‹ Cours d'exploitation des mines (volume 3)Chapitre 107 sur 120 · APPAREILS A COURANT ASCENDANT · texte numérisé non relu

APPAREILS A COURANT ASCENDANT

f 33!S — Si nous nous reportons, pour un instant, en arrière, nous voyons que, de la chute prolongée en eau stagnanle, qui forme le point de départ du criblage à la cuve, nous sommes passés à une succession de petils mouvements, dans un bain également en repos. Ensuite, par la considération du mouvement relatif, nous en avons déduit le bac à piston, dans lequel, inversement, la charge est immobile, et l'eau se trouve lancée contre elle, avec de petits mouvements propres. Nous nous trouvons dès lors amenés natu-

rellement à compléter ce cycle d'idées, en conservant le mouvement relatif, mais lui restituant Tétendue et la continuité qui caractérisent la première des trois combinaisons précédentes.

Ce quatrième mode consistera donc à faire travei*ser la charge par un courant ascendant continu. Dans ces conditions, un certain numéro précis d'équivalence, en relation avec la vitesse V du courant, d'après la dimension / du grain et sa densité S (suivant l'équation 5, page 727), restera, en quelque sorte, suspendue sur ce courant. Les valeurs plus élevées appartiendront à des grains qui tomberont au fond, malgré l'action de la source; et les valeurs moindres, à des matières qui seront entraînées au fil de l'eau, vers la partie supérieure. De là, une nouvelle classe d'appareils de classement par équivalence, que l'on désigne sous le nom d'appareils à courant ascendant ^ ou wasserstroniapparat. Ils sont, comme les précédents, susceptibles de nombreux dispositifs (*).

M. Thoulet a exécuté un ensemble intéressant d'expériences, pour déterminer la vitesse V capable de maintenir en suspension des grains de divers diamètres, ainsi que l'effort F exercé sur eux. Il a donné, à cet égard, un tableau très détaillé (*), dont nous extrayons les résultats suivants. Les diamètres y sont exprimés en millimètres, les vitesses en millimètres par seconde, et les poids en milligrammes.

(*) Indépendamment de ceux de ces appareils que nous décrÎTons plus loin, on peul encore citer les suivants : Bac d'Engis (Boutan, Traité d'exploitation de Callony III. 67). — Sizing-box. — Spitzlutte (Annales, 7% II, 285). — Lavoir Thirion (Boutan, ibidem, 60). — Schlammpeter (Henry, Annalet, 6*, XîX, 355). — Appareils de Saint-Goar (ibidem, 349).

(«) Anmtcs, 8*, Y, .V21.

CRIBLAGE A LA CUVE.

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76i PRÉPARATION «ËCANIQUE UES HINEIUIS.

1333 — Heberwâsche. — M. Oslerpey a imaginé, pour la laverie de Mechernich, le laveur suivant, qui fonctionne sous une pression importante (fig. 788, 789, 790). L'eau est reçue dans le compartiment central, qui a 16 mètres de haut, et passe dans celui de

droite, ii travers un tamis trop fin pour se laisser traverser par le minerai. La lavée, amenée par un eourant de surfare au-dessus de cette cuve, y chavire, les parties lourdes tombant sur la claie, tandis que les matières légères sont relevées par le courant de fond, cl continuent leur chemin horizontalement.

Lorsqu'une quantiic importante de grenaille s'est déposée sur le (amis, elle en bouche les pores, amortit ta force de l'eau, et risquerait de troubler les conditions de l'opération. Mats cette résis-

CRIBLAGE A LA CIVE.

tance, en exigeant une plus grande pression, fait monter le niveau, dans le compartiment de gauche. Elle y soulève un piston qui fait basculer un levier, et enlève le bouchou du fond de la cuve. L'orifice, ainsi ouvert, livre passage à la charge, qui se dégorge par le tuyau d'évacuation; après quoi tout recommence.

Le réglage dépend de la hauteur que Ton donne au piston, à l'aide de son attache variable sur le levier. Cet organe, d'une très grande activité, peut passer 1400 à 1500 tonnes en 24 heures. .

1334 — Classeur Dor. — L'appareil (') se compose d'un certain nombre de barillets en zinc superposés (fig. 791). Le courant jaillit par le tuyau de fond. Refoulé par le cône, dans lequel il débouche, il s'épanouit en nappe, et vient couper, au pied, la coloime descendante qui amène la lavée.. 11 la refoule avec les matières légères, qui sont reçues dans un compartiment latéral. Les parties lourdes tombent dans le barillet suivant, où un courant plus fort opère un nouveau départ. Le volume des récipients va en se restreignant successivement, puisque la matière diminue elle-même progressivement , et que l'eau les traverse de plus en plus vite.

Cet appareil, qui est un éboueur très net, pour séparer des substances notablement diflérentes, fait peu de besogne, et dépense beaucoup d'eau. Il peut traiter 4 tonnes environ en 10 heures.

Fig. 791. Classeur Dor

1335 — Classificaieiir Bultyenbach. — Ce classeur vient d'être proposé (*) pour le traitement des schlamms charbonneux (fig. 792, 795).

(') liev, univ» d. m. et u., 1860, 631. P) Hoitzer, CHM, 1884, 71.

im PIIËI'AIIATION MÉCANIQUE DKS NIM'^IUIS.

La lavée est donnée par le chenal A. Elle descend parle conduits et pénètre, h travers l'ouvetlure C, dans le compartiment D, qu'elle parcourt d'abord en descendant, puis en i-emontant. Les conditions d'équilibre dans le ruurunt ascendant, déterminent, au point le plus bas, le dépôt d'une certaine sorte déterminée, encore facilité par la force centrifuge due à ce changement de direction. Un agita-

teur E empôclie ces matières de se prendre en masse. Elles sont évacuées par le luyautago FG. Le reste atteint, par l'orifice H, le second compartimeni, et. en I, le troisième. Dans l'un et l'autre, se déposent des sortes différentes; car le courant s'est affaibli successivement, en raison des perles d'eau ducs aux tuyautages d'évaruation. Le surplus disparait enlln par le conduit J.

Cet appareil parait simple. l'ne fois réglé, il e\igc peu de surveillance. Avec une caisse de i"',50 décote et '2°',00 de hauteur, on est arrivé à traiter 20 a 50 tonnes par jour.

f 880 — Lavoirs à barrages. — On a essayé récemment ('), a" charbonnage Friedrich-Wilhelm (Dortmund), un appareil de lavage consistant en une auge, barrée de distance en distance par une planche, au pied de laquelle sourd un courant de fond, qui aide les

(') Pclera (Flev. mii». d. m. el u., 2-, XV. 235).

CRIBLAGE A LA CUVK. 767

matières à sauter par-dessus ce barrage*. Les charbons y réussissent, le schiste s*accumuie au pied du seuil.

On peut rattacher, à ce principe, la plupart des appareils employés, stir les placers, pour le lavage de Tor. On mot la lavée en mouvement dans un chenal coupé par des ressauts. Le courant est forcé de se redresser pour franchir Tobstacle. 11 fait remonter avec lui les grains dont Téqui valence le permet, sans avoir, pour cela, comme dans le cas précédent, le secours d'un courant étranger venant du fond.

Le berceau (fig. 794) en est le type le plus rudimentaire. A la tête, se trouve un crible, sur lequel on jette les matières, et qui retient les plus gros morceaux. Une toile inclinée dirige les sables fins vers le sommet vig. 791. Berceau.

de la table, où commence

Técoulement. L'ensemble de l'appareil est susceptible d un balancement transversal, analogue à celui d'un berceau d'enfant. Ce mouvement sert à brasser les matières, pour dégager les parties lourdes, de celles qu'elles ne doivent pas retenir. La poudre d'or la plus fine est facilement entraînée avec ce dispositif, ce qui occasionne im déchet considérable.

Le long-tom est un organe analogue et plus puissant. On a soin d'y verser, derrière les planchettes transversales, du mercure, qui fixe l'or au passage, et diminue la perte des parties fines.

Le sluice-boxe réalise, sur une très grande échelle, cette intervention du mercure. Il se compose d'un canal en charpente de 1™,00 à 1",80 de largeur sur l'",00 de profondeur, et une longueur absolument indéfinie, qui atteint quelquefois 1 ou 2 kilomètres. Les parois latérales sont garanties contre le frottement des matières, par des revêtements en planches, que l'on renouvelle quand ils sont usés. Le fond est suffisamment préservé par un pavage en gros blocs, arc-boutés avec des cailloux d'un moindre calibre, de manière à ne pouvoir être déchaussés par le courant. On achève de remplir les intervalles avec des cailloulis, et l'on verse, à l'aide d'un

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Ï(j8 FUÉl>AHATION MÉCANIQUE DES MINERAIS.

arrosoir en fer, du mercure sur toute la longueur, à raison d'une quinzaine de kilogrammes par hectomètre. On Taccumulc de préférence à la partie supérieure, car il aura une certaine tendance à descendre sur la pente, qui varie de 2 à 6 centimètres par mètre. Les matières à laver sont charriées par un fort courant d'eau. Les substances pierreuses glissent sur le mercure. L'or y pénètre en raison de sa densité, ce qui lui permet de s'amalgamer progressivement. On écarte les plus gros morceaux au moyen de grilles, sur lesquelles ils roulent, et sont rejetés hors du canal. On élimine de môme, pour les traiter à part, les sables les plus fins à l'aide d^under-currents, sortes de cribles pratiqués dans le fond du sluiceboxe, où ils ménagent la fuite de ces matières, avec une partie de l'eau. Elles barbottent ainsi plus librement, dans le mercure de ce couloir secondaire, et rentrent, plus loin, dans le courant général. Lorsque l'on pense que le mercure est assez chargé, on arrête ropéralion, et l'on dépave le canal, en lavant ses matériaux à l'eau pure. On recueille l'amalgame, qui se rassemble derrière de petits barrages ménagés sur le fond du canal. La consommation d'eau peut être estimée à dix fois le volume du gravier soumis au lavage; mais elle reste, bien entendu, très variable.

1337 — Lavoirs à rainures. — Un effet analogue s'obtient en disposant, transversalement, des rainures au lieu de saillies. Le courant s'y engouffre, et, avec lui, des matières qui ne peuvent plus, ensuite» en sortir, tandis que les plus légères continuent au fil de l'eau.

V ingénia, employé dans l'Amérique du Sud (*), est un canal dont les parois sont muraillées et le fond empierré. A l'entrée, se trouve une cavité formant ressaut, suivie d'une partie plane, recouverte d'une grosse toile, de rouleaux de mousse, et de treillis de roseaux. A la fin de la journée, on relève ces rouleaux, ainsi que les nattes, et on les lave avec soin, pour recueillir l'or qui s'y est arrêté.

Dans leur appareil à angles déterminés, MM. Rivière-Dejean et Allain(') établissent, en tête, un débourbeur destiné à rendre aussi indépendantes que possible, les parcelles qu'il s'agit de recueillir.

(?) Génie civil, V, 221.

(^) Rapport de M. de Cizancourt. Alais, 1878.

CRIBLAGE A LA CUVE.

Les matières aurifères passent ensuite sur une table inclinée de 10 à 14 degrés, et portant des rainures transversales d'une forme déterminée. Elle est, pour la facilité de la manœuvre et du transport, constituée de segments distincts, au nombre de 15, pesant 12 kilogrammes, et portant chacun une rainure. Le courant glisse sur la table, chavire dans les rainures, où l'eau se brise, et ressort du fond, pour continuer son cours. Elle relève facilement les matières légères, et les entraine plus loin; mais les parties lourdes restent dans ces sortes de fossés, sans que le courant ait la puissance de les en extraire. Le contenu de ces rigoles s'enrichit ainsi progressivement. L'ouvrier le sollicite doucement, pour y remettre en suspension les pierres qui tendraient à s'arc-bouter, et leur permettre de reprendre leur course. 11 arrête Topération, lorsque les sables sont suffisamment enrichis, et les recueille en reprenant, l'un après l'autre, les segments qui composent la table.

L'appareil «Thénot (*) présente également une série de ressauts, dont le fond est rempli de mercure, pour effectuer l'amalgamation; mais la complication et le soin avec lesquels il est établi, nous amènent aux confins de la métallurgie proprement dite, sur le domaine de laquelle nous ne voulons pas empiéter.

APPAREILS A COIJRAIVT HORIZONTAL

1338 — Généralités. — Le principe du criblage à la cuve, dont nous venons de passer en revue les quatre manières d'être fondamentales, a son point de départ dans le mouvement effectué, au sein d'un milieu résistant, par un grain soumis, à partir de l'état de repos, à l'action de la pesanteur. La gravité lui communique progressivement une vitesse, que le corps ne possédait pas à l'avance, et qui va constamment en augmentant, bien que la réaction du liquide ait pour effet de modérer la rapidité de l'accroissement qu'elle prendrait, sans cela, dans le vide.

(») CRM, 1884,131.

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Un mode d'action qui, malgré son analogie apparente avec le pré* cèdent, présente, au fond, une différence fondamentale, consiste à lancer le grain horizontalement, avec une vitesse initiale, et à l'abandonner, en cet état, à Tinfluence d'un milieu résistant. La pesanteur agissant alors dans un sens transversal, le corps décrit, en réalité, une trajectoire curviligne. Cette recherche constitue un problème bien connu en mécanique : celui du mouvement des projectiles. On a réussi à ramener aux quadratures l'intégration de ses équations. Mais elles n'en restent pas moins d'une complication hors de mesure avec la nature des études qui nous occupent en ce moment. Il nous suffira ici, pour chercher la loi du mouvement horizontal, de faire abstraction de la chute verticale, qui a des débuts très lents, puisque la vitesse initiale n'a pas de composante dans ce sens. La pesanteur ayant une projection nulle sur cette direction, la seule force qui ait à figurer dans l'expression de l'accélération de ce mouvement rectilignc, sera la résistance du milieu, essentiellement retardatrice. La vitesse initiale ira donc continuellement en diminuant, à l'inverse de ce qui a lieu dans le criblage à la cuve, où elle est sans cesse croissante.

L'expression de la force totale garde encore, avec les notations

du n° 1304, la valeur /7' ^^ ^^ somme algébrique des pro-

jections, sur la direction du mouvement, de toutes les forces agissantes, se réduit à la résistance bl^v^. On aura donc, en divisant les deux membres par Z* :

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L'intégration de cette équation serait bien facile, mais il est inutile de la développer, car il suffit de remarquer que la constitution du corps influence cette loi de mouvement uniquement par le produit fô de son diamètre et de sa densité absolue. Si donc deux grains présentent des dimensions et des densités inversement proportionnelles, ils chemineront de conserve, et subiront le même sort. Delà, un nouveau genre d'équivalence, distinct de l'ancien, en ce que, dans la

CRIBLAGE A H CUVE.

ionction caractéristique 1{S — 1), la densité absolue a pris la place de la densité dans l'eau. On a basé, sur ce mode d'action, divers appareils de classement {').

1339 — Spitzkasten. — Les spitzkasten ou caisses pointues, dues à M. de Rittinger, présentent la forme d'un tronc de pyramide quadrangulaire (fig. 795, 796). On les dispose, à la suite l'une de

Fig. 795. SpiUliKstcn (plan hori

l'autre, et légèrement en cascade, avec des dimensions croissantes. Un courant d'eau règne de la tête au pied de l'appareil. H est clair que, dans ces conditions, il s'amortit en débouchant dans chaque caisse, en raison de l'énorme variation que subît sa section ; mais il reprend ensuite une certaine vitesse, sur chacun des hauts-fonds, qui forment la transition d'une caisse k l'autre. Le grain se trouve ainsi, à chaque passage, lancé horizontalement dans un milieu, que l'on peut considérer comme stagnant. Les matières éprouveront dès lors, pendant la traversée de chaque caisse, le genre d'action qui vient d'élre décrit, et les dilTérents fragments seront influencés, d'après les valeurs du produit M afférentes à chacun d'eux. Les uns verront leur vitesse horizontale très amortie. La pesanteur aura donc le temps de les abaisser d'une quantité telle, qu'il leur deviendra impossible de gravir la contre-pente, pour

{■)Je citerai encore, indépendamment des suivants, le Iricbter, et le spiiigerenne {Annula, C, X[l,353}.

772 PRÉPARATION MÉCÂMQUE DES lONERÂlS.

remonter sur le seuil suivant. Ils achèveront, pai suite, de todber au fond de la caisse, et se trouveront définitivement séparés de la masse. Les autres, à peine influencés par la gravité, (ranchiroDl l'intervalle. Une seconde caisse détachera alors une nouvelle sorte, en raison de la différence de sa section avec la précédente, qui produira une variation correspondante dans la vitesse. Celle-ci, plus réduite encore que précédemment, demeurera impuissante! relever certains grains, qui avaient pu franchir le premier obstacfe. Le triage continuera dans les caisses suivantes. On aura ainsi, ea définitive, isolé, dans des récipients distincts, des sortes qui rcront par la valeur du produit fè, correspondant à la nature grains qui les composent.

Tantôt on ouvre, de temps en temps, les caisses à IVide d'une bonde de fond, que Ton soulève pour donner une chasse. D'autres fois le débit est continu, comme l'indique la figure 796, et te matières sortent d'une manière incessante, avec une quantité d'eau que l'on cherche à réduire au strict nécessaire.

1340 — Les spitzkasten, et, avec moins de' perfection, le labyrinthe, dont nous parlerons bientôt (n** 1360), jouent, à l'égard des matières les plus fines (réservées pour les tables ik lavage, d'après les méthodes qui feront l'objet du chapitre suivant). un rôle semblable à celui des classeurs de volume, pour les sabb plus gros et les grenailles destinés au criblage à la cuve. Soos avons reconnu (n° 1306) que le classement forme alors une «a-

ditiôn indispensable à la rigueur de l'opération. Une cei'taiK homogénéité est également nécessaire pour que le lavage sur te tables s'effectue dans des conditions satisfaisantes. Comme il devieol impossible d'opérer industriellement, pour des matières aussi lénues, le classement d'après le simple diamètre, on cherche, i^ moins, à en approcher jusqu'à un certain point, au moyen dune classification procédant d'après le produit fô, pour obtenir unsortis^ sage préalable.

1341 — Classeur de Steinenbrûck. — Les spitzkasten sonteilKmoment encombrants. On a réussi à condenser le même mode d'ac=

CRIBLAGE A LA CUVE.

tion, à L'aiiJe du dispositif que représente la figure 797. Les grains débouchent ensemble, avec une même vitesse initiale, dans une caisse paratlélipiptidique assez allongée. Les deux genres d'équivalence ont alors le temps de les solliciter à la fois : 1" par le refoulement de la vitesse horizontale acquise, d'après l'expression li; 2* par le développement progressif de la vitesse verticale, d'abord

nulle, suivant la fonction 10 — i). Ces corpuscules décrivent, par suite, des trajectoires plus ou moins tendues, dont des faisceaux distincts vont s'engouffrer successivement, dans chacun des compartiments formés par les prismes triangulaires qui garnissent le fond. Ils s'en échappent ensuile, avec une certaine quantité d'eau, à travers les conduits ménagés à cet effet.

On peut passer, en 10 heures, sur un semblable appareil, 20 tonnes de minerai métallique, avec une dépense de 1/3 de mètre cube par minute.

134S — Caisses pointues à courant ascendant. — On a combiné une action mixte, analogue à la précédente, en associant, avec le principe du courant horizontal, celui du courant ascendant (n* 1352), qui procède également d'après la fonction / {5 — 1). On fait alors déboucher, au fond de chaque caisse pointue, une véritable source, qui ralentit la chute des grains les plus lourds, en aidant les plus légers à se relever, pour franchir le seuil suivant.

Cette combinaison présente une cause particulière de confusion.

CRIBUGE À LA CUVE. 175

due à la fonne pyramidale des caisses, très inférieure, au point de vue de ce fonctionnement, à la nature prismatique de l'heberwâsche

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(nM333).En effet, la section du courant augmentant d'une manière aussi marquée, la valeur de la vitesse, au lieu d'être déterminée el constante, va en décroissant. Il y aura donc une catégorie très étendue de grains, incapables de gagner le fond, en raison de la puissance de la source, et également hors d'état de parvenir jusqu'au seuil, faute d'une vitesse capable de les soutenir jusque-là. Il se formera ainsi un nuage flottant, et encombrant, très nuisible pour le triage de la portion des matières qui excède, dans un sens ou dans l'autre, les limites dont il vient d'ôtre question. Aussi se voit-on obligé d'arrêter, de temps en temps, l'arrivée du minerai, et de donner une chasse, pour se débarrasser de cette partie flottante.

1343 — Méthode Luhrig et Coppée. — On trouvera encore un troisième exemple d'une association analogue de principes distincts, dans la méthode de lavage de MM. Luhrig et Coppée (*), qui a pris un grand développement pour le traitement des charbons fins, inférieurs, par exemple, à 10 millimètres. Elle repose (fig. 798, 799) sur la combinaison d'un classement de volume, aussi satisfaisant qu'il est possible, avec l'emploi des spîtzkasten et des cribles à feldspath (n° 1330). Chacun de ces derniers traite, à part, le produit de l'une des caisses pointues. L'eau du lavage est ensuite clarifiée; et, après le dépôt des limons, elle repasse sur les appareils.

Le réglage du système est souvent laborieux, et il exige beaucoup de tâtonnements. Mais, quand on est arrivé à le mettre dans une relation convenable avec la nature du combustible, on obtient, pour les résultats, une précision remarquable. On voit souvent la moyenne de la teneur en cendres osciller avec des variations, qui sont réduites à 1/2 7o- La course est très faible : 2 à 15 millimètres; mais le nombre de coups, qui est au moins de 100, peut s'élever jusqu'à 200 par minute.

(») CRMy 1881, 31, Matrol ; 64. Georges Vuillemin ; 78, Bessard; 199, Marie. — Burat Criblage, lavage et épuration de la houille, in-4*, 1881, p. 17. — Rathbone (Trmaact NEU XXIX, 159). — Kreischer. Uber Verânderung und Verbesserung bci den Kohlenwâschen nach Luhrig's System (Jahrhuch fur dae Berç- und HOttenwesen im KÔnigreiche Sachaen, 1881).

CRIBLAGE A U CUYE. 777

L'importance du rôle des spitzkasten dans cette combinaison a été contestée (*). On a remplacé ces organes, à Blanzy, par un simple trommel à trous ronds de 4 et 7 millimètres. Dans ces conditions, nous revenons alors à la solution simple du criblage à la cuve, succédant à un conditionnement par volume particulièrement soigné (n^ 1306).

1344 — Classeur à vent. — De même que l'emploi de la considération du mouvement relatif a provaqué (sous le bénéfice des observations qui ont été présentées, à cet égard, au n* 1517) le passage du crible ù eau stagnante au bac à piston ; de même, elle peut nous permettre une transformation analogue, en ce qui concerne le mouvement horizontal. Au lieu de lancer dans ce sens, au sein d*un milieu stagnant, un grain qui possède, à la fois, la vitesse acquise horizontale, et la vitesse verticale progressivement due à Faction de la gravité, attribuons distinctement, au liquide et au minerai, chacune de ces deux composantes. Imaginons, à cet effet, une matière tombant en pluie verticale, dans un fluide qui forme un courant horizontal. Il est bien vrai que le moyen de réalisation industrielle présenterait de grandes difficultés, si Ton voulait continuer à se servir, pour cela, de Teau. Mais Tobstacle disparait, si Ton se rejette sur l'emploi d'un courant d'air, qui n'est jamais embarrassant. De là l'invention des classeurs à vent (*).

Leur principe est analogue à celui du vannage^ que l'on applique aux céréales. Le vanneur leur imprime périodiquement un mouvement qui les lance verticalement. Le vent agit de manières très inégales sur la balle d'avoine et sur le grain, en raison de la disproportion des surfaces que les deux substances lui présentent, à égalité de masse. La première est entraînée par le courant d'air, et le dernier retombe dans le van.

M. Thoulet a donné C), sur l'entraînement des grains par l'air, des résultats résumés dans le tableau suivant : «

(«) CRM, 1885, 64, Marie.

(*) CRM, mars 1878, 68. — Hochstrate. Die Kohlen Aufbereitang auf der Steinkohlenicche Rheinpreussen {ZeiUchrift BHS, XXX, 279;. — Planink. Die KohlensepatioD mit Windstrom [GEêterreichUche Ztitschrift f. B, u. /T., 1880, 119).

(») Tlioulet. Annaleê, 8-, V, 529.

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CRIBLAGE A LA CUVE. 779

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1345 — Cette donnée a été appliquée, à Taide d*un mouvement continu, et non pas alternatif comme dans le vannage, pour des schlamms tellement fins, que le contact de l'eau les convertit en une pâte, sur laquelle les divers modes de lavage demeurent impuissants. On l'emploie de même pour des lamelles excessivement minces, telles qu'en donnent les tellurures d'or du Colorado, qui surnagent et sont entraînés par l'eau, au lieu de participer au criblage. On l'a également signalé pour des charbons que Ton 1^

voulait éviter de mouiller. Ce moyen a enfin été recommandé en vue des pays chauds, où l'eau manque, tandis que les poussières sont naturellement sèches et très mobiles. En dehors de ce cas, il sera ordinairement nécessaire de dessécher préalablement les matières, par l'application de chaleurs perdues, telles que celles des gaz des foyers, ou de la vapeur d'échappement.

1346 — Dès l'année 1825, M. Grand-Besançon a proposé l'application de ce procédé (*). La Société de la Nouvelle-Montagne l'a réalisé vers 1852 (*).

M. Hochstrate l'a employé pour le traitement des combustibles, au charbonnage de Rheinpreussen ('). La charge glisse sur un tamis, devant la bouche d'un ventilateur, dont l'action entraîne la houille plus loin que le schiste. Une chambre à poussières reçoit les matières les plus fines. Quant à celles qui se déposent, elles sont reçues sur une toile sans fin, animée d'une vitesse inverse de celle du vent.

Un classeur analogue a fonctionné autrefois à Engis, où il a été abandonné, en raison des frais occasionnés par la dessiccation (*).

M. Krom, de New- York (*), actionne, à l'aide d'un arbre à cames, un piston à charnière, analogue à un soufHet. Uu ressort le ramène brusquement, quand il est abandonné par la came, ce qui

(') Grand-Besançon. Appareil yentilatear pour la séparation des minerais de leur gangue (Annaleê, 2% IV, 297).

(») Pemolet père (Annales, 5-, IV, 153).

(>) Basianx et Léonard (Rev, univ, d.m.etu,, 2% IX, 135).

(*) Boutan {Traité tt exploitation de Callon, UI, 73).

(*) Habets. Happcrte du jury international de l'exposition de 1878, groupe VI, classe 50, p. 247.

permet d'imprimer à l'air un mouvement saccadé de 500 pulsations par minute, de manière à pouvoir opérer sur des matières impalpables.

Un trieur à soufflet a fonctionné à Genolhac (*) , pour traiter des terres ferrugineuses contenant 7 7o de galène; et, dans le sud de l'Espagne, avec des scories de plomb d'une teneur de quelques centièmes. Pour régulariser l'action du vent, on le fait passer à travers trois toiles métalliques de 40, de 5 et de 1 dixièmes de millimètre. Ce traitement expose, à la vérité, les ouvriers à la respiration d'une atmosphère éminemment insalubre.

M. de Soulages (*) a introduit également, dans sa méthode de traitement (n° 1292), un ventilo-séparateur , fonctionnant par la force centrifuge, comme les appareils dont nous allons maintenant nous occuper. L'emploi des classeurs à vent s*indiquait, dans ce cas, d'une manière rationnelle, puisque les matières sont amenées à un état de grande division, et qu'elles sortent, encore chaudes, d'un torréfacteur.

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