‹ Cours d'études historiques [microforme]Chapitre 12 sur 115 · RS · texte numérisé non relu

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86 sySTÈMES PHILOSOPHIQUES, ETC.

nous restent de Théophraste, la plus digne d’attenti est son Histoire des plantes, en neuf livres avec le co mencement du dixième. C'est le plus ancien traité 4 botanique que nous ayons, puisque nous regard comme apocryphe celui qui se rencontre parmi les vres d’Aristote, Théophraste a étudié plus de cinq cen plantes, presque toutes peu communes ; et, ce qui plus rare qu'aucune plante, les descriptions qu'il « donne sont telles qu'on les doit attendre d’un obse vateur attentif et d’un habile écrivain. Six autres vres du mêine auteur, intitulés Des causes des plante sont moins estimés : ils contiennent des généralités qu ne peuvent plus être d'aucun usage; c'était hasarde trop tôt un traité de physique végétale. Les autres écri qu'on a de lui sont un Traité des pierres, un Traité d sens, le premier livre d’une Métaphysique, deux livre sur le Feu, des opuscules sur les 7’ents, les Pluies les Odeurs, la Sueur, les Lassitudes, les Poisso qui vivent hors de l’eau; enfin des fragments dont k plus considerable concerne le Fcrtige, |

Héraclide de Pont, contemporain de Théophraste

raclide a, >, qui che vation, € emiers ge traites, r tout ce pysique et 1 Vers la fi les sec

pus compt Éoles grecq ient fonde ppe , Socre rive du aseignait d Zénon « ron un siè eilli les do re une doct monde qu t formé de

avait aussi traité plusieurs sujets philosophiques. Man passif e de tous ses travaux, il ne subsiste que des notices sul corruptibl les gouvernements et les lois des républiques de la Grèce plus hau

exible encl estin. La :

n vain lui

C'est d’un Héraclide moins ancien que nous vienne des 4llégories homériques. Les notices rédigées par celui de Pont se trouvent dans le Trésor des antiquité grecques de Grouovius; elles ont été plusieurs autralbumettre : fois publiées, et je vous les fais remarquer, Messieurs BE 'homme v parce qu’elles pourraient être extraites du recueil deais dans le cent cinquante-huit constitutions politiques composé par ariablemer Awistote; c’est l'opinion de Clavier et de M. Corai. Celhent qui mn

ques. Mai

éophraste

TROISIÈME LEÇON. 87 raclide a, comme Théophraste, honoré l’école du Ly- >, qui cherchait dans les faits positifs, saisis par l'obvation, découverts et vérifiés par l'expérience, les

emiers germes des idées les plus élevées ou les plus traites, école à laquelle nous devons, selon Cur, tout ce que nous savons de réel touchant la nature pysique et morale.

Vers la fin du quatrième siècle avant notre ère, sont les sectes des stoïiciens et des pyrrhoniens, que pus compterons pour la huitième et la neuvième des

Boles grecques de philosophie, à la suite de celles qu’a-

ient fondées Thalès, Pythagore, Xénophane, Leuppe, Socrate, Platon.et Aristote. Le nom des stoïciens rive du mot grec oroé, qui signifie portique, lieu où aseignait dans Athènes Zénon de Cittium, leur chef. Zénon naquit en 362; il est ainsi postérieur d’enron un siècle et demi à celui d'Élée. Après avoir reeilli les dogmes de plusieurs sectes, il réussit à répanre une doctrine nouvelle. Le chaos, disait-il, a précédé monde qui n’est que le chaos débrouillé. Le monde t formé de deux prineïpes, tous deux éternels, mais un passif et imparfait, c’est la matière; l’autre actif et corruptible, e’est l’âme ou l’éther, le feu qui réside plus haut des cieux. Il existe dans l'univers un inexible enchaînement de causes et d'effets qui s'appelle estin. La matière et l’âme lui obéissent; on voudrait n vain lui résister. La sagesse hnmaine consiste à se pumettre volontairement à cet empire nécessaire. ‘homme vertueux:ne se considère jamais isolément, ais dans le tout immense dont il fait partie : il est'inariablement heureux, parce qu'il n’y a point d'événeent qui ne teude à la perfection da. tout. La douleur

88 sysTÈMES PHILOSOPHIQUES, ETC.

n’atteint pas le sage. Cette doctrine, Messieurs , ne nc est connue que par des auteurs qui l'ont professée combattue bien après Zénon de Cittium ; car lés live que ce philosophe et ses disciples immédiats avaie écrits sont perdus. Vous venez de voir que la cosm gonie des stoïciens ne valait guère mieux qu’une autn mais ils ont eu l’art de concilier avec le fatalisme ui morale pure et sublime qui a,souvent agrandi les âme ennobli les victimes du malheur, et donné à la vert une stature héroïque. Les noms de Caton et de Brut suffiraient à la gloire du stoïcisme; mais il peut se gl rifier encore d’avoir, sous les Antonins, suspendu cours des calamités et des crimes. Il convient de marquer aussi que son fondateur, Zénon, avait enseignf qu’il n'existait rien dans l’entendement qui n’eût pas par les sens; qu’ainsi toute connaissance devait con mencer par l’observation d’un fait, toute certitude nait de l'accord parfait des sensations, les signes de la vérit résider dans nos facultés intellectuelles ou résulter din de seco nos plus exactés méthodes. Voilà donc encore les basité accusé, | de la science posées dans le Portique, comme dans le la socié Lycée; et, lorsqu'on voit les anciennes sectes, tout écessité de peut-être, pté celles de Xénophane et' de Platonlbolontiers q faire leurs premiers pas dans un si droit chemin, oMB'était poin ne s'explique leurs égarements ou leurs déviations quilNous ne co par l’ascendant des spéculations imaginaires, que paliibour discer le crédit des principes généraux et des procédés syll-Wapprochait gistiques. Ce qui a manqué dans l'antiquité et chez lelBcadémies. modernes avant Locke, c’est une décomposition unies quatre : vertelle de l’entendement humain, tant de ses facuBBique. Je n'e tés que de ses idées; et ce travail est venu si tardui tient à contrarier les habitudes de vingt-cinq siècles qu'il n'ftue l'ordre

mais pu t On peut 4 doute mé iqué à to ec une p:

crédulité s palpab ensonge. C cole éléat nce des co i ont pro oins Pyrr ef de la se yrrhon n’a pat connus iricus et D ui déclare en oppose

JR.

AVS

TROISIÈME LEÇON. 89 mais pu triompher d’elles que fort incomplétement. On peut distinguer deux scepticismes : l’un n’est que doute méthodique ou raisonnable de Descartes, apiqué à toutes les questions qui ne sont pas résolues ec une parfaite évidence; l’autre, plus aveugle que crédulité même , s’obstine à contester les vérités les

s palpables; c'est pur délire, quand ce n'est pas ensonge. Ce scepticisme absurde était né au sein de cole éléatique, où l’on niait le mouvement et l’exisnce des corps; il s’est reproduit dans toutes les sectes

i ont professé l’idéalisme proprement dit. C’est néanoins Pyrrhon qu’on a coutume de signaler comme le ef de la secte qui a porté le doute aux derniers excès. yrrhon n’a rien écrit : sa vie et sa doctrine ne nous bnt connus que par les exposés qu'en font Sextus Emiricus et Diogène de Laerte. On lui attribue la maxime

i déclare qu’à toute raison de croire il est possible en opposer une contraire d’une égale force. Du reste, bin de secouer le joug de toute morale, comme il en a té accusé, il respectait l'autorité des lois et des usages e la société; il admettait même comme un fait la écessité de se confier au témoignage des sens. Il avouait olontiers que la vérité existait; mais il prétendait qu’elle était point encore trouvée, et il invitait à la chercher. ous ne connaissons point assez bien son scepticisme

our discerner avec précision en quoi il différait ou se approchait de celui de la moyenne et destrois dernières cadémies. Je crois qu’il nous est permis de confondre es quatre sectes et la sienne en une même école scépique. Je n’en distinguerais que l’éléatisme ou l’idéalisme, qui tient à une tout autre métaphysique. À ne considérer que l'ordre-des temps, Pyrrhon parait avoir précédé de

quelques années Arcésilas, chef del’acadéimie moyen et je dois dire que leurs deux sectes demeurent séparé dans les anciens documents relatifs à l’histoire de la pl; losophie. Pyrrhon nous est représenté comme aya attaqué toutes les doctrines jusqu'alors eu vogue croyant les avoir renversées l’une sur l’autre, il n'osa

y rien substituer; il pensait que le momentyn’en éta pas encore venu; et, n’accordant aux sens et à la raix

qu’une confiance provisoire, il plaçait le bonheur dan une tranquille indifférence entre tous les systèmes.

” progrès de l'esprit humain, fruits du doute, ont ama

des idées plus saines sur l’usage du doute lui-même.

est le. préparatif de toutes les études, et le résultat 4 plusieurs ; mais ilcanduit quelquefois à des lumières vive et pénétrantes, auxquelles il ne doit pas résister; car;

deviendrait, par cette opiniâtreté, anne des plus grav et des plus grossières erreurs,

Telles sont, à mes yeux, les neuf grandes écoles | distinguer dans la philosophie grecque, en observa que la plupart ont vu naître dans leur sein des écola

à qui nou:

Bsitif et asse

ann’ai pne part, 19!

. observatic ppé des éc Dhies , 1} n€ accessible, ictueuse, M eillir sur le sir la métl nse qu'il es bus venons nnaître coi es, reprod ècles avant cette ère, a Sous les P1 métropole iers travau:

mortel, Ja hommages, ieux contri Im ps d'Érat ie; d’Arista es écrivain:

ait les sciel rie à ses ré les, recueil e l’histoire lus saines t ue pas de 1

secondaires et le plus souvent schismatiques. Je persiste à croige que cette classification est plus historique, plu chronologique, plus véritable que celle qui n’admek que deux écoles principales, l'ionique et Pitalique Sans doute, il est fort permis d’apercevoir certaina affinités entreles doctrines de Pythagore, de Xénophane et de Platon, comme entre celles de Leucippe et d’A ristolc; de remarquer aussi les points de contact que peuvent avoir avec les unes et les autres les écoles de Socrate, de Zénon de Cittium et de Pyrrhon; de rédüiré enfin toutes ces sectes au platonisme et à l’aristotélisme, en ne tenant pas compte de ce qu'a pu enseigner Tha-

rc. TROISIÈME LEÇON. 9!

à qui nous ne saurions assigner aucun système assez Litif et assez constant. Peut-être que, au fond, l'esprit ain n’a réellement à choisir qu'entre deux routes :

moÿent nt séparés de la pli

e aya pne part, intuitions, abstractions et synthèse ; de l’au- Vogue observations, expériences et analyses; à moins que, » il nos hpé des écarts et des dissensions de ces deux philo-

n’en ét phies , il ne vienne à se figurer que toute vérité est à la rais accessible, toute science illusoire, toute recherche inheur da ctueuse, Mais comme on est fort loin de pouvoir reemes. Le eillir sur les écoles grecques assez de faits pour bien ont amonisir la méthode et le système de chacune d'elles, je -même, nse qu’il est plus sûr d’en compter neuf, ainsi que ésultat dus venons de le faire, Maintenant nous avons à reières vivBnnaître comment elles se sont maintenues ou modier 3 car es, reproduites ou métamorphosées, dans les derniers lus gravÈcles avant l'ère vulgaire , durant les premiers siècles cette ère, au woyen âge , et dans les temps modernes. s écoles M Sous les Ptolémées, rois d'Égypte, Alexandrie devint observa métropole de la littérature et des sciences; et les predes écoliers travaux de cette célèbre école jetèrent un éclat le persit mortel. Jamais, à mon avis, elle n’a mérité plus ique, plRhommages, plus de reconnaissance; jamais elle n’a L n’admeBieux contribué aux progrès de l'esprit humain , qu'aux l'italiquemps d'Ératosthène, d’Aristarque de Samos, d'Hipparcertaine ue ; d’Aristarque le grammairien, et de plusieurs auénophankes écrivains laborieux , lorsque, à la fois, elle agrandis-

e et d'Afit les sciences mathématiques, ramenait la philosontact quBhic à ses résultats Les plus positifs et les plus profitaécoles deMles , recueillait tous les souvenirs, tous les monuments le rédüir@e l'histoire, perpétuait autant qu’il était en elle les otélisme lus saines traditions littéraires, et ne s’occupait pres-

ner Tha ue pas de métaphysique. Ta nature et la direction de

s ses dial pre, il anin te qu’une

ses travaux nous autorisent à penser qu'elle préfé les méthodes expérimentales de l’aristotélisme aux « templations platoniques. Elle avait tiré le-meiïlleur fr

possible de tant de recherches et de controverses j’approfon: l’origine des choses et des idées, si elle en concl ne faire pa qu’il fallait désormais étudier la littérature, l’histoi lui-même la morale, les sciences naturelles et les mathématique l'art d'un : car ce sont les progrès communs et l’enchaînement , lorsqu'il s ces connaissances réelles qui constituent la véritalhent à la n: philosophie. iété,ilne sè A Rome, quand la carrière des lettres venait à per tefois, à n” de s'ouvrir au sein de cette cité déjà puissante, CatBr aspect le le Censeur fit bannir les philosophes : il inspira conte teinte de eux des préventions si durables et si violentes, que, triolument le cents ans après lui, ils furent expulsés encore par VéBins de cell pasien et par Domitien. Cependant Cicéron, loin &on serait partager cette aveugle aversion, avait, au contrainiiiins qui on consacré fort souvent ses loisirs et ses talents à des étipticisme fa des philosophiques. C’est l’objet d’uneimportante partbins encore de ses ouvrages : il a discuté les questions de méul’en se dével physique religieuse et de physique générale qui polis pur pyrr vaient alors passer pour les plus difficiles et les pliire ni le mo graves. Seulement il évitait de professer expréssémell violents tre aucun système, soit que cette circonspection lui par La secte sc convenir aux tempsorageux où il vivait, soit que, en dsqu'au seco fet,entre tant de sectes, il eût conservé une impartial@in grec, S absolue, une parfaite indépendance. On’ ne parvienlBins qui de

nsistance.

tention sér Déyposes 01 extus, le sd illité de le

en le lisant, à le fixer dans aucune école, pas mêr dans celle des sceptiques; on voit du moins qu’il les toutes fréquentées et qu’il n’ignore rien de ce qu'ell enseignent ; on peut le considérer comme leur plus a cien et leur plus habile historien. Il est successivemenl)

ETC

e préfé eaux « eilleur fn overses na concl , Phistoi ématiqu înement a vérital

ait à pe ante, Cat

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et les pl présséme n lui par que, en impartial e parvierl pas mên s qu'il les ce qu'ell ur plus ai essivemen|

s ses dialogues, l'interprète de chacune d'elles; il pre, il anime le tableau de leurs controverses, et n’y te qu’une admirable urbanité. Ce talent d'exposer J’approfondir toutes les opinions sans rien conclure, ne faire parler des interlocuteurs que pour les écoului-même sans les juger, n’est point du tout chez l’art d’un sophiste ni d’un sceptique de profession; , lorsqu'il s’agit des vérités morales qui tiennent étroipent à la nature de l’homme et à l’organisation de la iété,ilne sème pas le doute, ilrépandde vives lumières. utefois, à n’envisager ses livres de philosophie que sous r aspect le plus général , on y trouverait bien quel- > teinte de l'indifférence académique; et, s'il fallait

Bolument le rapprocher d’une secte, on l'éloignerait

ins de celle-là que de toute autre. C’est même l’idée on serait tenté de prendre de la plupart des Roins qui ont cultivé ou abordé ce genre d’études. Le pticisme faisait à cette époque des progrès sensibles,

pins encore en acquérant beaucoup de sectateurs,

en se développant lui-même et en s’exaltant jusqu’au s pur pyrrhonisme ; égarement qui n’est ni le moins e ni le moins funeste de ceux qu’amènent de longs violents troubles civils.

La secte sceptique se propagea dans l'empire romain squ’au second siècle de notre ère, époque où un écriin grec, Sextus Empiricus, ne négligea aucun des ins qui devaient la perpétuer et lui donner plus de nsistance. Il nous a laissé trois ouvrages dignes d’une tention sérieuse, L'un consiste en trois livres d’Æytyposes ou d'Institutions pyrrhoniennes. Suivant xtus, le scepticisme tend à la plus heureuse tranillité de l'esprit, contrebalance toute preuve par une

94 SYSTÈMES PAILOSOPHIQUES, ETC.

preuve du même poids, et se fonde sur l'observati de toutes les circonstances tant de la pensée humai que de la vie sociale : variétés dans les organes et « les tempéraments, conflit et diversités des témoignag de nos sens; attachement de chacun à ses opinions pe sonnelles; différences des positions, des aspects, « points de vue; influence des coutumes et des lois, pu sance de lhabitude, empire des croyances populairs Au second livre, l’auteur nous entretient de la f blesse de notre raison, de l’incertitude de nos connai sances, de la confusion de nos idées, de l’ambigui des signes qui les expriment; il en conclüt que na n'avons aucun moyen de discerner la vérité, de la parer des erreurs. Au troisième, il parcourt les pri cipaux objets sur lesquels nous nous prétendons in truits, les causes, les effets, le mouvement, le changemet le lieu, le temps, le nombre, le bien et le mal; relève tout ce qu'il y a d’obscur ou de fantastique « ces différentes notions, et n’en trouve aucune à laque “on puisse accorder quelque valeur. Son deuxième 0 vrage est intitulé Contre les mathématiciens ; maist mot est pris ici dans un sens très-vaste que nous nel donnons plus : il s'applique à tous ceux qui enseignaie quelque chose, à toutes les écoles dogmatiques. Ca à toutes les sciences, sans exception, que Sextus fa le procès. Il s’adresse d'abord aux grammairiens, ri sonne avec eux orthographe, étymologie, critique, hi toire, et accumule sur tous ces points les objections 4 les nuages. Les abus; les sophismes, les prestiges de k rhétorique subissent dans le second livre un rigoure examen. Le troïsième est dirigé contre les géomètre dont la science , est-il dit , n’a point de fondement réel

sa théorie des princ

| le septièr erreurs d la nature langage, d solue d’un :

métaphysi me sévérité

gner; il le tient qu'el ssieurs , le

oir; il sep nérale. Les

e à laque

tastique

TAOISIÈME LEÇON. 95

ithmétique, l’astronomie et la musique comparaist dans les trois livres suivants : on reptoche à la mière les vertus chimériques qu’elle prête aux noms; à la seconde, ses hypothèses hasardées et ses proéties mensongères ; à la troisième, le caractère vague sa théorie et l’immoralité de ses effets. La réfutan des principes et des conclusions de la logique rem- | le septième livre et le huitième : il y est question erreurs de nos sens, de notre ignorance profonde la nature de l'âme et du corps, de l’imperfection langage, de la vanité des arguments, et de l'absence olue d’un signe auquel on puisse reconnaître le vrai. métaphysique et la physique sont traitées avec la me sévérité dans les livres IX et X. Sextus y tournte impitoyablement toutes les idées générales que s croyons posséder; et le plus coupable excès de à audace est d’ajourner la croyance d’un Étresuprême qu'au moment où l’on aura concilié les perfections lon lui attribue. Le onzième et dernier livre con-

bne la morale, qui, selon Sextus, ne peut pas s'en-

gner; il la révère eomme établissement social, et tient qu’elle n’existe pas comme science. Tels sont, sssieurs , les motifs et les développements de ce scepisme universel. On avait mal observé ; Sextus en cont que le témoignage des sens est toujours trompeur. s abstractions chimériques avaient usurpé le nom de voir; il se prévaut de cet abus pour rejeter toute idée nérale, Les écoles retentissaient de sophismes; en nséquence, il proscrit toute logique, et nous refuse la ulté de rechercher la vérité. On ne saurait assuréent recommander la doctrine exposée dans ces deux vrages; mais la lecture en est indispensable à qui-

96 SYSTÈMES PHILOSOPBHIQUES, ETC.

conque veut étudier profondément l'histoire de | cienne philosophie.

A côté de la secte des sceptiques , celles des épi riens, des platoniciens, des péripatéticiens , des s ciens, ont traversé les siècles compris entre les ca pagnes de Jules-César et le détrônement d’August Je ne in’arrête point au cynisme, qui, à proprement } ler, n'était point une école, et consistait plus en h: tudes qu’en opinions. Un Musonius de Babylone, 1 monax de Chypre, l’insensé Pérégrinus et quelq autres l’ont successivement affiché sous Néron , « Adrien, sous les Antonins.

Les doctrines de Leucippe et d’Épicure, proclame chantées par Lucrèce, n’ont pu manquer d'acquérir

partisans au sein de Rome et d’y modifier diverseme les mœurs publiques. Cette philosophie s’est introdu

à la cour d’Auguste, et il paraît que plusieurs poë poë l'avaient embrassée. Virgile lui-même a été compté nombre des épicuriens. Horace ne se défend pas

l'avoir été. Il subsiste d’assez fortes traces du systà

atomistique dans l'Histoire naturelle de Pline ; et si, siècle suivant, Lucien avait pu s'attacher à une éc c'eût été à celle-là. D'abord sculpteur, puis avocat, p rhéteur, puis greffier ou préfet en Égypte, Lucien Samosate a fini par être le meilleur écrivain et pa être l’homme le plus éclairé de son temps. Chez 1 une philosophie ingénieuse se compose d’un heure mélange d’épicuréisme et de malice, de science et

scepticisme. Il eut ce qu'il faut de raison et. d’esn

pour avoir le droit d’être satirique, et on le vit dirig à la fois ce talent contre les travers des philosophes contre les superstitions vulgaires. Il a peu ajouté à

l'antiquité n, la sour

ême, a célél mœurs at

ajouté à

es de ses contemporains, mais ilen a beaucoup re-

nché, ce qui était encore une avance, On place aussi ns la secte épicurienne Diogène de Laerte, qui, au pisième siècle de notre ère, a rédigé en dix livres des

tices biographiques sur quatrevingt-deux philosophes

l'antiquité. Son recueil est, pour ce genre d’instrucbn, la source la plus féconde : il est ficheux qu’elle ne it pas plus pure , et qu’il faille, pour étudier l'histoire

s premiers progrès de l'esprit humain, recourir à un mpilateur sans méthode, sans critique, sans goût et ns esprit. Aux traits les plus remarquables et quelqueis peu avérés de la vie de ces philosophes, Diogène joint des exposés trop vagues de leurs dogmes et des tres dont il les suppose auteurs, mais de l'authenticité squelles il n’est. pas un garant bien sûr. Il s’est plu ssi à insérer dans ces dix livres beaucoup de vers nt l'élégance ne surpasse point celle de sa prose. Il ait sujet à versifier ; il y a quelques épigrammes de i dans l’Anthologie de Planude.

Durant les siècles dont nous parlons en ce moment, s épicuriens ont eu pour adversaires les stoïciens, qui taient alors un’bien plus vif éclat. Renouvelé par hénodore sous Auguste , enseigné sous Néron et sous s successeurs par Cornutus, que Pérse, stoïcien luijéme, a célébré, et par Chærémon, dont Martial a peint

mœurs austères, le stoicisme a surtout brillé dans s écrits de Sénèque, d’Épictète et de Marc-Aurèle. ontaigne préfère à Cicéron, tout sceptique qu'est Ci-

éron, le stoïcien. Sénèque, comme plus ondoyant disert, moins embarrassé de préfaces, de définions, de partitions et autres longueries d'appréts. énèque, en effet, s’il a moins de grandeur .et d'élo- XX. \ 7

quence, peut sembler plus rapide et plus énergique! c'est un esprit mobile, pénétrant, inépuisable, Tout4 ses expressions, tous les éléments de son langage red lent des pensées ingénieuses, souvent profondes, quel quefois sublimes, L'art d'écrire n'est jamais chez lu que le mouvement même et l’activité de ses idées. | l'exception d’un petit nombre d’exagérations ou de sul tilités stoïciennes, il n’avance rien que de raisonnable quoiqu'il ne dise jamais rien de commun. Sa logiqw n’est que son extrême sagacité : il pense juste, para qu’il pense beaucoup. S'il y a peu de chaleur dan ses écrits, ils sont encore plus exempts de sécheresse à de langueur. S'il n’amuse pas, il occupe et il exerce. } crois qu'on l'a beaucoup déprécié dans les écoles. Épic tète veut direacheté, serviteur ; on ignore le nom pro pre du philosophe qui est désigné par ce surnom , et qu appartint, comme esclave , à Épaphrodite, Sous ce mai tre barbare, il apprit trop à souffrir et à s'abstenir, habitudes dont il faisait les deux principaux articles de sa morale ; il croyait à l’immortalité de l’âme. Des sa. vants modernes ont essayé de reconnaître en lui w chrétien ; il n’était qu’un stoïcien très-estimable. Chas de Rome sous Domitien, il y revint après la mort de cet empereur, et y fut plus que jamais considéré, Ange Politien et d'autres écrivains plus modernes ont racont: fort au long les actions d'Épictète, qui en effet li font plus d'honneur que ses écrits un peu arides. L bonheur si rare de se conduire sagement vaut encor mieux que le talent de penser avec profondeur ou d'é.

crire avec élégance. Ce que nous avons d'Épictète sl réduit à des discours conservés ou arrangés par Arrien, à des fragments cités par Stobée, et au fameux Znchi.

ridion où M raphrases, langues ont ciens célèbr

RArrien que

temps le pli pereur Mar dans ses li:

n'eut rien à ses écrits et

| d’ailleurs n

bien lumine qu'il s’est a idée trop a!

élôquente q réflexions a particulière et M. Rip:

avait laissé lettres qui } tiques. On midore d'É vérité, Mes l'interpréta de philosop par des dél ques supers Il me re pendant ce et d’Aristot que cette p petit noml

r Arrien,

k Lnchi

ridion où Manuel qu’une multitude de scolies, de paraphrases, de commentaires et de versions en toutes langues ont fait universellement connaître. Les stoiciens célèbres du second siècle de l’ère vulgaire sont cet

JArrien que je viens de nommer et qui est en même

temps le plus sage des historiens d'Alexandre, et l’empereur Marc-Aurèle Antonin. Ce prince, en professant dans ses livres une morale très-élevée et très-sévère, n'eut rien à redouter des comparaisons à faire entre ses écrits et ses actions privées ou publiques. Ce n’est

d'ailleurs ni un style très-élégant ni une philosophie

bien lumineuse qu'il faut chercher dans les réflexions qu'il s’est adressées à lui-même : on en prendrait une idée trop avantageuse, si l’on s’en tenait à l'analyse élôquente que Thomas eu a composée. Le texte de ces réflexions a £ié revu, éclairci par plusieurs éditeurs et particulièrement par M. Coray; André Dacier, Joly, et M. Ripault l'ont traduit en français. Marc-Aurèle avait laissé aussi des dialogues qui n'existent plus ; les lettres qui portent son nom ne sont pas assez authentiques. On a disputé sur la question de savoir si Artémidore d'Éphèse était épicurien ou stoïcien; mais en vérité, Messieurs, un homme qui écrit cinq livres sur l'interprétation des songes, n'appartient à auvune classe de philosophes. Son traité ne peut nous être utile que par des détails historiques relatifs à d’anciennes pratiques superstitieuses.

Il me reste à vous exposer ce que sont devenues, pendant ces mêmes siècles, les deux écoles de Platon et d’Aristote. Je vais commencer par la seconde, parce que cette partie de son histoire ne comprend qu’un fort petit nombre de détails, au lieu que le platonisme a

LE

pris dans cet âge de tels développements ou subi *e, on a © télles métamorphoses, qu'il me faudra, pour vous en {ER . à An: frir un aperçu, plus de moments que vous ne pouvait |ités de m'en accorder aujourd'hui. bee ouvrage

Eu vain Cicéron avait admiré le génie d’Aristote; 0 mentair vain Sosigène avait apporté d'Alexandrie à Rome k bctriné du philosophie péripatéticienne, lorsqu'il vint aider Jule âme, la mi César à réformer le calendrier : par une fatalité diff. + bien: ent cile à expliquer, cette grande école s’est moins soutenue ête de deux qu'aucune autre sous les empereurs jusqu'à Augustulk SL fièv on pourrait même dire qu’elle ne s’est pas-rouverte alor lutétau m en Occident. L’épicuréisme, qui a bien quelque affinit lisie n’est } avec elle, puisqu'il se:fonde aussi sur des expériences Breèques su immédiates, s’est beaucoup mieux propagé , apparem D buées, At ment parce qu'il présentait une cosmogonie plus sensi. RS lents pour ble ou plus poétique, et que sa morale, bien où malle. parapn entendue, touchait de plus près aux pratiques de la vie. idées d’A sociale. Nicolas de Damas, qui vivait sous Auguste, est Eat et les n cité comne péripatéticien par Plutarque et par Ath} ple, rétabli née; mais il ne nous est plus connu que par des frag-RD.,,t pas en ments de ses livres d'histoire. J'écarte d’autres noms, Il a exist auxquels ne se rattacherait aucun fait important et qui Eisibuer à ce d’ailleurs pourraient être revendiqués par des écols D sympa très-distinctes de celles d’Aristote. Car les sectes ten- ES Je l’école p daient alors à se confondre; le syncrétisme les mélan. tateur de le geait, et, pour distinguer celle à laquelle appartenait D 4 en Paph chaque philosophe de ces temps-là, il faudrait, nous D ractère engager en de longues et minutieuses discussions qui ques, parti encore n’aboutiraient le plus souvent à aucun résultat. tinople. Né Alexandre d’Aphrodisie, ville de Carie, fut an second Æ inistrate siècle de notre ère ou plus probablement au troisième plus distin le restaurateur du Fycée. De ses commentaires d’Aris- trois orais

us sensi. à où mal de la vie

Juste, est

ar -A thé. E

des frages noms, nt et qui es écoles ctes tenes mélanpartenait ‘ait, nous sions qui résultat, 1 second roisième s d’Aris-

TROISIÈME LECON. IOT

me, on a conservé ceux qui concernent le premier li- : des Analytiques, les Topiques, la Métaphysique,

É traités des Sophismes, des Sens et des Météores. Trois Mes ouvrages d'Alexandre ne portent point le titre de

ommentaires, quoique le fonds en soit puisé dans la Joctrine du philosophe de’ Stagire; ils ont pour sujets ’âme, la mixtion des corps, la fatalité et la liberté. On it bien encore le nom d’Alexandre d’Aphrodisie à la ête de deux livres de Questions médicales, et d’un:livre Sur les fièvres ; mais ces productions appartiendraient plutôt au médecin Alexandre de Tralles. Celui d'A phrolisie n’est pas non plus le véritable auteur des scolies srecques sur la Rhétorique d’Aristote qui lui ont été attribuées. Au surplus, it n’avait pas ce qu'il eût fallu de talents pour relever à cette époque le péripapéticisme:. Ses paraphrases sont peu instructives, En reproduisant les idées d’Aristote, elles les affaiblissent , les obscurcissent et les modifient quelquefois. Alexandre, par exemple, rétablit le dogme de la Providence; ce qui n’a pourtant pas empêché de l’accuser d’athéisme.

Il a existé plusieurs Anatoles : il a plu à Fabricius d’attribuer à celui qui vivait au troisième siècle, un Traité des sympathies et des antipathies qui semble sorti de l’école péripatéticienne ; un plus recommandable sectateur de la philosophie d’Aristote fut Thémistius, qui, né en Paphlagonie, se fit estimer par la noblesse de son caractère dans l'exercice de plusieurs fonctions publiques, particulièrement dans celle de préfet de Constantinople. Né de parents obscurs, il devint, comme administrateur et comme écrivain, l’un des hommes les plus distingués du quatrième siècle. On a de lui trentetrois oraisons, dont dix-neuf sont à la vérité des pané-

gyriques, adressés aux empereurs, mais qui, plus rem plis de leçons que de compliments, relevaient , autan

qu’il se pouvait , ce genre d’éloquence. Thémistius a paf

raphrasé plusieurs ouvrages d’Aristote, qui depuis long. temps n'avait pas eu un si honorable interprète. I, Traité des météores a été commenté par un Olympio. dore , qu’il ne faut pas confondre avec un ou deux ph: toniciens du même nom : celui-ci était d'Alexandrie « appartenait à la secte péripatéticienne; mais il n’a pro bablement terminé sa carrière qu'au sixième siècle: en vous le nommant ici je dépasse un peu la limite de l’année.476 ou 500. J'en userai de même à l’égard de

Boèce, de Philopon et de Simplicius, afin de ne pas trop}

morceler cette partie de l’histoire de l’aristotélisme. Boèce cultiva toutes les branches de la philosophie Depuis Sénèque et Pline l’Ancien, il n’y avait guère ei de Romains si instruits et si laborieux. Né vers 470, au sein d’une famille illustre, il fut consul en 510, exiléer 524 près de Pavie, et massacré en 526 : il avait été accus de conspiration et dénoncé au roi goth Théodoric À toute époque, c'est dans les rangs des philoso phes que la tyrannie choisit le plus volontiers ses victi mes. Boèce doit à son bannissement son plus beau titre littéraire; car, à cette occasion , il composa en latin sa cinq livres De la consolation philosophique. Là il s’en: tretient avec la Philosophie, qui répond du mieux qu’elle peut à ses craintes et à ses doutes. L'ouvrage, quoique

sérieux , est agréable; et des vers, assez bien tourné}

y sont entremèêlés à une prose qui n’est pas sans.éltgance. Mazzuchelli indique plus de cent éditions de ces cinq livres, avec ou sans notes; ils ont été traduits dans toutes les langues : la plus ancienne version française es

Jeau de ose. Læs à rité ni de

Avres d'Ari:

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Simplici tète, était quitter At seigner, il Khosrou, rantissait, liberté de ils ne ro de Simplic dans leur tote cert surtout a écrits des et Brucke tous les a

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Jeau de Meung, l’un des auteurs dû Roman de &

ose. Les autres écrits de Boèce n’ont pas autant dé cé: brité ni de mérite. Ce sont des commentaires sur des vres d’Aristote, de Cicéron et de Porphyre; des trais du syllogisme, de la division, de la définition, ét es différences topiques, des éléments de musique, d'a ithmétique, de géométrie , extraits des mathématiciens recs, enfin des écrits sur les dogines fondamentaux lu christianisme. Boëce est l’un dés premiers qui ait ppliqué à la théologie la philosophie péripatéticienne, lont il avait fait une étude spéciale, ainsi qu'on le voit assez par s6s recherches sur Aristote et par les explicaions qu'il dénne des ouvrages de ce philosophe intiulés Catégories, Interprétation, Analÿtiques, Topiques, Sujets sophistiques. Quelques-unes de ses proluctions né 86 retrouvent plus, par éxemple une Con: corde de l’aristotélisme et du platonisme.

Simplicius, commentateur grec d’Aristote et d'Épictète, était né en Cilicie peu après l’an 500. Forcé de quitter Athènes, où Justinien ne lui permettait plus d’enseigner, il se réfugia en Perse, auprès de Chosroës ou Khosrou, et en revint en vertu d'un traité qui lui garantissait, ainsi qu’à ses compagnons d’exil, la pleine . liberté de leurs opinions religieuses et philosophiques ; ils ne rouvrirent pourtant pas d'écoles. Les relations de Simplicius avec quelques éclectiques l’ont fait ranger dans leur secte; il mêlait en effet au: système d’Aristote certaines idées empruntées aux platoniciens et surtout aux stoiciens. On rencontre même dans ses écrits des teintes de christianisme, ainsi que Fabricius et Brucker l'ont observé ; il a été appelé le ciment de tous les anciens philosophes. Mais c’est un édifice essen-

tiellement aristotélique qu’il compose des divers mat riaux qu’il rassemble. 11 a contribué à répandre Orient les:doctrines et les méthodes que le débordeme du néo-platonisme’en avait bannies ; ses livres se recon mandent aussi par le très-grand nombre d'extraits d de fragments qu’ils contiennent : beaucoup d'écrivain dont ‘nous ‘n'avons plus les ouvrages y sont cités. D'y autre côté, nous voyons que Simplicius se laissait en! trainer à des discussions plus vives que précises, dl dans lesquelles il n’avait quelquefois l'avantage ni po | le fond ni pour les formes. Il argumente surtout ave aigreur contre Philopon, qui était pourtant: presque aussi péripatéticien que lui, et qui commentait:pare lement Aristote.

Dans notre prochaine séance, Messieurs, nous re. chercherons les traces du platonisme durant les cinq ou

“six premiers siècles de l’ère chrétienne.

duit jusqu’

ciS DE L'E ONISME El LES DE L'È

essieurs,

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RL vEssauvessLssLLLLULLLIELLVELLELULLLLTVELILELILELLLLLELELISS

écIS DE L'HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE. — PLA- ONISME ET MYSTICISME DANS LES PREMIERS SIÈ- LES DE L’'ÈRE VULGAIRE.

Messieurs, dans notre dernière séance, nous avons duit jusqu’à la fin du cinquième siècle de l’ère vuleet mêmeun peuau delà l’histoire de toutes les sectes osophiques de l'antiquité, à l'exception pourtant des oniciens, à l'égard desquels nous n’avons pas désé l'époque où Antiochus d'Ascalon, contemporain icéron, fondait là cinquième académie. En repret aujourd'hui les annales du platonisme, nous ne le inguerons pas de la philosophie pythagoricienne, seulement parce que celle-ci n’est point assez conpour qu’il soit facile de discerner les dogmes qui sont restés propres, mais surtout parce que, depuis verture de l'ère vulgaire, elle s’est de plus en plus ée aux doctrines de Platon et de ses nouveaux dises. Je parlerai en premier lieu et en fort peu de s des philosophes ou sophistes qui, en professant doctrines, ne les ont pas très-essentiellement modis; ensuite j'arrêterai plus longtemps vos regards sur qui, en les amalgamant avec d’autres systèmes, réellement ouvert une école nouvelle, qui occupe place distincte dans l’histoire de l'esprit humain. ‘était, selon toute apparence, un pythagoricien exalté que cet Apollonius de:Tyane dont la longue

vie semble correspondre à peu près aux cent premièrall

années de l'ère chrétienne, Il n’y a pas trop moyen d rechercher quel était le système philosophique de 4 personnage : on lui attribue beaucoup de miracles 4 peu d’écrits. Cependant les lettres fort laconiques qu portent son nom offrent quelques teintes d’éléatisme, d autorisent à présumer que ses opinions, s’il en avaité bien arrêtées, étaient puisées dans l’école de Xénopha autant que dans celles de Platon et de Pythagore. Nous aurions peine aussi à fixer dans une secte bie

déterminée un écrivain beaucoup plus fécond et pl

célèbre, Plutarque, né, ce semble, vers le milieu

même siècle, et dont la carrière s’est prolongée dans

suivant. La philosophie et principalement la mord lui ont fourni les sujets d’une partie de ses ouvrage mais il serait plutôt à consulter comme historien À systèmes qu’à étudier commele défenseur ou l’interprit d’une doctrine, Il n’est le chef d'aucune école ni 1 disciple très-distingué d'aucun maître. On remarq dans ses écrits des traces de stoïcismne ; et néanmoins a écrit contre les stoîciens comme aussi contre les éy curiens. Il rend çà et là quelques hommages à Aristote mais il lui reproche d’avoir combattu le système pl tonique des idées, et il parle avec plus de complaisan des chefs de l’école contemplative. Je w’ai point à va parler des travaux biographiques de Plutarque : | sont ses principaux titres de gloire.

Un deses contemporains, Favorinus d'Arles, qui pr bablement n’est mort que sous les Antonins, est aus

malgré quelque penchant au pyrrhonisme, à pla parmi les pythagoréo-platoniciens, si nous en juges par les rapports des auteurs qui sont venus après li

sr il ne subsis rtout connu ses opinions ( s Nuits attigi histoire de la f pême sous aut latonicien Tai Apulée, qui :

ers les mêmes on célèbre cotr n recueil histo:

ois livres sur e dieu de Socr Je quelque aut be ou Discour.

qu'on puisse, sa barler ni de ce eux qui n’ont } Vous remarc clatante que Vempéchait pe ement de tou Alcinoüs et Al roductions à | axime de Ty plus étendu ot juarante et

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sr il ne subsiste rien de ses propres livres. 11 nous est

rtout connu par les mentions qu’Aulu-Gelle a faites Deses opinions et de ses entretiens, Cet Aulu-Gelle, dont

s Nuits attiques fournissent de précieux documents à histoire de la philosophie, ne peut guère se ranger luipème sous aucune secte, quoiqu'il ait été disciple du latonicien Taurus de Béryte,

Apulée, qui a écrit en latin , ainsi qu’Aulu-Gelle et ers les mêmes temps, est fameux comme romancier, et on célèbre comme philosophe, Toutefois il nous a laissé n recueil historiquement utile sous le titre de Ælorides,

ois livres sur la doctrine de Platon, un discours sur e dieu de Socrate, une version du livre d’Aristote ou Je quelque autre sur l'univers, de plus une Æpoloie ou Discours sur la magie. Ces écrits suffisent pour ju'on puisse, sans témérité, le déclarer platonicien, sans arler ni de ceux qui sont moins authentiques, ni de eux qui n’ont pas traversé les âges.

Vous remarquerez, Messieurs, que la prédilection iclatante que Marc-Aurèle avait vouéc au stoicisme Vempêchait personne d'adopter et de professer ouverement de tout autres systèmes. Deux auteurs grecs, Alcinoüs et Albin, publièrent sous son règne des inroductions à la philosophie de Platon. Un troisième,

axime de Tyr, acheva, sous Commode, un ouvrage plus étendu ou plutôt des opuscules plus nombreux, quarante et une dissertations: qui roulent sur des sujets de métaphysique et de morale. Le style en est oux et la diction assez claire; les pensées ont souvent le la noblesse, mais elles prennent tantôt des teintes

Éuperstitieuses, tantôt des formes sophistiques. L'un eces quarante et un discours traite de la divination.

‘peut exister. un bien plus grand qu’uu autre bien,

L'auteur examine en d’autres quelle est la nature d science; quelles sont les fins de la philosophie; si vertu est un art; quelle est l’origine du mal, et {

cette dernière question, Maxime de Tyr soutient 4 cessivement le, pour et le contre, et il en use de mi à l'égard de la préférence à donner soit aux agric teurs sur les militaires, soit à la vie active sur la contemplative. On lit avec plus d'intérêt ou de curios les discours. relatifs au pardon des injures, au fruit tirer des adversités, au génie de Socrate et à ses ide sur l'amour, On a, depuis 1802, une très-bonne trad tion française de toutes ces dissertations par M. Con Dounous. cé |

Entre les pythagoriciens du troisième siècle. ôn di tingue les deux Philostrate, l'oncle et le neveu , 1 surtout le premier, qui nous a laissé entre autres écn des notices sur cinquante-neuf philosophes, et neufi vres oùil expose la doctrineet raconte les actions mirac leuses de cet Apollonius de Tyane dont je vous par il y a peu d’instants. C’est un exemple fameux de la « dulité que l'esprit de secte inspire, ou des impostun qu’il commande. Des sentences quelquefois compa bles à celles des vers dorés attribués à Pythagore retrouvent dans un manuel de Sextus ou Sextius; qu' a confondu mal à propos avec son contemporain pape Sixte II, mort en 258.

Le quatrième siècle fournit à la même école ou à cl de Platon, Dexippe, Sallustius, Némésius, Chale

-dius, et un auteur latin, Macrobe. Dexippe a pi

la défense de la philosophie platonique dans un o vrage divisé eu trois livres et intitulé Questions sur!

égories. Se: lois, préfet n Traité de } païenne. Né nisme; et son hodoxe, sau reur d'Origè question des du hbrearbit:

e et de ses nisme est cc glose du proche auss on a cru y1 iest pourtant les propriét bnie des sphè songes. Mai:

il y a de plu:

le lui, sous le littérature, Tels ont été, cles après J. ( plus dociles pins Ôté aux « s ont espéré int hésité à plusieurs of tte classe de connue sous néo-platonid elle s’est int:

QUATRIÈME LEÇON. d 109

ture d égories. Secundus Sallustius Promotus, capitaine lois, préfet des Gaules , est probablement l’auteur n Traité des dieux et du.monde selon la théolo- } paienne. Némésius ; au contraire, professe le chrisnisme; et sontraité de la Nature de l'homme est fort hodoxe, sauf pourtant quelques lignes imbues de reur d'Origène sur la préexistence des âmes. Il y question des éléments, du destin, de la Providence du hibrearbitre, du volontaire et de l’involontaire, de e et de ses facultés. C’est l’un des livres où le plaisme est concilié avec les dogmes évangéliques. glose du Timée de Platon - par : Chalcidius se pproche aussi à tel point de ces mêmes dogmes, on a cru y reconnaître l'ouvrage d’un chrétien, ce iest pourtant resté fort douteux. Macrobe a raisonné les propriétés mystérieuses des nombres, sur l’harnie des sphères célestes, sur les différentes espèces songes. Mais ces idées pythagoriques ne sont pas ce il y a de plus utile dans ses livres. -Vous savez qu’on le lui, sous le titre de Saturnales, un curieux recueil littérature, d’antiquités et de philosophie.

Tels ont été, Messieurs, dans le cours des premiers cles après J. C., les pythagoriciens et les platoniciens plus dociles, ceux qui ont le moins ajouté et le ins ôté aux enseignements de leurs maîtres; d’ausont espéré de les épurer, de les enrichir, et n’ont int hésité à les altérer plus ou moins par l’alliage plusieurs opinions empruntées à diverses écoles. tte classe de philosophes, qui s’est fort multipliée, connue sous les noms d’éclectiques ou syncrétistes, néo-platoniciens, et aussi d’alexandrins, parce ‘elle s’est introduite dans l’école d'Alexandrie, où les

ie; si al, et | bien, tient « de mè x agric sur la eCuriosi au fruit ses 1dé ue trad [. Con

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110 SYSTÈMES PHILOSOPHIQUEFS, ETC.

études avaient pris auparavant une bien différente à mon avis, beaucoup plus heureuse direction. C4 un nouveau platonisme, qui cherchait ses prem fondements dans l’ancien, mais pour bâtir de pi rapportées, de matériaux recueillis de toutes parts, édifice plus élevé , plus vaste et, s’il se pouvait, } solide, ÉxAéyu signifie choisir, recueillir. L'éclects devait être une philosophie choisie ou choisissante, pliquée à extraire de chaque doctrine le: articles plus purs et les plus vrais. Ceux qui ont preia qui usurpe qu’il n’atteignait pas ce but ont changé son nom Je vous prie syncrétisme, c'est-à-dire mixtion, rapprocheme il ya plusi amalgame des opinions, ment disti:

C’est une résolution qui paraît en soi fort rajson ble que celle de ne s'inscrire d’avance dans auc secte, de ne jurer sur la parole d’aucun maître, d' dier toutes les opinions des philosophes, de faire e elles un choix éclairé, de les assortir autant qu'il peut, et de s'en former un système dont on ait ac la conviction intime et en quelque sorte la proprié Ce plan n’était pas nouveau. Galien et Cicéron blaient l'avoir conçu. Avant eux, Aristote l'avait lement suivi; car il n’a professé un système qu'ap avoir pris une connaissance positive et profonde toutes les doctrines antérieures aux siennes. On pa à certains égards, attribuer des procédés semblabk sinon à Platon, du moins à Socrate, et auparavan Pythagore ci à Thuiès, qui, avant d'ouvrir des éco

ne désigner , autant dé res diverses un grand ne est point un fait professi

néo-platoi le, ils n’éts re autant de

puveau qui s ‘untés aux u rlains détail:

iles contie ais, prises da étendent no Jées, ces do ne est vraie confondus 1 age, qu’un © ue la philoso elle de l’école mélaient de i semblaien ant, par des

s'étaient, à © ju ! semble, iastruits à celles delhents ou app gypte et de l’Asie. ‘y avait don Mais je remarquerai d’abord , Messieurs, que le 1% concilier, e

d'éclectisme, bien entendu, caractériserait une meéthSntôt la théol

de pi parts, vai, éclectis ssante, vticles preiet n nom ocheme

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QUATRIÈME LEÇON. Ait ne désignerait point une secte : il y aurait, en résul- , autant d’éclectismes particuliers, qu'il y a de mares diverses de choisir et de combiner les éléments un grand nombre de doctrines. Un ‘rai éclectique est point un sectaire; il en est précisément l'opposé: fait profession d'indépendance. Par eela même que néo-platoniciens ou alexandrins formaient une ole, ils n’étaient point éclectiques; et l’on doit en re autant de toutes les sectes qui ont usurpé ensuite qui usurperaient encore le même nom.

Je vous prie d'observer, en second lieu, que partout il y a plusieurs systèmes proprement dits et véritament distincts, il est impossible d’en former un puveau qui soit raisonnable, avec des principes emuntés aux uns et aux autres. Il se rencontrera bien rlains détails qui pourront se détacher de la doctrine i les contient et s’adapter à celle où ils manquent, ais, prises dans leurs généralités, et en tant qu’elles rétendent nous dévoiler l’origine des choses et des Jées, ces doctrines s’excluent réciproquement : si ne est vraie, l’autre est fausse ; leurs principes réunis confondus ne formeraient qu’un monstrueux assemage, qu’un obscur chaos. Aussi verrons-nous bientôt ue la philosophie des alexandrins n’était au fond que elle de l’école pythagorique ou platonique, et que, s'ils mélaient des théories, des traditions, des croyances ui semblaient puisées ailleurs, c'était en les transforant, par des interprétations forcées, en développeents ou appendices d’un platonisme fondamental. Il ‘y avait donc là qu’un misérable syncrétisme, destiné concilier, en apparence, avec la doctrine de Platon, ntôt la théologie égyptienne, tantôt les dogines chré-

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