‹ Cours d'études historiquesChapitre 22 sur 35 · QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUARANTE-SEPTIÈME LEÇON

«coinpiir, si vous daignez songer tjiie vous campez main- «tenant.noD dansleSamnium nichezies Volsques, mais « sur un sol romain ; si vos yeu:ï se fixent sur ces oolll- « nés qui sont votre patrie, sur cette armée composée de R vos concitoyens , sur moi votre ancien consul, sous la «conduite et les auspices duquel vous avez, l'an der- «nier, deux fois dissipé les cohortes samnites et deux «fois envahi leurs camps. Soldats, je suis ce Valérius ■ Corvus dont la noblesse ne vous est conuue que par odes bienfaits , non par des injures ; à qui vous n'avez «à reprocher aucune loi impopulaire, aucun sénatus- « consulte tyranntque; et que vous avez vu, dans ses «commandements, toujours plus sévère pour lui-même « que pour vous. Si pourtant la naissance, si des quali- «tés personnelles, si l'ascendant et l'éclat dés honneurs s pouvaient enorgueillir un Romain , j'étais ué dans un a rang assez illustre, je l'avais assez dignement soutenu, «et mon premier consulat était assez prématuré, pour «qu'il fût possible à un magistrat de vingt-trois ans de «blesser par quelque fierté le peuple et les patriciens «mêmes. Qu'ai-je fait pourtant, qu'ai>je dît, où vous « ne m'ayez retrouvé tel que vous m'aviez vu tribun n légionnaire? J'ai teuu dans mes deux consulats la même «conduite, et je la tiendrai encore dans celte impérieuse «magistrature de dictateur : fidèle à mes devoirs envers «ces soldats de la patrie que je commande en ce mo- «ment, on ne me verra pas moins bienveillant pour M vous-mêmes, qui êtes devenus ,.je frémis de le dire, ses Il ennemis. Tirez donc les premiers l'épée contre moi, «je ne vous attaquerai point : de vos rangs doit partir «le signal; de vos langs , le cri du combat et le pre- «inier choc. Prenez une résolution que vos pères, que

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4lO HISTOIRE BOBf AINE.

« VOS aïeuii u'oat o^é prendre , ni ceux qui se sont rrti- «res sur le mont Sacré , ni ceux qui depuis se réfugiè- « rent sur l'Aventin. Attendez , comme jadis Coriolan , «que vos mères, que vos épouses sortent de la ville, et a viennent , les cheveux épars,à la rencontre de chacun «de vous. Ce spectacle enchaîna une armée voisque, « parce qu'elleétait commandée par un Romain. £t vous, «année romaine, vous persisterez dans cette guerre im- « pie ! E^^u^ toi , Quintius , que tu sois ici de gré ou de u force , s'il faut combattre , tu n'as de place que dans 'I les derniers rangs de tes soldats, d'honneur à retrou- «ver que dans la fuite. S'il s'agit au contraire de «négocier lapais, c'est à leur tête que le devoir et l'hon- «neur t'appellent. Ah! demandez, Romains, descondia tions justes, el sachezen accepter de telles; celles mêmes « qui ne le seraient pas vaudraient encore mieui'qu'une «bataille sacrilège. »

Quintius, 1rs yeux pleins de larmes, se tourna vers les siens, et leur dit : « Et moi aussi, si je puis, soldats, « vous être utile , c'est en vous obtenant la paix, non en « vous conduisant au combat. Ce n'est point unSamnile «quevous venez d'entendre, mais un Romain, votre con- « sul , votre général. Vous savez ce qu'ont pu pour vous «ses auspices; n'en faites pas l'épreuve contre vous- « mêmes. r^e sénat n'eût point manquéd'autres généraux « qui vous auraient plus hostilement traités; il a choisi « celui qui devait le plus ménager les anciens soldats et n leur inspirer le plus de confiance. Ceux même qui peu- « vent vaincre veulent la paix; comment ne la vou- « drions-nous pasPLaissons là , croyez-moi , la colère et «l'ambition, perlidesconseillères, el livrons-nous, sansré- « serve, nos personnes et nos prétentions, à une loyauté

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