‹ Cours d'études historiques [microforme]Chapitre 22 sur 115 · DIX-SEP · texte numérisé non relu

DIX-SEP

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tions des savants, les découvertes des voyageurs, tout annonçait un nouvel âge de la philosophie. Le seizième siècle n’a point trompé cet espoir; nous avons envisagé, dans tout son cours et en chacune des trois périodes qui le divisent, les mouvements politiques, les controverses religieuses et les travaux littéraires : jamais l'esprit humain ne s’est commandé des efforts plus hardis et plus pénibles pour améliorer, par l'instruction , le régime social. Presque tous les écrivains célèbres de ce siècle ont employé au moins quelques-unes de leurs veilles à traiter des sujets philosophiques. Toutefois, Messieurs, cet âge s’est beaucoup plus distingué par le progrès général des lumières que par l'éclat des nouveaux systèmes en matière purement profane; car nous n’avons point à considérer ceux qui concernaient la théologie : ::;, quoique de l’an 1500 à 1600 il y

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secte, à peine une année qui n’ait vu paraître quelque livre de dialectique, de métaphysique ou de morale, il sera possible de réduire à un assez petit nombre de détails ce que j'ai à vous dire encore, tant de chacune de ces trois branches de la philosophie , que de l’état et du conflit des écoles.

Ce n'étaient que les anciennes sectes maintenues ou renouvelées. Celle de Platon, rouverte avec tant de ièle par Gémistus et Ficin , avait un ardent adversaire dans Achillini, le champion du péripatétisme le plus absolu , même de celui des Arabes. Cet Achillini, médecin et anatomiste, se croyait fort savant en physionomie et en chiromancie; il est mort en 1512, et ses commentaires sur Aristote, faits d’après A verrhoës, n’ont pas très-longtemps vécu. Il fallait d’autres armes pour

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triompher du platonisme, qui se reproduisait comme

principal élément d’un éclectisme ou syncrétisme nou. veau. Une sorte de philosophie alexandrine semblait dès lors renaître en Europe, mais sous des furmes si

wdernes et si variées, qu’on avait peine à la reconn:i. tre. Ainsi qu’autrefois elle’ modifiait les doctrines de Platon par divers alliages de pythagorisme , d’éléatisme, d’aristotélisme, et quelquefois elle y mêlait autant de science mosaïque ou rabbinique qu'il était nécessaire pour mériter à la métaphysique les noms de cabale et de magie. Il se forma ainsi plusieurs sectes éclectique, dont l’une, celle des théosophes, finit par s’allier à la

société mystérieuse des Rose-Croix. Reuchlin entreprit

de rétablir la philosophie de Pythagore, au moyen de celle des Hébreux; c’est le but de ses livres intitulés: De verbo mirifico, De arte cabalistica. Porr obtenir | la protection de Léon X, il se prévalait de celle que la famille de ce pontife avait accordée aux restaura. teurs du platonisme. Reuchlin trouva des contradic. teurs qui s’efforcèrent de le faire condamner comm hérétique et n’y réussirent pourtant pas. Après sa mort, arrivée en 1622 , sa doctrine continua d’être professée par le franciscain George de Venise, auteur d’une Hur. monte du monde et de Problèmes bibliques, où il est dit que l'univers est disposé par nombres; qu'il ya vingt-sept premiers genres, distribués en trois neuvaines, la supra-céleste, la céleste, et l’élémentaire; que toutes trois aboutissent à un m ne dixième terne, éma nent de Dieu et sont contenues dans son nom suprême; que les qualités du corps humain correspondent au sept planètes et au huitième ciel; que toutes les émanations s’opèrent en propositions ou arithmétiques ou

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HUITIÈME LEÇON. 239 4 Le

géométriques, et pour ne choisir, entre plus de soixante autres dogmes pareils, que le plus platonique de tous, que les idées sont les formes, les espèces, les exemplaires éternels des choses. À la même école appartient Heuri Corneille Agrippa de Nettesheim, qui mourut en 1535, après avoir publié plusieurs livres de médecine, c'était sa profession, et de philosophie occulte, c'était son goût le plus vif. Il enseigne qu’il y a trois mondes : élémentaire, le céleste, et l’intellectuel ; que chaque monde inférieur est régi par le supérieur, et souverainement par l’archétype universel; que la magie est une science sublime, qui nous élève par degrés, et de monde en monde, jusqu’à l’archétype; qu'il y a quatre éléments, dont chacun est triple; que ces nombres trois et quatre, leur somme sept et leur produit

| douze, ont des vertus éminentes ; que l'unité est le prin-

cipe et la fin de toutes choses, et n’a elle-même ni fin ni principe ; que la dualité est mauvaise de sa nature et l'origine de tout mal; que dans l'âme humaine, qui est une, il ya trois choses : »#ens, ratio, idolum; que mens ou l'esprit éclaire la raison, qui, sans cette lumière, s'écoule et s’absorbe dans l’imagination, uit in idolum ; que cet édolum est mortel; que la raison, originaire du ciel, tient de cette source sa longévité; qu'il n’y a d’immortel que zzens , l'esprit, émané de Dieu même ou du monde intelligible. Agrippa a commenté Raymond Lulle; il a aussi composé un ouvrage intitulé De éncertitudine et vanitate scientiarum. C'est une déclamation violente contre tous les arts et butes les sciences, contre toute étude : elle a donné licu de ranger l’auteur parmi les sceptiques; mais la disposition habituelle de son esprit l’eût entrainé plu-

tôt à la magie. Un écrivain moins déraisonnable, plu savant, et honorablement connu par des ouvrage étrangers à la métaphysique, François Patrizzi , s’est presque subitement déclaré l'adversaire, et pour ainsi dire l'ennemi personnel d’Aristote, après avoir essaye de le concilier avec Platon; Patrizzi n’est, en philoso. phie, qu’un syncrétiste moins fameux que plusieurs autres. Il n’a point, à beaucoup près, la célébrité de son contemporain Jérôme Cardan. Celui-ci est, comme Agrippa, un médecin de profession : plus d’un tiers des dix volumes in-folio qu’on a de lui est consacré à l'hygiène, à la thérapeutique, à l'anatomie. Il est aussi astrologue et presque sorcier; il tire des horoscopes,

il sait les secrets de toutes choses : ses études surna turelles occupent un autre tiers de ses œuvres. Mais il

y est resté encore place pour quarante-cinq traités de dialectique, de métaphysique et de morale. Les deu plus considérables sont intitulés, l’un, De la variét des choses, et l’autre De la subtilité. Cardan n’admet que trois éléments, la terre, l'eau et l'air; il lui plat de retrancher le feu; que trois principes, la nature, - la forme et l’âme; et qu’une seule âme universelle pour tous les hommes et pour tous les animaux. Il a de lin. struction, de l'imagination, de la sagacité , encore plus de bizarrerie et de folie; il était impie et superstitieux, austère et déréglé, studieux et négligent. Les opinions singulières et paradoxales de Guillaume Postel annonçaient aussi un savoir très-étendu et un esprit origi nal. Ses écrits sont nombreux et divers : celui qui k classe parmi les syncrétistes est intitulé Panthénosie, ou Accord de tous les démêlés qui se sont élevés entre les philosophes, comme entre les théologiens soit or

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HUITIÈME LECO:. 241 thodoxes soit hétérodoxes, relativement à l’éternelle vérité. Là sont admis, expliqués et conciliés tous les systèmes, y compris surtout le dualisme. Dieu, cause unique et suprême des choses spirituelles et des choses matérielles, est représenté comme réunissant en luimême les deux principes, le bon et le mauvais. lostel se flattait de ramener toutes les croyances à l’unité, par cet étrange traité de paix, dont il ’exceptait qu’Aristote, auquel il garda toujours rancune. On réclama de toutes parts contre l’impiété de cette extravagante philosophie; mais le parlement de Paris ne condamna Postel qu’en le déclarant fou. Il y avait de l'équité dans ce jugement. Du reste, les productions de ce bizarre écrivain sont encore fort recherchées comme curieuses.

Le Napolitain Telesio, qui mourut en 1588, sept ans après Postel, en voulait aussi beaucoup aux aristotéliciens et même à leur fondateur ; mais il est à distinguer de tous les autres éclectiques de cet âge, à cause de la préférence qu’il donnait aux dogmes de Xénophane, de Parménide et de Zénon d'Élée : il entendait ressusciter l'antique éléatisme, non pourtant sans y mêler quelques doctrines modernes, ou sans l’enrichir de nouveaux développements. Telesio établissait trois principes : deux incorporels, savoir la chaleur et le froid ; et l’autre corporel, savoir la matière, destinée à recevoir les deux premiers. La chaleur dilate, et ie froid condense; de là l’humide et le sec, qui, avec le chaud et le froid, complètent le nombre des quatre qualités. Mobile de sa nature, la chaleur constitue le soleil, les étoiles et le ciel ; le froid est immobile, il a fait la terre. Quant à la matière, troisième principe, elle demeure toujours ce qu’elle est, sans accroissement, sans dimi- XX, 16

TE

pution dans l’univers entier. Inactive et d’elle-même invisible ou noire, elle ne vaut quelque chose que pa l’action qu’exercent sur elle les deux principes incor. porels et opposés l’un à l’autre. De leur conflit perpe. tuel et sans trêve résultent tous les phénomènes, Le ciel est lucide; les plantes ont un esprit plus grossiæ que celui des animaux, chez lesquels cet esprit adma aussi des degrés. Chaque corps humain, au moment de sa naïssance, reçoit de Dieu une âme incorporelk et immortelle. Tous les sens sont des tacts, excepté cepeudant l’ouïe, Cette philosophie de Telesio n'a point paru indigne d'attention à Bacon de Verulam, qui en a fait un exposé assez détaillé; mais on doit convenir qu’elle n’a aujourd’hui qu'un intérêt historique, qu même s’est fort affaibli. M. Salfi en a donné une an. lyse assez étendue, dans ses additions à l'Histoire lit. téraire de l'Italie de Ginguené.

On doit du moins cette justice à Telesto, qu'il montrait pas pour les sciences occultes le penchant qui égarait la plupart des platoniciens ou syncrétistes de ce siècle, particulièrement ceux qui ont pris le nom de théosophes. Cette secte, qui s’est prolongée dans le dix. septième siècle, avait eu pour chef Théophraste Para. celse, né en Suisse en 1493, mort en 1541, médecin re nommé qui a contribué à quelques-uns des progrès de la chirurgie et de la pharmacie. Ses disciples en méta physique ont été Jean Oporin, Jacques Gohorry, Ge: rard Dorn et quelques autres, auxquels ont succédé, après 1600, Henri Kunrath, Robert Fludd, Jacques Boehm, J. B. Van Helmont et son fils Pierre Poiret, et plusieurs membres de la société secrète des Rose-croix, qui se disait fondée par Rosencreuz vers la fin du qua:

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torzième siècle, et que Parny a chantée, en lui donnant une plus ancienne origine. L'idée la plus générale des théosophes était de regarder la raison humaine comme une fausse lueur, tant qu’elle ne consistait que dans l'usage irrégulier de nos facultés intellectuelles : ils se prétendaient bien mieux éclairés par des inspirations intimes, indépendantes de tous les procédés de l'esprit. C'est proprement l’illuminisme de Plotin, l'extase de Proclus, le plus haut degré de l'enthousiasme platonique. Daïs ce pays des intuitions immédiates , la multitude et la diversité indéfinie des dogmes ne doivent point étonner. Vous retracer, Messieurs, tous ceux des théosophes serait une tâche fastidieuse et fort peu profitable : je me hornerai à un très-petit nombre de leurs maximes. La vraie philosophie et la vraie médecine viennent, selon Paracelse, non de l’observation, non de la raison, mais immédiatement de Dieu, unique révélateur des arcanes. Le soufre est le pepin, le trésor de la nature entière : il a pour base le baume ses végétaux, principe de tout ce qui s'opère dans l'univers. Pour être médecin et philosophe, il faut l’intuition interne des rapports du macrocosme ou du grand univers avec le microcosme ou petit monde , c’est-à-dire l’homme. Afin d'éviter le vide, Dieu a

créé, dans les quatre éléments, des êtres vivants, des | esprits animés. Les eaux, par exemple, ont leurs nymphes, leurs ondius, et pour monstres des sirènes; les terres ont leurs gnoines , leurs lémures, leurs sylphes, et pour monstres des pygmées. Il y a deux cieux, l’externe ou l’agrégat des corps dans le firmament, et À l'interne ou l’astre invisible ; de même il y a deux terres, l'extérieure, et celle qui ne se voit pas et qui est

l'élément, la vie, l'esprit. Lorsqu'un germe ou un astre meurt ou se corrompt, c'est pour passer dans w nouveau corps et se multiplier : toute corruption est cause d’une génération. Les maladies sont, les unes élé mentaires, les autres astrales et frmamentales. L'homme

est un composé du corps mortel, de lesprit sidéral !

et de l’âme impérissable ; il y a ainsi triplicité et unité dans l’homme. Il est au pouvoir de l’imagination de créer, par l’art cabalistique, tout ce que nous voyons dans le monde. Il n’y a point de privation dans la na. ture. Comment s'obtient l’abstraction pure et complète qui seule voit la vérité? Par l’inaction et en quelque sorte par l’anéantissement de l’âme, jusqu’à ce que brille la lumière interne qui la doit éclairer. Vous comprenez assez, Messieurs, comment une métaphysique et une physique dont tels étaient les articles fondamentax aboutissaient à l'astrologie et à l’alchimie. L’illuminisme contient le germe des sciences occultes; il n’a jamais manqué de les faire éclore.

Il n'existait point alors d'homme plus versé dans l’histoire et dans tous les détails de ces sciences que Jean-Baptiste Porta, qui pourtant n’appartenait point àla secte des théosophes. Ce savant napolitain a terminé a carrière laborieuse en 1615.Ses ouvrages sont d’un physicien ingénieux, d’un littérateur érudit, d’un écrivain exercé. Les erreurs qu'on y rencontre ne sont plus dangereuses , et l'instruction qu’on y peut recueillir a encore du prix.

Toutes les fois que le mysticisme et la magie reparaissent, leurs extravagances en provoquent d’autres en sens contraire, Des contemporains de Reuchlin, de

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HUITIÈME LEÇON. 245 este, une accusation dont il convient de se défier; elle a été fort souvent injuste. Le Mantouan Pomponace, qui l’a subie dans le cours des vingt-cinq premières années du seizième siècle, ne la méritait pas peut-être. Sans parler des témoignages d'estime ou d'intérêt qu'il a reçus des cardinaux Bembo et Gonzaga, il s'est exprimé dans plusieurs endroits de ses livres en des termes qui ne devraient, ce semble, laisser aucun doute-sur son orthodoxie, et qui désavouent expressément toute opinion téméraire. Il est bien vrai qu'ailleurs son langage n’est pas loujours irrépréhensible. Mais, s’il y a lieu à discussion, je doute que ses écrits, qu'on a réunis en un volume in-folio, vaillent la peine d’un tel examen. On n'y rencontre presque rien d’original, presque rien qui ait changé l’état de la science, on des controverses et des erreurs. L’athéisme imputé à son disciple Simon Porta, médecin et auteur de deux livres sur les principes des choses naturelles, ainsi que d’un traité De anima et mente, pourrait n'être pas plus réel. Ils n’ont été tous deux que des aristotéliciens très-zélés, non pourtant averrhoïstes; ils se sont mis sur ce point en opposition avec Achillini. On a voulu aussi faire un athée de l'Espagnol Gomez Pereyra, dont l'œuvre métaphysique est intitulée, 4ntoniana margarita, des prénoms de son père Antoine et de sa mère Marguerite ; il y soutient l’automatisme des animaux, et Descartes a été accusé de lui avoir dérobé cette doctrine. Je ne dis rien de Bodin, dont le nom, pareïllement inscrit dans des catalogues d’athées, figure en même temps, et non moins mal à propos, sur ceux des déistes, des protestants, des juifs et des sorciers. Jamais non plus, quoi qu'on en ait dit, Taurellus n’a nié l'existence de Dieu :

Féverlin et Brucker l'en ont disculpé ; mais les opinions de Taurellus n’ont pas un caractère bien déterminé, C’est un éclectique d’une espèce singulière, inclinant au péripatétisme et le désavouant sur plusieurs articles. Brucker ne voit encore qu’un semi-pythagoricien dans ce trop fameux Giordano Bruno que l’Inquisition fà brûler à Rome en 1600, et dont les livres bizarres, plus recherchés que réellement curieux , signalent une imagination ardente et un esprit désordonné., Vanini qui subit le même supplice à Foulouse, en 1619, à l'âge de trente-quatre ans , appartient, comme on voit, au dix-septieme siècle. Mais il faut dire qu’on motivait s condamnation sur des propos tenus, disait-on, par lui, eu des entretiens particuliers , bien plutôt que sur se ouvrages, dont les deux principaux, #mphitheatrun divinæ providentiæ, De admirandis naturæ arcanis, avaient été imprimés à Lyon et à Paris, en 1615 et 1616, avec approbation et privilége. 1! suit de ces détails que, s'il y a eu des athées au seizième siècle , ils n'étaient ni assez nombreux ni assez déclarés pour former une secte proprement dite. Si vous exceptez Bruno, vous trou. verez que c’étaient le plus souvent des aristoteliciens qui avaient à se défendre contre cette accusation inten. tée par des platouiciens ou des syncrétistes.

Comme où ne peut guère dire non plus que Mon: taigne ait fait à lui seul une secte de sceptiques, ni Juste-Lipse à lui seul une secte de stoïciens, je n'au rai plus à vous présenter, Messieurs , relativement à hi philosophie du seizième siècle, que de courtes obserw tions sur certains livres de logique, de métaphysique et de morale.

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mus, de Cardan, de Zabarella, de François Piccolominti, je w'y. pourrais ajouter que celles de Gorséius et du jésuite Pierre de Fonseca , qui ne sont pas très-instructives. Cependant elles sont bien moins étrangères au véritable art de penser que ne l'avaient été les dialectiques rédigées avant le quinzième siècle. 1l.s’agit d’un enseignement qui tient de près à la grammaire et à la littérature dialectique ; on s’apercoit qu’il vient de se modifier et de s'agrandir avec elles; qu’il s’est renouvelé avec le système entier des lettres; qu’il a été entraîné dans le mouvement général des esprits. Les traités de Vivès et de Zabarella rendent ce progrès plus sensible encore : ce qui distingue ici Ramus, c’est d’oser substituer quelques préceptes raisonnables aux routines syllogistiques de l’université parisienne. On le traduisit en justice comme un blasphémateur; il fut condamné, ainsi que je l'ai déjà dit, et des lettres patentes du 10 mai 1543, lui firent inhibition d’user de telles médisances et invectives contre Arislote ne autres anciens auteurs et approuvez. I} importe de connaître ces égarements de l'autorité, afin de mieux comprendre la puissance des habitudes et le prix des efforts tentés pour s'en affranchir.

Je vous ai fait remarquer, Messieurs, que le nom de métaphysique s'applique à deux sciences très-ustinctes. L'une remonte aux principes de toutes choses, recherche les origines de l'univers et aspire à prévoir ses destinées futures, s'exerce à démêler les attributs essentiels et les divers ordres de substances soit matérielles soit surtout spirituelles. Je ne reviens pas sur Fétat de cette science au seizième siècle ;, c’est à elle que se rapporte presque tout ce que j'ai dit, il y a peu d'in-

stants,des sectes philosophiques de cet âge. Je pense que vous avez pu en conclure qu’au delà des dogmes fon. damentaux de l'existence et de l’unité de Dieu, de lim. matérialité et de l’immortalité des âmes humaines, |: simple raison n'avait pu jusqu'alors acquérir, par d'opi niâtres efforts, cent fois renouvelés, que la conviction de sa propre impuissance. Ce qu’elle a besoin de savoir de plus que ces dogmes, c'est une révélation surnatu. relle et authentiquement divine qui peut seule l'a instruire. Tout ce qui, sous le nom d’extase, d’enthou. siasme, d’intuitions immédiates, d’illuminations inter. nes, a voulu usurper l'autorité sacrée de cette révéla. tion, n’a jamais été qu’illusion ou impos!ure. L'autre métaphysique a pour objets l’analyse de nos facultés intellectuelles, leurs rapports avec les choses qui nous sont extérieures , l’origine et la classification de nos idées, leur formation, leur expression et leur déduction; études éminemment utiles, puisque c'ést d’elles seules que peuvent provenir les arts de parler, de penser et d'écrire. Or, Messieurs, à l’exception des logiques dont je viens de faire mention et de quelques traités de grammaire, le seizième siècle fournit bien peu d'essais de ce deuxième genre de philosophie générale. Il n’est pourtant pas impossible d’en discerner quelquesuns. Un Espagnol, né dans la Navarre française et nommé Huarte, a publié, en 158o,un Examen des esprits etde leur aptitude aux sciences.Ge livre d’abord fort loué et traduit en diverses langues, trois fois même en français,est aujourd’hui presque ignoré. L'auteur y recherche quelk organisation physique nous dispose le mieux aux exercices de la pensée ; car il ne croit point à l'égalité des intel.

ligences : il entreprend d'expliquer, sans trop de succès

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HUITIÈME LEÇON. 2/9 à la vérité, quelles conditions organiques sont nécessaires pour que les fonctions intellectuelles soient bien remplies; comment du chaud et du froid, du sec et de l'humide, et de leurs diverses proportions dérivent les différences entre les esprits ; comment l’âme végétative, l'âme sensitive et l’âme raisonnable, lorsqu'elles ont le tempérament requis, se développent et s’éclairent sans le secours d'aucune instruction extérieure; pourquoi ‘âme raisonnable n’est ni corruptible ni mortelle ; quels talents appartiennent particulièrement soit, à la mémoire, soit à l'imagination, soit à la raison. La distinction de ces trois facultés est la seule idée qui soit commune à Bacon et à Huarte; peut-être avait-elle déjà commencé à se répandre. Huarte, d’ailleurs, puise presque tout ce qu’il dit dans les écrits des anciens philosophes, des scolastiques et surtout des médecins. On devrait bien aussi quelque attention au traité de Cremonini sur les sens et la faculté appétitive, et à celui de Thomas Fienus ou Fyens sur les forces de l’imagination, De imaginationis viribus. Ces deux écrivains, qui n'ont achevé leur carrière que dans le dix-septième siècle, étaient nés vers le mil'eu du seizième, le premier près de Modène, le second à Anvers. Tous deux sont, ainsi que Huarte, fort imbus des doctrines d’Aristte et d'Alexandre d’Aphrodisie; et Cremonini est un des philosophes que les platoniciens de son temps aceusaient de matérialisme et d’athéisme, Mais les critiques les plus impartiaux, Apostolo Zeno, Tiraboschi, l'ont vengé de ces imputations calomnieuses , assez ré-

& futées d’ailleurs par la tranquillité dont il a joui: il a

conservé sa chaire publique à Padoue jusqu’à la fin de ses jours. Il est bon d'observer, Messieurs, que ces

dénonciations, tantôt impuissantes, tantôt efficaces, par le cot toujours lâches et le plus souvent injustes, ont été, ; dre les all toute époque, les arguments ordinaires de l’école pla. porains n’: tonique ou éclectique : il faut croire qu'elle aurait pa DR les coutur en trouver de meilleurs, mais ce sont ceux qu'elle à progrès de employés de préférence. à plutôt qu’

La plupart des moralistes du seizième siècle sont ov BB disciples, € des théologiens, ou des scolastiques, où des compi. BB rut, en 15c

lateurs d'anciennes maximes. Le nom de philosophe, son influen sinon encore de moraliste, appartient mieux à Machi. D fallait dire vel : il a jeté sur les mœurs sociales les regards d'un BR zième siècle observateur; il éclaire la science politique, lors même Cesiècle, qu'il ne lui donne pas les plus honorables directions. Bodin, s’il a moins enrichi cette science, s’est plus ap. pliqué à la réduire en système; et sou nom n’est pa indigne d’être prononcé entre ceux d’Aristote et de Montesquieu. Le platonicien François Patrizzi a écrit, sur l’histoire et sur quelques institutions publique, des livres qui ne sont pas étransers à la morale, La deux Piccolomini, dont j'ai paris à la fin de notre der nière séance, ont envisagé d’une manière plus général la théorie des mœurs humaines. Les idées de sages et de vertu ne sont pas celles que le nom de Rabehi retrace : cependant ce qui existe de philosophie dau ses livres, et l’on ne saurait dire qu’il n’y en ait pas, cordcu liberté ! cerne principalement les habitudes et les travers &fS Les nom hommes. A plus forte raison dois-je nommer ici Moralebranch taigne, philosophe nou de profession mais par naturMlient assez sans programme et sans système; observant toujoiiophie entré et n’enseignant jamais; trop délicieusement paresse écessaire « pour bâtir aucun système ; laissant errer sa plumes tous les sujets qu’elle rencontre, mais souvent entralk

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ar le cours libre de ses pensées à regarder et à peindre les allures de l'espèce humaine. Nul de ses contemporains n’a mieux apprécié toutes les opinions et toutes les coutumes anciennes et modernes. Travaillant au progrès de la raison, non de la science, et à désabuser

plutôt qu'à instruire, il n'ambitionna point d'avoir des

disciples , et réellement il n’en avait pas quand il mourut, en 1592, ni même encore cinquante ans plus tard : sou influence, qui sera longue, a été fort tardive. S'il fallait dire quel a été le plus grand philosophe du sei-

Lzième siècle, je répondrais : « C’est Montaigne. »

Ce siècle, célèbre par tant de mouveinents politiques, de dissensions religieuses, de travaux et de chefs-d’œu-

Dvre littéraires, se fermait sans avoir produit aucun de

ces imposants systèmes de métaphysique ou de philosophie générale destinés à vivre ou à renaître dans tout

Mle cours des âges suivants. Mais il avait ébranlé ou

renversé les obstacles qui s’opposaient au développe-

ment des connaissances philosophiques ; il avait décrédité la svolastique, et la plupart des institutions go-

thiques, causes ou effets des mauvaises études. Les routes de la science, moins infestées de brigands, de charlatans, de mendiants et de mercenaires, étaient devenues accessibles et praticables : on allait y marcher cu liberté !

Les noms de Bacon, de Descartes, de Gassendi, de

Malebranche, de Locke, de Newton et de Leibnitz

sent assez quels vont être les caractères de la philosophie entre les années 1600 et 1730. Il ne sera plus iécessaire de rapprocher son histoire de celle des réolations, des catastrophes politiques ; car maintenant a philosoplue vivra, comme dans la Grèce antique, de

sa propre activité : la voilà, autant du moins que {e permet la nature des choses sociales, indépendante dy cours des affaires publiques. Nous écarterons aussi les minces détails, les personnages tout à fait obscurs, les simples essais qui n’ont eu ni d'influence ni d'éclat: toute notre attention est réclamée par les conception vastes, par les grands travaux qui ont le caractère de. vénements.

Fils d’un chancelier de la reine Élisabeth, Bacon naquit à Londres en 1560. Sa conduite politique n’est pas honorable. Il commença, bien jeune encore, par approuver la condamnation du comte d’Essex, son bien. faiteur. Courtisan du roi Jacques et du duc de Buc. kingham, il obtint par les plus basses adulations le titres de chancelier et de garde des sceaux, de baron de Verulam et de comte de Saint-Alban. La chambre des communes se plaignit de la corruption de la chancel. lerie : accusé, convaincu même d’exactions honteuses, de malversations commises par lui et par ses subalternes, Bacon fut condamné à une amende de quarante mille: vres sterling, destitué deses charges et enfermé à laTour

de Londres. Le roi lui fit grâce de l’amende et lui rerdit |

la liberté. Bacon, heureusement pour sa gloire et pour le progrès de l'esprit humain, ne rentra point dans

les affaires : sa disgrâce le transforma , de vil ministre, | en philosophe illustre; et, jusqu'à 1626, époque deal mort, il consacra ses loisirs à des travaux qui lui ontk mérité l'admiration, la reconnaissance de ses contem

porains et de la plus lointaine postérité.

Doué d’un génie actif, Bacon sentit l’extrême im

perfection des connaissances communes : il osa les re

commencer où du moins tracer le plan qu'il falhi}

suivre poi propositio.

naires, les obscurités notions éta L offre la nat tion, l’exps | de ces troi N visoire de t Qu si mal faite D Après avoir | ouvrage, 27 ; novation gé à veut parcou F tauce des sci De! auoment les reproche D ceux qui les théologiques JAu milieu d Det ses contr Muents pour { Mcrmine leur Wégles que d applique à | aissances h nt besoin , i

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suivre pour les refaire : il vit, dans les principes ou propositions universelles qui leur servaient de prélimipaires, les sources de toutes les erreurs, de toutes les obseurités , et en conclut que les éléments de toutes les notions étaient à revoir. Les trois instruments que nous offre la nature pour l’étudier elle-même sont l’observation, l'expérience et le calcul : Bacon enseigna l'usage de ces trois moyens; il esruissa même un tableau pro-

D visoire de toutes les sciences , tant de celles qu’on avait

si mal faites que de celles qui n’existaient pas encore. Après avoir fait sentir, dans la préface de son grand

ouvrage, Instauratio magna , la nécessité de cette réà novation générale, il divise en six parties la route qu’il B veut parcourir. Il s’agit, dans la première, de l’impor- À tauce des sciences et de leur perfectibilité, de Dignitate Let augmentis scientiarum. Bacon les justifie de tous

les reproches qu’on a coutume de leur faire ainsi qu’à

ceux qui les cultivent ; reproches tirés de considérations

théologiques, politiques, morales et même littéraires.

jet ses contradicteurs ont exploité cette mine d’argu- Mnents pour et contre les lettres. Le philosophe anglais Mermine leur apologie par l'exposition des vues et des brègles que doit se proposer tout honnête homme qui

aissances humaines et les accroissements dont elles

Bat besoin , il distingue dans l’entendement trois facul-

és, la mémoire, l'imagination et la raison, auxquelles | fait correspondre trois genres d’études , l’histoire,

poésie et la philosophie. Vous avez vtr, Messieurs, es trois mêmes facultés intellectuelles distinguées par marte, dans un livre publié à une époque où Bacon

254 SYSTÈMES PHILOSOPHIQUES, ETC, n'était âgé que de vingt ans. Ce qui appartient propre à celui-ci, c'est la classification des trois genre ‘ d’études, L'histoire est naturelle ou civile. La première devrait comprendre les phénomènes de la nature, se écarts, et les usages que les arts peuvent faire d'elle Mais Bacon observe qu’on s’est borné à ja premite

e , , Qi . Q A . . de ces trois sections, c’est-à-dire à la descr'htion ‘x cieux, des météores, de la terre, de la mer, des qu M

tre éléments, qui sont ici appelés co//:g1a mayora,et de

espèces minérales, végétales, animales, coflegia mi. }

nora. L'histoire civile embrasse les annales des empi res et des églises : il faudrait qu’elle s’étendit anx pra

grès des belles-iettres et des sciences. C’est l'histoire À

littéraire, qui est ainsi désignée , comme encore absente

ou négligée. La poésie est ou narrative, ou dramti. MR

que ou parabolique; et, pour exemples de ce dernier. ractère, Bacon cite Pan représentant l'univers; Perse, la guerre; Bacchus , l’avidité. Je crois, Messieurs, qu y aurait lieu de considérer comme un appendice à «t article de la poésie parabolique le traité de Bacon la sagesse des anciens; car ce n’est qu’une suite d'er plications allégoriques de plusieurs fictions mytho logiques ; et 1! y est aussi question du dien Pan,i l’occasion duquel l’auteur nous fait remarquer l'enchi

nement de toutes les substances qu! composent la nature

chaque espèce y est biforme, et participe de celle q lui est immédiatement supérieure, comme de celle q la suit immédiatement. La philosophie, troisième cls L4 de nos études, est naturelle ou surnaturelle. La nat celle consiste dans ia connaissance de Dieu, de la 1 ture, et de l’homme. A la connaissance de Dieu su celle des purs esprits. La scienc: de la nature a de

branches.

les causes des causes culative, :

1 sur les qu

pratique, s:

: (cine pout

pures et mi grès. La co à sophie hum 2: deux obje d'abord l’ho jpersonne, c de l’autre, | tions et imp physionomie du corps bu athlétique, ruditus lu le la santé, ation de la nune l’anato ature, dont vancé, Il md re et la m jaitre ses fac Bent, ct leu ppendices , es des facu gique et pe UC par la ré tenir et

rtient en is genres première ture, se ire d'elle, pl prenière Don ‘4 ‘4 +, des qui ora et dés [legia mi. &$ des empi: | ÊL ax pre M g st L'hvistoire ÊES ore absente >u dramati: M 2 derniercæ ers ; Perste, ssieurs, qu'l endice à ct lL Baconsi e suite d'er ions mythe dieu Pan, tuer l’enchi ent la uaturg » de celle q e de celle 4 oisième Cl elle. La nat )icu , de la ti de Dieu su

nature a dei

HUITIÈME LEÇON. 255 branches : la métaphysique ou l’ontologie,qr1 considère les causes formelles et finales ; la physique, qui s'occupe des causes efficientes et matérielles , et qui est ou spéculative, raisonnant sur les abstraits et les concrets, sur les qualités et les mouvements de la matière, ou

Ni ratique, se sous-divisant en mécanique et magie. Bacon

icane pour appendices à la physique les mathématiques pures et mixtes, qu'il croit susceptibles d'immenses pro-

| grès. La connaissance de l'homme se partage en philo-

sophie humaine et philosophie sociale ; et la première

B « deux objets, le corps et l'âme. Mais, en considérant

d'abord l’homme tout entier, on étudie d’une part sa personne, c'est-à-dire ses misères et ses prérogatives ; de l'autre, l'alliance du corps et de l’âme, les indications et impressions qui en résultent, par exemple, la physionomie et les songes. Ensuite l'étude particulière du corps humain amène la médecine, la cosmétique, j'athlétique, et cet art de la volupté que Tacite appelle rruditus luxus. La médecine tend à la conservation le la santé, à la guérison des maladies et à la prolonation de la vie. Ces trois sections ont pour base comnune l'anatomie ; pour moyenne , les trois règnes de la jature, dont Bacon ne trouve point l’examen assez vancé. Il met au nombre des arts voluptuaires la pein-

re et la musique. Daus l’âme humaine il faut conjaitre ses facultés, qui sont le mouvement et le senti-

Bent, ct leurs différents usages. Là viennent, comme

ppendices , la divination et les prestiges. Mais les usaes des facultés physiologiques sont enseignés par la eique et par la morale, La logique ne sera complète e par la réunion des suatre arts de trouver, de juger, retenir et d’exnrimer, L'art de trouver manque en-

L'art de retenir peut s’aider de prénotions, d'emblème et d’autres secours. L’organe du discours, sa méthode et sa perfection, voilà les objets des los sections de l’art d'exprimer ou de communiquer. C’est la gram-

core ou ne consiste que dans l'invention des argument dividuel par lieux communs ou particuliers. On juge par induc. l'âme et . tion ou par syllogisme. L’induction est la meilleure de voilà la p ces deux méthodes ; aussi est-elle la moins connue, I losophie théorie du syllogisme a deux branches, l'analytique des affair qui offre des moyens, et la critique, qui conseille des troisième précautions, soit contre les sophismes, soit contre les un autre | préjugés que Bacon appelle idoles. 11 les distribue en de se taire idola tribus , ceux qui tiennent à la nature de la tribu deux autr ou espèce humaine; idola specus ; ceux qui provien. à quelque nent du tempérament et des habitudes de chaque à. science ms dividu; édola fort, ceux qu’ naissent du comment DD voir : l’art mutuel des hommes et de l’ambiguité des signes ; édoh naissance d theatri, ceux qu’accréditent l'exemple et l'autorité BS Tous ces dé

la nature et

turelle, Il y

c’est la théol

Ce tablea

appelé 4rbr de la rénova Entitulée Vo de la natur mes destinés la méthode bar les expér sürs et plus

à nature, n bbservations ont en lui à hodes : l’un mmuable vé

it dans les n XX,

maire qui traite de l’organe et des éléments du discour du langage et de l'écriture. La verification, les hiéro. glyphes et les chiffres servent d appendice à la gran maire littéraire. La grammaire philosophique était en core à naître, et Bacon ne manque pas d’en faire remarque. La méthode du discours est ou la synthès ou l'analyse, C’est la rhétorique qui tend à le perie tionner. Deux autres arts tiennent accessoirement à œ lui de communiquer : ce sont la critique littéraire, d la pédagogie ou l’enseignement. Après avoir ainsi pu couru tous les arts dont la réunion est exprimée park mot de logique, Bacon passe à la morale et la divis en théorique ou doctrinale, et pratique ou géorgiqua Dans l’une, il s'agit du bien, simple ou compos, 1

‘guments ar inducleurs de nnue, La nalytique, iseille des contre les stribue en le la tribu i provienhaque in.

commerce anes ; 2dola l'autorité, l'emblème sa méthode sections de st la gramdu discours, , les hiéro

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bir ainsi pit primée park et la div ju géorgiqu compose, !

dividuel ou commun; dans l’autre, de la culture de l'âme et des remèdes à ses vices. Logique et morale, voilà la philosophie humaine ou individuelle. La philosophie sociale comprend l'économique, la science des affaires et la politique. Bacon ne traitera point ce troisième article, quoiqu'il pût en parler tout comme un autre : il aime mieux donner un exemple de l’art de se taire, l’un de ceux qu’on a trop négligés. Sur les deux autres Hranches de la science sociale, il se borne à quelques maximes, et finit par observer que cette science manque de deux appendices nécessaires, savoir : l’art d'étendre les bornes d’un empire, et la connaissance du bien universel ou des sources du droit.

Tous ces détails de la connaissance de l’homme et de la nature et de Dieu ne forment que la philosophie naturelle, Il y a de plus une philosophie surnaturelle :

c'est la théologie révélée.

Ce tableau de nos connaissances, qui est souvent appelé 4rbre ce Bacon, n’est que la première partie de la rénovecion ou restauration générale. La sr:snde, intitulée Nouvel ofganedes sciences,ou Interprétation de la nature, contient cent quatre-vingt-deux aphorismes destinés à montrer les sources de nos erreurs et la méthode à suivre pour obtenir, par l'observation,

par les expériences, par les analyses, des résultats plus

sûrs et plus vastes. L'homme, interprète et ministre de à nature, n’a de savoir et de pouvoir qu’en raison des observations qu’il a faites sur elle. Science et puissance ont en lui une seule et même chose. Il y a deux méhodes : l’une part des principes, et leur attribue une mmuable vérité; l’autre cherche dans les sensations

t dans les notions particulières les éléments des axio- XX. 17

mes; elle ne s'élève que par degrés aux généralités

si l'esprit humain n’était pas réellement plus vieux au.

258 SYSTÈMES PRILOSQOPHIQUES, ETC.

C'est la véritable route : elle n’est point encore or verte. On se traîne sur les vestiges des anciens, comme

jourd’hui :1+ ‘ins ce jeune âge du monde que now nomuious antiquité. Personne encore n’a eu le courage de se débarrasser rigoureusement de toutes les théorie; et notions communes , et d'appliquer à la reconnais. sance des idées particulières une intelligence unie « plane comme une table sue. Il n’y a rien à espérer que de celui qui, dans la maturité de l’âge, osera re. nouveler toutes ses connaissances, en employant à l'observation, à l'expérience et à l'analyse, des organe sains et une raison forte. [es cinquante-deux derniers aphorismes consistent en exemples. Ce livre abouit à deux grands résultats. Premièrement il n’existe dam la nature que des individus : c’est une vérité presque triviale à force d’être sensible, mais que le génie seul pouvait retrouver, après que le moyen âge l'avait re couverte de tant de ténèbres. Secondement, ce que fai la nature, il ne s’agit, pas de l’inventer, mais de le re connaître ; maxime bien commune encore, mais qu suffit seule à renverser toutes les, théories purement idéales. J’avouerai que ce deuxième livreme paraît fon supérieur an premier, et peut-être aussi. à. l'excellent Discours sur la méthode que nous distinguerous dam les œuvres de Descartes. Le philosophe français n'er seigue qu’à vérifier les jugements ; l'anglais sent la né cessité de refaire les idées : ses aphorisines portal l'empreinte d’un, génie plus pénétrant. J’admirerai ua peu moins l2 ‘assification dont je vous ai d'aborl présenté le précis. Dans la multitude des détails qu'elk

renferme, précision ( pourtant ( l'enchaîné:

La trois tinée à exF l la nature, phiques; la composi essai de cet sous le tite pertoires. C pes générat pratiques d était le suje:

restée impa intitule en ef pagné de m qu'esquissés modè!»s des attend: mit d surplus ont la rareté et sympathie e sel, le son € mant, les tr nenx, le me il ne reste joerd'hui.

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renferme, 1 en ést qui peuvent n'avoir as toute la précision et ioute la justesse désirables. Elle suppose

rtant des méditations profondes sur l’ensemble et l'enchaînément des connaissances.

La troisième partie de l'ouvrage de Bacon était destinée à exposer les faits ou phénomènes immédiats de la nature, qui sont là matière des recherches philosophiques; mais tout se réduit à quelques prépatatifs de la composition d’une histoire naturelle, et à un simple essai de cette histoire, en millearticles ou dix centuries, sous le titre de Sylva sylvarum ou Répertoire des repertoires. Comment de ces faits remonter aux principes généraux, et de ceux-ci redéseendre aux maximes pratiques dont se compose la théorie des arts? Tel était le sujet de la quatrième partie, qui semble aussi restée imparfaite. Le principal article est un opuscule intitulé en effet Échelle de l'entenderent. Xl est accompagné de morceaux décousus, dont la plupart ne sont qu'esquissés ; l'auteur les proposait apparemment pour modé!»s des réchérehes qu'il venuit de conseiller : on attenu:ait de lui de meilleurs exemples. Ces traités au surplus ont pour objets les vents, l'esprit et la mort, la rareté et la densité, la pesanteur et fa légèreté, la sympathie et Vantipathie, le soufre, le mercure et le sel, le son et loue, les métaux et les minéraux , laimant, les transmutations, la lumière et les corps luminenx, le mowvement , le flux et le reflux de la mer : ne reste là presque aucune notion à recueillir au loerd’hui. La cinquième partie, dont Baeon n’a fait que la préface qui en expose Pobjet , dévait contenir es avant-coureurs de la philosophte active , c’est-à-dire inoncer provisoirement des vérités non encore décou-

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