‹ Cours d'études historiques [microforme]Chapitre 20 sur 115 · __ IMAGE EVALUATION TEST TARGET (MT · texte numérisé non relu

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ILES lé Ie

Sciences sta nv 1800

et de physique générale; livres profondément obscur, soit qu’ils fussent déjà tels en sortant de la plume & l'auteur, ce qui n’est pourtant guère croyable, soit ph: tôt que les interprètes, les copistes, les éditeurs, lx aient incurablement défigurés. Cependant, moins « livres étaient intelligibles, plus ils acquéraient d’aut. rité : et fort souvent, sur des matières philosophiques x même théologiques, la question se réduisait au su point de savoir ce qu’ils décidaient. Si depuis on s’avig

quelquefois de les juger et de les condamner, ils uk

tardèrent guère à reprendre faveur; et, quoique le fortune ait été variable, à tel point qu’on en a fi particulièrement l’histoire, ils n’ont pas cessé, jusqu'a delà du quinzième siècle, de fournir des arguments a de prétendus principes aux différentes sectes de|dispu teurs.

Voilà donc, Messieurs, comment se répandit, à sein des écoles occidentales, le goût des généralitésa des abstractions, c’est-à-dire d’an genre de science qui n’exige ni recherches, ni lectures, ni expérience, ni calculs, mais auquel suffit la vaine subtilité quil exerce et qu’il développe. Quoiqu’on répétât de temp en temps, après Aristote, que rien ne parvient à l'a tendement qu’à l’occasion ou en conséquence de quek que affection sensible , on s’empressa de rassembler, i l'entrée de chaque genre d’études, un amas d’idées uni verselles, de définitions par le genre et par l'espèce, de divisions catégoriques, de propositions plus ou mois abstraites. Au delà de ces principes ou de ces notions préliminaires, qui, disait-on, s’établissaient d'elle mêmes, par leur propre et naturelle évidence , on pré tendait ne plus rien avancer sans preuve ou même sans

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C: SIXIÈME LEÇON. 181 it obscur, plume & > Soit ple iteurs, la moins cu ent d’aute

démonstration, parce qu’en effet on allait toujours se ondant sur ces généralités.

Quand nous avons intérêt de bien savoir quelque hose, de nous assurer de la vérité d'un résultat, il sous est indispensable de bien reconnaître le sens des I ermes qui l’expriment , et de vérifier un à un tous les phiquesu ts ou tous les rapports qu'il embrasse ou qu'il supait au sl ose. Cette vérification peut quelquefois être longue on s'avia pénible; mais, une fois qu'elle est faite, elle aboutit er, ils w; une connaissance réelle, s’il y a lieu d'en acquérir oïque leur ie en effet sur la matière dont il s’agit. Dès lors en à Ki tous les mots correspondent à autant d'idées précises, é, jusqu'u ct nous savons au juste en quoi ces idées diffèrent, ce suments à qu'elles ont de commun, quelles sont celles qu’il faut S de\disp réunir ou diviser pour obtenir l'équivalent d’une autre. A De là ces déductions naturelles qui forment le tissu de tout discours proprement dit, et qui étendent indéfiniment la sphère de la véritable science. Voilà comment on sait, et voilà aussi comment on prouve; car prouver n'est autre chose que rendre compte de-ce qu'on. a fait pour savoir.

La scolastique, au contraire, prouve en combinant ient à l'en des propositions ou des phrases qui énoncent des jue de que: sements, qui déclarent qu’une idée est ou n’est pas sembler, iDS comprise dans une autre. Elle réduit même toutes ces d'idées unt SE combinaisons de phrases à une seule forme, qu’elle apr l'espèce, DE pelle syllogisme, et qui consiste à rapprocher de telle 15 ou moin sorte trois propositions, que la troisième paraisse ences notion sendrée par les deux premières. En effet , les deux prént d'elles DS mises étant supposées vraies, la conclusion doit s’ene, On pré D suivre nécessairement, si l’on a observé certaines même sans D règles ingénieuses qui ont été recueillies dans les. écrits

pandit, al néralités a de sciencs xpérience, tilité quil t de temps

d’Aristote. Mais bien conclure n’est point prouver; y jamais nous ne serions tentés de regarder ces deux «.R pressions comme synonymes, si l’enseignement scolx. tique ne nous avait habitués à les confondre. Les cm. clusions vicieuses sont rares ; il est peu difficile dely

nement d’é impossible € Émais cela n les obstacle:

qu'on ne de

éviter, Mais les vainés hypothèses, les abstractions crey MR importaient ses et les mots obscurs ont envahi le domaine des scies. traient dan: ces; et, bien loin que la scolastique prémunisse con M tudes de to

tre en ‘acco substituer | savoir aux

ces illusions, elle aocoutume à les prendre pour données. Elle trompe l’activité de l'esprit humain a l’exerçant , et en le fatiguant même sans l'éclairer n l'étendre. En vain enseignerait-elle par aventure que. choisissait c ques vérités : les formes dont elle les couvrirait #1 ton ou aille

raient encore nuisibles; ses procédés, son langage ww sique et de notone ou barbare, ses syllogismes, ce moule étern mes pédant où elle jettetout ce qu’elle nomme preuves, objection philosophie et réponses, appauvriraient toutes les facultés intells BR scolastique tuelles, la raison, la sagacité, le goût, l'imagination, l'on a cout et jusqu’à la mémoire. Aussi avait-elle, dans les temp dont la pre que nous envisageons, flétri et presque éteint, W peu près, a

de Champ L les détails, de ce siècle la Porée, core ce der la seconde controvers que je you que par le patéticien zèle, ils ag bileté qu’

moins dans les-écoles, toutes les études profitable, littéraires, historiques et théologi +s. La grammair s'y réduisait à quelques notions . .fuses; et. Crevis fait observer que le nom même de rhétorique avait di: paru tout à fait : une dialectique puérile et pointilleu tenait lieu des arts de parler et d'écrire. L'histoire me semblait pas digne d'entrer dans le plan d'instruction, enfin l’on avait perdu l'habitude de recourir aux véri tables sources de la théologie chrétienne ; qui sont le livres sacrés, les décisions des conciles et les ouvrags des Pères de l’Église : on argumentait.

De soi, le mot de scolastique ne signifie qu'ensei

puver; 4 nement d'école; et sans doute il n’est pas de tous points deux ex impossible de bien enseigner dans les écoles publiques; nt scolas. MR mais cela. n’est point arrivé durant le moyen âge; et Les con. les obstacles qui s'y opposaient étaient si puissants,

ile de ls MS qu'on ne devait pas en triompher de sitôt, Les erreurs Limportaient aux uns, plaisaient aux autres; elles entraient dans les intérêts de ‘plusieurs et dans les habitudes de tous, Le système d'instruction, pour se mettre en ‘accord avec les institutions politiques, avait dû substituer les routiues aux méthodes, et l'appareil du savoir aux connaissances réelles. On recueillait, on choisissait dans Aristote, et subsidiairement dans Platon ou ailleurs, les plus obscures notions de métaphyngage mo. sique et de physique, pour en composer, sous des forle étern4 M mes pédantesques et barbares, de prétendus cours de objection philosophie. C’est à cet enseignement que le nom de és intelle scolastique est resté. Il a subsisté fort longtemps; et aginatin D l'on a coutume d’en diviser l’histoire en trois périodes,

ons Cretk des scien:

Sse Contn

pour |x umain 4 éclairer ni ture quel rirait &

s les ten dont la première correspond, non exactement mais à éteint, di peu près, au dougième siècle. J'ai déjà nommé Guillaume

>rofitable MR de Champeaux et Abélard : pour ne pas multiplier grammair M les détails, je ne distinguerai, entre les autres docteurs

et CréveM de ce siècle, que Robert Pulleyn ou Pullus, Gilbert de e avaitds M la Porée, Jean de Salisbury et Pierre Lombard : enointilleux M core ce dernier est-il considéré comme ayant commencé

histoire M la seconde période de la scolastique. Au surplus, leurs astruction, MN controverses étaient beaucoup trop théologiques pour "aux vér M que je vous en offre l'exposé. Elles ne nous intéressent ui sontls que par l'emploi qu'ils y faisaient de la dialectique péris ouvr&sl patéticienne, Non contents de l'étudier avec un grand

zèle, ils aspiraient à la perfectionner; et l'extrême ha-

e qu'ensiR bileté qu'ils acquéraient daus l’art de l'argumentation

ättirait autour d'eux un prodigieux concours d’audi. téurs. Les écoles de Paris, quoique non encore or. nisées, devraient de jour en jour plus populeuses a plus célèbres. La querelle des nouninaux et des réali. tes durait toujours, sans aucun profit pour la science: êt, à voir ce qui nous reste du verbiage et des subtilité de tant de logiciens si renommés alors , on s'étonne pey des préventions que certains esprits avaient conçue contre tout ce qui s'appelait dialectique, éloquence « même grammaire. Les ennemis de ces trois arts por. tent le nom de Cornificiens dans les écrits destinés à réfuter leurs allégations, spécialement dans ceux de Jean de Salisbury. Ce qu’il est à propos d'observer, cet que les écrivains de'ce siècle dont la réputation \s'es le mieux conservée sont ceux qui se mêlaient le moins de métaphysique et de scolastique, par exemple Su ger, saint Bernard et Pierre le Vénérable.

L’aristotélisme, si bien établi et si mal employé en Occident , n’était pas sans crédit chez les Grecs : un scoliaste, nommé Eustrate, expliquait le dernier livre des Analytiques et la Morale adressée à Nicomaque: mais le souvenir des travaux grecs de cette espèce est presque tout à fait éteint. Ceux des écrivains arabes de la même époque ont eu plus de vogue et plus d'influence. Algazeli, directeur du collége de, Bagdad, s’occupait de logique et en général de philosophie. Il passait pour un libre penseur; et après sa mort, arr: vée en 1111, son Traité des sciences religieuses ei resté lpngtemps fameux en Orient. Le médecin Thograi qui lui survécut environ dix ans, cômmenta la République de Platon; fait que Brucker trouve avec raison remarquable ; car ces Arabes étudiaient plus volontiers

Aristote. Le en Espagne

de Thophail

la médecine de mathema Ibn Thopha l'idée était f sophique, qi le titre de Z qui s’instrui naufrage su!

une biche; | pent , il tra diates aux | d'heureux q effet qu’une veries mysti lenom d'idée de Dieu, po divine est lo qui, dit-on beaucoup er nombre d’éc télé, d’'adm ples que cit d'extravaga commentate d'Aristote e n'y aura ja Dieu nous nous pouvo nous rendr'é

Ion \S'est le moins

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ployé en recs : un nier livre comaque; espèce est arabes de plus d'in.

. Bagdad, sophie. Il aort, arr leuses es n Thograi, la Répujec raison volontiers

Aristote. Les livres de ce philosophe se retrouvaient en Espagneentre les mains d'Aben-Pace , d’Aben-Zohar, de Thophail, d’Averrhoës, qui tous quatre ,en cultivant la médecine, étendirent leurs recherches sur des sujets de mathématiques , ou de métaphysique, ou de morale. Ibn Thophaïl Abou Djaffer est l’auteur d’un essai dont l'idée était fort ingénieuse, d’une sorte de roman philosophique, qui porte dans la traduction latine de Pococke le titre de Phélosophus autodidactus , « le Philosophe qui s’instruit lui-même. » Un nouveau-né, jeté par un naufrage sur la rive d’une île déserte, y est nourri par une biche; et, à mesure que ses facultés se développent, il travaille à s'élever des notions les plus immédiates aux plus hautes connaissances. Mais il n’y à d'heureux que le sujet du livre; et l’on n’y trouve en effet qu’une série d’abstractions ontologiques et de réveries mystiques, dont le dernier résultat mériterait lenom d’idéalisme ; nulle autre existence réelle que celle de Dieu, point d'autre science que celle dont l'essence divine est l’objet. Thophaïl mourut en 1195. Averrhoès, qui, dit-on, avait été son disciple, le surpassa de beaucoup en célébrité, composa un bien plus grand nombre d’écrits. Aristote n’a point eu d’interprète plus zélé, d’admirateur plus passionné. C’est un des exemples que cite Malebranche pour montrer à quel degré d'extravagance peut se porter la préoccupation des commentateurs. Si l’on en croit Averrhoës, la doctrine d'Aristote est la souveraine vérité; il n’y a pas eu, il n'y aura jamais d'homme aussi savant que le Stagirite. Dieu nous l’a donné pour nous apprendre tout ce que nous pouvons savoir, et nul autre maître ne peut mieux

D uous rendre sage, Malebranche ajoute que cependant

les ouvrages d’Averrhoës se sont répandus dans tout l'Europe, et même en des pays plus éloignés; qu'il ont été traduits d’arabe en hébreu, d’hébreu en latin, et peut-être encore en bien d’autres langues; ce qu montre assez l'estime que les savants en ont fait. ]k ont été plus sesèrement et plus justement apprécié après le moyen âge, surtout par Louis Vivès; et lo a reconnu que le docteur arabe comprenait assez md les livres grecs qu’il commentait, et pour lesquels i avait conçu tant d'enthousiasme. Nous aurions quelqu peine à bien déméler dans ses écrits les erreurs qu l'ont fait, de son vivant, condamner comme hérétiqu

‘par les mahométans, et qu’il a été forcé de rétracte

avec assez peu de dignité. Il paraît, quoi qu’en ait di Freind contre Bayle, qu’Averrhoës niait l’immortalit de l’âme humaine proprement dite, c’est-à-dire de h Quy4 de chaque homme, et qu’il ne reconnaissait pour immortel que le voÿç ou l’intellect actif commun à tous les humains ; doctrine puisée en partie dans la psy chologie péripatéticienne, Toujours les travaux d'Aver rhoès sont-ils à remarquer au douzième siècle, dans le annales de la philosophie comme dans celles de k science médicale. 11 a vécu jusqu’en 1198, La plupart des philosophes arabes de son temps ne’ saumettaient à l'influence des impressions sensibles que l’entende. ment passif, et attachaient l’intellect agent à l'Ëtre des êtres : ils transportaient ainsi quelques idées de Platon dans la doctrine aristotélicienne, et l’on retrouve ls traces de ce mélange dans Averrhoès lui-même.

Ce genre d'étude s’est continué chez les Arabes du treizième siècle, mais sans produire d'ouvrages bin célèbres, On a toutefois vanté Nassireddin, qui nonsset

lement cor mais aussi de Platon en répond:

entreprend rait guère et de Geor Aristote, « second, pl commente | phes; mais, Pachymère insécables Édouard B d’ailleurs ex définitions taux que la en scène, a pareil, Pier avait ouve multipliant sions, il a de la syntk les formes logie qu'il les quatre sentences; de prendre aux précef sait ainsi.

Jadis T avaient ap

ans la psy ux d'Aver.

e, dans le Îles de k La plupart umettaient l’entendel'Ëtre de ; de Platon trouve le ême,

Arabes du rages bien ui non«selr

lement commentait Euclide et l’Almageste de Ptolémée, mais aussi recueillait , expliquait, accordait les dogmes de Platon et d’Aristote, en éclaircissant les doutes et en répondant aux objections, ce qui n’était pas peu entreprendre. La littérature grecque ne nous fournirait guère ici que les noms de Nicéphore Blemmidas et de George Pachyÿmère, Le premier a fait, d’après Aristote, des abrégés de logique et de physique ; le second, plus connu par ses Annales byzantines, a commenté presque tous les écrits du prince des philosophes; mais, de toutes ces productions philosophiques de Pachymère, on n’a mis au jour qu'un Traité des lignes insécables et une Logique, livres dont J. B. Rasario et Édouard Bernard ont rédigé des versions latines. On a d'ailleurs extrait de cette même Logiqueun Traité des définitions et des catégories. C'était chez les Occidentaux que la dialectique et la métaphysique se mettaient en scène, alors cultivées avec le plus de bruit et d'appareil, Pierre Lombard, à la fin du douzième siècle, avait ouvert un second âge de la scolastique; en multipliant les distinctions, les divisions et sous-divisions, il avait étendu presque indéfiniment l’usage de la synthèse, et achevé d'imprimer à l’enseignement les formes les plus arides. A la vérité, c'était à la théologie qu'il avait surtout appliqué cette méthode, dans les quatre livres qui lui ont valu le nom de Maître des . sentences; mais les autresétudes ne pouvaient manquer de prendre la même direction , comme la plus conforme aux préceptes et aux oracles d’Aristote; on le supposait ainsi.

Jadis Tertullien et d’autres écrivains ecclésiastiques avaient appelé Aristote le père des hérésies ; et le pla-

°188 tonisme, quoiqu'il en produisit bien autant, avait do. miné, durant quelques-uns des premiers siècles de notre ère, au sein de certaines écoles chrétiennes; mais vou avez vu laristotélisme y reparaître vers le neuvième siècle. Il prévalut presque partout, quand les croiss eurent transporté d'Orient en Occident des livres desti nés à le répaudre, et quand des relations plus'fréquen. tes avec les Sarrasins d'Espagne eurent multiplié « même genre de communications. La philosophie péripatéticienne fournissait des arguments aux orthodoxes et aux hérétiques; elle était en quelque sorte leur langue commune. Il ne s’éleva contre elle de réclamations bien vives qu'au moment où Amaury de Chartres et David de Dinant parurent y avoir puisé leurs erreurs. Phi. lippe-Auguste, en 1209, fit condamner Aristote par des prélats : les livres qui portaient le nom de ce ph: losophe furent livrés aux flammes ; il fut défendu , sow peine d’excommunication , de les lire, deles transcrire, de les conserver. 11 semble néanmoins que ces auathi. mes ne frappaient irrévocablement que sa Métaphysique; car la lecture de ses traités de physique n'était interdite que pour trois ans. Le légat Robert de Courçon, qui, en 12i5, défendit d’enseigner Aristote dans l’université de Paris, à laquelle il donnait des règlements, excepta de la sentence la Logique, si on pouvait la recouvrer. Des évêques et des docteurs , rassemblés en 1220, renouvelèrent ces censures, en bornant aussi à trois années le temps dürant lequel læ lecture des livres de physique ne serait pas permise. Grégoire IX, en 1231, ne maintint pas cette linfite : il prohiba tout

à la fois la Métaphysique et la Physique, et les com-

mentaires qu’en avait faits Averrhoès; mais il laissait

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prévoir ul pourraient damnation peu plus ta et légat en des chrétie rait superf ne pouvait tateurs qu beaucoup € Nous ne mes aient p sité, de pre l'admiratior mal compri tout à fait, vant Aristo n'a pris ses de ce vaste qu'elle ne p lui, que lui comme l’a ce qui n’éts

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SIXIÈME LEÇON. 189 prévoir une époque, où ces livres, purgés d'erreurs, pourraient redevenir utiles à l’enseignement. La condamnation la plus absolue fut celle que prononça un peu plus tard Simon de Brie, cardinal de Sainte-Cécile, et légat en France; il déclarait tous ces livres inutiles à des chrétiens , et contraires aux saintes Ecritures. Il serait superflu d'observer qu’un ancien philosophe grec ne pouvait inspirer tant de haine; mais ceux.de ses sectateurs qui brillaient dans. les écoles avaient excité beaucoup d'envie.

Nous ne voyons pas, Messieurs, que des anathèmes aient produit d’autre effet que de piquer la curiosité, de provoquer la désobéissance, et de, redoubler l'admiration fanatique dont Aristote, si mal traduit, si mal compris, était devenu l’objet. On ne disait pas tout à fait, comme les Arabes, comme Averrhoës, qu’avant Aristote la nature n’était point achevée; qu’elle n'a pris ses derniers développements qu’à la naissance de ce vaste et puissant génie; mais on était persuadé qu'elle ne pouvait être expliquée parfaitement que par lui, que lui seul enseignait à la bien connaître : c'était, comme l’a observé Louis Vivès, accorder à l'autorité ce qui n’était dû qu’à la raison, dégrader l'esprit humain en l’habituant à penser par autrui, et favoriser la paresse en réduisant toutes les recherches à savoir quels dogmes Aristote avait enseign£:. Peut-être ce point de fait était-il déjà trop difficile pour les. docteurs. de ce temps-là ; il le serait souvent pour ceux du nôtre. Quoi qu’il en soit , tous les documents nous apprennent que les scolastiques les plus célèbres persistèrent à révérer Aristote, à le traduire, à commenter ses ouvrages, sans distinction de ceux qui concernaient la

métaphysique, là physique ou la logique. Gilles Ch. lumna, le Romain, était qualifié archiphilosophiæ Ari, totelis perspicacissimus commentator. Pierre de Ta. rentaise et Pierre d'Auvergne passaient pour des péri. patéticièns déclarés. Aristote est l'oracle d'Albert k Gtand et de saint Thomas d'Aquin, qui a contribw plus que personne à le réhabiliter dans les écoles de Paris. On se demandecomment Albert et saint Thomx osèrent expliquer et préconiser des livres si authenii

quement condamnés. Il y a de la puérilité à répondre:

qu'ils avaient obtenu des permissions particulières de les lire et de les vanter. La vérité est que ces anathè mes ne purent jamais s’accréditer, parce qu’ils contra riaient non pas seulement des opinions , mais des habi. tudes déjà invétérées. Hors d’Aristote il n’y avait plu d'enseignement; et il eût fallu fermer les écoles, si l'on avait refusé bien décidément de les lui rouvrir. Il y fit maintenu en Allemagne par Frédéric II, le prince k plus instruit de cette époque, et par son ministre Piérré des Vignes; en Italie, par Manfredi et par ke pape Urbain IV, Français de naissance, lequel, du haut de la chaire de Saint-Pierre, excitait le zèle des tra: ducteurs et des glossateurs du philosophe par excel. lence.

À vrai dire, on empruntait de ses écrits platôt des formules que des doctrines. Cependant, sur son témoigmage, on rejétait les idées innées , ét l’on rapportai aux sensations les premiers germes de toute connais sance. On regardait les bêtes comme des créatures in-

telligentes , qui agissaient par leurs propres déterminations. On tirait l’univers non des atomes d’Épicure, mais d’un chaos de matières premières, et l’on suppo-

sait que cet!

ceptible d’e tre élément dix catégori de toute éte destin , aninr Dieu n'étail atière pret S'épuisaient | mes du chris que toutes 1 les unes aux rieurés ; qu’e âme subsistai d'êtres distin haque décor masse généra vaient de fo combattus, :

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sait que cette matière , dépourvue de formes, était sus-

sptible d'en recevoir une infinité. On distinguait qua-

tre éléments, quatre qualités, quatre tempéraments, dix catégories. Selon quelques-uns, le monde existait de toute éternité, gouverné par les lois inflexibles du destin , animé toutefois par une intelligence universelle : Dieu n'était que cette intelligence, et même que la

atière première ; ét ceux qui soutenaient ces opinions

b’épuisaient en efforts pout les accorder avec les dogmes du christianisme. Les Arabes enseignaient de plus que toutes les parties de l'univers se correspondaient les unes aux autres, savoir, les supérieures aux infé: rieures ; qu’elles participaient à la même âme ; que cette âme subsistait diviséé en autant de portions qu’il y avait d'êtres distincts dans l'univers; et qu’au moment de chaque décomposition, ces portions rentraient dans la masse générale. Quelques points de cette doctrine servaient de fondement à l'astrologie; tous, admis ou combattus, exerçaient la subtilité des docteurs, et les Adétournaient des études positives. La littérature classique n’avait point de charmes à leurs yeux ; ils n'étaient sensibles qu'aux attraits dés syllogismes, et rien de ce qui n’était pas obscur ne leur semblait digne d’attention.

La plupatt des traductions latines d’Aristote sont antérieures à l’année 1200: les plus anciennes de celles qui ont été faites sur le texte grec sont attribuées à Victorin, personnage du quatrième ou cinquième siècle, à Boëce et à Hermannus Contractus, mort en 1054. Tiraboschi substitue à celui-ci un clerc de Venisenommé Jacques. D'après les temps où vivaient ces traducteurs, ilest fort permis de douter que les versions latines faites sur l'arabe aient eu autant d’influence qu'on le

os communément : cependant, il est certain que la croisés en rapportèrent plusieurs, et qu'il s’en fit quel ques autres aux époques où les Sarrasins se répandiren dans les deux Siciles et sur les côtes d'Espagne, lon. qu’ils fondèrent des écoles à Cordoue et dans le royaune de Naples. Ces versions d’après l'arabe servirent de supplément à celles qu'on avait rédigées en présence d'un texte grec, et qui demeuraient incomplète, même depuis qu'on avait retrouvé quelques livres de plus à Constantinople. Un autre point à remarque, c’est qu'il existait dès le douzième siècle des tradun tions françaises d’Aristote, et qu’un manuscrit di treizième en contient une des trois livres De la nature des choses. Frédéric IT et Urbain IV firent traduire en latin plusieurs autres traités de ce philosophe, soit d’après le grec, soit surtout d’après l'arabe; mais per sonne n’était capable d'apprécier ces versions, et de comprendre à quel point elles devaient nuire aux v. ritables études philosophiques. | La logique, première partie du cours de philos: phie, occupait quelquefois les étudiants durant den ou trois années. On leur expliquait la dialectique de saint Augustin, ou celle d’Aristote, ou enfin celle de Pierre d’Espagne, docteur qui a été le pape Jean XII durant quelques mois des années 1276 et 1277. L première, la moins sophistique des trois, fut abandonnée comme insuffisante; la seconde, qui était, selon Condiilac , mauvaise en elle-même, plus mauvaise dans les versions, pire encore dans les commentaires des Arabes, valait mieux qu'aucune autre pour alimente les disputes. A proprement parler, il n’existe point de traité d’Aristote intitulé Logique : pour composer un

logique à appliqué , } Catégories communs ( contenté d' écoles, les | gibles de d'en compe disputeuse, éléments di des proposi ner, lorsqu’ du raisonne les écoles les Robert de C qu'ils en ba d'Aristote.

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communs et des Sophismes. Qu'’a-t-on fait? On s’est

Ê contenté d'extraire à la hâte, et de traduire à l’usagè des

écoles, les parties les plus oiseuses et les moins intelligibles de ces différents livres; et l’on est venu à bout d'en composer une dialectique éristique, c’est-à-dire disputeuse, qui, au lieu de fixer l'attention sur les idées, éléments de nos jugements, s’arrêtait au mécanisme des propositions , et feignait d'enseigner l’art de raisonner, lorsqu’en effet elle n’apprenait que l’art d’abuser du raisonnement. C'était là ce que maïintenaient dans les écoles les conciles de Paris et les légats apostoliques Robert de Courçon et Simon de Brie, £n même temps qu'ils en bannissaient la Métaphysique et la Physique d'Aristote. La Summula logica de Pierre d’Espagne avait l'avantage d’être la plus courte : tendant au même but, elle y arrivait plus vite. Une Dialectique de Jean Holywood ou Sacrobosco était composée dans le même goût; pas un seul livre élémentaire n’imprimait alors une meilleure direction à l'intelligence hüumaine. Nous n'avons aucun traité de logique d’Amaury de Chartres; mais il passait, au commencement du treizième siècle, pour l’un des plus habiles maîtres en cette partie ; ilavait, dit-on, pour étudieret pour enseigner, une méthode qui lui était propre, quoique péripatéticienne et sophistique autant qu’une autre. Vivès et Brucker, en examinant la dialectique de ces docteurs, n’y trouvent qu’ignorance et barbarie. Condillac ne l’a pas moins fidèlement dépeinte, « Celui, dit-il, qui faisait le plus de syllogismes «sur un sujet était le plus habile, et il était censé avoir

194 SYSTÈMES PHILOSOPHIQUES, FTC.

« raison , parce qu'il parlait le dernie>, Or, cet art « « facile : il suffit de ne déterminer ni l’état de la ques «tion ni la signification des mots; et les scolastiqua «auraient été bien embarrassés de faire autrement. ]} «trouvaient donc toujours, dans des notions vagues « « dans des termes équivoques, de quoi tirer continuell. « ment de nouvelles conclusions, et de quoi soutenr « toutes les thèses qu’ils pourraient avancer. Par « « moyen, ils multipliaient les disputes et ils n’en term: « naient jamais aucune, parce que celui qui soutenai «une proposition et celui qui l’attaquait ne faisaient «l’un et l’autre que des sophismes, et qu’ils étaient «tous deux incapables de s’en apercevoir. C'est ainsi « qu’ils raisonnèrent d’après la Logique d’Aristote, que « les Arabes avaient commentée sans jugement, et qu'is « défigurèrent encore eux-mêmes. Cette Logique cepen- « dant devint la principale étude : on négligea la gran « maire et la rhétorique, afin de l’apprendre plus promp. « tement. À peine en avait-on goûté les déliees, qu’on ne « se lassait plus de l’apprendre. On la rendait tous le « jours plus volumineuse ; on avait du regrel à la quit « ter, et souvent les scolastiques s’y fixaient pour toute « leur vie. »

L'art de penser a sans doute des rapports intime avec la métaphysique, si l’on comprend dans celle«i l’analyse des facultés intellectuelles, la classification de nos idées, et la recherche de leurs origines. Mais lorsque la métaphysique ne consiste qu'en un amas dabstractions et de subtilités, en se versant dans la dialectique, elle l’'égare et la déprave. Or, telle était la inétaphysique dans les traductions des écrits d’Aristote, dans les commentaires arabes, et dans ceux d'Alexandre

Biste en obser

e Hales (4.

que tous ces ( ongtemps fe it produit & ions usuelles re les diffé uggérer le p Jiques. Vince eunit et enct ane , les scie:

e qu’on savai lassification quelques-uns ui, parcouru jues-uns, et s es distribuer antage, c’est Jelier provoq umain,ette ette même ré ard, un phil ine seconde arties de l'O nce, les obs éritable; la t ur influence lernières sont écanique, à t, sauf ce qui

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SIXIÈME LEÇON. 195 e Hales (4lésius) et d’Albeï: le Grand; il est heureux ue tous ces dépôts de la piu ‘ine sciencesoient depuis ongtemps fermés. Le seul bon effet que le péripatétisme hit produit au treizième siècle fut d'établir des relaons usuelles , des communications plus fréquentes enre les différentes branches de connaissances, et de uggérer le projet d'en former des systèmes encyclopé-

jiques. Vincent de Beauvais tenta cette entreprise : il

Léunit et enchaîna la théologie , l’histoire sacrée et pro-

ne, les sciences physiques et morales, recueillant tout e qu'on savait ou croyait savoir, et n’y ajoutant qu'une lassification universelle. Ses contemporains, dont quelques-uns furent plus savants et plus pénétrants que ui, parcoururent les mêmes détails, en étendirent quelues-uns, et s’appliquèrent moins à les rassembler et à ss distribuer en un seul corps. Mais ce qui étonne daantage, c’est de voir, au sein de ces ténèbres, un corjelier provoquer les progrès les plus hardis de l'esprit umain, ettenter, dans l’ouvrage intitulé Opus mayus, ette même rénovation qu'entreprit, trois cents ans plus ard, un philosophe anglais comme lui, qui illustra ne seconde fois le nom de Bacon. Les deux premières jarties de l'Opus majus signalent les causes de l’ignoance, les obstacles qui s'opposent à la science utile et éritable; la troisième traite de l'usage des langues, de eur influence sur les pensées et les opinions; les trois lernières sont consacrées aux sciences physiques, à la hécanique, à l’astronomie, à la perspective, à l’optique; t, sauf ce qui concerne l'astrologie judiciaire, tout con- Biste en observations, expérienceset analyses. Cependant, ers ces mêmes temps, un autre franciscain , Jean Duns fcot, commençait à se rendre fameux par les plus 13,

déplorables subtilités : il portait la scolastique au & nier terme de la démence; il fondait une école quis restée longtemps opposée à celle de saint Thomas quin; et, quoique bien plus occupé de théologie que matières philosophiques, il écrivait une grammaire culative, des questions de logique, un traité du pr cipe des choses, quatre livres sur les météores, pan lesquels il comprenait les comètes, et un fastidiy commentaire de la Physique d’Aristote. Une telle y que ne fournissait que trop la matière d’un livres les erreurs des philosophes : c’est le titre d’un tri de Gilles Colonne; mais ce prétendu censeur débi pour son propre compte , bien plus d'erreurs qu'il ra signale.

De toutes les parties de la philosophie, la moré était, au treizième siècle, la plus négligée. Je n’auri guère à vous citer d'autre production en ce genre qu le sixième livre du Trésor de Brunetto Latini : c’est u abrégé de la Morale d’Aristote. Le Miroir moral à Vincent de Beauvais est bien plus étendu, puisqu forme le quart d'une encyclopédie; mais la théologi revendique les trois parties qui le composent, et qu traitent des actes humains, des quatre fins de l’homme, des péchés et dela pénitence. Les autres moralistes, cor temporains de Vincent de Beauvais, ne seraient encor que des théologiens ; et l’on pourrait dire plus géné lement que l’enseignement philosophique se confondai tellement avec celui des doctrines révélées , qu’ils n'a formaient réellement qu’un seul. En voulant compléte la liste des philosophes de ce siècle, on reproduirait cell des docteurs ecclésiastiques. Tel serait Guillaume d’Auvergne; tel aussi Robert Grossetête ou Greathead, é&

ue de Linct la science avait bien recque. C'é ain IV rass es problèm ntendre dis d'Arnaud eu plus lib:

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ue de Lincoln , dont il faut pourtant dire qu'il joignait la science des écoles des connaissances plus réelles ; avait bien étudié la langue latine et même la langue recque. C'étaient pareïllement des théologiens qu’Urain IV rassemblait autour de lui pour leur proposer ss problèmes de métaphysique et de physique, et les ntendre disputer. La philosophie de Pierre d’Apono t d'Arnaud de Villeneuve se donnait une carrière un eu plus libre; elle était plus profane, et s’égarait daantage. Des spéculateurs encore plus téméraires Ébranlaient les croyances universellement reçues : on it paraître une secte de conceptualistes, qui inclinait l'idéalisme, c’est-à-dire à nier l'existence des corps; J'autres prenaient des directions toutes contraires. Déjà le scepticisme et même l’athéisme , fruits trop or- Jinaires des subtilités et des controverses, s’insinuaient Hans les esprits.

En physique, au lieu de recueillir des faits, au lieu d'étudier la nature par une suite méthodique d’obser-

la mork Je n'aura genre q 1: C’est ul r. moral À

, puisquiiations et d'expériences, les scolastiques donnaient a théologour bases à cette partie de leur philosophie des idées sent, et Qupues qu'ils croyaient générales, et pour développee l’homme ents les argumentations interminables de leur subtile

alistes, cor ent encor lus génére > confondai , qu'ils n'en t compléter luirait cell

dialectique. Au fond, ils ne voulaient que disserter ; et noins on observe, plus on disserte à son aise. Là enore, ils prenaient pour unique maître Aristote, si peu avancé lui-même dans ce genre de connaissances ; Aristote, qu'ils ne pouvaient lire qu’en des versions enore moins intelligibles que le texte. Ils y trouvaient autant de mots obscurs, d'expressions équivoques, de aume d'Atotions confuses qu'il leur en fallait pour réduire la ithead, écience de la nature à des abstractions ontologiques, ou

à une cosmogonie plus vaine encore. Saint Thomas,

écrit sur les principes de la nature, sur la nature del

matière , sur le mélange des éléments, sur le mouveme

du cœur, sur la physique mystérieuse; partout sa do

trine consiste essentiellement à trouver, dans les diven

aspects des corps célestes, les causes de la générationa

de la corruption , à représenter toutes les propriétésa

facultés des corps terrestres, comme les résultats dy formes qui leur sont imprimées par les astres ou jy des vertus supérieures aux astres, par des substances ir tellectuelles. Veut-il, par exemple, expliquer la ver magnétique? elle est inhérente à une forme ocuule que donnent à l’aimant les sphères célestes et les intel ligences qui président à chacune d'elles. Saint Bow: venture, le moins barbare des physiciens scolastiques à cette époque, enseigne que l’élément est le princix simple des choses composées ou composables ; que le corps élémentés sont des composés dans lesquels en. trent les quatre éléments; que la quintessence est n corps qui en soi diffère de tous les éléments et de tou les élémentés, qui s’en distingue tant par la matière qu par la forme, tant dans la nature que dans la vertu, « qui ne renferme aucune cause de contrariété, ni pa conséquent de corruption. Le langage d’Albert le Gran sur ces matières est plus incompréhensible encore : l’est même à tel point qu'il se refuse à peu près à toute traduction. Mais j'en ai dit bien assez pour vous mor trer, Messieurs, que, sur de pareils principes, il ne pou vait s'élever aucune véritable science. Voilà quelle état la physique des docteurs dont les livres subsistent, 4 saus doute aussi de ceux dont il ne reste aucun ot vrage. Quiconque essayait d'offrir des notions plu

| physiques 1

claires, de des conséqt hypothèse sée, se VO) comme hér absurdités, saient pour de censurer qu'en des | ans. Honor Érigène, qu auteur du commun a!

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tions plis

SFXIÈME LEÇON. +99

claires, de vérifier et de rassembler des faits, d’en tirer des conséquences positives ; celui qui hasardait quelque hypothèse que ces faits avaient indiquée ou autorisée, se voyait bientôt réprouvé comme magicien ou comme hérétique. On ne pardonnait pas même aux absurdités, quand elles différaient de celles qui passaient pour être d’Aristote ; et l’on avait un tel besoin de censurer des propositions, qu’on en recherchait jusqu'en des livres composés depuis plus de trois cents ans. Honorius III condamna ainsi la Physique de Scot Érigène, quoique le système émanatif enseigné par cet auteur du neuvième siècle n’eût réellement rien de commun avec le panthéisme, et fût très-digne, au contraire, par son obscurité profonde, de ce que la scolastique débitait, au temps de ce pontife, sur la génération et la corruption des animaux, sur le plein et le vide, sur les formes substantielles.

Hors des écoles, on s’occupait quelquefois d’études

| physiques un peu plus sérieuses : c’est ce que nous

pouvons conclure d’abord de ce qu'il fut fait, entre les années 1200 et 1300, deux traductions de l’un des meilleurs ouvrages d’Aristote : savoir, de son Histoire des animaux, l’une d’après l’arabe, l’autre sur le texte grec. Albert le Grand lui-même avait du penchant à recueillir des détails de zoologie et de minéralogie; mais il ne savait pas les choisir, et ne s’appliquait guère à les vérifier. Nous en pourrions dire autant de Vincent de Beauvais, dont le Speculum naturale embrasse les trois règnes de la nature : il y amasse, sans critique et souvent aussi sans ordre, tout ce qu'il trouve de notions superficielles et vulgaires dans Isidore de Séville, dans Guillaume de Conches, dans un manuel

composé au douzième siècle, et intitulé Physiologus; il n’extrait rien du tout de Pline ni d’Élien, presque rien d’Aristote, Ce qui tenait du surnaturel était « qu’on estimait le plus dans l'histoire de la nature; on ne propageait par les entretiens, on ne consignait dans les livres que les traditions merveilleuses : il fallait des miracles, On n’en manquait pas; il n’y avait alors rien de si commun que les prodiges, surtout dans les provinces méridionales de la France; et l’éclat des choses inouïes qu’on entendait raconter chaque jour ne lai sait aucun intérêt à l'étude de la nature vulgaire, à l’observation des phénomènes, qui n’offraient rien d'in. croyable ni d’imprévu. La science, les talents, le génie même, se plaisaient à rechercher partout des qua-

lités occultes, des vertus mystérieuses, et à cultiver des

arts transcendants. Albert le Grand ne méprisait point la magie; et Roger Bacon ne la regardait pas comme une chimère, quoiqu'il ait écrit un traité De nullitate magiæ , et qu’il ait dit qu’on pouvait se passer d'elle, en étudiant bien la physique. Albert occupe aussi une place parmi les alchimistes avec Roger Bacon encore, avec saint Thomas et le roi Alphonse le Sage, et Pierre d’Apono, et, dit-on, Raymond Lulle. Il est juste de remarquer pourtant que déjà quelques-unes de ces recherches, si peu raisonnables en elles-mêmes, aboutissaient par aventure à certains résultats utiles : on commençait à reconnaître et à séparer les ingrédients qui entrent dans la composition des corps, les sels, le soufre, le mercurc; et ces premières analyses, quelque grossières qu’elles fussent, ont produit où étendu l’une des trois découvertes célèbres qui semblent appartenir à ce siècle, et qui sont la poudre à

traverse un v

canon, la be lieu de croir très-grande | chiffres arab.

ils ont été en bileté, sous le Hardi. L’Ital quelque notic la sévérité di la rendaient

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Rétudié l’'Optic Adu; ilen cite

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Ogus; resque tait ce re ; on it dans Lait des rs rien es pro- | choses ne lais.

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canon, la boussole et les verres couvexes; mais on a lieu de croire que les deux premières étaient dues en très-grande partie aux Orientaux. L'introduction des chiffres arabes en Europe remonte aux mêmes temps; ils ont été employésen France , quoique avec peu d’habileté, sous les règnes de saint Louis et de Philippe le Hardi. L’Italien Fibonacci avait puisé à la même source quelque notion d’algèbre. L’exactitude de cette science, la sévérité de sa méthode, la concision de sa langue, la rendaient fort peu attrayante aux yeux des scolastiques. Roger Bacon cependant était bien digne d’en sentir le prix. Son attention s’était portée sur les livres de Diophante et des autres analysies grecs : il avait

létudié l’'Optique de Ptolémée, ouvrage aujourd’hui per- Rdu; il en cite le cinquième livre. Il avait observé les ef-

fets de la lumière, tant lorsqu'elle est réfléchie par une surface polie, plane ou concave, que lorsqu'elle

traverse un verre convexe. On lui doit la première idée

de la chambre obscure, et peut-être aussi des lunettes et des télescopes; il disait du moins que, par le moyen des verres convexes, on pourrait faire descendre en apparence le soleil et la lune, et qu'avec un instrument de cette espèce Jules César avait pu, des rivages e la Gaule, apercevoir les ports et les villes marilimes de l'Angleterre. Il conçut, en un mot, que l’inkrposition d’un milieu dense et sphérique amplifierait les images. S’il n’a pas perfectionné le système entier es connaissances astronomiques , il a contribué aux rogrès de cette étude par des observations judicieuses ur la réfraction et sur la grandeur apparentes des corps #lestes. Il reconnut d’ailleurs que les équinoxes et les

olsices ne correspondaient plus aux jours qui leur

étaient assignés dans l’année civile ou ecclésiastique et proposa au pape Clément IV une réforme du cale. drier julien, pareille à celle qu’opéra, trois cents an plus tard, Grégoire XIII. Il s’en fallait pourtant qu Bacon fût pleinement détrompé des illusions astroh. giques; seulement il rejetait les prédictions particulik res, et voulait qu’on s’en tînt aux générales, fondés,

selon lui, sur ce que le corps humain étant affeui à

par les causes extérieures, et soumis aux influenca astrales , l’âme est forcée, ou du moins portée, in duite, excitée à certains actes qu'il devient ainsi pos sible, non de déterminer, mais de prévoir. Tous le esprits étaient imbus de ces préjugés : l'apparitin d’une comète à l'occident, en 1222, est remarquée par les historiens comme un présage de la mort de'Ph. lippe-Auguste et de l’affaiblissement du royaume; m observait des éclipses; et, quoiqu’on n’en ignorûât pu tout à fait la cause naturelle, on ne renonçait poil à y voir des prodiges qui pronostiquaient la mor de grands personnages. C'était, au surplus, un pont que les plus doctes n’osaient pas décider; ils en abandonnaient à Dieu le jugement suprême. Il « dit, dans un livre en langue provençale, que le solel passe la nuit à éclairer tantôt le purgatoire et tanti la mer; que la terre est soutenue par l’eau, l’eau pat les pierres, les pierres par les quatre évangélistes, « ceux-ci par le feu spirituel, image des anges, et figure des archanges, Quoiqu’un peu moins déraisonnables, de cosmologies latines, composées sous Philippe le Hard, comparent l'univers à un œuf : la terre est le jaune; l'eau, le blanc, et l'air, la pellicule ; le tout est enveloppt par le feu, qui tient lieu de coque. Une opinion pls

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| de Houlago |

remarqua sans, étai au bout de dans leurs cours de le phénomèn hypothèses superstitio:

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remarquable, qui acquérait alors beaucoup de partisans, était celle d’une période de-trente-six mille ans, au bout de laquelle tous les corps célestes se retrouvaient dans leurs situations primitives, pour recommencer le cours de leurs révolutions, et ramener la même suite de phénomènes naturels. Malgré le crédit de ces vaines hypothèses, malgré l'empire bien mieux affermi des superstitions astrologiques, non-seulement sur la multitude, mais sur les plus éminents personnages, mais sur les princes les plus zélés pour le progrès des sciences, tels que Frédéric Il en Allemagne et Alphonse X en Es. pagne, enfin sur les savants les plus renommés orientaux et occidentaux, le treizième siècle a laissé des traces encore honorables dans les annales de l’astronomie, c'est-à-dire de la plus vaste et de l’une des principales branches des études réellement philosophiques. Le conquérant de la Perse, Houlagou-Ilécou-Khan, fit construire un observatoire, et créa une sorte d'académie, dont le chef, Nassar-Eddin ou Nassireddin, composa

une théorie des mouvements célestes, un traité de l’as-

trolabe, et des tables qu'il appela Iléculiques, du nom de son protecteur. A la Chine, l’empereur Koublaï, frère

| de Houlagou-Ilekou,et fondateur de la dynastiedes Yven,

encourageait Co-chéou-King et plusieurs autres observateurs attentifs des hauteurs solstitiales et des positions de chaque planète. L’Almageste de Ptolémée se traduisait en arabe, et par ordre de Frédéric IL en latin, en même temps qu’Alphonse faisait rédiger des tables qui portent son nom. Entre les juifs, les chréliens et les Sarrasins concurremment employés à ce travail, on distinguait le juif Isaac-Habensid Hazan ; l'y avait eu la plus grande part, et y avait mêlé, dit

Bailly , des rêveries cabalistiques et des erreurs de cal. cul qui furent rectifiées sous le règne même d’Alphonse. En Italie, en Angleterre, en France, on rédigeait des traités de la sphère, dont l’un a particulièrement sers; à répandre les notions d'astronomie apparente, ju. qu’au seizième siècle, où le jésuite Clavius l’a commente, Ce livre élémentaire était de Sacrobosco, qui a fait aussi des traités du calendrier et de l’astrolabe.

Tel était, Messieurs, au treizième siècle, l’état des études comprises ou à comprendre sous le nom de phi: losophie : leur histoire, jusqu’à 1600, nous occuper: dans notre prochaine séance.

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it aussi | "e i Messieurs, si l’on considère comme une première état des partie du moyen âge les cinq siècles qui ont précédé de phi l'an 101, l’histoire de la philosophie n’y offrira, en coupe Occideat, qu’un très-petit nombre de faits, qui encore

ue seront pas bien mémorables. Mais, en Orient, elle devra retracer, d’une part , le déclin et peu s’en faut l’extinction du néo-platonisme, de l’autre les études auxquelles se sont livrés les Arabes, et par lesquellesils ont contribué particulièrement à remettre en crédit les | doctrines d’Aristote, autant qu’ils pouvaient les retrou- L ver et les comprendre. J'ai essayé de vous présenter des esquisses de ces deux tubleaux, et nous avons en- qur suite porté nos regards sur les travaux philosophiques qu ou sensés tels du onzième siècle, du douzième et du | treizième. La querelle des nominaux et des réalistes a l éclaté avant la fin du premier de ces trois siècles entre Roscelin et Guillaume de Champeaux , qui est ordinairement considéré comme le fondateur de la scolastique. Ce mot désigne une méthode, ou plutôt une rou- | tine aveugle, dont nous avons tâché de reconnaître et l'origine et l’influence. Des docteurs sur lesquels son empire s'est exercé dans le cours du douzième siècle, l'un des plus célèbres est Abélard, dont les talents auraient mérité une meilleure direction. Il était, comme Robert Pullus, comme Gilbert de la Porée et Jean

de Salisbury, contemporain de quelques Arabes dont ls noms se distinguent encore dans les fastes de la méta. physique, des mathématiques et de la médecine, Alga. zel Tograï, Aben-Pace, Aben-Zohar, Thofail, A verrhoës, Après le milieu de ce douzième siècle, Pierre Lombard ouvre, dans l’histoire de la scolastique, une seconde période, qui s'étend sur presque tout le treizième. Les études dites philosophiques prirent alors, en Occident, une très-grande activité; elles embrassaient la dialecti. que , la métaphysique, la morale, la physique, plusieurs branches des sciences mathématiques, même l’astronomie. Je vous ai offert un exposé général des objets, des formes, des progrès ou des écarts de ces divers en. seignements; je vous ai nommé plusieurs écrivains qui,

par l'étendue de leurs ouvrages et même de leurs con. :

naissances, ont 'aissé de longs et honorables souvenirs: Vincent de Beauvais, auteur d'une Encyclopédie déjà volumineuse ; saint Thomas d'Aquin, plus laborieux encore, surtout bien plus penseur, et dont Fontenelle à dit qu’en un siècle moins barbare il aurait été Descartes ; saint Bonaventure, qui savait adoucir par l’aménité de ses mœurs, par une sensibilité vive et profonde, l’austérité ou, si l’on veut, l’aspérité de sa science; Al. bert surnommé le Grand, et qui serait digne de ce titre, si vingt et un in-folio qui touchent à presque toutes les parties du savoir humain suffisaient pour l'obtenir ; Roger Bacon, le génie le plus vaste et le plus éclairé de cet âge, malgré les tributs qu’il a payés à quelques-unes des erreurs alors dominantes, et au prix desquels il méri tait,ce me semble, qu’on lui pardonnât ses lumières. Les franciscains, ses confrères, l'ont persécuté, emprisonné; ils ont fait plus peut-être: il a disparu en 1292 ou 129/;

prises, obtint heliers, mêmé euf principes ublia d'autre rper des écol ien. N’obtena rit le parti d ode univer ahométans, |

snais il dev:

vivre heur Il n'a pas vivant; et p la célébrité énorme dist scolastiques Richard de e Duns Sco | faut pour Middleton di sances innées la réalité de formément f Un métap ses idées est R que en 1235 tl’inventeu bn faisant aper hoses la raiso ème essentie tà ruiner défi ulle enseign:

SEPTIÈME LEÇON. 207 lont les

sais il devançait beaucoup trop ses contemporains pour à méta.

vivre heureux ou tranquille au fond de son cloître.

, Alga. II n'a pas même joui d’une grande réputation de son rrhoës, vivant ; et peut-être n’a-t-il pas encore aujourd’hui toute ombard la célébrité due à ses hautes conceptions. A quelle seconde énorme distance il laissait au-dessous de lui et des me. Les scolastiques vulgaires, tels qu’un autre Anglais nommé ccident, MSpichard de media villa ou de Middleton, et même dialecti. e Duns Scot dont la renommée a si longtemps retenti ! lusieurs M1 faut pourtant dire qu'il est échappé à Richard de astrono: Middieton de déclarer qu’il n’y avait point de connaisobjets, Bsances innées ; et à Scot, que l’accord des sens certifiait vers en M réalité de l’objet qui les avait parallèlement et uniains qui, ormément frappés.

urs Co! D Un métaphysicien remarquable par l'originalité de uvenirs: Des idées est Raimond Lulle, qui, né dans l’île de Major. édie déà Due en 1235 , a prolongé sa carrière jusqu'en 1315. Il rieux en st l'inventeur d’un art général de démontrer la vérité, tenelle à ES faisant apercevoir dans les attributs les plus élevés des é Descar- hoses la raison de leur existence et de leurs rapports; sys- Paménité Eine essentiellement platonique, destiné à confondre orofonde, BR: ruiner définitivementl’aristotélisme et l’averrhoïsme.

ence; Al DS ulle enseigna son grand art dans Paris à plusieurs re-

de ce titre, Brises, obtint l'approbation de quarante docteurs ou ba-

toutes les Bieliers, même la protection de Philippe le Bel; il établit

tenir ; Ro: BBeufprincipes, les distribua trois à trois, fitune Logique,

airé de cet Bublia d'autres écrits, et ne réussit pas néanmoins à ex-

s-unes des

rper des écoles européennes l’enseignement péripatétiien. N'obtenant point les succès qu’il croyait mériter, il Qt le parti de faire des voyages en Afrique, où sa mé- Dole universelle devait convertir infailliblement les ahométans, les juifs, les nestoriens , les jacobites, tous

s il mérinières. Les nprisonné; 2 OÙ 129/;

les infidèles ; ils lui firent au contraire essuyer d’odiy traitements, et, selon quelques récits, ils le mirent; mort. Il a été révéré comme un martyr; et ses légend se lisent dans la collection des Bollandistes. D’autres, pr compensation, l'ont accusé d’hérésie , en lui attribu des écrits téméraires dont il n’est probablement pi l’auteur. Depuis sa mort jusque dans le seizième sièk son enseignement a été différentes fois essayé à Major que, en Espagne, en Italie, en France. Mais il y fall

tant de clefs et d’interprétations, qu'on a fini par y rh

noncer : on aurait, je crois, aussi bien fait de comme cer par là. Vous allez en juger, Messieurs, en prena une idée de cette merveilleuse méthode. Bonté, gra deur et durée, premier ternaire constituant l’essence puissance, sagesse et volonté, deuxième ternaire de quel provient l'unité; vérité, vertu et gloire, troisièm ternaire composant la perfection : telle est l'échelle a cendante des neuf grands attributs successivement a plicables à neuf sujets, qui sont Dieu, et, en desc dant , les esprits et le ciel, ternaire éminent ; l’homme l’imaginatif et le sensitif, ternaire moyen; le végétatil

l’élémentatif et l’instrumental, ternaire inférieur. Lulk

dispose en cercle l’une et l’autre de ces séries ; et il a use de même à l’égard des neuf termes : tempus, locus quantitas, qualitas, relatio, actio, passio, habit situs. Je ne sais trop pourquoi il reproduit, à peut variantes près, les idées énoncées par ces termes , dat un quatrième cercle où se succèdent les neuf question

Quand? où? oui ou non? quoi? de quoi? pourquoi combien ? quellement ? moyennant quoi ? c’est-à-direép que, localité, possibilité, quiddité, matière, causalité quantité, qualité, instrument ou moyen. Ce n'est pi

tout ; il fat tions que v premier ter terne; ma)

nfin, Mes neuf vertus nière : Justi rage, molles rance, envie inconstance.

nier contoui tes pour qu’ avoir ainsi quelque sort cinq séries :

Bselon lui, l’a

de discourir formes et les toutes les qu faces, de pe de raisonne trouver les ker ne voit, menclatures examen sérié ion. Jamais découvrir o ependant q nn imposture tion, longte occupée du un travail r ÀAX.

t l’essence:

ernaire de > , troisièné l'é

it; l

le végétati rieur. Lalk ries ; et il a US , locus 0 , habit ait, à peut termes , dat auf question 1? pourquoi st-à-direép re, causalité Ce n'est pi

tout ; il faut aussi ranger circulairement les neuf relations que voici : différence, concordance et contrariété, premier terne; commencement, milieu et fin, second terne; majorité, égalité, minorité, troisième terne.

nfin, Messieurs, un sixième cercle se compose de jeuf vertus et de neuf vices, entremêlés de cette mahière : justice, avarice; prudence, gourmandise; courage, mollesse ; modération , orgueil ; foi, tiédeur ; espérance, envie; charité, colère ; patience, mensonge; piété, inconstance. Il y a bien quelques variantes dans ce derier contour, mais Je ne les crois point assez importantes pour qu’il nous en faille embarrasser. Lulle, après avoir ainsi établi ces six cercles, fait mouvoir et en quelque sorte danser en rond, mais en divers sens, les cinq séries novennaires et la double ennéade. Voilà, selon lui, l’art universel d'interroger et de répondre, de discourir et d’objecter, d’épuiser en tous sens les formes et les modes de l’argumentation ; l’art de poser toutes les questions, de les envisager sous toutes leurs faces, de parvenir à toutes les solutions désirables, de raisonner pertinemment sur toute matière, et de trouver les moyens termes de tous les syllogismes. Brucker ne voit, dans ces combinaisons artificielles de nomenclatures vagues, que des puérilités indignes d’un examen sérieux ; et j'avoue que j'en ai la même opinion. Jamais on n’est parvenu, par de telles voies , à découvrir ou à reconnaître une seule vérité. Il se peut ependant qu'il n’y ait eu de la part de Raymond Lulle ni imposture ni charlatanisme. Son ardente imagination, longtemps fixée sur les mêmes idées, longtemps occupée du même jeu, aura fini par le prendre pour un travail réel et consommé : tous ces arrangements,

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