‹ Cours d'exploitation des mines (volume 3)Chapitre 37 sur 120 · DESCRIPTION DES MANŒUVRES · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DES MANŒUVRES

8SB — Manœuvres des recettes. — Quand lemoulineur du fond est averti par la cloche de l'approche de la cage, il sonne halte au jour, pour faire fermer défmitivement le clapel S^, à l'aide duquel a été jusque-là régularisée la vitesse de descente. Toute rentrée d'air étant dès lors supprimée, laçage se trouve airôtée, et Ton s'arrange

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de manière que ce soil au-dessous du débouché du tube de communication T dont il vient d'être question, mais au-dessus des viroles portières. 11 s'agit dès lors d'amener avec précision, à leur niveau, le premier groupe de planchers 1,4, 7.

A cet effet, la descente de la cage ferme automatiquement, par un renvoi approprié, le clapet S, qui fait communiquer la face inférieure de cette cage avec le tuyau d'évacuation co. Quant à la soupape S^, qui permet l'aspiration de l'air de la mine pendant l'ascension, elle s'est fermée d'elle-même, dès le commencement de la descente, qui tend à refouler cet air. On forme ainsi, au-dessous de la cage, une chambre close qui se trouve à la pression atmosphérique. Le moulineur ouvre alors avec précaution le tuyau T, qui établit la communication entre cet espace et la partie du tube d'extraction située au-dessus de la cage. Il diminue ainsi la pression dans cette enceinte, et fait descendre doucement la cage jusqu'au clichagc.

Quand elle s'y trouve fixée, on ouvre les trois portières, et Ton opère l'échange des wagons vides contre des chariots pleins. La cage devient par là trop loui*de pour la pression jf qui avait servi à la descendre. Le moulineur sonne alors pour demander au mécanicien de la dépression, afin de soulever légèrement la cage et de pouvoir faire son clichage. Il abaisse ensuite le système, comme la première fois, dans les deux autres positions successivement, afin de desservir les planchers 2, 5, 8 et 5, 6, 9.

On opérerait de même en des accrochages intermédiaires, s'il en existait, en commençant par fermer le tube au-dessous de ce niveau au moyen d'un clapet, pour se procurer ainsi une chambre fermée d'une faible étendue, analogue à celle qui existe au fond.

Des opérations semblables auront encore lieu au jour, à l'aide des tubes doni j'ai parlé, qui sont destinés à faire extraire à volonté par le machiniste l'air de l'espace confiné au-dessus de la cage, ou à y laisser, au contraire, rentrer l'atmosphère extérieure. Ces deux influences opposées permettent de soulever ou d'abaisser la cage, pour exécuter lès manœuvres du clichage.

857 — Parachute. — S'il se produit quelque avaiîe pendant la

course descendante, et qu'elle ait pour conséquence la chute rapide du système, balayant, par son piston inférieur, tout Tair qui se Irouve au-dessous de lui, les receveurs du fond en seront avertis par le bruit du vent qui s'engouffrera dans le tuyau d'évacuation oj, d'une manière beaucoup plus intense qu'à l'ordinaire.

On fermera aussitôt le clapet S, qui permet cette communication. Comme d'ailleurs S^ s'est trouvé fermé dès le début par le refoulement dû à la descente, la pression croîtra rapidement dans cet espace, dorénavant confiné, et deviendra capable de soutenir la cage, après quelques oscillations dues à la force vive acquise. On n'aura plus dès lors qu'à la descendre doucement, en laissant fuir progi'cssivement, à travers le tuyau d'évacuation oj, l'air comprimé qui supporte l'enlevage.

Si le même eflet se produit pendant la montée, le clapet S, a dû ôlre fermé avant de commencer cette phase de l'opération. Quant à la soupape S, qui sert à l'aspiration, elle se referme immédiatement par le refoulement inverse qui prend naissance, et le résultat précédent se reproduira identiquement.

— Ces moyens de préservation ne pourraient donc être paralysés que par une désorganisation complète de la partie inférieure du tuyau lui-même. Quelque improbable que puisse être une telle éventualité, on peut encore mentionner à cet égard un parachute que H. Blanchet avait imaginé, en vue de ralentir la chute par un frottement suffisamment intense exercé contre les parois du tube.

Je me contenterai de dire que le principe de sa constitution consistait dans un appareil, que la vitesse de chute fait tournoyer sur lui-même, en développant des forces centrifuges qui aplatissent des ressorts et augmentent leurs pressions contre les parois. Cet appareil n'a du reste pas été réalisé, et son principe, un peu hardi, n'a pu être soumis à l'épreuve de l'expérience.

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FATRACTION.

§5 AVANTAGES DG li'EXTRACTION PNEUSIATIQVE

869 — M. Blanchet attend de sa remarquable création de nombreux avantages.

C'est, en premier lieu, la suppression radicale des obstacles dus à rinflucnce de la profondeur pour l'emploi des câbles. Nous avons vu, en effet, qu'elle imposait une limite absolue à l'usage du câble cylindrique, et que les moyens de la reculer par l'introduction de l'acier, ou de la supprimer par le principe des câbles diminués, introduisaient des difficultés d'une autre nature. Le système actuel ne rencontre théoriquement aucune limite.

Les dangers de rupture du câble sont supprimés, et la sécurité des hommes et du matériel parait assurée par des garanties qui paraissent très rationnelles a priori, bien qu'il puisse être permis de réserver à cet égard la sanction d'une expérience prolongée.

L'appareil présente, pour les forts enlevages, une élasticité de puissance à peu près indéfinie, que l'on ne saurait évidemment demander à l'emploi des câbles.

La descente des remblais et des matériaux peut, avec une grande facilité, s'effectuer par la même voie que la sortie du charbon, les trains étant plus importants, moins subdivisés et moins nombreux qu'avec le système ordinaire.

L'économie des câbles constitue un bénéfice net, en ce qui concerne leur prix d'achat. Il allège, en outre, d'autant le poids mort, et diminue les résistances passives qui en sont la conséquence.

Ce procédé enferme tout le matériel de l'extraction dans le tube pneumatique, en laissant libre le reste du puits, de manière à permettre d'y installer des pompes, ou une circulation libre pour faire les réparations, ouvrir de nouveaux étages, et augmenter l'approfondissement, sans arrêter en aucune façon le service.

860 — L'extraction concourt en même temps, dans une certaine i^esure, à Taérage de la mine. A la vérité, c'est d'une manière

EXTRACTlOiN PNEIÎMATIQIE. 1911

intermittente, ce qui doit faire restreindre l'appareil au simple rôle d'accessoire d'un système spécial de ventilation normale.

Il convient d'ajouter que son auteur se propose d'employer les énormes dépressions, que lui permet sa machine, pour eflectuer V arrachage du grisou hors du massif qu'il imprègne. Nous reconnaîtrons plus tard'(n® 1070) que ce mode de purification soulève, en principe, les objections les plus graves. Mais il faut du moins reconnaître que, parmi les nombreuses propositions dont il a été l'objet, le système pneumatique présenterait, pour sa réalisation, si l'idée fondamentale était acceptable, une puissance de succion hors de comparaison avec les conditions ordinaires des ventilateurs de mines.

86f — Le prix d'établissement d'un tube de 603 mètres a été formulé par M. Blanchet de la manière suivante :

Tube et accessoires 316 610 fr.

Meisage 25000

Moteur . . . 135000

476 610 fr.

Comme point de comparaison, il évalue au chiffre suivant l'installation, pour la même hauteur, d'une extraction par câbles :

Guidage 50 000 fr.

Molettes 2000

Moteur de 600 chevaux 80 000

132 000 fr.

ce qui constituerait un excédent de 544 610 francs.

En revanche, les frais annuels sont estimés par M. Blanche! de la manière suivante :

Visite, graissage, entretien des tubes. ... 2 000 fr. 1800 tonnes de charbon à 10 fr 18 000

20 000 fr.

cl, pour le système ordinaire :

2 câbles de 750 mètres ......... 18480 fr.

Entretien du guidage 3600

6 000 tonnes de charbon à 10 fr 60000

82 080 fr.

d'où une économie annuelle de 62 080 francs, capable de permettre une rémunération, sur le pied de 18 pour IQO, pour la somme immobilisée.

Toutefois, il est permis de penser que le chiffre élevé de ce capital constituera toujours un obstacle difficile à vaincre, pour la multiplication d'installations similaires. 11 n'est que juste, cependant, de réserver à cet égard l'avenir, et, dans tous les cas, de rendre pleine justice à la remarquable réalisation, obtenue du premier coup par M. Z. Blanchet, pour cette conception hardie, sans tâtonnements ni fausses manœuvres.

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