NOMBRE ABSOLU
PROPORTION
en centièmes
Chanvre.
Plats.
Aloès.
Id.
Fer.
Id.
Id.
Ronds.
Acier.
Plats.
Id.
Ronds.
7S85 — Chanvre. — Parmi les textiles, le chanvre a été le plus anciennement employé. Il ne convient toutefois que pour les puits secs. Dans l'humidité, il est au moins nécessaire de l'imprégner périodiquement de suif bouillant. Le chanvre craint beaucoup le mauvfilis air, dans lequel il se corrompt comme les bois de mine (tome I, page 249). Si l'extraction, contrairement aux règles ordinaires, est installée dans un puits de retour d'air, il faut recourir à l'emploi des câbles métalliques.
On augmente la durée par le goudronnage. On peut goudronner directement en fil, ou en corde après misage. Le premier mode est le plus efficace. La quantité de goudron fixée par les fibres végétales se règle d'après la vitesse avec laquelle on fait passer le fil dans un bain de goudron, qu'on l'assujettit à traverser au moyen d'un système de rouleaux de renvoi. Il faut tenir la main à ce que la proportion ne dépasse pas 20 7o* Oi^ recommande de laisser ensuite reposer le câble pendant six mois, ou même un an, entre le moment de la fabrication et celui de la mise en service. L'assimilation plus complète
(») CRM, 1884, 87
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du goudron dans ces conditions assure un supplément de durée, que certaines observations ont conduit l'Amirauté anglaise à évaluer à 10 7o- U est d'ailleurs toujours bon d'avoir, sur le carreau d'une mine, un ou deux câbles en avance, pour éviter tout chômage en cas de circonstances imprévues.
La variabilité de la proportion de goudron est de nature à jeter une certaine incertitude sur les coefficients de résistance. Dans le district de Dortmund (Westphalie), on indique pour l'enlevage total, y compris le poids du câble lui-même, les chiffres comparatifs suivants : 985 fois le poids du mètre courant, pour le chanvre non goudronné, et 827 seulement s'il est goudronné; ou, sous une autre forme : 95 kilogrammes par centimètre carré de section dans le premier cas, et 76 dans le second. Ces chiffres fixes ne sauraient évidemment convenir également pour les divers degrés de teneur en goudron, et ils présentent quelque danger au point de vue des efforts accidentels et imprévus.
Cette double forme de calcul dérive de deux anciennes règles : celle de Cabany, qui donne pour limite de l'enlevage total, y compris le câble, un nombre de tonnes égal au nombre de kilogrammes compris dans le poids du mètre courant; et la règle de De Mot, qui restreint cet enlevage à 75 ou 80 kilogrammes par centimètre carré, afin de se donner un coefficient de sécurité suffisant. Le coefficient de rupture varie, en effet, entre 400 et 600, ou même 650 kilogrammes par centimètre carré (*). Mais on doit s'attacher plutôt à la limite inférieure, car ces chiffres, très hétérogènes, dépendent essentiellement du choix des matières premières, dont la variabilité peut conduire aux plus graves mécomptes dans une matière aussi dangereuse.
Quant an poids spécifique apparent, on admet 1000 à 1200 kilogrammes par mètre cube après misage.
726 — Aloès. — On désigne sous ce nom la fibre de Y aloès-pitte y appelée encore abaga, agave d'Amérique^ ou chanvre de Manille (').
(•) Gallon, Traité (TexploUation des mines (t. II, p. 194). — Aguillon, rapport de la Commission des câbles [Annales^ 7*, XX, 578). 0 Cornut, Renseignements pratiques sur les transmissions par câbles en aioés (septième
L'humidilc lui est particulièrement favorable, circonstance inte^ ressante pour l'application à la plupart des mines. On a même soin d'arroser les câbles, dans les puits chauds et secs. La gelée rendant les fibres cassantes, on fait parfois, pendant les temps rigoureux, passer les câbles au-dessus d'un foyer. L'aloès est moins attaqué que le chanvre par le goudron.
Son poids spécifique apparent est à peu près de 1000 kilogrammes. Sa résistance à la rupture est très grande. On annonce 600 kilo»» grammes par ceyitimèire carré, et mémo 800 pour des matériaux de choix (*). En revanche ce coefficient est parfois réduit à la moitié de ce dernier maximum. Il est prudent de se tenir à peu près à la même limite pratique que pour le chanvre, à savoir 75 à 80 kilogrammes par centimètre carré. L'Obcrbergamt de Dortmund a indiqué, dans les conditions respectives que nous avons citées ci-dessus pour le chanvre, les chiffres suivants : 942, 791, 110 et 88 kilogrammes.
7187 — Fer. — En ce qui concerne les cAbles en fil de fer ('), il est inutile de dire que Ton ne doit employer pour leur fabrication que des métaux de choix, de Berry ou de Comté, et des meilleures marques. Pour les cûbles ronds, on prend les fils n"** 12 à 18 de la jauge de Paris (r'",5 à 5'"™,4); pour les câbles plats, les n*" 15 à 15 (2""",0à 2""", 2) 0- On doit essayer les fils individuellement. Les fils n** 12 résistent ordinairement à une charge de rupture de 70 à 75 kilogrammes par millimètre carré, et le n° 18, de 55 à 60 kilogrammes. Ces chiffres sont bien supérieurs à ce que Ton demande aux fers employés dans les constructions, ce qui tient d'une part à leur meilleure nature, et, en outre, au supplément de ténacité que
Congre» des itigénieurs en chef des associations de propriétaires d'appareils à vapeur, Bordeaux, 1882, p. 138). — Alfred Renouard ; le chanvre de Manille ou abaga [Génie civil, IV, 350).
(*) Journal Le Charbon, 25 novembre 1879.
C) Les câbles eu fer, introduits au liartz en 1832 par Tobcrbergrath Albert, avaient été déjà essayés peu de temps auparavant k Rive-de-Gier.
(') MM. Fellen et Guillaume de Cologne ont proposé, avec beaucoup d'à-propos, de substituer aux jauges variables, et parfois inverses, des divers pays, un mode international de numérotage uniforme, exprimant le diamètre en dixièmes de millimèlre. De cette manière, le n* 15, pour prendre un exemple, désignerait un Ûl de 1"",5 de dia- * mètre.
procure le passage à la filière. On s'impose, en revanche, un coefficient de sécurité plus accusé, qui est ordinairement de 1/10, bien qu'on le porte parfois à 1/6, avec des câbles minces et très simples, pour lesquels on peut se croire plus assuré d'une plus grande uniformité de tension. Gallon indique, sous une autre forme, pour le rapport de la limite de prudence au poids du mètre courant, les nombres 1000 à 1200.
L'allongement à la rupture est habituellement de 0,50 à 1,00 7o- Mais ces chiffres ne présentent aucune valeur, si l'on ne fait pas, en même temps, connaître la longueur du tronçon sur lequel on les mesure. 11 semble cependant, au premier abord, que cette donnée doive être indifférente, pour un élément essentiellement proportionnel. Cela serait vrai, en effet, si toutes les parties du câble pouvaient se mettre en équilibre de tension, mais il n'en est rien. La déformation n'a pas le temps de se transmettre à toutes distances, et il devient nécessaire d'indiquer celle qui est adoptée dans les expériences. C'est, en général, sur une longueur de 0",20 ou 0",25 que Ton effectue cette mesure.
On troisième élément d'appréciation est la souplesse. On la caractérise par le nombre de repliements, soit à angle droit, soit à 180% que l'on peut faire subir au fil, avant de déterminer sa rupture. Ce chiffre atteint en général 15 ou 16 angles droits, pour le fil n** 14 replié sur une arête arronâie de 5 millimètres de rayon. Il ne faut pas manquer, en effet, de faire également connaître le rayon de courbure employé dans ces flexions. Souvent on emploie, pour cela, le propre rayon du fil.
Avec le temps, les constantes arrivent à se modifier, pour un métal donné. Il devient aigre, cristallin et perd de ses qualités. L'état vibratoire semble activer cette détérioration. Certains exploitants ont annoncé une diminution allant jusqu'au tiers de la résistance, au bout d'une année.
On distingue deux sortes de fils de fer : les fils clairs et les fils recuits. Pour les câbles de mines, on n'emploie que le fil clair. On a essayé à plusieurs reprises le fer recuit, mais on y a toujours rapidement renoncé. L'influence du recuit, pour les métaux dérivés du fer pur, a toujours ce double résultat de diminuer la résistance
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et d'augmenter rallongement élastique. La trempe produit des effets inverses. Nous examinerons bientôt la balance qu'il convient d'établir entre ces tendances, en ce qui concerne l'acier. Mais, pour le fer, qui ne présente qu'une résistance plus restreinte, et auquel le recuit communiquerait des allongements excessifs, on doit s'en tenir au fil clair.
On a essayé le fer galvanisé, c'est-à-dire des fils que l'on a recouverts de zinc, pour les garantir de la rouille. Mais cette application de zinc fondu, qui équivaut à un certain degré de recuit, a donné des résultats peu satisfaisants. Il en a été de môme pour Tétamage. Le meilleur moyen de préservation contre l'oxydation est encore le graissage. Il convient de le renouveler au moins tous les huit jours. Contrairement aux anciens usages, il est préférable de se servir d'enduits très liquides et posés à chaud, afin de les faire pénétrer dans l'intérieur du misage. On devra s'attacher à ce que ces enduits soient neutres, et ne présentent aucune réaction acide. Quelquefois on les épaissit avec du brai, mais c'est uniquement pour le cas des câbles-guides, destinés à rester essentiellement rectilignes.
On doit à MM. Parrington et Almond une machine à décrasser et graisser les câbles (*).*0n fait filer ces derniers au centre d'une ceinture de rudes brosses métalliques, au-dessous desquelles un récipient circulaire recueille les crasses. Plus loin, se trouve un système de brosses douces, imprégnées de l'enduit liquide qui est déversé par un certain nombre de gouttières. Cet ensemble est installé à demeure, mais à une petite distance du câble, et toutes ses parties s'en rapprochent, de manière à l'embrasser, au moment où l'on veut effectuer l'opération.
7Î88 — Acier. — L'avenir est à Tacier (*), surtout pour les grandes profondeui^s, en vue d'alléger le câble, malgré la diflîcultè que le peu d'épaisseur à résistance égale apporte alors à la régula-
(») Engineering, 3 février 1882, p. 105.
(«) Garcenot {BulL min., 2«, XI, 827). — CRM, 1876, octobre, 17; novembre, 6; 1878, 127» 172; 1880, 251. — Écho des mines, câbles d'acier de Przibram, 1877, 165. — Rev. univ. d. m. et u. \^, XXXIII, 99, Ilavrez ; 2% IX, 325, Albert Bouiiaud. — OEslerreichische Zeitschrift fur Berg und Hûitenwesen, XX IV, 40, Langer. — ZeiUehrifl des Vereins Deuttchering. XXVIl. 222, câble d'acier de Duke Hardeburg.
GABLES. 19
risation. En Angleterre, ce métal forme la presque totalité des applications; en Westphalie, environ 70 %' et presque toujours avec la section ronde. On se sert des fils n"' H à 15 de la jauge de Paris.
La caractéristique de l'emploi de l'acier est le graod diamètre d'enroujement qu'il est indispensable de lui attribuer. Il faut compter sur un minimum de 4 mètres, et l'on a été jusqu'à 6 mètres. Nous préciserons, du reste, ce point en parlant des molettes. La souplesse est de 12 ou 13 angles droits de repliement sur un étau de 5 millimètres de diamètre.
L'allongement est de 3, et même de 5 % La résistance à la rupture, de 110 à 120 kilogrammes par millimètre carré, atteint jusqu'à 140 kilogrammes, et même 183 kilogrammes avec l'acier plough (*). On n'impose toutefois pas plus de 15 kilogrammes de charge pratique. Callon indique sous toutes réserves le rapport de 1500 entre la limite de prudence et le poids du mètre courant. On ne doit pas employer d'acier dur. Il convient de perdre sur la résistance par des recuits suivis de trempe à basse température, de) manière à gagner sur l'allongement par une compensation à pea près complémentaire, sans quoi le câble romprait sec dans les chocs. Il vaut beaucoup mieux, pour cela, partir d'un acier fondu relative-^ ment dur et aussi homogène que possible, ramené après coup à l'aide de recuits et de trempes appropriées, que de se servir dii^ectcment des aciers naturellement doux que l'on peut obtenir par les nouvelles méthodes métallurgiques. Ils ne vaudraient pas, pour cette application, le fer doux, qui possède l'allongement élastique avec peu dé* ténacité, mais qui présente une fixité naturelle de constitution, plus satisfaisante que celle de métaux fondus phis ou moins complexes. Ces derniers renferment du manganèse, du vanadium, des métaux terreux, du silicium, du phosphore, du soufre, etc., dont les affinités électives tendent toujours à troubler l'équilibre moléculaire par des liquations ultérieures, facilitées par l'état de travail incessant auquel se trouve soumise cette substance.
(*) La résistance dé Tacier, â poids égal, est un peu plus que double de celle du fer, tandis que son prix n'est pas doublé. On comprend d'après cela l'expansion que prend journellement son emploi. . ,;
♦3'^9 — Bi^nze phosphoreux. — Ce métal (') a été récemment proposé, et employé dans une mine, mais il est encore très imparfaitement connu. On a annoncé 114 kilogrammes de résistance à la rupture et un allongement élastique considérable, la souplesse, rinoxydabilité. Il convient toutefois de n'accepter ces indications que provisoirement, et sous réserve d'expériences ultérieures.