‹ Cours d'études historiques [microforme]Chapitre 30 sur 115 · La chi · texte numérisé non relu

La chi

nologie de la classe écossaise après Hutcheson peut se fixer par les noms de Henri Home mort en 1782, Adam Smith en 1790, Reid en 1796, Adain Ferguson après 1800, Beattie en 1803, puis Oswald, Search et Dugald Stewart.

Henri Home, autrement dit lord Kames, a écrit des Essais sur les principes de la morale et de la religion naturelle, une Zntroduction à L'art de penser, des Éléments de critique, des Esquisses de l'histoire de l'homme, un Essai sur l'éducation ; je ne parle point de ses livres de jurisprudence. Comme métaphysiden, il marche, mais de loin et d’un pas qui n'est pas très-ferme, sur les traces de Hutcheson ; les théologiens de son pays lui ont reproché de la tendance au fatalisme. Il fonde sur la sensibilité intellectuelle la théorie des mœurs et des beaux-arts; et ceile des sentiments moraux est puisée à la même source par Adam Smith, qui a recherché aussi l’origine du langage et les éléments de la richesse des nations. Adam Smith est, je crois , le philosophe qui a le plus honoré l’école écossaise : il lui appartient par le travail rigoureux qu'il s’est prescrit pour ériger la sympathie en principe universel, et la présenter comme le phénomène éminent sans lequel la mature humaine n’existerait pas. A l’importance qu'il attache aux faits intellectuels, moraux et politiques, on reconnaît en lui un des meilleurs disciples de Locke. Le docteur Thomas Reid a suivi et imprimé de tout autres directions : ne voulant point d’intermédiaires entre les choses et les idées, il a doué l’homme de cet instinct de principes contre lequel s’est récrié Priestley ; instinct naturel, qui prend au besoin les noms de sens

commun , de sens intime, de conscience, et que frappe XX. 22

immédiatement l'éclat des premières vérités. Reid croyait

résoudre par là un problème souvent agité, celui de .

savoir comment nous est garantie la conformité des ob. jets extérieurs aux idées que nous en concevons, Il n, a rien de si merveilleux qu’un instinct pour trancher les difticultés et pour simplifier les méthodes. Après s'être annoncé par un essai sur l'application des mathé. matiques à la morale en 1748, et par une analyse de la Logique d’Aristote en 1752, Reid a publié en 176, un volume intitulé /Zrquiry into the human mind, qu a été traduit dans notrelangue en 1768, « Recherches sur « l’esprit humain,» 2 vol. in-12; et, en 1785, il a misau jour l’£ssay on the intellectualpowers of man, «\'Essai « sur les facultés intellectuelles de l’homme ; » ce sont |: ses principaux ouvrages. Îls comprennent une très. solide réfutation de l’idéalisme de Berkeley et du scepticisme de Hume, systèmes vers lesquels Reid avai d’abord incliné; car ses opinions ne sont devenues in-

variables que lorsqu'il eut découvert l'instinct des prin.

cipes comme le premier fait à observer dans not intelligence, et duquel dérivent tous ces faits particuliers de conscience qui ont joué depuis un si granl rôle dans les spéculations métaphysiques. La psychologie, la morale, les vérités religieuses, soit naturelles, soit même révélées, ont été prouvées directement pr l'instinct ou le sens.commun; et peu s’en faut quon ne soit arrivé à réduire toutes les questions philosophi ques à de simples questions de fait, consistant à savoir ce que pense ou croit sur chaque article la plus grande partie du genre humain. Ce sera toujours là, dit-on, une philosophie expérimentale : on commencera par tout, ainsi que le veulent Aristote, Bacon et Locke

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