‹ Cours d'études historiquesChapitre 25 sur 35 · XV, S · texte numérisé non relu

XV, S

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4iti HfsTome koHA.iRx.

se livra une bataille sa>iglante, doat le siicuès restait indécis, lorsqu'un orage sépara les OMnbattanis. Lee Voisques n'osèrent pas ea risquer une seconde ; ils se tinrent pour vaincus; abandonnant leurs blessés et une grande partie de leurs bagages, ils se réfugièrent dani; Antium. Leurs dépouilles furent réservées par le consul à la déesse Lua, qui préaidaît aux expiations, et qu'on identitie quelquefois avec Rbéa,Ops, ou Tellus 1a fem^ne de Saturne. D'autres la confondent avec Diane ou Phcebé , et pensent que le mot Lua est une altéi'ation de Luna. On a voulu aussi W transformer en Laça ou Lacia, Latia, la déesse ou la reine du £a//um, titre par lequel l'épouse de Saturne aurait pu être désignée; mais il peut sembler plus naturel de rapprocher Lua de luere, puri6ert çxpier; c'e$t du resta un point de mythologie assez peu éclairci. L'autre fH}nsul, Mamercinus, entra d^us le Sami)iun), qoe Titcrjjive appelle ici Sabellum agrum , expression q.ue l'on cite en preuvede l'origine s»bine de; S^mnites- Des ambassadeurs samnites accoururent, et, prenant cette fois uu ton suppliant, de» mandèrent la paix et, pour toute grâce^ la permissioo df soumettre seulem^t les Sidicins, avec lesquels Rome n'avait pris aucun engagement, au Heu que jadis, quand le Spmnium prospér^itt^Hfl^ait recherché son alliance. Après une délibération dn sénat, |e prêteur, au non de la république , répondit aux députés samnites que cette alliance avait toujours été chère au peuple romain; -que, si elle venait d'être un instant rompue, c'était la fau^t? des Samu)tesçuK-mên)es; qu'au surplus ils étaient hj^a les maîtres de faire, à leur gré, la guerm ou la paix avec les Sidicins. Vous voyez, Messieurs, que le sénat n'a.Y9i t. réellement pris iptérétqu'à la Campaoîe,

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QUAHANTE-HUITIKHR I.feÇOIT. 4^9

dont la possession lui afait clé oflerte. Comme il ne s'agissnit plus d'y renoncer, il rappela volontiers l'armée envoyée dans te Samnium, et à laquelle lesSamnites consentaient d'ailleurs de payer une année de solde cl trois mois de vivres. Aussitôt les Sidicins se voient attaqués de nouveau par les Samnites : pour s'en délivrer, ils s'ofTrent aux Romains; maLs ils ne valaient pas la peine d'être acceptés. On leur répond qu'il est trop tard , qu'on ne veut plus d'une~ soumission «rrachée par l'extrême nécessité. Les Sidicins alors invoquent l'assistance des Latins, qui, de leur propre essor, ont déjà pris les armes. Les Campaniens eux-même5 se mirent en mouvement; ce qu'on a quelque peine ù comprendre, puisqu'ils étaient sous la dépendance de Rome. Mais Rome apparemment, tout en s'abstenant de combattre elle-même les Samnites, les voyait sans peine attaqués par un grand nombre d'ennemis. Voilà donc une armée considérable, qui, sous les ordres d'un général latin , signale par des ravages, plus que par des victoires, son entrée dans le Samnium. Quand elle eut assez pillé, elle se dégoûta d'un pays où il eut fallu combattre à cbaque pas; et sa retraite donna aux Samnites le loisir d'envoyer à Rome une autre ambassade. Ils demandaient, entoute humilité , que Rome voulût bien empêcher les Campanieus ses sujets, et les Latins tant de fois subjugués par elle, de dévaster le Samnium. Le sénat, qui faisait des progrès sensibles dans la science des négociatioas , répondit en termes ambigus : il avouait, non sans honte, disait-il , que Rome ne disposait plus des I^atins, et qu'elle ne pouvait plus prendre avec eux le tonde l'autorité, sansrisquer de les aliéner pour jamais. Quant aux Campa-

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ifiO HISTOIRE ROHA.INE.

nititis, il serait possible de les forcer à se tenir en repos; mais les Latins s'étaient réservé, par leurs traités, la faculté de faire la guerre à qui bon leur semblerait.

Celle réponse, qui ne tranquillisait pas tes Samniles, alarma les Campaniens, et inspira de la présomption aux Latins. De fréquentes assemblées se tenaient, où les Campaniens, mécontents et oubliant ce qu'ils devaient 3 leurs libérateurs, à leurs maîtres, se réunissaient aux chefs des cités latines, et projetaient avec eux une expédition contre Rome. Les desseins se formaient dans l'ombre; le temps néanmoins en 6l transpirer le mystère; quelques lioouêtes Latins révélèrent ia conjuration. Le sénat ordonna aux consuls d'abdiquer avatit le terme de leur magistrature : il ne les trouvait point assez forts pour soutenir le poids de celte guerre. Cette abdication précipitée ayant paru porter quelque atteinte à leur dignité, on se fît scrupule, rèUgio incessit, de laisser présider par eux les comices qui devaient élire des chefs plus capables : on eut recours à l'interrègne. Marcns Vàlérîus et M. Fabius furent , l'un après ■l'autre, entre-rois; et, sous le second, on élut consul Manlius Torqiiatus pour la troisième fois, et Décius Mus pour la première, tis entrèrent en charge le ay juin 340, Publius Décius est surnommé Muraena, au lieu deMus, dans quelques copies manuscrites et imprimées de Florus et d'Orose. Ici Titc-Live insère, par 'forme de digression, les lignes suivantes : Eo anrto Alexandrum, Epiriregem, in llaliamclassem appùlisse constat. Quod bellum, si prima satis prospéra fuissent, haud dubie ad Eomanos perveniastt. Eadem «ios rerum Akxandri Magni est :

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QU A n A HTE-HillTIÈHE LE^OK. f^U\

guem, sorore hujus orturn, in alio tractu orbis, invic liun bellis jiwenem y /ortuiia mofho exstinxit. «Il est <! constant qu'en cette année, Alexandre, roi cl'Épire, vint Il avec une flotte aborder eu Italie; guerre qui n'eût pas a manqué, si les commencements en eussent été plus «heureux, de s'étendre jusqu'aux Romains : ce même « temps est celui des expéditions du grand Alexandre, «qui était né d'une sceur de ce roi d'Ëpire, et que la « fortune, après l'avoir montré invincible dans les guer- « res, enleva jeune encore, par une maladie , dans une «autre contrée du monde. >Dodwell et Crévier remarquent, non sans raison , que ces phrases seraient beaucoup mieux placées au chapitre XVII, où il est question, sous l'année 333 , de ia descente du roî d'Épire Alexandre aux environs de Festum. En 333 , il y avait trois ans que régnait, en Macédoine, son neveu Alexandre le Grand , (ils de Philippe et d'Olympias , qui est mort, en 3^3, à Babylone. La mention de ces deux Alexandres sous l'année 3^0 est peu convenable. L'un n'abordait point l'Italieen cette année-là, eo anno; il n'y descendit que sept ans plus tard ; et l'autre n'est monté sur le trône qu'en 336. Mais Tite-Live n'avait pas apporté un très-grand soin à démêler celte chronologie. Eu reprenant l'histoire du consulat de Torquatus et de Décius Mus, il dit qu'ils appelèrent à Rome dix chefs des cités latines. Le Latium avait alors pour préteurs Annius et Numicius , nés, le premier au sein de la colonie romaine deSétia, et le second, dans celle de Circeii. Ils avaient concouru l'un et l'autre à faire révolter, outre ces colonies , les habitants de Segni et de Velletri, et de plus à entraîner les Volsques à la guerre. I^es consuls les mandèrent tous deux nommément. Avant

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433 OISTOIKE ItOHAlHE.

de partir pour Kome, ces deux préteurs convoquèrent une assemblée, où Annius s'exprima en ces termes :

n Quoique j'aie moi-même appelé votre délibéra lioii « sur la réponse que vous nous ordonnerez d'adresser u ausBomaius, cependant jecrois qu'en ces circonstan- « ces, il oous importe bien plus de savoir «e qu'il faut « iâire qus ce qu'il faut dire. Il nous sera facile , quand « nous connaîtrons vos résolutions, d'y accommoder nos « paroles. Car, si vous pouvez, sousl'ombre d'un traité, « supporter ta servitude , il ne reste qu'à trahir les Si- « dicins; qu'à obéir aus ordres non-seulement de Rome, > maïs aussi des Samnites ; qu'à répondre aux Romains « que nous déposerons les armes au premier signe de « leur volonté. Mais, si nos cceurs eufîn ressentent vive- « ment le regret de la liberté; s'il n'existe entre nous et « Rome qu'un traité, qu'une associattou de droits c égaux; s'il nous est permis de nous gloriGer aujour- « d'hui d'avoir avec elle une origine commune, dont <i nous rougissions autrefois; si etie double ses forces, « quand, de nos troupes et des siennes, elle compose R une armée fédérale; si ses consuls ont besoin de nous « pour achever comme pour entreprendre les guerres^ H pourquoi donc tout ne demeure-t-it pas égal entre '< elle et nous? Pourquoi leLatiumoe fournit-il pas l'un ■ des consuls? A une part des forces doit correspoo- « dre une part de la puissance. Cette prétention n'a a rien d'excessif, puisque nous consentons d'ailleurs à a regarder Rome comme la capitale des cités latines. « Si l'on trouve de l'immodération dans notre demande, 1 c'est que notre longue patience a fait méconnaître « nos droits. Cependant, si vous avez jamais désiré une t occasion d'enli-er en partage de l'empire et en pos-

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