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FIN DU PRÉCIS DE L'HISTOIRE DE LA PHILOSUPIHE

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Messieurs, pour recueillir les faits dont se compose

au dix-huitième siècle l'histoire de la philosophie, il nous à paru à propos d'y considérer successivement l'état de la scolastique, celui du cartésianisme, les travaux des disciples de Locke, tant en Angleterre qu’en france , et les développements de la métaphysique leibnitzienne en Allemagne. Les écoles, dont la vieille rouüne était frappée d'un discrédit mortel, sentaient trop tard le besoin de tempérer la barbarie de leurs formes et de rajeunir leurs doctrines. Elles avaient réprouvé le système cartésien quand il séduisait les meilleurs esprits : elles ne s’avisèrent de l’adopter que lorsqu'il eût commencé de vieillir. Leur alliance a fort peu ralenti sa décadence : il avait de meilleurs et pourtant trop faibles soutiens dans Crousaz, dans le jésuite Audré, auteur d’un Traité sur le bsau ; dans Berkeley, qui professait même, et non sans habileté , l’idéalisme proprement dit, le pur immatérialisme, le dogme de la

non-existence des corps; enfin dans l'ingénieux Fonte-

nelle, le patriarche des lettres jusqu’en 1759. Mais la philosophie expérimentale se propageail daus la Grande-

Bretagne et en France, Déjà même, dans la première y de ces contrées , les disciples de Locke se partageaient en

deux classes, l'anglaise et l'écossaise. À l'anglaise appartennent Bolingbroke, Hartley, Hume, qu'on en détache

quelquefois, et Priestley. Ce qui caractérise cette école, c'est de réduire l’expérience au simple aperçu des faits immédiats, et de contester la solidité des notions générales, surtout de celles qui concernent les rapports de causes et d'effets. L'écossaise a commencé par mettre la sympathie au nombre des plus actives facultés de l’homme, et elle a fini n2" ie douer d’un instinct des principes. Elle a établi des faits de conscience, des vérités qui se perçoivent intuitivement, et qui dominent celles que les faits extérieurs manifestent. Entre les partisans de ces doctrines nous avons distingué, après Shaftesbury et Huicheson, Henri Hume, Adam Smith, Reid, Adam Ferguson, Beattie, Oswald, Search, Dugald Stewart. En France, la philoson! ‘e l'expérience a présidé aux travaux d’un gran ‘ombre d'écrivains plus ou moins célèbres, tels que B.uüïer, Vauvenar. gues , Fréret, Montesquieu, Dumarsais, Voltaire. C'était, en général, celle des littérateurs français que Frédéric]l attira en Prusse , et de ceux qui, depuis 1751 jusqu'en 1767, coopérèrent à l'Encyclopédie avec d’Alembert et Diderot. Elle est fort reconnaissable dans les divers écrits de ces deux auteurs, quoique le second « soit donné quelquefois pour éclectique. Altérée par Helvétius , eile a été appliquée à de grands sujets de

morale et de politique par Jean-Jacques Rousseau, qu

sans elle aurait pu n'être qu’un enthousiaste ou qu'un sophiste. Mais l’homme du dix-huitième siècle qui s’est le plus voué à répéter les analyses de Locke, à le rectifier et à les étendre, est Condillac, dont leslivres

nous ont offert le tableau de l’état de cette science

chez les Francais, en 1780. Elle avait présidé à tous les travaux par lesquels ils venaient de perfectionner d'un

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DOUZIÈME LECON. 361 part les théories grammaticales, littéraires, morales, politiques ; de l’autre, les sciences mathématiques et physiques, et particulièrement la chimie.

S'il fallait donc compléter et poursuivre l’histoire de ces études philosophiques, en retracer tous les progrès ou toutes les vicissitudes , les applications diverses et quelquefois les abus, nos regards devraient se porter sur beaucoup d'autres ouvrages qui par leurs sujets et par leurs formes appartiennent à différents genres de connaissances, et dont la variété s’annoncerait assez par les noms de leurs auteurs , Duclos, Buffon, Turgot, Thomas, Bonnet , Raynal, Lavoisier, Condorcet, Marmontel, Saint-Lambert, Bernardin de Saint- Pierre. Mais quelques-uns de ces écrivains ont employé plutôt qu’enseigné la philosophie de Locke; autres l'ont modifiée par des idées empruntées à celles de ?laton, de Descartes ou de Leibnitz. Charles Bonnet, par exemple, est un éclectique ou syncrétiste qu’on ne saurait fixer dans aucune école. Naturaliste et métaphysicien,ilaobservéune maltitude de détails,vérifié un grand nombre d'expériences, et rajeuni moins heureusement plusieurs hypothèses. Le but de ses laborieusesrecherches était de porter l'analyse jusque dans l'étude des substan-

des purs esprits et celle des idées, de puiser la théologie dans l’histoire naturelle, et de retrouver les secrets de la nature dans les mystères révélés. Plus doué d'activité que d'imagination, il n’a guère fait que raccorder des doctrines exposées avant lui; mais, à force de les mettre en œuvre, il finissait quelquefois par s’en croire l’inventeur; et parce qu'il contredisait l'un après l’autre chacun de ses maîtres, il pensait

ces immatérielles, d'associer et de confondre la science

ètre plus disciple. Il a mis dans un très-grand jour

l’enchaînement de tous les êtres ; les nuances qui r'approchent les espèces, et qui ne laissent dans la série in. tellectuelle des substances aucune place vide. Selon lui, le germe préexiste à la fécondation; ses parties se développent les unes plus tôt, les autres plus tard; mais, en ce qu’elles ont d’essentiel, toutes sont cyale. ment anciennes. Ainsi Puornet préfère le système de l’évolution à celui de l’épigénèse ; et il conclut que, i proprement parler, il n’y a point de génération dans li nature, Il établit et gradue sur l'échelle générale des êtres les sphères célestes et les mondes, ainsi qu, dans chaque être organisé, les facultés vitales, ani. males, sensitives, intellectuelles et sociales. Ce qu'il conserve de la théorie de Locke consiste à reconuaitre dans les sens la première source de nos idées ; dans la réflexion, la seconde. Quoiqu'il tienne la spiritualité de l’âme pour indubitable , il déclare que ce qu’on ap pelle matérialisme ne lui paraît point une opinion dangereuse ; il donne l’exemple d'expliquer mécaniquement nos pensées et nos volontés. À son avis, les motifs ont leur siége dans certaines fibres du cer veau, et la morale pourrait se réduire à lart d'unr ou de séparer des faisceaux de fibres. L'âme réside en un petit corps organique et indestructible, qui couserve

la personnalité de l'animal et qui ressemble fort à uue à

nonade leibnitzienne. Ce petit corps, et par const: quent lanimal, est destiné à une plus grande perfection dans l'état futur de l'univers; car l’univers aussi se developpe et se transforme; le parallélisme est parfait entre le système astronomique et le système organique, entre les divers états de la terre considérée comme

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planète ou comme moude, et les divers états des êtres fts pour la peupler. Ce que nous nommons création west qu'une grande révolution; toutes les parties de l'uuivers sont contemporaines : au chaos a succédé le règne organique ; et c'est en ce sens que doivent être entendus, selon Bonnet, les récits des livres saints. Tels sont, Messieurs, les principaux résultats des ouvrages de ce métaphysicien genevois, de son /asectologie, de ses mémoires sur l’histoire naturelle, de ses (onsidérations sur les corps organisés, de ses lettres à Spallanzani, de sa Contemplation de la nature, de son Essai de psychologie; d’un autre essai où il anime une statue, comme avait fait Condillac ; enfin de sa Palinsnésie philosophique, ou 1dées sur l'état passé etsur lélat futur des êtres vivants. Je doute qu'il ait extrêmement contribué aux véritables progrès de la philosophie générale ; mais il est un de ceux qui l'ont, au siècle dernier, le plus étudiée dans son ensemble , dans ses détails, L et sous tous ses aspects.

Je ne m'arrêterai plus qu’à un seul philosophe franis, Condorcet , qui n’a pas eu le temps de rassembler ls résultats de ses études idéologiques , mais qui en avait fait de profondes : ses écrits en offrent la preuve. Les éloges qu’il a prononcés comme secrétaire de lAadémie des sciences ; ses travaux relatifs à l'instruction publique et au régime social ; l’application qu'il a faite de l'analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix; sa lettre à d’Alembert sur le système flumonde, son Traité du calculintégral, ses autres lires de mathématiques, y compris ceux qui ne porlent que le nom d'essais ; cufin cette £squsse des prones de l'esprit humain composée dans les derniers

jours de sa vie, lorsque, proscrit par une tyrannie san. le temp

vage, il allait bientôt ne plus trouver d'asile; tou prends

porte l'empreinte de la véritable philosophie, de cel historiq

qui observe, éprouve, décompose, et fait servir les ré. encore |

sultats de ses recherches aux besoins de la société, ment u

k Ami passionné et propagateur zélé des lumières, il blics, qi

à avait conçu l'espoir d'éclairer et de raffermir les pre. MM cette his k, miers pas des sciences exactes, et d'introduire dans le JB qui usur études morales, politiques, historiques, littéraires, D mi pe

l'exactitude mathématique. Le tableau des progrès ac LE cu qui

. . . . N Q Q ? ! complis l'induisait à penser qu’il pouvait s'en operer d'indéfinis, c’est-à-dire dont le terme ne saurai

mais idéc

ravir tou | DES être assigné. Les réclamations qui se sont élevées co. Æ Le secon . , . , L J 7, tre cette idée n'auraient de sens qu'autant que : no D iitun

indéfini serait synonyme d’infini. Assurément note En moral espèce ne sera jamais souverainement parfaite; mas D éblissen on a tant de moyens de l'empêcher de se perfectionner ouvrages encore, qu'on devrait bien lui laisser au moins k EE : bertu d consolation de croire à la possibilité des vastes progri losophie 4 de ses facultés naturelles, quand elle en a le lite qui usage. Condorcet périt en 1794, à cinquante et un ans manquer ayant à peine achevé la moitié des travaux qu'il s'était prescrits. Ses derniers écrits de 1788 à 1794 représur tent l’état le plus élevé de la philosophie de Locke,er France, vers la fin du dix-huitièmesiècle.

| Elle a néanmoins commencé, un peu avant 1801,

À de prendre quelques autres développements d'une tri} haute importance, et dont je ne parlerai pas, pour 1 point toucher de trop près aux choses et. aux perso nes du temps actuel. L'histoire littéraire veut être écrit

qu'on ait ser, Le trd date plus croulait lé USUTpÉ, pa de l’Alle nom, le t:

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. .. ?° , à quelque distance des faits, de telie sorte qu'on ls apercoive encore immédiatement , et qu’on se soit dont

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umières, il mir les preire dans Îles littéraires, S progrès ac it s'en opt Le ne saurai élevées conit que ‘ml rément notre varfaite : mais perfectionner au moins h vastes progrès en a le lib bnte et Un an, ux qu'il s'était

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F se 365 le temps de les apprécier avec maturité. Je n’entreprends se Es de vous offrir, Messieurs, un tableau historique de la philosophie d’ iè i | q phil phie d’un siècle qui n’est point encore parvenu au tiers de son cours; je ferai seulementu:+ mention succincte de deux ou trois faits pu blics, qui, je croi | | À à s, seront un jour fort remarqués dans cette histoire. Le premier, c’est qu’en 1802 l’homme

| qui usuroait la puissan : ; q P P ce souveraine se déclara l’en-

nemi personnel de la nhilosophie de Locke, appela ceux qui la cultivaient, ‘on pas encore Mn

mais idéologues, et ne négligea aucun moyen de LL ravir toute influence et presque toute lberté d'opinions Le second fait, c’est qu’en 1803 le même potentat dé

| " , . fe Ê truisit un établissement académique consacré aux scien ces morales et politiques, et à ie gé j politiques, et à la philosophie générale;

établissement qui, en sept années, avait produit plusieur

ouvrages composés soit par ses propres membres me en vertu des concours qu’ils avaient ouverts. Une hi

losophie si hautement broscrite par un despote . rieux qui déjà dominait l’Europe, ne pouvait aies manquer d’adversaires : ce qui doit surprendre on qu'on ait osé quelquefois encore l’avouer et la FR

. : RER . ' Lser, Le troisième fait est ‘une autre nature, et d’une U L A 1 Ldate plus rapprochée. Aux jours où chancelait et s’é

œoulait le brillant et tragile édifice de ce pouvoir usurpé, parut l’ouvrage de madame de Staël intitulé de l'Allemagne. Déjà bien assez recommandé par ; nom, le talent et le caractère honorable de latour ce ivre l'était encore pa: les mesures tyranniques ét nsensées qu'on avait employées en 1810 "our en empécher la publication; il a rapidement obtenu d

rédit et de l'influence, Gun ne s’est point au vil

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