‹ Cours d'exploitation des mines (volume 2)Chapitre 55 sur 142 · SULFATE DE FER · texte numérisé non relu

SULFATE DE FER

Acacia . . .

Alisier. . .

Bouleau . .

Cerisier . .

tt

Charme . .

Chêne . . .

Érable. . .

Hêtre . . .

Peuplier . .

PinBariliaw .

Tremble . .

Verne . . .

Quant à la durée absolue, elle a, pour chacune de ces espèces, la valeur suivante :

Chêne 50 mois.

Hêtre 24 —

Bouleau, cerisier, peuplier, pin, tremble, verne. 18 —

Acacia 9 —

Charme, érable 6 —

Ces divers nombres, multipliés par les coefficients renfermés dans le premier tableau, permettent de faire la double comparaison qui résulte du choix de l'essence et du procédé.

S89 — Données économiques. — La consommationdu bois pour le soutènement des mines, intéresse par son importance la richesse publique (*). Elle s'est élevée en France, pour l'année 1876, à

{*) De Thélu, inspecteur des foi*éts, Notice sur les élan de mine en France, ïn-i\

758 900 stères, ce qui représente la production de 184 800 hectares de forêts (*).

Rapportée à Textraction du combustible, elle correspond à .0"",047 de bois, c'est-à-dire une valeur de 0 fr. 96, par tonne de houille. Cette quantité de combustible minéral est capable pai* elle-même d'un pouvoir calorifique 187 fois plus grand que c^lui du bois qu'on lui sacrifie. Rien n'est plus variable du reste, d'une mine à l'autre, que le chiffre de cette consommation, suivant les conditions où se trouvent placées les exploitations. En France, elle se tient en général entre 0 fr. 30 et 2 fr. 00. Elle parait moindre en Belgique: 0 fr. 60 à 0 fr. 90 environ; et surtout en Angleterre, où elle s'abaisse à 0 fr. 20 ou 0 fr. 30, en raison des conditions beaucoup plus favorables que présentent les gisements de combustible de la Grande-Bretagne. On est même descendu, dansleDurham, à 0 fr. 10 de bois par tonne de houille. A un point de vue inverse, on peut citer, comme exemple exceptionnel, la mine de Lower Duffryn (South-Wales), où le 'boisage a atteint 3 fr. 00, soit environ 100 kilogrammes, par tonne de charbon.

Si on l'évalue en longueur, la consommation de bois est en général, en France, de O^jSO à 2™,00, et môme 2'",50, par tonne de houille.

Î840 — Le déboisage permet de réduire notablement cette consommation (*). Mais c'est une opération délicate, à la vérité de plus en plus répandue. On ne doit s'y livrer qu'avec les précautions nécessaires, et lorsque la nature du gisement le permet nettement, que la couronne est solide et donne avec ensemble, sans coups de charge irréguliers. On trouve également dans cette pratique l'avan^ tage de réduire l'aliment de l'incendie.

On retire alors tout ce qu'on peut, avant et pendant le rem-

(') Sur ce chifTre, la France, par 62 de ses départements, produit 692000 stèi-es. la Belgique en importe 44S00, et l'Allemagne 2700. Par contre, la France exporte en Belgique 136500 stères de bois d'étais, en Angleterre 81200, et en Allemagne 860, c'est--âdire en tout 218560, ce qui fixe sa production propre à 910560 stères pour TéUinçonnnge des mines.

{*) M. Fayol annonce qu'il réalise ainsi à Gommentry une économie de moitié (CAJf, 1878,120).

blayage, et l'on arrache encore avec un cric les bois des parties remblayées, dont on rencontre la tête en tranche supérieure. Il faut avoir soin pour cela de les placer le gros bout en haut. Si le déboisage est dangereux, on réussit encore à enlever quelques bois, en installant à distance un treuil, et tirant sur les buttes avec dès chaînes. Quand un des étais est renversé, Ton continue Taction du treuil, pour l'attirer le plus vite possible, avant qu'il soit pris sous l'éboulement (').

241 — Certaines sociétés minières ont trouvé avantageux d'acheter des superficies considérables, comprises dans le périmètre de leur concession, et de les semer, ou planter, avec des essences bien appropriées. La compagnie de la Grand'Combe a boisé de cette manière environ 1200 hectares.

En se mettant ainsi de bonne heure au lieu et place des propriétaires de la surface, avant qu'un grand développement de l'entreprise ait amené une plus-value importante des terrains, on évite des contestations, à la fois pour les dégâts que les aiTaissements apporteront dans la superficie, pour la disparition des eaux d'irrigation, pour le tracé des chemin de fer de communication, etc. De plus, on arrive à créer au bout de quelque temps une exploitation forestière qui, si elle ne suffit pas à la consommation souterraine, peut du moins servir de régulateur dans les achats faits au dehors.

— Les bois en grume destinés à la charpente se vendent de 50 à 50 francs le mètre cube. Les bois plus ou moins façonnés peuvent coûter de 50 à 150 francs, et les pièces de choix jusqu'à 500 francs. Les simples rondins, destinés à rester en cet état dans le boisage, se payent de 25 à 55 francs le mètre cube.

Pour les petits calibres, on compte au mètre courant plutôt que d'après le volume. Le prix du mètre varie d'après le diamètre, depuis 0 fr. 15 jusqu'à 1 franc. Dans le centre et le midi de la France, il oscille entre 0 fr. 30 et 0 fr. 60.

(*} CRM, 1878, 50. ^ Ledoray, 6* Bulletin de la Société des anciens élèves de l'École des mines de Hainaut, 107. — Eckart, Preuss. ZeUschrift, IV, 243.

Les bois de dimensions exceptionnelles deviendraient d'un prix inabordable, en dehors des régions spécialement favorisées sous ce rapport. C'est ainsi que les forêts de Pologne fournissent aux houillères de Silésie et de Dombrowa des bois qui atteignent parfois 12 d 13 mètres do longueur sur 0",3j de diamètre moyen, au prix de 5 francs pièce, ce qui en met le mètre cube à 4 francs environ ; tandis qu'il faudrait, en France, les payer sept ou huit fois plus cher.

243 — Les exploitants accumulent d'assez grandes provisions de bois sur le carreau de leur mine. Il est bon d'aménager pour cela un emplacement exposé au nord, pavé et incliné, couvert s*il est possible. On devra en éloigner les amas de sciure de bois, d'écorces, de copeaux, susceptibles de fermenter avec l'humidité. 11 convient de débarrasser d'avance les bois de leur écorce, qui n'ajoute rien à la solidité et accélère les influences de décomposition.

On empile les gros bois ; on place les perches debout. Les sortes différentes sont amoncelées distinctement. On sépare par des fils de ferles divers milliers ou centaines de pièces. On a soin de n'entamer qu'une seule série à la fois, pour faciliter la tenue d'une comptabilité journalièfe et les vérifications.

244 — Emploi des bois. — On débite les bois en rondins, ou demi-rondins, en fendant les premiers suivant un plan méridien. Ceux qui sont d'un moindre diamètre s'appellent perches, et les plus minces rallongues. Pour les garnissages, on se sert d'esclimbes, obtenues en refendant en quatre de petits rondins ; de croules, enlevées par l'équarrissage sur le flanc des pièces rondes; de veloules, de fagotages, de fascines, pour les parties de plus en plus ébouleuses.

Les bois ouvragés sont : les sommiers, pour les plus forts équarrissages, souvent formés de plusieurs pièces juxtaposées et frettées ensemble; les madriers et les palplanches, sortes de planches épaisses et régulièrement dressées, pour construire avec précision des ouvrages spéciaux ; les ëcoins, pièces analogues de faible Ion-

gueur. Les bouts rejetés sont refendus pour former AespicotSf des coinSy des plat-coins, des briques de bois,

!M5 — Souvent le môme ouvrier est chargé de toutes les parties du travail : abatagc, boisage, pose des voies, etc. Le prix de Tavaiicement comprend alors en général le boisage. Cependant il est préférable, même dans ce cas, de payer ce dernier à part, pour que le mineur ne soit pas tenté de préférer son bénéfice à sa sécurité.

Pour obvier à cet inconvénient, on donne le bois à discrétion; on va môme jusqu'à renvoyer le piqueur qui provoque un éboulement par sa faute constatée. D'autres fois, on rend le soutènement tout à fait systématique, en déterminant exactement le type de quadrillage que doit former le boisage ; quoiqu'il soit bien clair que l'on s'expose ainsi à des dépenses inutiles sur certaines places, puisque cette fixation doit se faire, pour être efficace, d'après le minimum de solidité.

Le même résultat s'obtient plus nettement, en séparant les deux fonctions de l'abatage et du soutènement. En outre, les boiseurs spéciaux acquièrent rapidement une grande habitude de ce genre de travail.

S46 — La charpenterie des mines est, du reste, tout à fait gi^ossière, et bien loin de constituer un art comparable à celui auquel on doit les belles constructions en bois de nos édifices, ou de leurs échafaudages temporaires. Dans ces dernières, les pièces se pénètrent mutuellement, en constituant des assemblages, dont la théorie forme une des branches d'applications de la géométrie descriptive. Dans les mines, au contraire, les bois sont simplement appuyés les uns contre les autres. La ceinture de pressions que le terrain exerce de toutes parts, ne laisse aucune latitude à leur séparation, et, en outre, s'opposerait aux manœuvres, écartement, insertions nécessaires pour marier les éléments de l'assemblage.

Les efforts sont d'ailleurs tels, que ces juxtapositions deviennent souvent des pénétrations, et que certains bois s'incrustent dans les autres comme dans une substance malléable.

îMt'î^ — Il ne sera pas inutile à cet égard de rappeler ici, sans dé-

25« VOIES m COMMUNICATION.

monstration, les principes généraux que fournit la théorie de la résistance des matériaux.

l"" A poids total égal, il vaut mieux employer une grosse pièce que plusieurs petites. Une pièce fractionnée en n autres, égales entre elles et semblables à la première, résiste mieux à la flexion que leur ensemble, et la fatigue y est réduite dans le rapport de i à y^.

2° Si l'on assemble plusieurs pièces de bois pour travailler debout ou transversalement, ou si Ton moule de la fonte, les sections évidées fonctionnent, à surface égale, dans de meilleures conditions que les sections pleines.

3* Pour une section donnée, il vaut mieux faire fléchir la pièce de champy c'est-à-dire dans le plan de sa plus grande dimension. Pour un rectangle, la charge par unité de surface varie en raison inverse du côté placé debout y et la flèche en raison inverse de son carré.

4"* En ce qui concerne la longueur, il convient toujours de la réduire au minimum. Pour une charge transversale appliquée à l'extrémité d'une pièce encastrée, la fatigue est proportionnelle à la longueur, et la flèche au cube de cette longueur.

On peut, à cet égard, réduire les longueurs libres^ en entretoisant les pièces. Par exemple, pour du bois travaillant debout, la charge admissible sur la tète varie comme le carré du nombre plus tm des moises. Il deviendra quadruple si l'on introduit une seule moise, neuf fois plus grand avec deux moises, et ainsi de suite.

.5° L'encastrement d'une extrémité que l'on scelle dans une direction fixe, au lieu de la laisser s'incliner librement, ajoute beaucoup à la raideur. Par exemple, pour une pièce qui ne supporte que son propre poids, la flèche sera cinq fois moindre si ses extrémités sont scellées, que si elles sont simplement posées sur des appuis.

j6^ Il vaut mieux répartir la charge sur toute la longueur, que de l'accumuler à Textrémité. La flèche est réduite par là dans le rapport de 5 à 8.

7" Il sera bon de tenir compte du jeu et des petits mouvements impossibles à éviter, pour disposer les pièces un peu à côté de la position jugée la meilleure, de telle manière que le tassement pro bable ait pour effet de les ramener à cette situation.

— Pour la mise en œuvre du bois, le mineur emploie rarement la scie ; il s'en sert cependant pour dresser suivant un plan les pièces qui travaillent debout. On commence toujours par ajuster ainsi le gros bout, afin d'obtenir plus de résistance dans l'ensemble, en détachant dans la partie mince l'excédent de longueur.

Le véritable instrument du boiseur est la hache (fig. 164 et 165)« La lame peut être équilibrée par une tète, formant masse pour frapper quand il est nécessaire. La hachette de mineur a 0",21 de longueur, 0",17 de hauteur, 0",04 d'épaisseur au corps. Elle pèse 1 kilogramme, et coûte 1 fr. 20, plus 0 fr. 20 pour le prix du manche. 11 y en a également qui sont plus lourdes et plus chères.

L'ouvrier procède autant que possible en éclatant le bois suivant les fibres, et en évitant de trancher ces dernières. En effet, une fibre coupée, et ne portant plus directement sur le point d'appui, est à peu près comme non avenue pour la résistance.

Il semble difficile d'automatiser un travail aussi simplifié que celui que nous venons d'indiquer, et qui exige une appréciation de détail pour chaque pièce. J'en citerai cependant deux exemples. C'est ainsi qu'il existe dans le Pas-de-Calais des machines à picots^ employées à façonner ces petites pyramides quadrangulaires très allongées, dont on fait, comme nous le verrons , une énorme consommation pour la traversée des passées aquifères dans le fonçage des avaleresses.

On a également monté à Blanzy une machine à cncocher, destinée à dresser Vassemblage à gorge de loup (fig. 166 et 167) qui est le mode ordinaire de juxtaposition des pièces de cadre. U s'obtient à l'aide de quatre traits de scie, et présente cet avantage de ne pas entailler un des deux bois plus que l'autre, afin de diminuer aussi peu que possible la somme de résistance. La pièce, placée

Fig. 16i et 105.

Hacho do boisour

(plan

et élévation).

Fig. 166 et 167.

Assemblage en gorge de loup

(élévations antérieure et latérale).

S58 VOIES DE COXHUMCATION.

sur un chariol, vient se présenter successivement à quatre scies l'otalatives, orientées sous les angles voulus pour dresseï' les quatre plans àe l'assemblage.

Une mine de quelque impoi-tance doit toujours posséder un atelier de menuiserie, renfermant au moins les ressources nécessaires pour les réparations du matériel.

■•IBA«E BES SALERIBS

!M9 — Cadre normal — Les galeries se boisent au moyen de cadres, disposés suivant les sections droites du prisme. Quand le terrain exei-ce une forje poussée, ces cadres sont jomiï/g. Si la masse travaille peu, on les espace dans une mesure variable avec l'importance des pressions. Lorsque, sans exei'cer de grands efforts, le terrain est cependant sujet à se dégrader, on continue à espacer les Kig. 168. Cadre normal. cadrcs au degré convenaJble pour

résister à la poussée, mais on maintient par deriière les parements avec des garnissages, formés de veloutés ou de fascines. Il peut enfin arriver que la stratiiîcation présente à la fois des bancs solides et d'autres inconsistants. C'est alors cette partie seulement que l'on recouvre de garnissages, tandis que les autres restent nues derrière les cadres.

Fig. 169. Cadre ordinaire. S60 — Le cadrc normal est un

trapèze équilatère (fig. 168) formé de

quatre pièces, à savoir : le chapeau, les montants et la semdle.

BOISAGE. S&fl

Cette forme a l'avantage, tout à la fois, de procurer de la hauteur suivant l'axe, pour faciliter le passage du corps de l'homme cl du cheval, qui n'ont pas besoin de beaucoup de largeur; et, en m6me temps, de douner de la largeur dans la partie basse pour les véhicules, qui ne nécessitent pas une grande hauteur. De plus, en restreignant la longueur du chapeau, on en diminue Ja portée, ce qui améliore ses conditions de résistance. Enfin, en Fig. 170. caUrejêjous.

écartant les piédroits à la base, on s'oppose à leur rentrée en dedans provoquée par les poussées latérales, qui auraient bientôt culbuté les cAtés d'un rectangle en les chassant au pied. La semelle est formée d'un demi-rondin posé à plat sur le sol. On ménage à ses deux extrémités les embases des montants. Ces derniers y imposent au moyen d'une section pratiquée à la scie. On dispose le gros bout en haut, afin qu'il présente plus de matière pour le délardement de la gorge de loup, et résiste mieux à cet affaiblissement. On place le chapeau sur les montants, que l'on force, ù l'aide d'une pince et de la masse, à s'écarter jusqu'à ce que les deux parties de l'assemblage s'emboîtent l'une dans l'autre.

iSSl — Cadret simplifiés. — A partir du cadre normal, on rencontre des simplifications successives, quand les conditions de soutènement le permettent.

Parfois le chapeau disparaît cl Ton a fj,. itj, chgpem u-iiriuc.

im cadre triangulaire. Cette combinai-

SCO VOIES DE COXMVMCITION.

son présente la propriété, «pii n'appartient qu'à elle, d'èlre géométriquement iadStaHaU»; le triangle étant l'unique polygone qui soit déterminé par la seule connaissance de ses cOlé^. Il faudra, pour que la section puisse se modifier, que les bois se brisent, tandis qu'il leur sufQt, avec toutes les autres formes, de jouer autour de leurs assemblages.

Mais, en revanche, le triangle équi- Fig. m. Qiapcau dévem-. latéral, qui est parmi les triangles iso-

périmètres le plus grand en surface que

l'on puisse former, c'est-à-dire le plus avantageux, à dépense égale de bois, est en même temps, parmi les polygones réguliers, celui qui a la plus petite section, à égalité de contour.

En outre , la forme triangulaire est très mal disposée au point de vue de l'utilisatioD de la surface. Aussi doit-on s'étonner de ta faveur que trouve encore quelquefois ce type très défectueux.

Fig. 17*. Hontsut dévers*. *B« — La supprcssiou la plus fré-

quente est celle de la semelle (fig. 169). On obtient par là co que nous appellerons le cadre ordinaire, car il se rencontre beaucoup plus fréquemmenl que tous les autres.

Ce cadre peut également prendre une position déjetée (fig. 170), loi-sque l'inclinaison du gite détermine des poussées qui ne sont plus symétriques par rapport à l'axe de la galerie.

D'autres fois, le cadre perdra en outre un montant (fig. 1 71), si l'une des parois présente une solidité suffisante

BOIB.UE. W1

Quand les deux piédroits de la galerie remplissent à la fois cette condition» le second montant disparaît à son tour, et il ne reste plus qu'un simple chapeau (fig. 172).

Cette pièce pourra du reste se trouver déjetée par le pendage du gisement (fig. 173).

En forçant peu à peu par la pensée cette inclinaison, on passe à des dispositions telles que celle de la figure 174, où la pièce unique, plus . pig. m. C«lreélrtiillonn«[H>rlebw.

rapprochée de la verticale que de

l'horizontale, doit être considérée plutôt comme un cadre réduit à

un de ses montants.

Dans une galerie exceptionnellement large, on voit quelquefois celte pièce se détacher de la paroi et venir soutenir le milieu du plafond laissé sans revêtement, à l'état de butte comme pour les tailles.

SG3 — Cadres C0mptexe$. Fig. 177. Cadrc Cln^silloiind par Ic miHoa.

— Inversement, il existe des

cadres plus compliqués que le cadre normal.

Lorsque la galerie est particulièrement élevée, on entretoise les montants près du faite (ûg. 175) au moyen d'un tendard, pour s'opposer â leur flexion par les poussées latérales. Si l'on garnit cette séparation d'un galandage continu, elle fournira au besoin un carnet d'aérage pour le retour d'air.

On peut de même étrésillonner , „ ,

' FiR. 178. tonguonUiBO.

les montants près du pied (fig. 176),

et se ménager ainsi sous le plancher de roulage un caniveau pour récoulement des eaux.

Lorsque la galerie est exceptionnellement large (fig. 177), on soulage la portée du chapeau, en supportant son milieu sur une butte centrale, suivant Taxe de symétrie du cadre.

— On désigne sous le nom de boisage armé ou longuerinage (flg. 178) un système plus complexe encore, constitué de la manière suivante (*). Le point critique de la fatigue du chapeau, c'est-à-dire son milieu, se trouve soutenu sur un court renfort, que deux contrefiches are-boutent contre les points critiques des montants, de manière à en refouler la flexion. L'effort ainsi reporté obliquement sur ces points, s'y décompose en une force horizontale, tendant à équilibrer la poussée latérale du terrain, et une composante verticale, que l'on reporte dans le sol à l'aide d'une jambe de force. On réalise d'ailleurs la solidarité des divers cadres, au moyen de longuerines qui réunissent ensemble les points successifs d'assemblage des montants, des contrefiches, et des jambes de force.

< Ce type de boisage parait prolonger la durée de l'ouvrage dans un rapport considérable, jusqu'au triple et même davantage, en n'augmentant le prix de revient que d'un cinquième environ.

1^55 — M. Daburon a proposé un système spécial (') destiné au cas d'un mouvement presque irrésistible.

Il fait remarquer qu'en raison de la grande inégalité que présente le bois, suivant qu'on le fait travailler debout ou tranversalement, le cadre est mal équilibré pour ces fortes pressions. Le chapeau se fatigue beaucoup plus que les montants et il est écrasé avant eux. Quand ceux-ci arrivent ensuite eux-mêmes à céder, il ne reste plus aucun soutien et tout s'écroule. Il serait, au contraire, désirable de laisser descendre doucement le plafond tout d'une pièce, au lieu de permettre, par la rupture du chapeau, des chutes

(*) Ghatisselle, BulL min,, 2*. IH, 700.

(») CRM. 1880, 60. — BulL min., 2% IX, 873.

de pierres, qui pourront (lonner lieu à une propagation indéfinie de I*éboulement en hauteur.

D'après ces vues, M. Daburon commence par renforcer la partie supérieure, en arc-boutant le chapeau sur les montants, comme dans le cas précédent, au moyen de contrefiches placées dans les angles. Puis il affaiblit, au contraire, le montant à sa base en forme de sifflet, de manière que celte pointe s'écrase contre la sole à la demande de la charge, en permettant ainsi un affaissement progressif, qui n'entraîne pas comme corollaire inévitable la dislocation complète du cadre.

IS56 — Le prix de revient, pour un cadre ordinaire, se décompose en général de la manière suivante. La pose revient à 1 fr. 00 ou 1 fr. 50. Il y entre de 3 à 5 francs de bois. S'il s'y ajoute un garnissage, la quantité afTérente à chaque cadre en élèvera le prix de 1 ou 2 francs, suivant que ce revêtement sera plus ou moins développé et les cadres plus ou moins espacés.

Avec un garnissage complet, et un espacement de trois cadres pour deux mètres, le boisage du mètre courant pourra ressortir à 10 francs environ.

«67 — Voûtes en bois. — Dans certains cas exceptionnels, le cadre se complique au point de devenir méconnaissable. Il ne forme plus alors, à proprement parler, que l'arceau d'une voûte en bois.

Dans un premier système (*), qui a été introduit vers 1845 à Hallstadt (Salzkammergut), l'arceau forme un polygone d'un grand nombre de côtés très courts, que l'on peut assimiler à un profil courbe de forme ovoïde (fig. 179 et 180). La dépense par mètre courant est de 37 fr. 25 de bois, et 37 fr. 75 de main-d'œuvre. Cet ouvrage est ordinairement ruiné au bout de trois ou quatre ans.

Dans un autre dispositif (fig. 181 et 182) employé dans la même mine, on assemble des rondins suivant les génératrices du cylindre

(') Keller, Annaies, 6", H, 2t. — Ramsauer, Annales de V École de$ mines de Vordernberg, 3 bis, 132.

2S4 VOIES DE COMMlTNICATiON.

de la galerie, en ayant soin de faire chevaucher leurs longueurs, de manière que toutes les extrémités ne se trouvent pas dans la même section droite, afin de mieux solida* riser les diverses par ties. Ce mode exige par mèlre courant 37 fr. 25 de bois, et 24 fr. 05 de maind'œuvre, n est donc un peu plus économique que le précé-' dent. 11 est en même temps plus solide, et peut durer une dizaine d'années. Mais il tend lui-même à disparaître devant l'emploi du muraitlemcnt , qui est à la fois plus durable et moins cher.

X58 — '^A Maricmont (llainaut), on a employé pour des passées diFQciles un appareil en briques de bois, extrêmement coûteux mais très solide. Il est formé de voussoirs qui présentent O^.SO à l'intrados, O^iSO à l'extrados et O-.iO suivant les génératrices du cylindre. Ils sont goudronnés deux fois.

Des cales longitudinales, traversant de part en part quelques-une5 de ces briques, établissent la solidarité des aix^taux contigus. On dispose, en outre, de distance en distance quelques cintres en fer, assemblés à la voilte au moyen de vis à bois.

BOISA«E DES PUITS

JtS9 — Les puits sont des organes d'une importance capitale, tant pour le fonctionnement de la mine, que pour le salut de la population souterraine. On ne doit donc rien épargner pour leur consolidation. On emploie pour leur revêtement des bois de choix, plus coûteux, mais en revanche plus durables, que ceux des cadres de galeries. De plus, cette augmentation du prix coulant est récupérée en partie par la diminution des réparations, partieulièremenl nuisibles dans les puits, où elles entravent les services de la manière la plus fâcheuse. Lorsifu'elles vont jusqu'à entraîner un cliâmage, les pertes prennent de suite une importanco considérable.

Les puits se boisent par cadres comme les galeries. La section est nécessairement polygonale. La plupart du temps c'est un rectangle, étrésillonné par des arcsboutants parallèles au petit cûté quand l'autre prend beaucoup de longueur (%18S,185etl86).

Ces entretoises sont i

alors garnies de galandages qui servent à diviser le puits en compartiments rec* tangulaires pour l'établissement des di- Fig. 183. Cuvclago on boh (caupc vtrticaloj.

vers services.

D'autres fois la section est un polygone régulier, d'un assez grand nombre de eûtes pour qu'elle se rapproche suffisamment de la

forme circulaire, au moins seize, et parfois jusqu*à vingt-deux. Cet ouvrage présente une certaine analogie avec les douelles d'une cuve, d'où le nom de cuvelage qu*il porte ordinairement f ). Les cadres sont jointifs, si la poussée lexige ; plus ou moins

[*) Le cuvelage prend une importance décisive dans les milieux aquifères. L'équar-

rissage à donner aux pièces peut alors se calculer avec précision, en fonction de la charge hydrostatique H que chacune d'elles est appelée à supporter. Cette hauteur peut êUre connue directement pendant le fonçage. Il sufQt pour cela de laisser l'eau prendre librement son niveau à l'intérieur du puits, sauf à le dénoyer ensuite avec les pompes d'avaleresse. Nous ajouterons à cette première donnée, le rayon p du cercle inscrit dans œuvre, et le nombre » des côtés du polygone régulier.

Chacun des voussoirs se courbe symétriquement dans sa partie «nédiane, sous la pression hydrostatique crH qu'elle supporte par unité de surface. On peut, d'après cela, en s'attachant uniquement à l'une de ses moitiés, l'envisager comme une pièce encastrée dans le plan de symétrie [lig. 184), et sollicitée à la fois par cette pres^ s ion latérale dans sa concavité et, en ouU^, pai* ime réaction F normale au joint et exercée par le voussoir adjacent.

Pour déterminer en premier lieu cette force F, exprimons l'équilibre du demi-voussoir par une équation de projections sur le rayon OA. Les forces élastiques développées dans l'encastre-

Fig. 181.

ment AB disparaissent d'elles-mêmes, et il reste :

F Sin - = u H 6 (p + a) tang - ,

en désignant par a l'équarrissage inconnu AB,et par b la hauteur verticale de la pièce. Il vient donc :

F = ^^USt^t-l),

cosn

Quant à la fatigue maximum R par unité de surface, développée dans l'encastrement au point extrême B, elle est fournie, d'après la théorie de la résistance des matériaux pour le cas des forces obliques, par la formule :

en appelant : 1* en ce qui concerne la section : Q la sm*face, V son ordonnée maximum

espacés, dans les terrains plus solides. Pour maintenir alors les distances, on insère dans les angles des moulants verticaux reliés aux cadres par des goussets.

GB, I son moment d'inertie par rapport à l'axe neutre projeté au centre de gravité G de cette section ; ce qui donne dans le cas du rectangle :

3* en ce qui concerne les forces appliquées extérieurement : X la somme de leurs projections sur l'axe longitudinal GE, et M la somme de leui*s moments par rapport à l'axe neuti'e G. Dans la valeur de X, les pressions hydrostatiques disparaissent, puisqu'elles sont normales à l'axe de projection, et il reste seulement :

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