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Sno HISTOIRE ROMAINE.
six cents ; mais les autres nombres peuvent varier selon que la légion comprend plus ou moins de quatre mille guerriers. Tite-Live, dans son huitième livre, nous dira que tes hastats étaient distribués , à la tête de la légion , en dix manipules où brillait la fleur de la jeunesse. Leur nom vient évidemment des piques dont ils. s'armaient d'abord : HastaH dictî qui primi hastis pugnahant, dit Varron. Selon ce dernier auteur, le glaive avait été la première arme des princes, qui semblaient tenir leur nom de ce que longtemps ils avaient formé la première ligne eu bataille. Ils portaient aussi de grands boucliers; et ils étaient, suivant Tite-Live, les mieux armés. Mais, tout en conservant leur nom primitif, ils avaient, selon toute apparence, perdu la position qu'il exprimait. Végèce est le seul auteur qui les maintienne à la première ligne : Polybe, Tite-Live , Ovide et Appien les placent à la seconde, après les hastals : toujours étaient-ils le principal corps de la grosse infanterie. De savoir jusqu'à quel point et à quelle époques les mots principes, principia , principales ftiilites, primi ordines ont été synonymes , c'est une question que Le Beau n'a point éclalrcie parfaitement, -et dont flous ne pourrons nous occuper que lorsque nous traiterons spécialement des institutions militaires de Rome. A la suite des dix manipules des hastats et des dix manipules des princes, Tite-Live, en son huitième livre, en placera dix, composés de triaires, vétérans d'une bravoure éprouvée, puis de roraires et d'accenses. Varron tire le nom de triaires de ce qu'ils formaient un troisième ordre dans la bataille : Triarit (Ucti quod in acie tertio ordine extremii subsidio deponebanUu: I^ Beau considère les roraires et les ac-
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, censés comme n'ayant été, dans les premiers siècles, que des troupes légères, levées dans la cinquième des six classes de Servius TuUius. D'oîl vient ce nom de roraires ? De la rosée , répond Varron , parce que , semblable à la roséequi précède la pluie, cette troupe harcelait, inondait l'ennemi, avant la grêle de javelots que lançaient les soldats pesamment armés. Le nom d'accenses , qui se dounaîtquelquefois à de simples appariteurs ou sergents, non soldats, mais attachés au service d'un ofHcier public, et qu'on trouve aussi appliqué à des soldats surnuméraires, ad censum legionis adscripti, adscriptitii, adscriplm, ce nomd'accenses désigne, dans lelivreVIIIdeTite-Live, une troupe légère de six cents hommes, partie ordinaire de la légion romaine. L'Institution des vélites ne date que du siège de Capoue, l'an a 12 avant l'ère chrétienne. On forma ce corps en choisissant dans les autres des soldats alertés et vigoureux : on tes arma de rondaches légères, d'un léger casque et de sept javelots chacun ; et on leur apprit à sauter en croupe des cavaliers et h descendre au premier signal. Mais il nous sulHt en ce moment d'avoir compris le sens des trois mots hastati, principes, triarii, employés dans le récit de la victoire remportée, dit-on, par Popilius Lénas sur les Gaulois en 35o. Kous reviendrons sur ces notions quand nous en serons au huitième livre de Tite-Live.
Repousses sur les monts Albains , les Gaulois n'y purent soutenir la rigueur du froid; ils devaient être accoutumés pourtant à une température plus rigoureuse. Ils descendirent pour s'étendre dans les plaines, et le long de la côte maritime, qu'ils pillaient et dévastaient. En ce temps-là, cette côte était infestée aussi
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Sya HISTOIRE ROMAIME.
par des corsaires grecs, qui désolaient i'eKtréinité occidentale du Latium, le pays des Laureatins, et les lieux voisins de l'embouchure du Tibre. I^ guerre s'alluma entre les dçux corps de brigands , ceux de mer et ceux de terre. Un combat se livra entre eux, à la suite duquel les Grecs regagnèrent leurs vaisseaux et les Gaulois leur camp d'Albe, sans (ju'on sût lesquels avaient été les vainqueurs. C'étaient toujours, de part et d'autre , des ennemis &>rmidablcs à la république romaine. Mais elle conçut des alarmes plus vives encore, lorsqueles I^atins, qu'elleavait sommés de fournir un coatingent de troupes, s'assemblèrent dans le bois de Firentina, et déclarèrent que Rome devait s'abstenir de signifier des ordres , quand elle avait besoin d'implorer des secours; et qu'au surplus te Latium aimait mieux s'armer pour sa propre liberté que pour une domination étrangère. Épouvanté de cette défection, qui survenait au moment où les Gaulois et les Grecs se montraient si menaçants, le sénat prescrivit aux consuls de presser les levées dans l'intérieur de l'État romain. Il fallut prendre de toutes parts de nouveaux soldats, dans la jeunesse de la ville, dans celle de la campagne : on forma , dit-on , dix légions , chacune de trois cents cavaliers et de quatre mille deux cents fantassins. A ce propos, Tite-Live fait une réflexion conçue en ces termes : a Quem nunc novum exercitum, si qua « externa vis ingruat, hœ vires populi romani, quas a vix terranim capit orbis , contmctœ in union haud « facilfi ejficiant : adeo, in quce îaboramus sola, crevinmus, divitias luxuriamquel -a C'est-à-dire, selon la traduction un peu paraphrasée, mais fidèle et claire de Guéri n : « Aujourd'hui que le peuple romain a étendu
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« sa domination sur l'univers entier, si quelque neces- <t sllé pressante demandait qu'on levât promptement « une nouvelle ai-mée de citoyens, on aurait bien de la a peine à ramasser de si grandes forces ; taot il est vrai a qu'en négligeant tout ce qui peut nous sauver, nous 0 n'avons accru et perfectionné que ce qui ruinera a quelque jour l'empire , te luxe et les richesses ! » La difficulté qu'offre ce passage vient de ce que, selon Dion Cassius, Borne, au temps de Tite-Live, entretenait sous les armes vingt-trois ou vingt-cinq légions, et non pas seulement dix, et n'aurait éprouvé aucun embarras à augmenter ce nombre. Mais c'était alors dans les provinces qu'on faisait ces énormes levées; et apparemment Tite-Live veut dire qu'on n'eut plus trouvé, dans la ville même, au sein de l'opulence et du luxe, autant de guerriers dévoués , qu'en cet âge austère où l'on n'avait conquis encore ni tant de provinces ni tant de vices. Quoi qu'il en soit, au milieu des malheurs qu'on essuyait et qu'on redoutait, en 348, l'un des consuls , Appius Claudius, mourut ; et l'autre , Lucius Furius Camillus, demeura seul chargé de tous les soins du gouvernement : par égard pour son mérite personnel et pour son nom de Camille, qu'on trouvait d'un si bon augure, on ne créa point de dictateur. Le consul laissa deux légions pour la défense de Borne , et partagea les huit autres avec le préteur Pinarius : celui-ci devait repousser les incursions des Grecs ; Camille, fidèle au souvenir des vertus de son père, marcha contre les Gaulois, descendit dans le Pomptinum, évita de combattre en rase campagne, content de se camper avantageusement, et sûr de réduire l'ennemi, en ['empêchant d'éleurfre ses pillages, et en le for-
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çant ainsi d'aller chercher ailleurs des subsistances. Tandis que l'armée romaine demeurait inactive, ua Gaulois s'avance : tel que celui qu'a terrassé Titus Maillius, il fl&e les regards par la hauteur de sa taille et par l'éclat de ses armes. Ayant obtenu du silence, il frappe son bouclier de plusieurs coups de sa lance ; et, par le ministère d'un interprète, il déSe à un combat singulier le plus audacieux des Romains. Il oubliait que cette bravade avait mal réussi à l'agresseur de Torquatus. Or, entre les tribuns légionnaires, se trouvait un jeune guerrier, appelé Marcus Valérius, qui, avec la permission du consul, dont néanmoins cette entreprise dérangeait le plan de campagne, s*élança pour se mesurer avec le provocateur. L'intervention visible des dieux, nous dit Tite-Live, diminua, en ce combat , la gloire de la valeur humaine : Minus insigne certamen humanum numine interposilo deorumfactum. Un corbeau vint tout à coup se percher sur le casque du Romain , qui, ne voyant là d'abord qu'un augure offert par les deux, l'accepta joyeusement. Si c'est un dieu , si c'est une déesse qui lui envoie ce messager, il supplie la déesse ou le dieu de lui rester propice. Mais, ô prodige ! non-seulement l'oiseau ne quitte pas te casque où il s'est établi, il prend part au combat : de ses ailes, de son bec, de ses ongles, il attaque le visage et les yeux du barbare, et lui trouble à tel poiut la vue et l'esprit , que Valérius l'a bientôt immolé. Dès que le Gaulois tombe, le corbeau prend son vol vers l'orient et disparaît pour toujours. Cependant les deux urinées s'ébranlent , et une bataille s'engage autour du corps et des dépouilles du Gaulois. Camille s'est résolu à combattre. Il montre à ses soldats Valcnus : a Imi-
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atez-te,s'écria-t-ll;el renversez toutes ces cohortes bar- « bares à côté du cadavre de leur chef. » Les dieux s'en mêlaient ce jour-là autant que les hommes; le combat singulier avait déclaré d'avance le destin de la bataille générale. Les débris de l'armée gauloise se dispersèrent dans le pays des Voisques , sur le territoire de Falemc , dans l'Âpulie, et sur la côte de la mer Supérieure, c'està-dire Adriatique. Le consul, après avoir récoropensé Marcus Valérius en lui donnant dix bœufs et une courûDoe d'or, alla , par ordre du sénat , joindre ses légions à celles du préteur Pinarius, vers la mer Toscane. Il n'y eut point de combats; les Grecs, trop lâches pour s'y hasarder, ne descendaient plus de leurs vaisseaux. Le temps arriva d'élire de nouveaux consuls; et Ton enjoignît à Camille de nommer un dictateur pour la (enue des comices. Il proclama Manlius Torquatus, que le sénat avait désigné ; Manlius choisit pour général de la cavalerie Aulus Cornélius Cossus , et présida l'élection où le consulat fut déféré à Valérius, à qui l'on avait, depuis son combat, imposé le surnom de Corvus, 'et qui n'avait pas encore vingt-quatre ans. L'autre consul était le plébéien Popilius Ijénas, appelé pour la quatrième fois à cette dignité. Du reste, Camille ne fit rien de mémorable contre les Grecs, qui ne savaient pas combattre sur terre, pas plus que les Romains sur . mer. N'osant plus tenter aucune descente, et commençant à manquer d'eau et de provisions de tout genre, ces Grecs abandonnèrent l'Italie. De quel pays venaientils? A quelle nation appartenaient-ils ? Tite-Live ne le sait pas très-positivement : il croirait volontiers qu'ils avaient été armés par les tyrans de la Sicile; car la Grèce ultérieure, fatiguée de guerres intestines, rcdou-
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376 HISTOIRE ROltÀlSE.
tait déjà la puissance d^ Macédoniens. Par ce terme de Grœcia ulterior, Tite-Live entend la Grèce proprement dite , au delà de l'Adriatique.
Aulu-Gelle a consacré un chapitre de ses Mélauges à Valérius Corvus ou Corvinus; il y décrit le combat singulier, avec les mêmes détails que vient de nous raconter Tite-Live ; il y attache la date de t'an 405 de Rome, et il ajoute qu'Auguste a élevé à Corvinus une statue portant le corbeau sur la tête. Ce monument et plusieurs autres mentions classiques de la même tradition prouvent à quel point elle était accréditée chez les Romains : aussi Tite-Live n'ose-t-it ni l'omettre ni la coatredire. Je dois l'avouer pourtant, on rougit presque d'étudier sérieusement une histoire qui'contiuue dt: se remplir de Actions si puériles. Le P. Catrou luimême a honte de celle-ci , et cherche du moins à l'expliquer d'une manière plus naturelle. «Peut-être: dit-il, «Valérius avait-il apprivoisé cet oiseau pour lui servir « de défense dans les combatsj il est bien plus tolérable «de penser ainsi (c'est toujours Catrou qui parle), que «d'attribuer, avec le reste des historiens, l'apparition «subite du corbeau à un miracle de la protection des adieux. nD'autresdisent que c'était un corbeau de métal servant d'ornement au casque du guerrier romain. Au- .cun texte classique ne suggérant ce» explications, il est plus simple de dire avec Condillac, Lévesque et M. de Ségur, que c'est une fable toute pure, imaginée par les rédacteurs de rnémoires de famille pour rendre compte du surnom de Corvus ou Corvinus. Poljbe, quoiqu'il ait eu probablement communicàlion de ces mémoires, s'est bien gardé d'en extraire un si misérable conte. Commo je l'ni déjà dit, il ne ramène les
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Gaulois sur le territoire romain qu'en 34B; et, selon lui, c'est alors que les Romains font, pour la premièt-e fois, bonne contenance, de telle sorte que les Gaulois se retii-ent sans coup férir. ,
La paix était rétablie au dehors et au dedans : de peur qu'on ne fût trop heureux , ne nimis lœtœ res essent, la peste revint , et força le sénat d'ordonner aux décemvirs de consulter les livres sibyllins. On célébra un lectisterne, et Tite-Live ne reparle plus des ravages du fléau à cette époque. Les Antiates fondèrent une colonie à Salricum , et Rome conclut un traité avec des ambassadeurs carthaginois qui étaient venus demander son amitié et son alliance. Polybe, qui nous a déjà fait connaître un plus ancien traité entre Rome et Curthage, stipulé au temps de Brutus, et omi» par Tite* Live, rapporte les dispositions de celui de 348, indiqué, sans aucun détail, par l'historien latin : « Qu'il y ait « amitié entre les Romains et leurs alliés d'une part, a et le peuple carthaginois, les Tyrlens et les habite tants d'Utique de l'autre. Que le Beau promontoire a près de Carthage , que Mastie et Tarséioii soient des a termes que les Romains ne puissent jamais outre-pas- « ser dans leurs courses et pillages maritimes, ni dans '< leurs opérations commerciales ou mercantiles, ni pour « bâtir des villes. Si les Carthaginois viennent à pren- (( dre dans le Latium quelque place qui ne soit pas V sous la puissance de Rome, ils garderont pour eux a l'argent et les prisonniers, et rendront la ville aux a Romains. Si des Carthaginois prennent des personnes « alliées à Rome par un traité écrit, sans- être cepeno dant soumises à son empire , ils ne les conduiront pas u dans IfS ports du peuple romain : s'il arrive qu'un
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u de ces prisonniers y. soit couduit et qu'un Romain « mette la main sur lui , ce prisonnier deviendra libre ; « mais ce même droil (^)ligera aussi les Romains. Si tt un Romain a pris dans un pays soumis à la dominait tion carthaginoise de l'eau ou des provisious , qu'il « ne s'en serve jamais au préjudice d'aucun de ceux « qui sont en paix et amitié avec les Carthaginois. Qu'en « ces matières les contraventions soient poursuivies ^ « non comme des dommages privés, mais comme des « attentats publics. Aucun des Komains ne trafiquera « en Sardaigiie et en Afrique, et n'y bâtira de ville; « il n'y abordera que pour y prendre des vivres ou ra- « douber ses vaisseaux. Si une tempête y pousse un u Romain, it en sortira dans un délai de cinq jours. « En Sicile, dans les lieux soumis aux Carthaginois, K ainsi que dans Carthage même, un Romain jouira, « comme un habitant, de la liberté d'agir et de ven- « dre; etunCarthaginoisauraleméniedroità Rome. » Potybe a soin de remarquer qu'en ce traité, les Carthaginois parlent de l'Afrique et de la Sardaigne comme de deux pays réduits sous leur domination ; qu'ils en interdisent , le plus qu'ils peuvent , l'accès aux Romains ; qu'ils se montrentmoins rigoureux à l'égard delà partie de la Sicile qui est soumise à leurs lois ; et que les Romains font de semblables réserves à l'égard des Antiates, des Ardéates, de Circéi et de Terracine, places maritimes du pays latin.
Sous Plautius Hypsseus et Manlius Xorquatus, consuls installés te g juillet 347 i ''^^^^ '^ P'"^ mémorable est ta réduction de l'intérêt à un demi pour cent par mois, six pour cent par an, du moins je continue de le supposer ainsi; On légla en même temps que toutes
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les dettes seratebt acquittées en quatre payeineots égaux, l'uD à faire dès l'instant même, et les trois autres dans le cours de trois années. I^ peuple se plaignit encore, malgré ce soulagement, et malgré celui qu'il obtenait aussi dans les tributs et dans les levées. Valérius Corvus était pour la seconde fois consul , et avait Caius Pétélîus pour collègue, lorsqu'on apprît une entreprise nouvelle des Antiates, qui excitaient tous les cantons latins à se soulever. Les consuls se mirent en campagne. Les Voisques, moins guerriers que mutins , furent vain* eus encore et se rendirent au nombre de quatre mille sans compter ceux qui n'étaient pas armés. Valérius Corvus brûla Satricum,qui s'était révoltée : il n'y eut d'épargné que le temple de la déesse Matuta; et l'on abandonna aux soldats tout le butin. Les quatre mille captifs ornèrent le triomphe du consul; on les veudit ensuite au profit du trésor public. Tîte-Live avertit que, selon quelques historiens, ces prisonniers u'étaieut que des esclaves ; et il ajoute qu'en efièt il y a peu d'apparence qu'on eût traité ainsi des soldats qui auraient capitulé. Censorin semble rapporter à ce consulat la seconde célébration des jeux séculaires : c'est un point sur lequel on manque de renseignements positifs, ainsi que j'ai eu déjà occasion de vous l'exposer. Je n'y reviens pas, Tite-Live n'en disant rien ici.
Le II juillet 3^5, Fabius Dorso et Sulpicius Camériuus prennent possession des faisceaux consulaires. Une agression des Auronces fait mmnier un dictateur : c'est Lucius Furius, le fils du grand Camille; et, sous lui, la cavalerie est commandée par Cnéius Manlius Capitolinus. Un seul engagement termina cette guerre; cal' CCS Auionces n'étaient qu'une troupe de brigands.
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38o aiSTOlBE HUHAIHE.
Le dictateur cependant avait, durant l'action, voué un temple à Junon Monéta. A ce propos, Catrou rappelle l'obligation qu'on avait à cette déesse, pour avoir, en une conjoncture périlleuse , conseillé d'immoler une truie. Mais Cicéron, que le père Catrou cite, nous apprend que Junon avait rendu ce prétendu service a l'occasion, non des Auronces, mais d'un tremblement de terre, et qu'en conséquence on la surnomma l'Avertisseuse , ou la Monitrice , MoneCa, du verbe monere. Le dictateur abdiqua, et des décemvirs nommés par le sénat, érigèrent ce temple, au Capitole, dans l'emplacement qu'avait occupé la maison de Marcus Maiitius Capitolinus. La dédicace s'en fit, selon Tite-Live,'dans l'année même, peu après la prise deSora, qu'on enleva aux Voisques, et sous le consulat de Manlius Torquatus et du plébéien Caius Marcius Rutilus, qui exerçait pour la troisième fois celle éminente fonction. Des prodiges arrivèrent : il plut des pierres, et il iît nuit en plein jour, lapidibus pluit, et iiox interdiu visa intendi. Les tables astronomiques ne marquent point d'éclipsé de soleil totale ni centrale, visible à Rome en 344 "■ 343. Quant à la pluie de pierres, si c'est, comme on le croit , une forte grêle, ou q.uelques aérolithes, on n'a point de moyen d'en marquer la date. On créa, contre la grêle et contre l'éclipsé, un dictateur qui fut, selon Tite-Live, Publius Valérius Publicola, chargé de célébrer les Fériés latines, ainsi que le prescrivaient les livres sibyllins. Nous avons lieu de croire que Tile-Live commet ici une erreur chronologique, en rapportant à l'année 344 '^ dédicace du temple de Junon Monéta, t'éctîpse, la dictature de Valérius Pubticola, et la célébration solennelle des Fériés latines.
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