‹ Cours d'études historiques [microforme]Chapitre 23 sur 115 · OST NS DRE TRE · texte numérisé non relu

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vertes par ‘une méthode rigoureuse. Je n'ai :i:1. à vous dire de la sixième partie, fin dernière des cinq pré cédentes, sinon qu’elle n’a pas été commencée, Elle eût été cette philosophie active elle-même; elle eût of.

‘fert un tissu de connaissances physiques et morales de.

finitivement acquises. Hors de ces six parties de l’}n. stauratio magna, on possède quelques ouvrages pari. euliers de Bacon, un Traité des principes et des origi nes, où il explique comment les fables de Cupidon «& du Ciel servent :de voile aux systèmes philosophique de Parménide et de Démocrite ; ce livre Sur la sagesse des: anciens, duquel j'ai déjà fait mention; une Mo. velle Atlantide ; des Essais ou Mélanges de morale u de politique; enfin une Histoire ou, si l’on veut, un panégyrique du roi Henri-VII. Quoique ces dernière productions se ressentent du chancelier, autant a moins que du philosophe, elles décèlent souvent encore le-talent de Bacon et la hauteur de son génie.

Il ne faut pas songer à extraire de ces livres un eorps de doctrines philosophiques ; le tableau sommaire que je viens de vous présenter de son grand ouvrage vous a montré, Messieurs, que la mission que ce phi losopke a parfaitement remplie était d'ouvrir des rou tes nouvelles : il guide, il éclaire plus et mieux qui n’enseigne. D’une part, il a porté ses regards bien au delà de la science aujourd'hui nommée Idéologie; de l'autre, il ne l’a point, à beaucoup près, embrassée tout entière; on peut dire seulement qu’il la évoquée « qu’il en a posé les premiers fondements : il ne l’a point faite. Cette décomposition du système de nos idées, de laquelle il a reconnu et démontré la nécessité, loin de l'avoir achevée , à peine l’a-t-il entreprise lui-même.

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HUITIÈME LEÇON. aôr Quand il a distingué dans l'esprit humain les trois facultés appelées Mémoire, Imagination et Raison, cette énumération, qu’il ne proposait pas le premier, ne lui était garantie par aucune analyse préliminaire assez

rigoureuse. Condillac a fait sentir le besoin d'une divi-

sion pius complète et plus exacte. Le service éminent rendu par Bacon est d’avoir prouvé que la. plupart des notions générales reçues en logique et en physique étaient fausses ou confuses; qu’il fallait refaire tout l'édifice des sciences, soumettre à une révision sévère œ qu'on avait adopté sur la foi d'autrui; commencer

Épar un examen attentif, non des jugements ou propo-

sitions, mais des idées qui en sont les -éléments; ne pas s'élancer du premier bond aux principes les plus abstraits, mais partir de l’histoire naturelle et des faits particuliers, pour s'élever lentement et insensiblement aux énonciations universelles et pour redescendre ensuite des axiomes aux règles pratiques et aux détails. es arts.

Les travaux philosophiques de Bacon de Verulam put eu fort peu d'éclat de son vivant: leur influence n’a. suère commencé qu'après 1650; mais elle s’est fort crue depuis; elle était immense à la fin du dernier iècle. Toutefois, comme il n’a établi qu’une méthode tnon une doctrine, il a eu des élèves plutôt que des. ectateurs, où que des disciples, si l'on entend par ce ot des héritiers d'opinions ou de croyances.

Le philosophe qu’on a représenté comme sorti le remier et longtemps presque seul de l’école de Bacon st Thomas Hobbes, qui a vécu quatre-vingt-onze ans, e 1588 à 1679; mais Bacon n'avait point eu d'école;

d'ailleurs son compatriote Thomas Hobhes n’y cût

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été qu’un disciple fort icdocile. A la vérité, il n’admet. tait aucune notion antérieure à la sensation ; il faisait naître de la faculté de sentir, celle de concevoir et d'imaginer, et ne voyait dans le langage qu’une insti. tution arbitraire, source de nos erreurs autant que de notre savoir. C'était bien à la philosophie expérimen. tale qu’il entendait se livrer; mais il la réduisait quel. quefois au pur empirisme, c’est-à-dire à la considéra. tion de certains faits isolés; et, pressé d'obtenir des rc. sultats généraux , il fondait la science sur la possibilité des choses plus que sur leur réalité. I retombait ainsi dans la synthèse; et, par un faux emploi des formes mathématiques, il se laissait conduire à des conséquen. ces que l’analyse eût démenties. Sa doctrine en morale et en politique est que chacin a droit à toutes choses; que le conflit de ces droits amène l’état de guerre; que la force établit la paix et institue la société; qu'il ny a pas d'autre équité que celte force, et pas d'autr garantie de l’ordre public que le pouvoir absolu « victorieux de toute espèce de résistances. En métaph;: sique, il étend le nom de Matière et l'empire de la né cessité sur tout ce qui a une existence réelle, y com. pris l'intelligence suprême et toutes les intelligence inférieures ; il aboutit ainsi à une sorte de panthéisne qu'il ne professe pourtant pas expressément. Une de ses maximes est que nous ne pouvons rien démontrer sinon à l’égard des objets dont les causes sont en noir puissance. Telles sont les opinions qu’on peut considé

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rive parfois de les contredire dans le cours de ses ou: vrages. Sa philosophie se divise en trois sections, s0

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HUITIÈME LFÇON. 163 een général; de l’homme, individu animé; de l’homme «en société. » J’ignore si cette division est la meilleure possible; mais j'avoue qu'il me resterait encore plus de doutes sur celle de l’Znstauratio magna de Bacon, en six sections, comme vous venéz de lé voir. Quoi qu'il en soit, c'est par un traité de logique que s'ouvre la partie intitulée De corpore dans la philosophie de Hobbes. Je ne saisencore si cet article est assez annoncé par le titre vague sous lequel il est compris; mais cette logique, fort connue depuis que M. de Tracÿ l’a traduite, me semble en effet une des meilleures productions de Hobbes, celle où l’on reconnaîtrait le mieux un élève de Bacon. Elle est intitulée Computatio sive bgica , parce que, selon l’auteur, calculer et raisonner sont une même chose ; ce qui néanmoins pourrait aussi être contesté. Le premier chapitre traite de la formation des idées; le deuxième, de leur expression ou des mots; le troisièmé, de la proposition ; le quatt'ième, de l'art syllogistique; le cinquième, des causes de nos erreurs ; ét le sixième, de la méthode. Cette logique est

réellement originale , quoique incomplète, de l’avèu du

traducteur; certains détails y peuvent manquer de jus-

Ltesse; mais elle présente beaucoup de vues neuves et

profondes. Hobbes considère les mots comme notes pour Fenser et comme signes pour communiquer. S'il ne découvre pas le vice des procédés syllogistiques, il le pressent du moins, et n’expose les règles de cet art que pour les déclarer à peu près inefficaces. Il sait que ha science sociale doit réposer sut la connaissance des mouvements de l'âme, et que éette connrissancé ptésuppose celle des idées et dés sensations. Outre ce cours de philosophie , il a laissé un traité du droit naturel

264 SYSTÈMES PHILOSOPHIQUES, ETC, et du droit civil, sous le titre de Corps politique ; un autre ouvrage intitulé Zeviathan,oùil s’agit principale. ment des relations du sacerdoce avec l'empire; quelques opuscules sur ces mêmes matières ; une version anglaise de Thucydide, dont j'aurai occasion de vous reparler, et une traduction de l’Iliade et de l'Odyssée en vers an. glais. Il lisait peu, écrivait beaucoup, pensait davan. tage. 1! remonte, comme Bacon, à la source de toutes nos pensées; il reconnaît, comme Descartes, que le qualités sensibles des corps ne consistent que dans diversité des mouvements de la matière; il ne voi dans nos connaissances que le produit de nos sensa. tions ; dans nos mœurs, que les résultats de nos insti. tutions sociales ; la nature, selon lui , ne donne que des appétits; elle n’établit ni droit, ni justice, elle now met et nous laisse dans l’état de guerre. Peut-être lu circonstances tumultueuses au sein desquelles Hobbes a vécu ont-elles influé sur ses opinions : peut-être aussi ses idées politiques n’auraient-elles besoin que d’être mieux enchaînées et développées pour devenir plu morales. Quoi qu’il en soit, on ne peut s'empêcher dk voir en lui, malgré les doctrines fausses et dangereuses qu’on lui doit reprocher, l’un des hommes du dix-septième siècle dont les études ont contribué aux pro. grès de l'esprit humain.

Né huit ans avant Descartes, il lui a survécu vingt huit ans. Je lai placé immédiatement après Bacon à cause des rapports qu'il est possible de remarquer entre leurs idées; rapports qui ne sont néanmoins ni aussi intimes ni aussi habituels qu'on l’a quelquefois supposé. Vous en pouvez juger, Messieurs, d’après ce que vous venez d'entendre. Trois autres écrivains,

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HUIT!ÈME LEÇON. 265 Cempanella , Vossius père, et Bérigard ou Beauregard ont publié, dans le cours des cinquante premières années du même siècle, des livres qui appartiennent aussi à la philosophie générale, mais qui n’ont pas conservé, à beaucoup près, autant de célébrité : je n’aurai que peu de mots à vous en dire au commencement de notre

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prochaine séance, où Je vous entretiendrai ensuite des travaux de Descartes et de Gassendi,

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