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CENT 6EPTIÈME LEÇON. 73
À haute fortune. Quel présent à offrir au général cartha-
ginois, quel titre à ses faveurs que la tête de Sempronius, du chef des invincibles volons! Impatient d’exécuter ce projet infime, ce traître aborde le proconsul, et lui dit : «Je puis vous ménager la gloire de gagner «à votre république tous les cœurs de mes compatrio- «tes. Il suffira d’une conférence que vous aurez avec «leurs chefs. Ils savent que Rome s’est relevée de l'a- «baissement où la journée de Cannes l’avait réduite; «ils savent aussi qu’elle n’est point inexorable,et qu'un «repentir sincère efface à ses yeux le crime ou le mal- «heur des défections de ses alliés. Les principaux Lu- «caniens vont se rendre en un lieu solitaire, et voisin «de votre camp; daignez y entendre leurs supplications «et recevoir leurs nouveaux honneurs. » Une confiance aveugle entraîna Sempronius à ce rendez-vous; il ne s'y fit accompagner que de ses licteurs et d’une faible escorte de cavalerie. À peine arrivé à l'endroit indiqué, il se vit environné de troupes carthaginoises. Des cavaliers et des fantassins, commandés par Magon et cachés derrière des collines, attendaient la victime que Ale perfide Lucanien leur amenait. Ils parurent , et Flaius se joignit à eux : à l'instant une grêle de traits éclata sur les Romains. « Nous sommes trahis, s’écria le «proconsul. Que nos derniers moments soient dignes
Bu de Rome, et que le traître nous devance aux enfers! »Il
lit, et s’enveloppa le bras gauche de son manteau; ar ni lui ni aucun des siens n’avaient apporté de boucliers. Le glaive à la main, il fond sur l'ennemi, sans jautre espoir que de mourir vengé. Ses compagnons tombent autour de lui, percés des traits que les Carthaginois lancent du haut des collines. On veut l’épar-
gner lui-même et le prendre vivant; mais il n’y peut! consentir. Il court sur Flavius; il fait seul un carnage horrible, et l’on est forcé de lui porter des coups mor.h tels, pour se préserver des siens. Rome perdit ain l’un de ses meilleurs citoyens et de ses plus vaillants ca:
pitaines : il avait été deux fois consul, en 215 et 213,
et il'était resté chef des volons. J'ai suivi la traditions qui le fait périr en Lucanie, au milieu des champ
que Tite-Live qualifie anciens, veteres campi. D'au
tres disent qu’il s'était rendu à Bénévent; qu’écartil de ses licteurs et suivi de trois esclaves, il se disposail à se baigner dans la rivière de Calor; qu’un gra d’ennemis, caché sous des saules, saisit le moment oi} il était nu et désarmé, pour l’accabler de pierres. Se
lon un troisième récit, il faisait, en pleine campagne, à cinq cents pas du camp romain, un sacrifice d'expi
tion, pour détourner l’effet des sinistres présages qu'al vaient offerts, comme nous l'avons dit, les entraillek des premières victimes : deux compagnies de Numide}
, . \ Ù embusquées par hasard en ce lieu, tombèrent sur luk
et le massacrèrent, On varie pareïllement sur ses funi railles. Ceux qui le font lapider auprès de la rivièr
de Calor ajoutent que sa tête, portée aux pieds d’Anf
nibal , fut, d'après les ordres de ce général, remise pi Carthalon au questeur Cnéius Cornélius, qui lui
rendre les derniers devoirs, et que les obsèques di proconsul furent célébrées au camp de Bénévent et pa l’armée entière. Le premier récit me paraît, comme Tite-Live, le plus vraisemblable. Cet historien le ter
mine en disant qu'Annibal voulut honorer la mémoin
et les cendres de Sempronius; qu'il lui fit dresser ui bècher, autour duquel la cavalerie carthaginoise
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de Capoue la troupe d ses serment père plutôt Les armé panie. Des avait attirés cavalerie de attaqués à | bataille, ile ils perdiren rejoindre le.
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d'y peut des évolutions, en même temps que les fantassins espacarnage gnols accomplissaient des danses funèbres à la manière aps mor Je leur pays. Ce vertueux Romain recevait ainsi les dit ainsi hommages de ses concitoyens et de ses ennemis; mais
lants caf et 213, tradition ; champ:
sa mort déconcertait les plans des consuls pour le siége
de Capoue. Elle eut un effet plus déplorable encore :
M La troupe des volons se débanda, et se crut dégagée de
ses serments, ayant perdu celui qu’elle appelait son Ê , D A »
pi. D'au Sbère plutôt que son général.