‹ Cours d'études historiques [microforme]Chapitre 13 sur 115 · RATE ET SP · texte numérisé non relu

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tiens, d’une part l’idéalisme de Xénophane, de Py ménide et de Zénon d’Élée; de l’autre la dialectiod d’Aristote et, au besoin , la morale des stoïciens, mà quelques hypothèses de Leucippe et d'Épicure. Ona treprenait de persuader à ces écoles si discordant4 qu’elles n'avaient toutes qu’un même système diver ment exprimé, à peu près comme on tente. quelqu fois de faire accroire à des puissances rivales ou à4 plaideurs irréconciliables qu’il leur suffit pour vivrec paix de mieux s'entendre. On rédigeait entre les sect des espèces de traités où des termes équivoques et dk clauses captieuses. voilaient les inimitiés et reg laient les germes des guerres prochaines. Le sav obscur ou fantastique des syncrétistes se couvri d’un langage mystérieux; une ontologie pointilleuk leur tenait lieu de logique; et les superstitions, il morale. Ils étaient ou feignaient d’être enthousiaste et j'aurai à vous rapporter des miracles opérés x quelques-uns d’entre eux.

Auparavant tâchons de nous former, s’il est posi ble, une idée plus précise des différentes doctrines qu les alexandrins voulaient concilier. On nous assure qu de l’école socratique étaient sorties les cinq grand sectes grecques que désignent les noms de platonicien péripatéticiens, stoïciens ; épicuriens et sceptiques. (k a même ajouté qu'il devait en éclore ainsi précis ment cinq, ni plus ni moins, parce qu’il fallait o s'élever avec Platon jusqu’à l’unité intime et suprèm qui, à peine accessible à l'intelligence, embrasse et 1 vifie à la fois le monde spirituel et le monde matériel ou avec Aristote, réunir en un seul corps de scient le système intellectuel et le système de la nature «PA

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QUATRIÈME LEÇON. 113 terne, sans les dépasser ni lun ni l’autre; ou, avec les philosophes du Portique, se renfermer dans sa conscience personnelle, en méprisant toute autre existence ; ou, comme Leucippe, n'accorder de réalité ou d’importance qu'aux objets physiques; ou enfin, comme Pyrrhon, n’apercevoir nulle part que des apparences et des illusions. L’épicuréisine s’exila, dit-on, en Italie, et y acheva la corruption des maîtres et des esclaves. Le scepticisme s’éteignit après Sextus Empiricus, vers le milieu du second siècle de notre ère. Il ne restait donc, à la fin de ce siècle, qu’à mettre d’accord les trois philosophies de Platon, d’Aristote, et de Zénon de Cittium. Voilà donc, poursuit-on, quelle fut l’entreprise des néo-platoniciens; voilà leur œuvre. On nous les peint reproduisant l’école socratique, mais rappelée à son unité primitive, mais enrichie des plus hautes théories de Platon, et rassemblant aussi par le plus heureux choix tout ce qu'il y avait de grand et de pur dans les doctrines orphiques, pythagoriques, égyptiennes et orientales. Tel s'établit l’éclectisme, au centre des trois parties de l’ancien monde , dans cette ville d'Alexandrie qui était devenue la métropole des lettres et des sciences. Cependant, Messieurs, croirez-vous qu’il soit aussi facile qu’on vient de le supposer d’établir une classification des sectes, qui, en s’accordant avec leur chronologie, représente fidèlement leurs affinités, leurs oppositions, ce qu’elles ont de commun, les traits caractéristiques qui les distinguent? Quelle idée positive pourrez-vous jamais concevoir de la doctrine générale et primitive de cette école socratique, de laquelle seraient sortis également le dogmatisme et le

scepticisme , la métaphysique de Platon et le matéria- AX. à

lisme d’Épicure? Si, comme l’a dit Montaigne, le reven de la vérité a cent mille faces et un champ indéfini, y a-t-il moyeu dé limiter d'avance, de fixer à prion le nombre des faux systèmes qui doivent éclore? Est: bien sûr qu’il n’y ait que cinq manières de résoudre k question « Qu’est:cé qui existe ? » et d’ailleurs ce pro. blème était-il le seul par lequel pût s’ouvrir le cours des] recherches et des controverses philosophiques ? Je voi que; depuis qu’on a établi ces cinq écoles comme néces.È sairés et seules possibles, on nous en a présenté au mêmes titres, d’abord seulement deux ou trois, êt en. suite quatre, toujours ni plus hi moins, D'ailleurs, Mes. sieurs, vous aurez bientôt occasion de reconnaître que le néo-platonisme a beaucoup puisé dans la secte éléa | tique, qui n’a pas été nommée parmi celles qu’on vient d’énumérer. J'en conclus qu’il faut, ainsi que now avons tâché de le fairé jusqu'ici et que nous continue. rons de le pratiquer, préndre les sectes telles que les documents historiques nous les offrent dans l’ordre chronologique qu’ils leur donnent , avec toutes les va. riétés et les anomalies que lé cours des temps et le choc des opinions amènent.

Toutes les fois que l’établissement d’une de ces sec: tes n’a pas été provoqué par quelque événement pu: blic, ou par une découverte éclatante, ou par les recherches profondes d’un homme de génie, tel qu’Aristote, Bacon, Descartes, Locke ou Newton, les fondateurs n’ont guère conçu d'autre dessein que d'ouvrir une R école nouvelle, d'enseigner autrement qu’on ne l'avait fait avant eux; et le moyen le plus ordinaire qu’ils ont employé pour y parvenir a été de rajeunir et de com: biner de vieilles doctrines, de coudre des lambeaux

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«pour se préserver de toute erreur. Il faut donc choisit, «prendre de toutes mains, se défier des meilleurs inaîtres, «accepter ce qu'un mauvais peut par hasard offrir de «bon. » J'ai déjà dit , Messieurs, comment doivent s’entendre et s’appliquer ces maximes : il convient en effet de rectifier et de compléter, quand il y a lieu, les détails d’un premier système par ceux d’un second, Mais prendre ce qu’il ÿ a d'essentiel, de caractéristique dans l'un et dans l’autre pour n’en faire qu’un seul, c’est n’attacher aucune idée à ce mot de système, ou ne pas comprendre celle qu’il exprime. Si ce sont véritablement deux corps distincts de doctrines philosophiques,

Echacun d'eux a son existence propre et en quelque

sorte sa personnalité. Ce sont deux individus et souvent deux ennemis que vous voulez forcer à vivre, à respirer et à se mouvoir ensemble; vous n'en ferez jamais qu'un monstre.

Pour se présenter sous un plus séduisant aspect, le soi-disant éclectisme s’est quelquefois attribué le caractère d’une vertu morale; il s’est donné pour le proluit ou le modèle de la modération la plus pure et la plus sage. Sa mission, disait-il , était de concilier les sprits, de rapprocher les sectes, de rétablir la paix entre les écoles, de mettre un terme à leurs hostilités scan-

Haleuses. Par le fait, il a renouvelé toutes les discordes et

rallumé toutes les guerres, qui sont même devenues, sous son influence , plus violentes et plus mortelles, Je ne tarderai pas à vous en faire le récit; maïs ce qui nous importe en ce moment est de ne pas nous laisser abuser par ce nom à jamais vénérable de modéra. tion , et de ne rendre à cette vertu éminente, la régula. trice de toutes les autres, que des hommages dignes d’elle. Ce sont les actions et non lesopinions qu’elle doit régir. C’est elle qui, au sein des dissensions soit poli. tiques soit littéraires, interdit les persécutions et les outrages; il ne lui suffit pas de prescrire la justice, de recommander la clémence, de conseiller l’urbanité : elle inspire aux défenseurs les plus sincères des causes les plus opposées des sentiments mutuels de bienveil. lance et d'estime. Elle empêche que les opinions ne deviennent des passions; les doctrines, des inimitiés on des tyrannies. Mais sera-ce elle qui limitera ou accor.

dera les théories elles-mêmes, qui déterminera le point À

où elles doivent se rencontrer et se confondre? C'est un droit qui ne lui appartient pas, un pouvoir qu'il ne lui convient pas d’usurper.

Dans notre, dernière séance, Aristote a placé h vertu, non la vérité, au juste milieu entre deux vices opposés, l’un par excès, l’autre par défaut ; l'économie,

par exemple, entre l’avarice et la prodigalité. Mais

lorsqu'il s'agit d'opinions, de connaissances, de proci: dés purement intellectuels, les deux points extrêmes sont la vérité et l'erreur : il n’y a sur toute la ligne qu les sépare que des vérités, affaiblies, incomplète ou dégradées, et des erreurs qui se grossissent par degrés jusqu'à leur entier développement. Le juste milieu d’une telle ligne serait le point où la vérité finit et où

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