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RER ADS phie du dix-huitième siècle. Pour en resserrer le tableau, même de de . À e ns . LP j'écarterai les détails qui n’auraient qu’une faible impor- E al. Pas. .
Le ? L L tance. Nos regards se porteront successivement sur la ranche, ; ue Fa à ane, D philosophie des écoles, sur le cartésianisme, sur les uit aussi D ,;: :
re disciples de Locke tant en Angleterre qu’en France, té réfuté par . à et sur la philosophie allemande; mais les deux pre- 1e, par la Mo. . A ’:
, miers articles ne nous arrêteront que peu d'instants. 8 les Anglais
Les écoles, sans tenir presque aucun compte des E travaux de Descartes, de Locke et de Leibnitz, conservaient, comme si de rien n’était, leurs anciennes routines : elles continuaient de donner, à des canevas de syllogisme en mauvais latin, les noms de logique ou dialectique, de métaphysique, morale et physique. Sous ces quatre titres, des compilations manuscrites ou imprimées semblaient toujours suffire à l’enseignement ; et cette incorrigible pratique perpétuait les plus vicieuses habitudes intellectuelles. C'était encore la scolastique du moyen âge, légèrement amendée, On a rédigé ainsi, dans le cours des quatre-vingts preinières années du der-
nier siècle, ou même un peu au delà, plusieurs prétendus
cours de philosuphie, que les véritables philosophes du
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seizième auraient pu trouver fort arriérée. Il serait inutile de vous indiquer aucun de ces traités : ils sont tous ensevelis dans un oubli profond, et nous en pou. vons dire autant de plusieurs livres élémentaires com. posés en français, sur les mêmes sujets et presque dansle même goût, de 1700 à 1789. Cependant la latinité des premiers était devenue par degrés un peu moins bar. bare; et l’on en remarquerait un petit nombre dans l’une et l’autre langue, où s’introduisaient, comme à la dérobée, quelques idées nouvelles et des méthodes moins déraisonnables. Tant que le cartésianisme avait pu être considéré comme un progrès, les écoles s'étaient obstinées à le réprouver : quand il eut vieilli à son tour, il prit faveur dans leur sein ; et le zèle qu’elles avaient déployé contre lui, elles s’en armèrent pour résister à la propagation de la philosophie expérimentale. 7: it là, sauf bien peu d’exceptions, le dernier état «: ‘c: seignement, Les écoles , n’ayant pu demeurer tout à fait telles qu’au moyen âge, se tenaient du moins à un sit. cle de distance des lumières qui autour d’elles éclairaient le monde.
En adoptant le cartésianisme, elles ont contribuéi ralentir le discrédit dont il était menacé ou atteint. Les défenseurs qui lui restaient ailleurs n'étaient ni nombreux, ni tous fort capables de le soutenir bien long: temps. Crousaz y employa ses veilles laborieuses; mai son meilleur ouvrage, Examen du pyrrhonisme, ni été recherché qu’à raison des notions historiques qu'l contient. Sa Logique a paru ne rien renfermer d’utile, même dans la dernière édition en six volumes ; et son l'raité du beau est fort inférieur à celui d’un autre carlésien, le jésuite André. On a de celui-ci des Discour
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ONZIÈME LEÇON. 331 ur l'homme et une Métaphysique où il reproduit, non sans habileté, quelques idées de Platon et de Descartes. Dans son Essai sur le beau , il distingue le beau essentiel, le naturel et l'arbitraire ou de convention, et il distribue en ces trois ordres toutes les beautés physiques, spirituelles et morales. La vue et l’ouïe sont, selon lui, les seuls de nos cinq sens qui recoivent les impressions du beau physique : ils sont frappés ou de l'unité et de la régularité parfaite, c’est le beau par essence; ou des variétés et de l'éclat, c’est le beau par nature; ou de l’exacte observation des lois que le génie, le goût, le caprice ont établies, c’est le beau conventionnel. Dans les ouvrages d'esprit, toute beauté résulte ou de la vérité immuable, ou des images et des sentiments, ou de la correction et des artifices du style. Dans les mœurs, la soumission à Dieu est l’ordre essentel, antérieur à l’ordre naturel ou domestique, et à l'ordre institué ou civil. Les applications et les développements de cette doctrine remplissent huit discours, qu'on ne lit point sans intérêt, malgré quelques phrases de collége; et je ne pourrais guère choisir mieux
que cet estimable essai pour indiquer le plus haut degré que la philosophie atteignait dans les académies
vers 1750. Le coryphée de l’école cartésienne était alors l'Irlandais Berkeley, qui niait l'existence des corps, et soutenait que, loin d’être certifiée par les livres saints,
dont il révérait l'autorité, elle était de tout point im-
possible, Tel est l’objet de ses Dialogues d'Hylas et de
Philonoüs, livre extrêmement remarquable par l’en-
chaînement étroit des objections et des réponses, par
le cours naturel de l'entretien, par une dialectique vi-
goureuse. Les Recherches de Berkeley sur l’eau de gou-
dron aboutissent au même résultat; car, après avoir, dans les soixante premières pages, exposé les pruprié. tés de cette eau, il s'élève à des considérations géné. rales sur les sels, sur 1es végétaux , sur l’éther, sur le feu, sur la lumière et sur l’âme : il affirme que les dogmes de Platon sont conformes à ceux du christianisme, et prétend que ce philosophe a su aussi que les corps u’étaient que des images ou apparences. Ce système, au. quel lenom d’idéalisme doît rester exclusivement réservé, est en effet bien plus ancien que Berkeley. Tout étrange qu'il est, il n’a manqué de partisans en aucun lieu ni en aucun âge : on le retrouve dans l'Inde; il remonte, chez les Grecs,au moins à l’écoie d’Élée, qui a précédé d’un siècle celle de Socrate; il s’est mêl£ aux autres visions des syncrétistes : je vous l'ai fait remarquer dans une secte scolastique. C’est une des erreurs qui s’est reproduite depuis le renouvellement des lettres; Mälebranche n’en a été préservé que par ses croyances religieuses. Les doctrines platoniques y tendent, et d’autres écoles s’y égarent, comme nous aurons encore occasion de nous en convaincre. Outre les deux livres dont je viens de faire mention, Berkeley en a compose qui concernent l’arithmétique, la vision , le mouvement, les principes de la science humaine; on a de lui une
Apologie du christianisme, à laquelle il a donné le titre
d'Ælciphron. 1 est mort, âgé de soixante-sept ans, en 1753. Le centenaire Fontenelle, qui lui a survécu quatre ans 1ppartenait à une autre classe de cartésiens; et son patriarcat littéraire est à compter parmi les causes qui LA » . LA ont prolongé en France l'existence de cette école. Fontenelle avait cultivé tous les genres de connaissances : son esprit, aussi étendu que fin, possédait les premiers
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| ranflech, auteur, en 1765, d’un volume intitulé Essai
sur la raison ; il y faisait de vains efforts pour remettre en valeur la métaphysique de Descartes et de Malebranche : depuis, on a fort peu entendu parler d’elle en France, au moins jusqu’en 1800.
La philosophie de Locke et de Newton a été, en général, celle du dix-huitième siècle; mais, pour connaître les modifications qu’elle y a subies et les développements qu’elle y a reçus, il est à propos de la considérer d’une part en Angleterre, de l’autre en France.
Locke ouvrait et distinguait deux sources de nos connaissances : la sensation et la réflexion. Son disciple Shaftesbury parut les confondre : il transformait la faculté de réfléchir en sensibilité morale et intellectuelle. Hutcheson s’empara de cette idée, et s’appliqua surtout à établir des rapports entre les sentiments du cœur et les connaissances de l'esprit. Il trouva la première origine de toute moralité dans une faculté humaine distincte de la raison, et fort semblable à celle quon appelle ordinairement sympathie. [l crut recon-
naître dans le cœur humain un désir habituel du bonheur de tous les êtrés raisonnables, une disposition à souf. frir de leurs douleurs, à partager et par conséquent à soulager leurs peines. L'activité de cette bienveillance générale et ses relations avec le système intellectuel sont des bases de la philosophie écossaise; on les voit posées dans les Recherches sur l'origine des idées de beauté et de vertu, dans le Traité des passions et les autres écrits de Hutcheson, qui mourut en 1747. Hobbes avait énoncé des opinions diamétralement opposées à celle-là; et de plus il avait fert resserré là philosophie expérimentale, en lui contestant le droit de s'étendre au delà du simple aperçu des faits immédiats. Bolingbroke embrassa un système à peu près pareil : d'accord avec Locke pour écarter les abstractions mé. taphysiques et les raisonnements « prioré, il restrei. gnait l'observation au pur recensement des faits, et refusait le caractère de vérités absolues aux résultats obtenus en observant. Cette doctrine un peu vague au. rait eu de la peine à se propager, si Hartley n'avait travaillé à lui donner de la précision et de la consistance. Ne voulant voir dans l’association de nos idées qu’une loi mécanique de notre organisation, Hartley soutint que l’enchainement de nos connaissances, c'està-dire les rapports entre des prémisses et des const. quences, n'avait pas non plus d'autre origine : il s mit à étudier l'histoire naturelle de :0s sensations, et les fit consister ‘out entières, y compris les perceptions qui en dérivent, dans l'ébranlement et les vibrations des parties infinitésimales de la substance médullaire du cerveau. Hume adopta une partie de cette doctrine: il déclara qu'en effet les notions isolées, singulières,
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que de simples faits nous fournissent, ne pouvaient se résumer dans aucune connaissance générale. L’habitude seule, disait-il, nous entraîne à supposer des effets et des causes ; c’est elle qui, en matière de faits, opère la liaison de nos idées. 11 n’accordait de certitude qu'aux vérités mathématiques ; mais il reconnaissait en ce genre des démonstrations réelles, parce qu’il s'agissait là des
relations établies entre nos idées elles-mêmes, et non
plus de jugements à porter sur des faits extérieurs. Hume a d’ailleurs dirigé ses regards pénétrants sur divers points des sciences métaphysiques, morales et politiques : il a laissé, outre son Æistoire de la Grande-Bretagne,des ssais sur l'entendement humain,des Essais de rnorale , de science sociale , d'économie publique, et autres morceaux de philosophie. Dans celui qui est intitulé Lesquatre philosophes, et où il expose les systèmes des épicuriens, des stoïciens, des platoniciens et des sceptiques , il ne dissimule pas la préférence qu’il donne à la quatrième secte. Il n’est, au fond , qu’un diseiple de Locke ; mais il veut souvent amender son maître : il admet, non des idées innées, mais des impres-
sions contemporaines des premiers instants de notre existence. 11 distingue trois principes de la liaison des
idées : la ressemblance, la causalité, la contiguité de temps et de lieu. Or, il croit que nous n'avons pas une idée complète et précise de ce que nous appelons pouvoir ; que nous ne connaissons bien aucune causaliié ;
Là l'égard de l'existence réelle des choses elles-mêmes,
il n’y a jamais de démonstration ; que nous ne jugeons ien que des rapports entre les idées que nous avons onçues de ces choses; que la morale tient plus au seniment qu’à l'entendement ; que la superstition provient
de la faiblesse, de la terreur, de la mélancolie, de l'. gnorance; le fanatisme, de l'imagination, de l’orgueil, de la présomption et de l'ignorance encore; que le ré. gime monarchique tend à se perfectionner, le populaire à se détériorer, que partout la liberté de la presse est la sauvegarde la plus sûre de la liberté commune, En économie, David Hume a des opinions qui peuvent sembler aujourd'hui des préjugés ; en morale, il ape profondit presque aucune question; en idéologie, il recule à l'aspect des difficultés, et se retranche dans le scerticisme. Ses écrits n’en sont pas moins précieux par un grand nombre d’aperçus neufs et utiles. Locke n'avait encore eu en Angleterre aucun disciple plus re. commandable. Plusieurs des idées de Hume ont essuye
des contradictions, spécialement de la part de Priestley, |
qui pensait qu’en ce qui concerne les faits, nos con. naissances s'associent , se généralisent et s'élèvent jus. qu’à l'évidence. Sur d’autres points Priestley se rap. prochait de Hartley, admettait la même théorie des sensations, et combattait surtout avec zèle ceux qui phçaient dans l'esprit humain un instinct des principes C'est un des dogmes de la philosophie écossaise. Vous voyez, Messieurs, qu’il y a lieu de distinguer deux cias ses dans l’école de Locke, au sein de la Grande-Brtagne : l’anglaise’, où nous venons de rencontrer Bo: lingbroke, Hartley, Hume qu’on en détache quelquefois et Priestley; l’écossaise, ouverte par Hutcheson avai 1747, et dont nous avons à considérer les progrès on les vicissitudes jusqu’à la fin du siècle.
Dans la classe anglaise, Bolingbroke a terminé à carrière en 1751, Hartley en 1755, Hume en 171; Priestley a prolongé la sienne jusqu’en 1804. La chro
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