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ABATAGE A LA MAIN, A I/EAU, AU FEU

aileron latéral. La tourbe étant déjà dégagée sur deux faces verticales, le tourbier enfonce son instrument de manière à séparer la pointe de tourbe du massif, suivant deux autres faces parallèles aux premières; puis, par un mouvement de bascule, il détache cette pointe de sa base, la « soulève, et la dépose sur la berge ou dans une brouette. Ce travail se fait à sec et sur 0",50 environ de hauteur.

Le grand louchet (fig. 115, 116) sert à travailler en eau profonde, en enlevant à la fois trois ou quatre pointes, c'est-à-dire un prisme de O^jOO à l'",20 de hauteur. La manœuvre d*un pareil poids est facilitée par le principe d'Archimède, pendant qu'il est

Fig.iisetui. immergé. Mais sa sortie de l'eau de-

Petit louchot • * 1 j'/¥» •! mi • « i /» •

(plan ^^^^t P'u^ diflicile. Elle exige a la fois

pt élévation). jg l'adrcssc chez le tourbier, pour faire

basculer son instrument sur le rivage, et en même temps une solidité suffisante dans le louchet. Aussi les trois faces de tôle qui emprisonnent le prisme de tourbe sont-elles entretoisées ; la douille de fer est longue, et munie en outre d'un long manche de bois.

Fig. 115 ci 116.

f 4î8 — Instruments du terrassier, — Le terrassier^ dont l'office est de remuer les terres à ciel ouvert, possède un matériel fort simple d'outils

d'attaque. Grand louchet

Le principal est la pioche (fig. 117). L'une de ses ot éiéytuon). extrémités est en forme de pointe, et destinée aux terrains caillouteux; l'autre présente, pour les sols argileux, un tranchant situé dans un plan perpendiculaire à celui de l'instrument. Ces deux parties s'équilibrent mutuellement, de nianière

que l*ootil soit mieux en main , le centre de gravité se trouvant sur le manche. Elles présentent une courbure circulaire» pour que

la pioche puisse entrer facilement plusieurs fois de suite dans la même fente, que Ton approfondit par des coups successifs. Le cercle est en effet la seule courbe plane capable de glisser en elle-même, par une rotation autour de son centre de figure.

La douille est tronc-conique et a sa petite base placée dans la concavité du fer. Le manche y étant introduit de ce côté, on éclate son extrémité au moyen de gros clous dans la partie renflée, de manière à Tempécher de ressortir. La section du bois est un peu elliptique, pour qu'il ne tourne pas dans la main. L'extrémité présente un bourrelet, afin que Foutil ne puisse s'échapper en glissant. Le frêne convient très bien pour cet office.

Quand le terrassier n'a pas assez de force, dans sa position normale, pour déchausser un caillou de son alvéole, il engage sous l'obstacle la pointe de la pioche et, appuyant le pied sur le tranchant opposé, il fait levier avec le poids de son corps.

FIg. 117. Pioche.

143 — On emploie également les pinces. On appelle ainsi de simples barres de fer, affûtées en pointe. L'ouvrier les enfonce verticalement en les soulevant et les laissant retomber par leur poids, jusqu'à ce qu'elles soient engagées sur une certaine hauteur, à une petite distance du bord d'un gradin. Â ce moment , l'homme, placé un peu en arrière, pousse horizontalement sur la pince, pour faire éclater et chavirer le parement du terrain.

Les coins sont de simples bûchettes de bois (fig. H 8) présentant une pointe ferrée, et frettées à la tête, pour ne pas se fendre spus les coups que l'on y assène avec une masse de fer (fig. 119). On les enfonce en ligne parallèle

Fig. 118.

Coin

de terrassier.

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au bord d'un gradin, afin de le faire éclater comme il vient d'être expliqué pour la manœuvre des pinces.

Dans l'un et l'autre cas, on facilite l'opération en minant le gradin à sa base, à l'aide de la pioche, en forme de sous-chevage, de telle sorte que la partie supérieure se trouvant en porte-à-faux au-dessus du vide , son poids vienne en aide aux efforts que Ton exerce pour détacher le bloc du massif adhérent. Ce mode de travail économise la main-d'œuvre, en évitant de désagréger aussi complètement la masse. Les blocs se fragmentent par leur chute môme, et il devient en outre facile de compléter cette subdivision, de manière à ce que les plus gros blocs puissent être chargés à la main, et le reste à la pelle.

Fig. 119.

Masse.

— Instruments du piqueur. — L'ouvrier mineur porte souvent le nom de piqueur, parce que son instrument essentiel est le pic (fig. 120, 121). On distingue le pic au rocïier du pic à la veine qui est employé dans le charbon. Le premier est plus lourd, sa tête est plate et peut servir de masse, à la manière d'une massue. Le pic à deux pointes permet de faire double besogne, avant de renvoyer l'outil à la forge pour le recharger d'acier. On emploie aussi le pic à pointes mobiles , celles-ci pouvant être assemblées et désassemblées par rapport au corps de l'instrument. Ce dernier n'a pas besoin 4'être transporté hors du chantier, et les pointes, dont le piqueur possède un assortiment, vont seules à la forge (*).

Le pic présente une certaine analogie de forme avec la pioche, mais le piquage de la houille diffère absolument du travail du terrassier. Celui-ci

Fig. 120 et 121.

Pic

(plan et élévation).

(*) Bull, min,, 2*, IV, 551. — Rev. univ. d. m. et u,, XXVII, 305.

ABÂTAGE.

détruit tout, tandis que le piqueur désagrège le moins possible. C'est, à la fois, en vue de réduire au minimum le travail moléculaire de désorganisation, à fournir par les forces de l'homme, et aussi pour laisser le plus de marge possible à la production du gros, qui a une plus grande valeur commerciale que le menu. Ce dernier, en effet, se prête moins bien à la combustion, en entravant la circulation de Tair dans sa masse compacte; il se perd plus facilement au chantier par filtration dans les remblais, et peut ensuite y fermenter, s'y échauffer et provoquer l'incendie f).

145 — Le piqueur attaque son front de taille comme pour en détacher intact un parallélipipède rectangle. Le massif étant libre en avant, on exécute trois coupures, à savoir : un plan horizontal par dessous , appelé le havage et présentant de 0'",50 à 1 mètre, parfois 1",50 de profondeur; en outre deux plans verticaux latéraux, nommés rouillures. On introduit alors quelques coins à la couronne, pour aider le poids du bloc à le détacher à la fois suivant le plan horizontal du plafond et suivant une face postérieure, qui formera après la tombée le nouveau front de taille. Si , au contraire , la matière manque de consistance pour se maintenir jusqu'à l'achèvement de ces préparatifs, on la soutient provisoirement sur des cales ou des tasseaux passés dans la souS'Cave.

Pour pratiquer les rouillures, le piqueur procède par éraflures successives, en abattant de petits fragments suivant deux lignes verticales rapprochées, et faisant éclater leur intervalle par Fig. 122. Riveiainc. ^^cailles, sur uuc largeur suffisante pour la pénétration du pic dans la fente verticale.

Pour le havage, il met un genou en terre et lance son pic dans le

(*) n faut toutefois mentionner à titre d'exception, absolument rare, certaines anthracites dures, telles que celles de la Mayenne, pour lesquelles la méthode d'exploitation tendi*ait plutôt à la production du menu. (DorUiac, Bull. min. y VU.)

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plan horizontal rasant le sol, à la fois pur la force des tiras, et aussi en poussant le bras avec l'aulm genou. On protite, s'il y a lieu, de la présence de lits schisteux fi-iablcs, appelés havrils, pour y pratiquer cette coupure. Quand il s'agit de la pousser profondément, on emploie la rive/aine (fig. 12'2), sorte de pic à deux pointes très plates, adapté à un long manche, à l'aide duquel on gratte dans le fond de la sous-cave. Cet instrument atteint l^iSO de longueur, chiffre qui s'abaissera au tiers de cette valeur pour des chantiers bas.

140 — Si la puissance du gtte diminue outre mesure, le mineur travaille couché sur le cb\è ou, suivant l'expression reçue, à col tordu (fig. 123), comme dans les schistes cuivreux du Mansfeld ou

les tailles basses du Nord et de la Belgique. Il s'attache, sous la cuisse et l'épaule gauches, des planchettes destinées à le garantir du contact immédiat de la ruche froide et humide.

Quand, au contraire, la hauteur du chantier devient trop considérable, on la fractionne en gradins. La hauteur de chacun d'eux doit étie essentiellement en rapport avec les facilités du travail de l'homme. Elle présente par suite une certaine constance. La longueur de la plate-forme dans le sens de l'avancement pourra, au contraire, varier arbitrairement, et sera proportionnée à l'importance de l'équipe installée sur chaque gradin, de manière que celle-ci puisse s'y développer à l'aise, et que ces divers postes ne se gênent pas mulucllcmcnt.

On distingue deux sortes de gradins : les gradins droits et les gradins renversés.

Les (gradins droit»

(fjg. 124) sont disposés comme les marches d'un escalier , et n'en diffèrent que par leurs dimensions considérables. On évite autant

Fis. IM. Crjdlnj droits. ... ,.

que possible ce dispositif pour la houille, qui serait détériorée par le piétinement des hommes. Cependant on en rencontre des exemples eu Westphaiie ou dans les mines d'anthracite de Pennsylvanie. Leur véritable emploi est destiné aux matières pierreuses ou métalliques.

Les gradins renversés (tig. 125, 126) sont dessinés, non plus dans la sole que l'on a sous les pieds, mais dans le plafond qui se trouve au-dessus de la tête.

Quand la hauteur n'est pas inabordable et que le manque de solidité l'exige, on soutient les divers gradins sur des buttes ou élançons.

Les piqueurs allaquenl de front les gradins inférieurs.

Ils montent sur des échel- Fig. ISS «t m. Gradida renversés les « OU s'échafaudent de

(coupes horiiontalo ,,

etyerticaio), diverses laçons, pour at-

teindre ceux de la couronne.

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