CHAPITRE XXII
METHODES DE REMBLAYAGE ~ GITES PUISSANTS
. HËTHODE INCLINÉE
— Avantages et inconvénients. — Il est nécessaire, pour acquérir une idée exacte de la méthode inclinée, de commencer par se reporter aux développements dont elle a été déjà l'objet, à l'occasion du foudroyage (n*»431) ('). Nous n'avons qu'àleur ajouter ici les détails qui sont spéciaux au remblayage.
Les tassements s'accumulant de tranche en tranche, détermineront une fatigue extrême pour la région voisine du toit. On ne saurait donc dépasser, pour le nombre des tranches, une limite assez restreinte. L'emploi de cette méthode reste ainsi spécial aux gites modérément puissants, en même temps que modérément inclinés. Sous ce rapport, il convenait de la placer en première ligne, quand nous passons des gites. minces aux grandes puissances. On excède rarement, pour la méthode inclinée, une traversée de 15 mètres et un plongement de 45 à 50 degiés ('). Le nombre des tranches ne doit pas croître au delà de 3 ou 4, 5 ou 6 tout au plus. On l'a vu porter, cependant, avec des conditions particulièrement favorables, jusqu'à 20 et 21.
(^) La méthode inclinée STec remblayage est pai*fois appelée méthode de Rive-de- Gier, en même temps que le même dispositif appliqué au foudi*oyage prend le nom de méthode de Blanzy.
(*) De Villaine (Bm//. min,, congrès de Saint-Êtienne, 179).
MÉTHODES DE REMBLAYAGE. ~ GITES PUISSANTS. 523
La méthode inclinée facilite la mise en place des remblais. Il suffit, en effet, lorsque le pendage est suffisant, de les verser à partir du haut du sous-étage, pour qu'ils glissent sur le mur de la tranche et se mettent d'eux-mêmes en place, ce qui ne saurait avoir lieu avec des tranches horizontales. Ce dispositif apporte également de grandes facilités pour la double circulation du remblai et du charbon, Tun arrivant par la partie supérieure, tandis que l'autre sort par le bas du sous-étage. Il en est de même pour celle de l'air, qui se meut en sens contraire du roulage, entrant pa^r la partie inférieure et sortant par le haut, de manière à mettre en pratique les préceptes de la ventilation ascensionnelle.
En revanche, le remblai se tient mal sur ces pentes. Le piqueur lui-même s'y trouve placé dans une situation incommode. Enfin le charbon, en tombant du front de taille, roule sur le sol incliné du chantier, en se détériorant et exposant les hommes à des accidents.
489 — Marche en direction. — La division par des plans parallèles à la stratification, fournissant des tranches aussi étendues, en principe, que le gîte lui-même, on est obligé d'y restreindre beaucoup la fraction du champ d'exploitation, que l'on veut déhouiller avant de passer d'une tranche à l'autre, sans quoi la fatigue deviendrait excessive par une trop longue attente. Le charbon se détériorerait, et l'incendie risquerait de s'y déclarer.
Cette considération peut aller jusqu'à obliger de changer de méthode. C'est ainsi qu'à Lucy, la couche, divisée en cinq tranches « inclinées, prenait toujours feu, dans quelque ordre que l'on procédât pour les déhouiller. M. Dorion finit par reconnaître que l'inflammation se produisait dans les schistes du toit. Ceux-ci, en effet, finissaient toujours par éprouver la même fatigue, indépendamment de l'ordre d'exploitation des tranches. On mit fin à cet état de choses, en substituant à la méthode inclinée l'emploi des plans horizontaux. La bande ainsi obtenue étant limitée en largeur à la traversée du gîte, son déhouillement total progressait assez vite en direction, pour que l'on pût quitter d'une manière définitive chaque région avant son embrasement.
En insistant sur ce point de vue, on trouverait, dans ce qui pré'
su Hf.THODES D*EXPU)ITi^T]ON.
cède, un acheminement vers la mélhode verticale, qui réduit la projection horizontale dans le sens de la direction, en mime temps que suivant le sens transversal, à ce qui est nécessaire pour que la montée de tronche en tranche dans celte pile jusqu'au sommet de l'étage, précède l'instant de sa mise en feu. Les trois méthodes forment ainsi, sous ce rapport, une gradation rationnelle.
A la Gr-and'Combe, dans la mine du Bann.
exploitée par tranches inclinées, la marche en direction est extrêmement rapprochée, de l'une à l'autre (fig. 342). Les divers ateliers y sont systématiquement séparés par une largeur de chantier.
490 — EnlèvemcrU d'une tranche. — Quant au mode à employer pour le déhouillement d'une tranche, il semble, au premier abord, qu'il puisse Cire emprunté à l'une quelconque des nombreuses méthodes que nous avons étudiées dans le chapitre précédent pour les couches minces. Cependant, en y regardant de plus près, on comprend que le choix sera forcément plus circonscrit dans l'application.
Par exemple, on n'aura pas à faire intervenir ici les métliodcs de gradins, carclles supposentessenliellement un gite 1res redressé, tandis qu'il doit être peu incliné pour se prêter à la subdivisloa en tranches parallèles à la stratification. L'on n'aura que raremenl recours aux grandes tailles montantes. Elles supposent, en effet, un gîte qui donne du remblai à pied d'œuvre, tandis que, dans le cas actuel, on doit nécessairement t'aipener du dehors, en raison de la grandeur de la puissance. 11 est donc alors nécessaire de pratiquer préalablement, en pleine masse, des plans inclinés, pour le descendre du haut de l'étage, puisque l'on ne saurait songer à l'introduire par la base de l'ouvrage montant et à l'élever dans les
MÉTHODES DE REMBLAYAGE. — GITES PUISSANTS. 525
tailles contre la pesanteur. On n*aura pas davantage à employer les traçages en demi-pente, ni les maintenages, artifices destinés à corriger les effets d*un pendage excessif, qui est exclu de Thypothèse actuelle. Il ne restera, par suite, de tout cet ensemble, que la méthode des grandes tailles, le plus souvent chassantes, et celle des chambres. Ce sont, en effet, les types auxquels se rattachent constamment les exploitations par tranches inclinées (*).
491 — Méthode deBeaubrun. — Les étages sont presque tou* jours limités par des plans horizontaux. On doit citer cependant, comme exception (n"" 362, note), un mode de division employé à Beaubrun f), à Taide de plans verticaux en direction. Dans cette méthode, due à M. Locard, on commence par installer, sur le mur de la couche, un plan incliné automoteur. Les costresses que l'on y rattache sont espacées de 50 mètres suivant l'inclinaison, et pous* sées jusqu'à la limite du quartier. Pour prendre un étage, on branche sur la galerie d'allongement des enlevures montantes, que l'on prend consécutivement, en rétrogradant depuis l'extrémité. Elles sont remblayées d'un seul coup à partir du haut (n° 459).
Lorsque l'on a, dans la tranche du mur, reculé de 24 mètres en deçà de la limite du quartier, ce qui suppose une dizaine d'enlevures, on continue, d'une part, à appliquer progressivement le même système dans cette tranche, mais, en même temps, on se reporte à Textrémité du champ, pour défaiter la galerie, et l'exhausser verticalement jusqu'en seconde tranche. On la remblaye alors, dans la première, suivant une pente douce, qui atteint sur ces 24 mètres la valeur d'un douzième. A partir de ce moment, on se met à déhouiller, en rétrogradant, dans cette seconde tranche, à l'aide d'enlevures contiguês, prises sur le remblai des précédentes. On continue, en passant d'un chantier au suivant, à re-
(') La Béraudiëre (troisième brûlante), Gommenlry, Cransac (petite couche], Dôyet (ÂUier], Montrambert (puits Devillainc), Épiuac (fontaine Bonnard), Firminy (Loire, puits Monterrad), Beaubinin (puits Chatelus), la Grand'Combe (le Ravin), La Péronnière (Loire, Sainte-Caraillc), Saint-Geniés (Hérault, Graissessac-ouest), Yillars (Loire) ; Styring (Couche Henri, Moselle) . La houillère 8ous-mai*inc d'Arnao (côte cantabrique) présente une puissance de 8 mètres, prise en ti*ois tranches inclinées.
(^ Beaubrun, couche Hontmarti'e (Barctta, DulL min., 2% IV, 259).
526 MÉTHODES D*EXPLOrr\TION.
couper au faite la galerie costresse, en la remblayant à la sole, de manière que cette rampe au douzième se transporte parallèlement à elle-même, en conservant une projection de 24 mètres, qui recule progressivement vers le plan incliné.
Lorsque ce second remblayage atteint, à son tour, une longueurde 24 mètres, on recommence à son extrémité ce que Ton a déjà pratiqué pour passer de première en seconde tranche. C'est-à-dire que, tout en continuant à pousser vers le plan incliné les deux premières exploitations, on défaite la galerie à l'extrémité du quartier, et on l'exhausse en troisième tranche, en la remblayant à la sole, avec raccordement par une pente au douzième, qui succède à la précédente, sur un total de 48 mètres en projection ; puis on pratique une troisième série d'enlevures, analogue aux deux premières et cheminant de conserve avec elles, de telle sorte que la rampe recule vers le plan sur ses 48 mètres de projection horizontale, pour que l'on puisse desservir à la fois les trois avancements.
On continue de cette manière à s'élever de tranche en tranche, et l'on en a pris ainsi jusqu'à 12 dans les grandes puissances. Nous voyons, d'après cette explication, que la partie remblayée se trouve finalement séparée par un plan veilical, du massif situé à l'avalpendage, ainsi que nous l'avons annoncé tout à l'heure pour lemode de subdivision en étages f ).
MÉTHOBB HORIZONTALE — MODE E2V TRAVEES
498 — Méthode simple. — La description de la méthode horizontale exige encore que l'on se reporte à ce qui en a été dit antérieurement à l'occasion du foudroyage (n*" 435).
Nous ajouterons ici aux nombreux avantages énumérés alors, celui d'ofTrir, par une sole horizontale, une excellente assiette pour
(*] Le remblai est foui*ni à Montmai*tre par des chambres d'éboulement pratiquief I dans le toit (n* 418), à roxtrémité des voies d'allongement. Il rétrograde, toujours en
descendant, le long de cen voies, pour être versé dans le haut des tailles de Totale I subordonné à chacune d elles.
MÉTHODES DE REMDLAÏAtiE. — GITES PUISSANTS. â27
le remblai, ainsi que pour la tombée de minerai ; à l'inverse de ce que nous présentait la méthode inclinée (n" 488).
La méthode horizontale comporte, dans l'exécution, deux modes londamentaux : transversal et longitudinal, qui portent dans l'usage les noms de méthode en travers et méthode eti long.
La méthode en travers (') peut, elle-même, être appliquée suivant trais variantes distinctes.
493 — Dans la plus simple (fîg. 343), l'étage est déterminé par deux travers bancs, l'un inférieur A, l'auti-e supérieur B, qui le re-
FiR. Si3- Xithode horiionUlc dii Irivon (coupe vcrlicala ea travers).
lient au puits. On y branche, au mur, deux mères-galerics a et b. Cette dernière a déjà servi de voie-de-fond pour i'étage supérieur, actuellement remblayé, au moins dans la partie qui surmonte le
(') La méUiode en Iravcrs à élé inaugurée «laiis le siècle dernier pour les filons puissants de Scheumiii, dont elle a sauvé alors l'ciploiiation.
On la renconlre dans les cbarbonnages de la Béraiidièi'e (Cr£l-de-Mars), Campagnu (ATeTTon), Commenir;, Cransac (Fraysac). le Creuiol (Safine-ei- Loire), Decaieville (Elourran, ATejron], La Péronniérc, Xonlii^é (Haycnnc), Roclicbelle. Roclie-la-Holière (la ¥nrenne], !iainte-Bart>e (Rive-de-Gier}, Sainl-I''élii (Loire] ; Belntei (Espapie), etCi
On la Tait également dans les mines de fer de La Voultc (Ardèche], de ¥okta-el-[ladid (Algérie], de Dalkarsberg (Suéde], et dans les parties puissantes des Gloiis de Sainbcl Rhânc}, Ponipéanj Nouteponi, ZcUerfeld, CartliaEèiie, lilria, cU>
siège actuel de rcxploitation. De même la cosiresse a, qui forme la voie-de-fond de l'étage actuel pour le sortage du minerai, deviendra plus tard le chemin de remblais de l'étage inférieur.
On se trouve actuellement dans la tranche M. Pour la desservir, on a pratiqué, au mur, une galerie d'allongement m, dans des conditions plus sommaires que pour les voies-maltresses a et 6, dont chacune doit traverser la durée de l'exploitation de deux étages, tandis que m n'aura que celle d'une tranche.
De distance en distance, des cheminées, telles que a, ont été réservées dans les remblais, pour descendre les charbons à la voie-defond a. Elles vont toujours en s'allongeant par le haut, au fur et à mesure que l'on monte de tranche en tranche. Dans leurs intervalles, d'autres cheminées, telles que p, ont été percées, dès l'abord, sur toute la relevée de l'étage, pour descendre les remblais de la voie 6 à la tranche en exploitation. Celles-ci vont continuellement en se raccourcissant par le pied.
Ajoutons que ces cheminées seront souvent remplacées par des plans inclinés automoteurs, sur lesquels circulent les wagonnets, en môme temps que les matières.
Quand on arrive au sommet de l'étage, la dernière tranche est prise sous les remblais avec les précautions nécessaires (n" 446).
494 — La tranche est dépecée par la méthode des chambres. On branche sur la galerie d'allongement m, des chantiers en culde-sac pratiqués du mur au toit, d'après l'un quelconque des systèmes décrits ci-dessus (n^* 457).
Tantôt, comme dans les charbonnages de la Mayenne, on prend des tailles contiguës suivant leur succession naturelle ; tantôt on emploie un ordre plus complexe.
On les groupe alors en séries, formées chacune de quatre viailles. et dont l'ensemble porte le nom de massif. On attaque d'ailleurs simultanément un nombre plus ou moins grand de ces massifs, d'après le degré d'activité que l'on veut imprimer à la production. Si nous désignons par n -H 1 le rang du massif considéré, on en exploitera les quatre viailles dans l'ordre : 4 n + 1 , 4n + 5, 4in- 2, 4n + 4. La première et la seconde sont, d'après cela, dépecées en
MÉTHODES DE PEMBLAÏAGK. - GlTliS l'UISSANTS. bl9
pleine masse, la troisième esl prise entre les deux piles de remblai qui ont remplacé les précédentes, otia quatrième, entre le remblai delà seconde et celui du {n + 2)° massif. On a soin, en effet, decommenccr l'esploitation de ce dernieravanl la conclusion du {n-Hl)', de manière que sa première tranche: 4n + S, soit remblayée avant l'attaque de la dernière : 4«-+-4, de ce (n -r- i)' massif-
495 — Quand le pendage est peu prononcé (fig. 344|, le profil transversal delà tranche forme un parallélogrammes angles très aigus. 11 serait difficile aux piqueurs de se glisser dans le sifflet, pour en retirer le charbon qu'il contient. On facilite cette opéralion ('}, en pratiquant un relevage à l'extrémité. On dchouille alors dans chaque tranche le parallélogramme, plus la troncature a de la
Fig. 311. Mûlbodc hnriiuijtalo en Iravcrs. llc'cvagc (fou|ic vcrlicalc en travers}.
tranche supérieure, et moirs sa propre Ironcalurc b, qui a été prise avec la tranche inférieure.
Quant à l'autre extrémité, elle esl plus facile à atteindre, car elle a tendance à glisser dans le vide du chantier. D'ailleurs, s'il en reste une partie, elle sera facile à reprendre avec la tranche supérieure qui la surplombe, tandis que b est, au contraire, recouvert par le toit.
496 — Méthode complexe. — La méthode simple qui pi-écède admet certaines complications qu'il reste à indiquer.
On peutd'abord placcriagalerie d'allongement en plein minerai, en vue d'éviter les ondulations du mur.
On peut également (*), en se plaçant à un point de vue absolument
(') Ce ili'lail esl iisitO à CoiiiiiiciiU'ï. [') Comme à In Béraudi^i'u.
530 MÉTHODES D'EXPLOITITIO».
opposé, lorsque ces ondulations ne sont pas gênantes, en accepta' l'assujettissement, en cherchant à égaliser exactement la longueur des deux traverses situées de part et d'autre, pour que les deui mnitiés del'atelierprogressent du môme train. Cette galerie forme alors, pour lasection horizontale du gisement, la courbe diamétrale conj»guée d'un système de cordes, rigoureusement parallèles à une direction fixe, que l'on amorce à la boussole en ses divers points.
Quand les galeries-maitresses sont ainsi placées en massif, on peut se dispenser de la sujétion de les établir directement l'une au-dessus de l'autre. Elles sont alternativement déjetées, de la moitié de leur largeur, à droite et à gauche du milieu (fig. 345).
Si la couche présente une grande traversée, au lieu de se boiner
à une mère galerie au mur, on en ajoute une seconde au toit. Tour une puissance encore plus grande, on leur en adjoindra une troisième en pleine masse, et môme un plus grand nombre. J'en ai rencontré jusqu'à huit. Ce traçage complexe présente l'avantage d'assurer l'indépendance des divers quartiers, qui se trouverait, avec une ga* lerie unique, compromise par l'éboulement ou l'incendie.
497 — Celte difficulté spéciale de l'incendie a donni naissance aux travaux au rocher, qui tendent à se développer beaucoup (') il
(*) Le Crpiiiot, Brassac, Belmci, Schcmiùli. Au Hontceau. ilsaUeigncni un d<-'ckipf^ raent loUI de près de lï kilomèU-es, quoi<]uc l'expérience de ces derniers lemp« lit atnciiè un certain ralentiHemenl A cel êgaid. A l'Huisserie et à Hoiillgne. on cwipf âuui b Kalei'ie dans le mur, mais au canlacl même du gl(e.
MÉTHODES DE REMBLAYAGE. — GITES PUISSANTS. 534
qui procurent, sous ce rapport, une sécurité complète ; puisque si Ton a le soin de les murailler, au lieu de les boiser, on e^t assuré qu'ils ne donneront aucune prise au feu. On place ordinairement de semblables galeries dans le mur, moins fatigué par les mouvements que le toit, à moins que ce dernier (*) n'offre plus de facilités quhine roche du mur exceptionnellement dure, ou, au contraire, sans au* cun maintien. Le traçage est alors conduit de la manière suivante.
Lorsque le travers-bancs fondamental, qui part de l'accrochage dans le puits, parvient à une certaine distance du gite (10 à 30 mètres), c'est de ce point que l'on fait partir la galerie d'allongement. De distance en distance, on y branche des travers-bancs secondaires, pour desservir les divers panneaux de la tranche, que Ton peut, au besoin, isoler complètement les uns des autres par des massifs, réservés jusqu'au dernier moment. On peut aussi établir dans le gite une maîtresse- voie, pour donner plus de facilités, sauf à la boucher pour cerner un incendie, s'il se déclare, tout en restant maître de desservir les autres parties du champ d'exploitation, à Taide des travers-bancs secondaires.
A l'avantage que présentent les travaux au rocher, au point de vue de l'incendie, il faut ajouter celui d'éviter la production des poussières charbonneuses, par le piétinement des hommes et des chevaux dans les galeries sèches, ouvertes en plein charbon. Cette considération a son importance, au point de vue des dangers d'explosion auxquels exposent ces poussières.
Les galeries-maîtresses au rocher sont encore employées, lorsque le gîte est tellement imprégné d'eau, que l'on peut à chaque instant redouter des dangers de ce côté (*). Dans ce cas, si l'une au moins des épontes est meilleure, on y développe la base d'opérations, avec un système de travers-bancs pour y relier les divers panneaux. On prépare à l'avance des serrements, ou barrages^ contre une invasion imprévue des eaux.
On peut ajouter, enfin, que les ouvrages au rocher permettent de supprimer les massifs de protection nécessaires à la conservation des galeries pratiquées dans le charbon, et qui n'atteignent l'époque
(*) Comme au Crcuzot.
(*) C'est le cas de la mine de plomb et zinc ai'gentifëi'es de Pontépan (111e-et-Vilai)ie)^
^3i MÉTHODES U'EXPLOITATIU.S.
de. leur dépilage qu'après une exU'âme fatigue, donnant beaucoup de menu, et exposant à quelques dangers pour leur déhouillcmenl. A la vérité, ces ouvrages sont très coûteux, bien qu'une partie de leur dépense d'exécution vienne en défalcation de celle des carrières de remblai. Pour diminuer, autant que possible, le total de ces percements, on les fait servir ordinairement pour trois tranches (Gg. 346). Lorsque la tranche d'à-raseest déhouillée, on pratique une mère galerie au charbon en seconde tranche, et l'on relève en pente les travers-bancs secondaires, en les recoupant au faite, et remblayant à la sole avec les débris. On refait encore cette opération une seconde fois pour s'élever en troisième tranche; et. pour obtenir
, ouvrages au iwlicr
que !a pente ne sr>i( pas trop raide, on a soin de placer la voie costresse au rocher à une distance suffisante du gtte. Mais on ne saurait continuer ainsi indéfmiment, sous peine de perdre, par le travail à exécuter sur de trop longs travers-bancs, ce qu'on éviterait comme percement d'une nouvelle voie-maitressc au rocher. On eo rétablit donc une nouvelle pour la quatrième tranche, et on la fait servir de même à l'exploitation des deux suivantes (").
(<] Pour étiter d'avoir ainsi ù remonter le remblai sur ces rampes un peu raides. oo a inslallé au Xonlcoau de petits plans incliiits, sui' lesquels deux wagons de charbon, en descendant la pcnic, remontent un wagon de remblai et un wagon Tide. (Haibei, minet 4e Btanig, puUi Sainte-EugAiit, hojet d'txploUation. in-4-. Paris, 1880, p. «.)
MÉTHODES DK REMBLAYAGIT. — GITES PUISSANTS.
498 — Méthode des amas. — Nous avons déjà fait remarquer (n* 435) que la méthode horizontale permet seule d'exploiter, d'une manière rationnelle, un amas déforme irrégulière. Elle s'y applique, avec le principe du remblayage, de la manière suivante.
L'amas est partagé en étages par des plans horizontaux. A la base de chacun d'eux, un travers-J^cs,' venant du puits, débouche dans la masse. On commence par. pratiquer à ce niveau une galerie de ceinture (fig. 347) qui en suit exactement les contours, sans quitter le contact du minerai et de la roche. Cet ouvrage sert à déterminer
Fig. 3i7. Méthode horiionUle. ExploiUtion d'un amas (coude horiionlale.)
pvec précision la forme de l'amas, au moyen d'un certain nombre de courbes de niveau, correspondant aux divers étages.
Une galerie aussi tourmentée ne saurait convenablement servir de base à un système de viailles, ni de voic-de-fond pour le roulage. On perce donc en pleine masse une mère galerie rectiligne, disposée dans la section que l'on vient de se procui-er, de manière à la partager le plus également possible.
Lorsque la première tranche est exploitée de cette manière, on s'élève sur le remblai de tranche en tranche, à l'aide de galeries-
maîtresses superposées à la première, et déjetées successivement à droite et à gauche. Seulement, on s*abstient de refaire pour chaque niveau une galerie de contour, qui ne présenterait aucune utilité. Les chantiers viennent alors simplement buter contre la roche encaissante.
Si Ton reconnaît dans l'amas la jurésence d'un nerf stérile, asseï important pour qu'il y ait économie à s'abstenir de le dépiler, on se contente, dans chaque tranche, de le repercer en un nombre suffisant de points, pour pouvoir se relier facilement à une mère galerie établie à son revers. Alors on laisse buter contre le nerf les viailles branchées sur l'artère principale, et l'on en établit un second système à Topposite (*).
On emploie à Commentry (*), dans des parties irrégulières, qui procèdent par renflements et amincissements successifs, une méthode mixte, qui participe à la fois du mode incliné et du mode horizontal ('). On prend sur le mur, en suivant toutes ses inflexions, une tranche unique, présentant une épaisseur normale de chantier. Elle est déhouillée en grande taille montante, par une équipe de piqueurs qui restent constamment alignés suivant un seul front horizontal. A des intervalles de temps successifs, on les retrouve, par suite, sur des courbes de niveau consécutives, et de plus en plus élevées. En môme temps, un autre poste enlève tout ce qui reste en couronne, à l'aide d'un ouvrage en travers, qui progresse par tranches horizontales superposées. On déhouille chacune d'elles en y prenant pour base d'opérations le chantier du mur, pratiqué par les premiers piqueurs, et poussant jusqu'au toit. Cette seconde exploitation marche de conserve avec la première, que l'on suit aux divers niveaux, en montant sur le remblai de tranche en tranche.
(*) On peut citer comme exemples de ce genre d'exploitation la mine de plomb du Bleyberg-è»-Montzen, celle de calamine de Moresnet (Vieille-Montagne), le stockwerk cuivreux de la Preugne (Allier), l'amas de pyrite cuivreuse de Fahlun (Suède), celui de pyrite de fer cuprifère dAgordo (Uaute-Vénétie). (Haton de la Goupillière, AwuJet, 5% VIII. 407.)
(*) Au puits du 12-Juillet, ainsi qu'à Montvicq.
P) Nous retrouverons dans la méthode d'Almaden (n"» 506) une association analogue, d'une ti'anche prise sur le mur avec des ouvrages en ti*avers complétant le dépècement du gîte. Seulement, la tranche inclinée y est foncée en descendant, tandis qu'à Commentry elle est déhouillée en montant, ce que permet l'absence de gi*isou.
MÉTHODES DE REMBLAYAGE. — GITES PUISSANTS. 535
Le chantier reçoit les remblais par des plans inclinés pratiqués préalablement sur le mur, à partir du sommet de Tétage ; et l'on ménage dans le remblayage d'autres plans inclinés, pour descendre le charbon à la base de l'étage.
nËTHOBB HORIZOlllTAIiB — MODE BN LONCI
499 — Une tranche horizontale d'un gîte puissant incliné représente assez exactement l'un des lopins de la méthode des massifs longs (n* 424), car elle a une largeur limitée et une longueur indéfinie. Un pareil massif peut se dépiler en long ou en travers, et nous avons déjà fait ressortir cette analogie en parlant du foudroyage (n*456). Elle se poursuit encore dans l'application du remblayage, et, après avoir, dans la méthode en travers, effectué cette opération au moyen d'ouvrages perpendiculaires à la direction, on peut conduire le remblayage d'une manière chassante, dans le second mode que nous avons maintenant à décrire.
Ce système comporte trois variantes très différentes, suivant l'importance de la traversée du gîte : mince, moyenne ou puissante. Elle se prête en effet à tous les degrés de la puissance. A cet égard, la méthode en travers, que nous venons de décrire, suppose évidemment une épaisseur notable (*). Pour une largeur trop faible, l'emploi des traverses introduirait une complication, qui rendrait l'exploitation plus onéreuse que rémunératrice ; et, pour des filons suffisamment minces, la mère galerie occuperait à elle seule toute la puissance, et même une partie des éponles. Celte méthode est donc absolument spéciale aux gites puissants, de même que nous en avons précédemment rencontré, comme la méthode des gradins droits, qui restaient exclusivement affectés aux gîtes minces. Au contraire, nous avons vu, danscelle des gradins renversés (n** 487), une méthode extensible,
(*) Cette circonstance établit une sorte de compensation entre la méthode inclinée, qui est limitée aux travei-sées modérées, et la méthode en travers, qui ne saurait s'abaisser à des largeurs insuffisantes.
ÙSO MÉTHODES D'EXPLOITATION.
de la catégorie des gîtes minras à celle des filons puissants. La méthode horizontale en long nous fournil un second exemple d'une semblable élasticité. Seulement elle rcvèf, suivant les divers cas, une forme très diflërenle que je vais clicrcher à faire ressortir.
500 — Traversée mince. — Pour prendre, parce procédé ('), un lopin limité par les niveaux A,B et les montages P, Q(fig- 348). on le dépèce par une série de chantiers horizontaux, qui occupent toute sa largeur, et souvent même entaillent les épontes. Chacun d'eux est établi sur le remblai du précédent.
Ix! chantier M est atlaqué par le montage P, et poussé jusqu'à
l'antre extrémité. Le minerai descend par P dans la voie de fond A. Quand la taille a percé dans le montage Ot on remblaye en reculant à partir deP, et amenant les terres parle niveau B et la descenderie Q. Dés que le i-cmbiayagc a un peu rétrogradé, on peut, sans attendre sa terminaison, attaquer une nouvelle taille à partir de P, en montant sur ce remblai.
Si plusieurs lopins contigtis sont dépilésen môme temps, on les prend allcrnativcmenl de droite à gauche et de gauche à droile, de manière que le montage qui les sépare serve à la fois pour tous les deux, soit à évacuer le minerai, suit à fournir le remblai.
MfiTHODES DF. REMBLAYAGE. — «ITES PUISSANTS. 55i'
SOI — Traversée moyejine. — On commence (fig. 549) par tracer dans la tranche deux galeries de direction près du toit et près du mur ('}. Les petites bandes de charbon qui les en séparent se prennent à part. On pousse ces voies jumelles jusqu'aux limites du quartier, en les reliant de distance en distance par quelques recoupes d'aérage, plus ou moins espacées suivant l'abondance du grisou (n" 371).
Arrivé à la limite, on ouvre une dernière recoupe, puis on en
prend le flanc pour front de taille, et l'on ramène celui-ci en chassant jusqu'au point de départ. Le charbon gagne, par l'une des galeries, le plan incliné, qui, le descendà la base de l'étage; le remblai descend du haut de la costrcsse supérieure par un autre plan incliné, et atteint le chantier par la seconde galeiie. Le long du front de taille, se trouve un chemin de fer, que l'on ripe latéralement, pour en suivre l'avancement.
50S — Traversée puissante. — Si la puissance devient excessive, ou si, en la supposant modérée, le charbon manque de la
(') Cetio méthode a été employée à Comracnlrj et à Uontceau-les-Hincs (Sainte-
S38 HSTHODES D'EXPLOITATION.
Bo)t<lité nécessaire pour l'appareil précédent, on restreint les tailla à une faible largeur, comme dans les filons minces, et l'on juxtapose un nombre suffisant de ces recoupes pour occuper toute la traversée (').
Deux galeries d'allongement (lig. 350) sont ouvertes dans la Iranche près du toit et du mur, pour assurer, comme dans le cas précédent, le service du charbon et du remblai ; les petites bandes contigués aux éponles étant prises à part. La masse centrale csl divisée en lopins, par des traverses pratiquées de distance en distance, et servant pour l'aérage pendant le percement des
galeries jumelles. Chacune de ces traverses forme une base d'opérations, pour déhouiller les deux lopins qu'elle sépare ; et, en même temps, chaque lopin est attaqué par ses deux extrémités, à l'aide des traverses qui le limitent.
Le dépilage se fait au moyen de recoupes contiguës, prises l'une après l'autre, et dont les deux avancements se rencontrent au
(<) Aubin (U Uontel), La Bérnudièrc, Commenlrj, le Creuiot. l'IIuiBscrie (VaiGiuK.. Lucy, Hars (Loire), Sainte-Elisabeth el Saiiil-Pran(oiB (Kontccau), Saint-Fûlix (Loirel Belmez (la Terrible, pr^ de San-Elîia], Trireil (Stp-ie) ; mine de grapbttede Scbwirthach (Dohéme) : mine; de fer d'Eitrncrt (Stvi-te], BindI (Honipie, coniilat de Eip*V
MÉTHODES DE REMBLAYAGE. -^ GITES PUISSANTS. 559
milieu de la longueur. A partir de ce point, on remblaye en reculant vers les extrémités .
Il arrive parfois que la planche longue et mince, à laquelle se réduirait le lopin vers la fin des opérations, manquerait de résistance. Dans ce cas, on ne pousse pas Tapplication du système jusqu'au bout. On l'arrête, quand la limite convenable de résistance parait atteinte, et Ton achève de dépilcr le stross qui reste, à l'aide de petites tailles en travers.
HÉTHODB VERTICALE
S03 — Généralités. — Le principe de la méthode verticale consiste, en prenant les étages dans l'ordre descendant, à dépecer chacun d'eux en montant, mais en restreignant chaque attaque à une surface assez limitée en projection horizontale, pour que l'on ait le temps de s'élever jusqu'au sommet de la pile, avant que les inconvénients que l'on redoute, comme conséquences de l'exploitation, arrivent à se développer. C'est surtout en vue de l'inflammabilité excessive de certains combustibles que cette méthode a été instituée; elle reste d'une application exceptionnelle, et toujours motivée par quelque raison déterminante, de nature à faire passer sur ses divers défauts (*).
Le chantier est, en efiet, rétréci, et défavorable au rendement du piqueur. Les cheminées de communication, établies sur une grande hauteur, brisent le charbon. La production peut difficilement
(*} Outre les deux exemples de Firmy et d'Almaden que nous décrivons en détail, on peut citer pour mémoire : l'exploitation, actuellement épuisée, des dressants de Fournier (Grand'Combc) [Annaleê, 7", IV, pi. V] ; la méthode, aujourd'hui abandonnée, de» grande abaiages^ dont on voit encore les piliers de maçonnerie à Boun*an (DecazeviUe); l'ancienne méthode des bouillarda^ à la Bazouge (Mayenne), dans laquelle on prenait en gradins renversés, en travers sur la direction, un lopin de 2 mètres d'allongement et 10 mètres de hauteur (Blavier, Essai statistique, minéralogique et géologique sur le département de la Mayenne) \ l'exploitation de Nalpertus (Gard), et de certaines parties de Sainbel, prises en travers sur une très courte longueur en direction, et en achevant une pile jusqu'au sommet de l'étage, avant d'attaquer la voisine.
MO MËTHOiœS D'EXPLOITATION.
prendre une grande inlensité, a\ec des aléliers aussi restreiiils, a moins de les multiplier sur un grand nombre de points.
SO^^ Houillère de F irmy. — La couche de Fîrmy (AvejTon) ('} a 9 mètres de puissance et 70° d'inclinaison. On la partage, sur 1200 mètres en direction, en quartiers de 100 mètres; et, suivant la hauteur, en étages de 12 mètres^ qui sont eux-mêmes dépecés, suivant six zones horizonlales de 2 mèli'es, en AB. BC.CD, DE, EF, FG(fig. 351). La zone inférieure comprend la voie-de-fond, qui est
i,;,r.ri^„f.(.r,.^<t,t,!.:«,-r,i;Ai,».,f.f/fi.^f,i:.-.ii:!,iifti:te
muraillée et voûtée. Les cinq autres se succèdent jusqu'à la galerie ménagée dans l'étage supérieur, déjà remblayé, pour le servii* actuel des remblais. Chaque quartier est divisé en piles de 5 ntèlK* en direction, s'étendant du toit au muret prises consécutivemeal. une seule à la fois sur chaque point, de telle sorte que l'on a'en attaque une nouvelle que lorsque celle qui lui est contigué a percé au faîte de l'étage.
l'I Colrot. CRM, avi-j], 1877. 1
MÉTHODKS DR RBHBLWAGK. -^ GITES PU13S.UNTS. m
Pour prendre la première zone AA' BB', on crôye les piédroits de la maçonnerie en étançonnant la voûte, et Ton bat au large jusqu'au mur et au toit. Puis on remblaye ea reculant, et Ton rétablit les piédroits.
Pour enlever la seconde tranche, on crève la voûte en BB', et Ton coupe le charbon , pour s'élever de 2 mètres au-dessus du rectangle projeté en AA'. Ensuite on bat au large dans les deux sens, jusqu'aux deux épontes, et Ion remblaye en reculant. Cependant, on ménage la cavité parallélépipédique qui se trouve audessus de la galerie. On rétablit la voûte, pour former la sole de cette cavité.
On a soin de ménager une ouverture B'6' prélevée sur la pile suivante, et au-dessus de laquelle on entaille, dans cette pile, un conduit B' b' C d, partagé en deux travées qui sont boisées en forme de cheminée, lune pour le passage des hommes et de l'air, l'autre pour la descente du combustible. Cette cheminée à charbon, s'accroissant quand on s'élèvera de tranche en tranche, finira par atteindre le faite lorsque la pile s'achèvera, et qu'il s'agira de passer à la suivante. A ce moment, elle changera de rôle et servira à descendre, dans les zones successives de cette nouvelle pile, le remblai amené par la galerie supérieure. C'est ce que l'on voit sur la figure 351 , pour la pile actuelle, en G^Dd, qui résulte du raccourcissement par le bas, en raison du remblayage, de la cheminée G^B6, prélevée antérieurement sur la pile actuelle, lors de l'exploitation de la pile précédente, actuellement remblayée. On reconnaît dans ce dispositif l'ouvrage en baïonnette, décrit ci-dessus (n** 459), pour un plan qui alors était horizontal, ou très couché, et qui est ici devenu vertical.
Pour prendre la troisième tranche, on s'exhausse de 2 mètres au-dessus de la chambre ménagée à l'aplomb de la galerie, puis on remplit cette dernière cavité, pour procurer "une sole au nouveau chantier. On bat au large dans les deux sens, el l'on remblaye ensuite en rétrogradant à partir du toit et du mur. On continue ainsi de tranche en tranche.'
505 — Uine de mercure d'Almaden. — La belle méthode
542 MÉTHODES D'EXPiiOITATlON.
suivie à Almaden (') emprunte un intérêt particulier à Tantiquité de celte mine, ouverte par les Phéniciens ; à la richesse de ce gisement, qui a été appelé le joyau de la couronne d* Espagne ; et à remploi exclusif, comme remblai, de la maçonnerie appareillée sous des formes très remarquables.
Le gîte est composé de trois filons-couches qui portent, en allant du mur au toit, les noms de San-Micolas, San-Francisco, San-fedro. Leur puissance collective est d'environ 25 mètres. L'un des nerfs qui les séparent est assez important pour être respecté, l'autre est enlevé en même temps que les deux filons du mur. Le pendage est de 75 à 80" NE. Le gisement est reconnu en direction sur 180 mètres environ. Il semble augmenter de longueur et de puissance dans la profondeur, tandis que l'épaisseur des nerfs va en diminuant. La hauteur actuelle des travaux atteint 350 mètres.
Le minerai, qui est le cinabre à peu près massif, rend en grand 8 7o àe mercure en moyenne, cette teneur variant de 4,5 à 44 0/0. Le mètre cube fournit 240 kilogrammes de métal. Le tonnage total, de 1564 à 1873, a été de 120180 tonnes de mercure, dont la valeur, en l'estimant d'après les cours actuels, représenterait 720 millions de francs. Le produit des meilleures années s'est élevé jusqu'à 12 millions. Mais la découverte des mines de New- Almaden, en Californie, avait porté un coup à cette prospérité, en faisant baisser le prix du métal de près de moitié. Les chiffres précédents sont donc certainement inférieurs à la réalité.
B06 — Chacune des deux exploitations, séparées par le gros nerf, est conduite de la manière suivante (fig. 352, 353). Le gîte est divisé en étages de 25 mètres de hauteur, et chaque étage en foncées^ qui présentent 3",40 en direction. On exploite ces dernières de deux en deux sur toute leur hauteur, avant de passer aux foncées adjacentes qui les séparent, et qui subsistent parfois très longtemps à l'état de réserves.
(*) Duc à Tinitiativc de ringcnieur don Diego Larradaga en i804i On peut («onsultér sur ce sujettes monographies suivantes : Don José de Monasterio (Rev, unip. d* m. et «., i", XXIX, 1). — Esqucrra del Baio (Laboreo de Minât). — Bcmaldez e Rua Figueroa {Memoria sobre las minas de Almaden). —Henry (Annales, 7% 1, 444). — Kûss [Anmaks. 7% Xni, 39). — Rapports du jury de lexjwsiUon de 1867, V, 677.
HËTHODES DE REMBLAYAGE. — GITES PUISSANTS. . 513
Tour prendre une foncée, on enlève d'abord sur le mnr une tranche inclinée de '2°',bO d'épaisseur. Ce dépilage se fait en descendant, avec des gradins droits ou renversés, et en soutenant la paroi à l'aide de bois transversaux. Une fois parvenu au fond de l'étage, on pousse, du mur au toit, une traverse sur toute la largeur de la foncée, entre les deux massifs réservés qui la litnilent. Dans ce vide, on établit à loisir une voûte surbaissée en maçon-
Fig. 3Si et 353. Héthodc Terlkal«. Hine de mercure d'AlniadoD
nerie, dont ta corde est inclinée sur l'horiwn, afin de rester pe^ pendîculaire aux épontes. On exhausse alors la taille en remon* tant, et, au fur et à mesure que s'élève le plafond, l'on construit, à la sole, des assises de maçonnerie, d'épaisseur correspondante. Il faut avoir soin, pour cela, d'opérer avec lenteur, afin qu'elles aient le temps de sécher avant de se trouver surchargées. Ce procédé conduit ainsi jusqu'au sommet do l'étage un massif qui l'cmplaco celui dp minerai.
Ht X6TI10DËS D'KXI-LOITATIO.1.
. Quant aux piles intercalées, on tes exploite en descendant, poiu' plus de facilité. Il est inutile de le? remblayer, les piliers de mcçonnerie sufGsant largement pour maintenir les parois. Seulement, on jette sur ce vide des ponts en difection, établissant la continuité des galeries d'allongement, qui sont ménagées pour les communications, pendant l'édification des massifs intermédiaires (').
MÉTHODE DE RABATA«E
507 — Généralitéf. — Lerafco/ffjeestunmodespccial d'esploilation, qui peut s'appliquer dans les glles sufOsamment redressés, quelle que soit leur puissance. II consiste, en principe, à pousser en avant une galerie A (lig. 554) au-dessus d'une autre B, préalablement établie â un niveau inférieur.
Toutes les deuî soiil réunies par une taille inclinée C. Celle-oi a pour toit le minerai, qui forme le front de taille de l'avancc- Fig. Kl. HBbaUg«(couic serticaïc). ment; OU lui donnc
pour sole le remblai, qui sertà combler le vide pi'oduil par cet avancement, et à boucher progressivement la galerie B. Cette dernière va donc incessamment en se raccourcissant, tandis que A s'allonge, et que la taille C se déplace parallèlement à elle-même.
L'inclinaison du chantier C est essentiellement celle du talus na* turel, que prend le remblai ameubli. Les wagonnets arrivent par la voie supérieure A, et sont culbutés au sommet delà taille. Les terres se mettent en place d'elles-mêmes. Au fur et à mesure que l'on
C) On trouvei-a au n° 554 l'élalilisscnieiit du prii de revient. li*i'S cxceptionn^. de cctlc esploilalioii.
MÉTHOMS DB REMBLAYAGE. - GITES PUISSANTS. 541
ajoute ainsi une épaisseuràla sole, on enlève, suivant une parallèle au talus, une épaisseur égale de combustible. Celui-ci roule au pied du talus, et on Ty charge dans des wagonnets, qui remmènent par la galerie inférieure B.
508 — Ce principe suppose essentiellement un charbon solide, pour se tenir ainsi en surplomb, et ne pas rendre dangereuse la situation de Touvrier. Il faut de plus avoir un bon remblai, capable de soutenir les bois, bien que posé d'un seul coup sur toute la hauteur de la zone exploitée, au lieu d*ètre successivement consolidé parle tassement de tranches distinctes sur cette grande épaisseur. Celle-ci devra, pour celte raison, être fixée, dans l'aménagement général, en tenant compte de la nature du remblai dont on dispose.
Cet appareil assure, d'une manière nette, l'indépendance des deux services du charbon et du remblai, dont le mouvement s'effectue pai* des voies distinctes. Il permet l'aérage ascensionnel. Il supprime les frais de la mise en place du remblai, qui s'effectue par la seule gravité.
En revanche, il oblige, pour la solidité du chantier, à en rétrécir la largeur, ce qui est défavorable au rendement du piqueur. 11 tend à salir le charbon, qui roule au milieu des terres, non sans danger pour les hommes, et il expose à en perdre une partie. Cet inconvénient est surtout sensible lorsque des mises schisteuses sont interposées entre les lits de la houille, car celte descente en commun tend à mélanger les deux substances et à en rendre le triage moins facile. Pour ce motif, on dispose dans les grands rabalages d'Allevard (Isère) des platelages , formés de rondins et d'écoins, et destinés à recevoir dans sa chute le fer spathique, en facilitant sa descente. On les enlève quand on veut ajouter une tranche de remblai» et on les rétablit ensuite.
Le principe du rabatage peut s'appliquer suivant deux modes distincts : en travers ^ ou en long.
SOS — Rabatage en travers ('). — Premier exemple. — Houillère
{*) Cette méthode a pris naissance à Monlran;bcrt, et porte pour ce motif le nom de méthode de Montramhert (Devillaine, Bull, win,, 1'% IV, 240). Elle figui'e
biG - MÉTHODES D'EXPLOITATION.
de Béxenet. —Lacouche àeBézenel(kl\\eT) est divisée en sous-^tages de 6 mètres de haulcur(fig. 555, 556, 357). Deux galeries d'allongement régnent sur toute la longueur du quartier : la voie supérieure, au mur ; la galerie inférieure, au toit. Le sous-étage est partagé en massifs de 16 mètres de long, qui torment l'unité d'exploitation.
Le dépilage d'un massif s'effectue en le partageant en quatre lopins A,B,C,D, de 4 mètres en direction. Ces lopins ne sont, du reste, pas identiques entre eux(Gg. 358).0n prend d'abord A, en lui donnant deux faces latérales, inclinées suivant le talus naturel des terres. En second lieu : B, dont l'enlèvement ne provoquera aucun éboulemenl
du remblai A, puisque celui-ci conserve son talus spontané. Il en sera de même pour C, qui est dépecé en troisième lieu. Mais, avant de prendre D, on a eu soin d'attaquer, en temps utile, le massif sui*
également k la Hui'c, ù Belnici (Is Terrible), SUe a été employée à BIirij. dû eU« t élé abandonnée, à la suite d'une discussion 1res attcnlive établie par II. I^titt^an, nin elle et la mélbode lioriionlale {Annala, 7*, )V, 07). On s'occupe d'en («ira un iMural
essai à Saiiitc^Eugûiiie.
MÉTHODES DE RENBUYAGE. — GITES PUISSANTS 547
vant, et d'enlever son premier lopin A'. Le dchouillement de D peut alors s'effectuer, sans difficulté» entre les deux talus naturels de C et de A' (*).
Pour dépecer un lopin (fig. 355), on branche sur la \oie de fond une traverse de 2 mètres de large, allant du toit au mur. A ce moment, on bat au large, sur les 2 autres mètres, et Ton monte une taille sur le mur (fig. 356), avec la largeur totale de 4 mètres. On commence alors le rabatage, en transportant le front de taille parallèlement à lui-même (fig. 357). Pour mieux soutenir le sous-étage supérieur, on réduit à 2 mètres la largeur de rentrée des remblais, comme on Ta déjà fait pour la voie de sortie des charbons. A cet effet, on relève les teiTCs sur 2 mètres de large, derrière un parement en pierres sèches.
Sf G — Deuxième exemple. — Mine de fer carbonate spathique d'Allevard. — A Saint-Pierre d'AUevard (Isère), le minerai est un carbonate spathique, présentant, après grillage, en fer et manganèse, une teneur de 42 Vo assurée dans le prix de vente, qui est de 12',00 à 12',50 sur wagon P. L. M., avec majoration en plus ou en moins suivant les écarts de richesse. Celui du minerai cru est de 8',00 pour Taffouage de Tusine d'Allevard. Le filon a été recoupé et rejeté horizontalement par des faiHes. Les tronçons, ainsi séparés, portent le nom de ruesy et constituent autant de lopins, que que Ton exploite distinctement. On les partage en étages de 25 mètres de hauteur, à l'aide de galeries d'allongement, qui suivent en zigzag les directions respectives des rues et des croiseurs. La galerie supérieure A sert pour l'arrivée des remblais (fig. 359, .360, 361), et la voie inférieure B, pour le départ du minerai.
On pratique sur le mur, du haut en bas de l'étage, une cheminée G, qui va sans cesse en se raccourcissant, et finira par disparaître. On prend une enlevure PQ, dont le front de taille se trouve en M. Son plafond est exactement parallèle au talus naturel des terres (').
(') On n'emploie guère, en général, pour Taménagement des gîtes minéraux, que des plans Terticaux, horizontaux, ou parallèles à la stratification. On remarquera donc, en passant, cette application spéciale de plans inclinés, qui ont une direction perpendiculaire à celle du gisement.
(*] Les figui*es 350 à 364 suppoifient ce lulus noloblcment plus couché que le gîte, tan-
848 MfTBODES nXPLOlTATiON,
Lorsque cetteépaisseur est abattue, on verse sur le massifdc remblai, en P, Q„ une épaisseur égale de stérile, que l'on introduit parla cheminée C. Ce massif, d'abord nul en B, s'étend peu à peu sous la forme triangulaire 6P,Q„ et Itnit par atteindre le point A en 3cll^ vant de faire disparaître la clieminée. Il devient alors trapézoïdal ea A'BT'iQ',, et les terres arrivent alors, non plus en glissant sur le mur, mais, au moyen du roulage, par la traverse A'?',, que l'on ménage dans la pose de ce remblai. Le trapèze, continuant à grandir, atteint le point b'. A partir de ce moment, on traverse une phase inverse de la première : le massif de remblai, d'abord triangu* laire, puis trapézoïdal, devient pentagonal; tandis que celui du remblai, d'abord pentagonal, puis trapézoïdal, se trouve doréna-
vant réduit à la forme triangulaire. On ménage aloi-s au loït une cheminée C, qui sert à descendre, dans la traverse inférieure, les minerais de la taille P'Q'. Quand cette cheminée, de hauteur croissante, atteint le sommet a", le dépilage est terminé.
Lorsque ta traversée devient considérable (fig. 362, 363, 564), oo en profite pour établir un chantier double, au lieu de l'atelier simple que nous venons de décrire. On perce, du haut en bas de l'étage, une cheminée C, alimentée de remblai par la traverse Ka. On pratique deux ralialages opposés PMQ et Vmq, qui écoulent leurs produits par les traverses QBet qh. Le massif de remblai PQ9 grandit peu à peu, tandis que la cheminée va en se raccourcissonl. Il ar-
dis que, dans le cas pi-ûc^etit, les ip^rti 355 i 3SS n'éublisuicnt pu de différence
importante à cet égard.
NfiTHODES DE REHBIATAGE. - GITES POISSANTS. 540
rive un momenl où les talus rencontrent, l'une après l'autre, les ex-
Fig. 3S. RabaUgo eu traven. HiDO de fer tpatblque d'AUcvaitl (coupo verticale cil inirn).
Iréinités B et 6. Le triangle du stérile devient alors un quadrilatère.
Fif. 3A3. RibiLage en tr>i«n. Mine de ter spathiqile d'Allev«r4 (coape (ciiicalG en Iravera).
puis un pentagone; les pentagones de minerai se réduisent, au
contraire, à des quadrilatères. On ménage au toit et au mur, des cheminées Q'B' et g'6', pour la descente du fer carbonate. La progression de l'ouvrage finit par atteindre le point d^ en achevant de supprimer la cheminée centrale. Le massif de remblai devient un hexagone ; ceux de minerai se réduisent à des triangles. Ils achèvent de disparaître, quand leurs cheminées respectives s'accroissent jusqu'au sommet de l'étage.
51 f — Rabatage en long. — Il existe entre ce mode et le précédent, la différence déjà rencontrée dans la méthode horizontale, qui comporte aussi les deux modes : en travers ou en long. Comme pour la méthode horizontale en long, il y a lieu de distinguer, dans le rabatage en long, plusieurs variantes, suivant l'importance de la traversée du gisement.
i" Rabatage unique en largeur et en hauteur, — Supposons d'abord le gite assez mince pour que l'on puisse en prendre d'un
/v,-^ ,; ;■ -V seul coup toute la largeur; et / ?' v^//''/V< ' en outre, sa solidité assez mar ^^y;^^^/i^V.^/:^-v quée, et le remblai assez bon ^ pour permettre également d'à
'■"iSim:™ STune'""* b<"^er une hauteur impor
(coupe par le plan du dressant). tante.
On partage alors la couche en étages (fig. 365), par des niveaux successifs, et l'on conduit, dans chacun d'eux, un rabatage sur une longueur indéfinie (^).
51 !S — 2^ Rabatage unique en largeur, multiple en hauteur, — Supposons, en second lieu, une couche assez mince pour être prise d'un seul coup dans toute sa largeur, mais un charbon d'une solidité trop médiocre, ou un remblai de consistance insuffisante» pour affronter des hauteurs aussi considérables que dans le cas précédent.
('] Cette méthode est suivie à Lalle, à Carmaux, et dans les parties inctinées de b couche des Littes, à la B^raiidière.
NfiTHODES DE REHBUyAGE. — GITES PUISSANTS. 551
On continue à fractionner la couche en étages ; mais chacund'eux
est subdivisé lui-même en zones horizontales (fig. 566). que l'on
prend dans l'ordre ascendant, en montant, pour chacune d'elles, sur le remblai de la précédente.
EiSS NËTHODGS D^PLOITATION.
Les figures (366 cl 567) (') représentent la coordination que l'on établit entre plusieurs exploitations semblables, installées daos des couches minces rapprochées, de manière à comporter un amÉnagementcommun. tout en restant séparées par des cntre>deus, asseï importants pour pouvoir être respectés. L'étage est déterminé par deux maltresses-voies, P à la base, Q au sommet, que je su^Hise, pour fixer les idées, pratiquées dans la roche du mur. Des traversbancs p partent deP, traversent toutes les couches, el aboutissent à celle du toit A. en déterminant, pour chacune d'elles, une diiiT-
sion en panneaux. D'autres travers-bancs 9, branchés sur Q, aboutissent au milieu de ces panneaux. Des cheminées u servent i descendre dans les chantiers le remblai amené par Q et 9. Des cheminées v permettent la descente du charbon, qui est évacué par;> et P. D'autres couloirs w restent libres, pour le passage des hommes et de la ventilation, qui parviennent par les voies P et p dans les tailles. L'air monte ensuite à l'étage supérieur par des mai liages spéciaux.
(') La description fuimnlc se rapporin A 1» mine que posiiMc la CoTnpi);nie du Crculol i BniEtic (Puy-de-DOmc).
H^HODES DE REHRLWAGE. — GITES PUISSANTS. S55
Les tronçons m représentent ce qui reste de la taille précédente.
conduite à ce niveau, et qui va incessamment en se raccourcissant
par l'avancement du rabatage l. Il servent h conduire aux chemi-
nées V le charbon de ces rabatages. Les parties n figurent^la taille nouvelle, attaquée à un niveau supérieur, en montant sur le remblai de la précédente. Elles s'allongent progressivement, et conduisent aux rabatages le remblai, descendu par les cheminées u.
518 — 3^ Rabatage multiple en largeur et en hauteur. — Supposons, enfin, que la puissance devienne trop considérable, pour que Ton puisse prendre toute la largeur du gîte au moyen d'un seul rabatage.
On partage alors cette traversée en un certain nombre de rabatages contigus. On peut, en quelque sorte, passer, par la pensée, de la méthode précédente à celle-ci, en réduisant progressivement à rien les entre-deux (*).
L'étage est formé de deux tranches (fig. 568). On y pratique deux galeries d'allongement P et Q, que je suppose, pour fixer les idées, établies près du mur, la première en tranche inférieure, la seconde en tranche supérieure. La petite bande, comprise entre ces voies et la roche, est prise à part, comme dans plusieurs méthodes précédentes, et je n'y reviendrai pas. Sur ces galeries costresse^, on branche des traverses : p au niveau inférieur, et q dans la tranche supérieure. Les premières sont projetées au milieu des panneaux déterminés par ces dernières. Ces traverses forment à leur tour des bases d'opérations pour des systèmes de recoupes contiguës, telles que m, qui sont déhouillées l'une après l'autre, en revenant du toit vers le mur.
Pour prendre une recoupe m, on attaque en première tranche par les traverses/?, avec deux équipes de piqueurs qui se tournent réciproquement le dos. Lorsqu'on est parvenu sous les traverses g, on crève en seconde tranche, on verse du remblai par ç, et l'on
(*) Cette méthode intéressante est appliquée à Cransac (mine de la Balance), avec les maltresses-Yoies au toit (Bidache, Bull, min., 2*, VU, 351). La figure 569 présente le plan réel de cette mine, en même temps que la figure 368 fournit le diagramme théorique de sa description.
C'est à dessein que j'ai rapproché ces deux sortes des figures, afin de montrer la difîérence qui sépare l'abstraction de la réalité, en raison des nombreuses causes secondaires de perturbation, que les cii*constances opposent à la rigueur des conceptions. Les praticiens reconnaîtront que j'ai choisi, pour cet exemple, Tun des cas dans lesquels la différence est le moins accusée. La plupart du temps, il faut une certaine expérience, pour permettre de reconnaître, dans un plan de mine, l'application des descriptions qui ont été présentées d'une manière systématique dans le cours. On trooyera quelques autres types de plans réels dans les chapiti*es XLVII et XLVin, consacrés aux accidents de mine.
La même méthode se rencontre encore à Cransac (mine de la bifurcation), non plos en tranches horizontales, mais aTec des tranches inclinées.
HËTHWES DE REHBUÏAGE. — GITES PUISSANTS. SâS
revient en rabalage vers p. Pendant cette phase rétrograde, *on écoule, comme tout à l'heure, les charbons par In recoupe inférieure jusqu'à la traverse p. d'où ils passent danslavoie-maitrcsse P. En même temps, on remblaye cette recoupe inférieure par le rabatage, au moyen des terres que l'on amène par Q et g. On arrive ainsi à déhouiller toute la recoupe supérieure, en remplissant celte du fond ; après quoi l'on remblaye, en reculant, la recoupe supérieure elle-mfime. C'est alors que l'on passe au couple contigu de recoupes.
M4 — 4* Rabotage à double renMai. — On a combiné ('), avec la méthode de rabatage, l'idée ingénieuse que nous avons déjà
rencontrée dans la méthode des gradins {n" 482), lorsqu'il s'agit d'exploiter un âlon de matière précieuse. Elle consiste, ainsi que nous l'avons vu, & se servir temporairement de la partie la moins riche, comme remblai provisoire , en finissant cependant par tout sortir, au moyen de l'introduction d'un remblai définitif, absolument stérile.
Le filon est aménagé en étages parles niveaux A,B (ûg. 370), et
(<) h la mine d'Amebei^ (Suède), où l'on eiploite ainsi un gtle de blende arjcnti- Rre, inieratratiHé dans' les, masses de gneiss, et fournissant, par année, une diiaine de milliers de lonnes de minerai lavé.
en lopins par les montages P,Q. On conduit un rabatage n/m, en attaquant en / le minerai a, expédiant au jour le plus riche, après un triage sommaire, par m, Q, A; et gardant, du plus pauvre, une quantité suffisante pour accroître en ^ le massif de remblai riche, sur lequel est monté Touvrier, et qui va en d'allongeant de n vers m.
Quand l'ouvrage a percé dans le montage Q, on suspend Tabatage pour cet atelier. On vide, par P et A, tout le massif de remblai riche. Puis, Ton remplit la bande p avec du remblai stérile^ amené du dehors par B et P ; en conservant seulement la galerie n sur toute la longueur du lopin, pour qu'elle devienne la voie de débardage, par Q et A, du minerai que produira un nouveau rabatage, attaqué en P, au-dessus du précédent.