. Au point du jour, les Tarentins
res pour À d silence à on coup à tlui;sill
glier. Le [Hi oNtestene ce tumulte en ignorent encore la cause. et, tan- lusieurs se figurent que ce sont les Romains qui ont épée qui ris querelle entre eux ; mais on est bien détrompé en ent à laoyant les Carthaginois dépouiller les cadavres des sole troupe Me's de Macatus. Les habitants, convoqués sans armes 8 soldats MR la place publique, écoutent des harangues où on al devait BF félicite d’être délivrés du joug romain. Tous n’e-
la can- Mpient pas également rassurés par ces protestations : Lscendant EUX qui avaient contracté des engagements particuliers
d'Hyacinr Avec Rome prirent le parti de se réfugier dans la ci- Li avertit | delle, encore occupée par un assez grand nombre de
ni Eng
G4 NISTOIRE ROMAINE.
guerriers. Mais ecux des gens de Tarente qui ne se. taient point déclarés contre Carthage se cenfièrent en s. ville: à ses promesses, et reçurent en effet d'Annibal un gra. BR
cieux accueil. Il savait adoucir à propos sa férocité na. turelle, et dissiper l’effroi qu'il avait excité. Il retra- M cait les témoignages de bienveillance donnés par lui aux Italiens après ses victoires de Trasimène et de Can.
mains Île
préparées dans le fos la tentatio ,
Œ s'éleva san.
même un :
jetée le lo D de pieux,
qu'une en
| nes, et opposait à ce tableau celui de la conduite atrocr
de Rome à l'égard des otages. En congédiant l’assem-}à il l blée, il enjoignit d'inscrire le mot Tarentin sur chaquel |) maison habitée par les bourgeois , et ajouta que si quel! qu'un s’avisan d'afficher cette inscription sur une seule PT demeure des Romains, cette infidélité serait punie del mort. Ces précautions prises, il partagea ses troupe en deux bandes, l’une pour piller les maisons non ini serites, l’autre pour repousser les attaques imprévucs} Le pillage s’opéra sans désordre , et le butin, quoique si partiel, surpassa les espérances des Carthaginois. La citadelle, forte par sa situation et par son en. ceinte, bâtie dans une presqu’ile sur un terrain plat, et entourée de rochers escarpés, semblait inabordabli
MR construits
lors les Tar
eux-mêmes
nibal, pour
liés, se retir L tantôt Galés qu'il eut étai Ml résolut d'a sitait fréquel de ses soldat à perfection la forteresse | M la joignait d qui regardait cetle forteresse, et qui restait exposée ù D ce lieu ses découvert aux attaques de la garnison. 11 prévoyait qui Lion. Cepe les Romains s’efforceraient de renverser ces barrièreEk envoyé par et que l'ardeur des combats pourrait les entraine ov6 leur : fort loin. Le fossé était creusé : on allait jeter les fon; éussit à tel L beülèrent les propos de di lement repoussée. Annibal feignit une retraite; les Res mesures D 7x.
au moins de trois côtés. Le général africain, après def tentatives inutiles, désespéra de l’emporter d'emblée Il prit soin de fermer de murailles la partie de la vilk
dements d’un mur opposé à celui de la citadelle. La gark nison ne manqua point de faire une sortie, qui fut mo
A . Q , mains le poursuivirent jusque dans l’intérieur de la ville, et tombèrent dans les embuscades qu’il avait préparées ; il en périt un grand nombre dans les rues et dans le fossé; et ce carnage leur ôta pour quelque temps la tentation de ruiner les travaux commencés. Le mur s'éleva sans obstacle, aux yeux de Macatus. On creusa de Car inème un second fossé en deçà du rempart ; et la terre e atroce jetée le long de la ville forma-wn boulevard soutenu (TEE de pieux, hérissé de palissades , et presque aussi fort
ne s’é-
rent en ..
in graité na- | retra- ff par lui
l’assem-}à
chaques qu'une enceinte bâtie de pierres. D’autres ouvrages, | si qu construits encore derrière ce. rempart, achevaient de ||!
ne seukS ;endre la ville imprenable du côté de la citadelle, Dès
punie dt lors les Tarentins se crurent capables de se défendre
troupe eux-mêmes, sans le secours des Carthaginois; et Annon MES nibal, pour ne pas devenir suspect à ses nouveaux al- IPrévull liés, se retira sur les bords d’une rivière nommée jadis
| quoique È sinois.
tantôt Galésus, tantôt Eurotas, aujourd’hui Tara. Lorsqu'il eut établi là son camp, à cinq milles de Tarente,
son CM il résolut d’assiéger la citadelle en bonne forme. Il viain plat sitait fréquemment la ville, où il n’avait laissé qu'autant \bordabl®Æ de ses soldats qu'il en fallait pour aider les habitants
après dell } perfectionner leurs constructions. . Considérant que d'emblée Là forteresse était accessible par la langue de terre qui e la vil la joignait de plein pied à la ville, il fit avancer vers xposée À ce lieu ses machines, et forma une ligne de circonvaloyait QUÜM lation. Cependant il arrivait aux Romains un renfort barrièr&ËS envoyé par mer de Métaponte ; et, ce secours ayant reentraînt®S levé leur courage, ils risquèrent une sortie, qui leur r les fon réussit à tel point, qu'ils démolirent les ouvrages et le. La ge b:ülèrent les machines des assiégeants. Annibal crut à ii fut mo propos de discontinuer l’entreprise ; seulement il avait te; les Roÿ
Ades mesures à prendre pour laisser la mer libre aux AIX, 5
66 HISTOIRE ROMAINF.
Tarentins; car la citadelle, située à la tête du port, leur pouvait interdire tout commerce maritime; et il ne tenait qu’à la garnison romaine d'empêcher la sortie et l’entrée des vaisseaux. C'était ainsi Tarente qui souffrait un siége. Tout abondait au sein de la forteresse, tout manquait à la ville. Comment s’y prendre pour ouvrir, au contraire, le port aux habitants, et le fermer à leurs ennemis? 11 fallait qu’une flotte cartha. ginoise vint de Sicile croiser aux environs de Terente; mais les circonstances ne permettaient guère ce mouvement. Annibal imagina de faire transporter par terre las vaisseaux retenus dans le havre des Tarentins, et de les mettre en mer sans les faire passer par l'ouverture du port. I! avait remarqué que, depuis le havre jusqu’à un encroit où la mer formait un coude en baignent la presqu’ile, le chemin était uni et facile. Une rue large et sans embarras conduisait de l’un de ces points à l’autre, On commença par transporter sur des chariots faits exprès les galères les moins pesantes. A force de lier entre elles plusieurs charrettes et de à fabriquer des voitures nouvelles, on vint à bout, non sans peine, de rouler jusqu'à un autre rivage des vaisseaux tout équipés. Dès-lors la citadelle, auparavant maîtresse de la mer, se vit menacée, à sor tour, de ne plus recevoir de convois; car les bâtiments tarentins, naguère inutiles au fond du havre, se tenaient à l’ancre à l'entrée du port, et ne laissaient passer que les barques chargées pour la ville. Ce nouveau stratagème rehaussa beaucoup le crédit et la renommée du général Visionnement carthaginois. En partant pour retourner sur les bords 1 campagnes pc du Galésus, il laissait la citadelle bloquée rar terre et Bi absence, arriv par mer.
A peu d tion des Ca suls avaient ser à faire | ravaoé les € tants. \nnik quête, Pour
nison romaitr
il mit en mot commandait vaucer vers (
4 tant de provi à ne perdit pa lieux écartés ,
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N et de l'heure grains, n’envc et un petit no de ce qu’il fall:
M il ordonua de transport. Da Bénéventins a | Flaccus, se « | Bovianum à R Il y était ent û Häannon se cr
D qui mirent de
A peu de distance de Tarente, il reçut une députation des Capouans. Ils l’informaient que les deux consuls avaient réuni leurs légions, et semblaient se disposer à faire le siége de Capoue; que déjà ils avaient ravagé les environs de cette place et affamé ses habitants. \nnibal aimait Capoue; c'était sa première conquête, Pour la secourir, sans renoncer à réduire la garnison romaine enfermée dans la forteresse de Tarente, il mit en mouvement un de ses lieutenants, Hannon, qui commandait dans le Bruttium. Il lui ordonna de s’avaucer vers Capoue, et d’y conduire autant de blé, autant de provisions qu'il en pourrait amasser, Hannon ne perdit pas un moment; il prit sa route par des lieux écartés du camp romain. Arrivé à quelques milles de Bénévent, il campa sur une hauteur, d'où il envoyait des détachements enlever de toutes parts les blés serrés dans les granges. Les Capouans, avertis par lui du jour et de l’heure précise où ils devaient venir prendre ces grains, n’envoyèrent qu'environ quatre cents chariots © et un petit nombre de mulets. Ce n’était pas la moitié de ce qu’il fallait. Hannon s’indigna de cette négligence ; Lil ordonua de revenir avec de plus forts moyens de transport. Dans l'intervalle d’un convoi à l’autre, les Bénéventins avertirent les consuls, dont l’un, Fulvius | Flaccus, se détachant de son collègue, courut de | Bovianum à Bénéveat, et y mit ses légions à couvert. Il y était entré de nuit; son arrivée resta secrète. Hannon se crut en sûreté; et, afin d'accélérer l’approvisionnement de Capoue, il parcourut lui-même les campagnes pour y recueillir des vivres. Pendant son
erre et M absence, arrivèrent de Capou: ‘eux mille charrettes,
M qui mirent de la re: "sion au camp des Carthaginois.
de
Le mélange des charretiers, des paysans , des soldats, empéchait tout service régulier. Le consul, instruit de ce désordre , rassembla ses troupes vers le soir, et leur dit de se tenir prêtes pour attaquer durant la nuit les retranchements de l'ennemi, En effet , il sortit sur les trois heures du matin, et poussa vivement son entreprise. Mais le camp qu’il s'agissait d’assaillir était avantageusement posté sur une éminence; Fulvius s’aperçut que les efforts obstinés de ses guerriers n’aboutissaient qu’à éclaircir leurs rangs; 1: convoqua ses tribuns militaires, et fit donner le signal de la retraite. Toutefois il annonçait que l’armée reviendrait le lendemain ; qu’elle bloquerait le camp ennemi ; qu'elle empêcherait Hannon d’y enfrer, et le convoi d’en sortir; que, pour être sûr de ce succès, il allait écrire à son collègue de venir le rejoindre. Cette résolution timide ne plut pas aux soldats romains : ils refusèrent d’obéir. Des manipules qui s’étaient avancés jusqu'aux portes
HISTOIRE ROMAINEF.
/ N , . , \ & du camp déclarèrent qu'on ne les forcerait point à reculer. Vibius, leur capitaine, arracha une enseigne, À
la lança sur les retranchements, et s’écria : « Qu’à ja-
RUN É à
pre
«mais nous soyons, Ina troupe et moi, en exécration à la À «république, si nous ne reprenons pas son étendard! »1l À
parlait à des Péligniens, à des soldats latins, d’une intrépidité à toute épreuve. À sa suite, ils traversent le fossé, montent sur le rempart, y entraînent la co lonne entière. Le consul lui-même cède à la puissance de ce langage et de ce spectacle imprévu; il excite à
l'assaut, On veut suivre et sauver la troupe pélignienne; À
on s’élance sans voir le péril, 1! n’y a plus rien d’es.
carpé, rien de pénible, Les traits sont émoussés, les}
; / … tou] ; dards n’ont plus de pointes : nul n’est arrêté par lesN °"Jours oc
! et Jouissant
| de l’abondar
chocs, n perde scr ain qu'o cible : VO possessior Aussitô retiers, ca de l'épée.
tres deme:
d’une énot Pages, tré:
tout ce qu’ sul, après dans Bénév deux magi tion des ré plus brillm nommé Péd.
voure par u les rempart des Principe maine, Le c emporté pl au Bruttiu débris d’une Cominium, une retraite sterna les C
une seconde
ats, t de leur t les r les ntreavanerçut | outis-
s triraite.
e lenle emsortir ; à son timide
l'obéir. #
(al portes à
oint à M
seigne, À
Qu'à ja- [M
ion à la à ard! »1l à , d'une rsent le la couissance excite à
onienne;
ien des
chocs, ni retardé par les blessures. Peu importe qu'on perde son sang , si l'on ne doit défuillir que sur le ter-
rain qu'on veut envahir. Un tel dévouement est invin-
cible : voilà, presque en un clin d'œil, les Romains en possession de ces retranchements si bien défendus. Aussitôt le carnage commence. Carthaginois, char. retiers, campagnards, sont passés indistinctement au fil de l'épée. Il eu périt six mille; environ sept mille autres demeurent prisonniers. Le vainqueur s'enrichit d’une énorme proie : blés, fourrages, chariots, équipages, trésors d'Hannon, ustensiles de sa troupe, et tout ce qu’elle a ravi à travers les campagnes. Le consul, après avoir renversé les retranchements, rentra dans Bénévent, et y attendit son collègue Appius. Les deux magistrats procédèrent ensemble à la distribution des récompenses militaires; ils décernèrent les plus brillantes à Vibius et à un centurion romain nommé Pédanius, qui, pour n'être pas surpassé en bravoure par un Latir , avait aussi jeté une enseigne sur les remparts, et avait entraîné sa légion, la troisième des principes , à reconquérir ce gage de la valeur romaine, Le camp, assailli ainsi de deux côtés, avait éte emporté plus vite. Le malheureux Hannon retournait au Bruttium avec un petit nombre de cavaliers, faible débris d’une armée formidable. Il les conduisit, depuis Cominium, par des chemins détournés. Ce n'était pas une retraite : il fuyait. La nouvelle de ce désastre consterna les Capouans : ils allaient asser des délices et
de l'abondance à une disette extrême. Ils adressèrent
ssés, les
é par les
se nsctiade RS AN AT ie vi AM a
une seconde députation à leur protecteur Annibal, qui, toujours occupé du blocus de la citadelle de Trente, et jouissant d’un assez doux repos sur les bords du.
Galésus, reprenait volontiers les habitudes molles et nonchalantes qu'il avait jadis contractées au sein de Capoue. Les envoyés lui peignirent vivement la situation périlleuse de sa ‘1 ‘2 Lien-aimée, Les consuls sont à ses portes. Pénevent, qu ils occupent, n’est qu'à un jour de marche. Vont-ils enlever Capoue aussi rapidement qu'Arpi? Qu'est-ce qu’un coin de terre comme Tarente, en comparaison de la capitale de la Campanie, de ses déliceux palais et de 5e: ‘ sples magnifiques? Ces discours touchaient Annibal sans l’ebranler: il promettait beaucoup; mais, pour le moment, il ne pou ait détacher que deux mille chevaux, qui arrêteraient les ravages des Romains dans les plaines cam- | paniennes.
Cependant la vigilance de Rome trompa l'espoir qu’il avait conçu de prendre par famine la citadelle de Tarente. Le préteur Servilius, informé de l’état de cette place, fit partir pour l'Étrurie son lieutenant Caius Servilius, avec ordre de rassembler le plus de À provisions qu’il serait possible, et de les porter sur des vaisseaux à la garnison assiégée. Le convoi, arrivé À à bon port, força la ligne des galères tarentines, et ravitailla la forteresse. Il ctait temps; car Livius ne pouvait presque plus tenir; on essayait déjà de débaucher R sa garnison, qui, augmentée de soldats romains transfé- | rés de Métaponte, manquait de plus en plus de vivres. Annibal profita de l'évacuation de Métaponte : cette place, sacrifiée par les Romains, s'empressa de se li: vrer à leur ennemi; et Thurium suivit cet exemple, se souvenant du sort affr( :x qu'avaient essuyé ses otages, Les Thuriens ayant .iaité en secret avec les Car thaginoiïs , Magon vint du Bruttium occuper leur ville. B
inexact À, Sans dout qu'Anniba
I s'agis mandée mais for prétend, présente d’un cor cavaliers ne soupe sa garnis attaqua | teurs du les Roma, qui recul.
attirer jus A l’instan fuient, et :
pés de tou faut céde Thurium, nius y est à gouvern sent de re n'était plu que, en P carthagin o Les con de Capoue et de la s Depuis cix
es et nm de situas sont ’à un rapiomme ampaagnifiauler:
{Lil ne arrète- $ CaMe |
l'espoir
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