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APPAREILS RESPIRATOIRES

1200 — Un grand nombre d'inventeurs (*), ont à diverses époques, imaginé des appareils destinés à permettre de pénétrer dans les milieux impropres à la respiration. Quelques-uns sont employés en France, mais on ne les rencontre presque jamais dans les mines anglaises ou allemandes.

La discussion de tous ces systèmes nous entraînerait beaucoup trop loin. Je me contenterai de décrire ici ceux qui sont le plus usités en France : l'appareil Rouquairol-DenayrouzeT) et le système

(*} CRM, 1877, août. 5.

(*) Brane (Serlo, Leitfaden zur Bergbaukunde, H, 384). — Brynaert. — Delaunaye {Annaleê, !'•, X). — Fleuss (Pièce* annexées, 2* fasc, 210). — Galibert {Annales, 6-, V, 131. — Bull, min., 1«, XU, 183. — Guérard, Hygiène publique, in-8% 1865). — Hamboldt (Uéron de Villefosse, Atlas de la richesse minérale, l, 156). — Kraft (Serlo, lococitalo). — Léard (Ëiposition de 1878). *- Mahler et Eschenbach (Eiposition de Vienne). — Pilaire des Rosiers (Hacquart, Journal des mines, ni, 14G). — Roberts (Serlo, loco citato, \\, 366). — Schaw. — Schultz [Rev. univ. d, m. et u., 2*, I, 151). — Schwanii {ibidem, 147). — Stenhouse (De Place. Note sur les conditions de la vie, etc. Bull, min., 2% II). — Tyudall (llaton de la Goupilliére, Annales, 7% XVIII, 393).

(') Denayrouze. Des Âérophores, Paris, 1872. — Uoreau. Appareil Rouquayrol, in-8<*,

Fayol ('}, ainsi que celui qui a été créé récemment par M. le docteur Regnard, pour la Commission du grisou (*).

Appareil Rovquairol-Denayrouze. — L'aérophore Rouquairol-Denayrouze repose sur l'emploi de l'air comprimé. Un ferme'bouche (fig. 709) s'applique sur les lèvres, où il est maintenu au moyen de deux petiles saillies en caoutchouc, que l'on serre enlre les dents. Vaepincette com- „. ., pnme les narines, et ferme absolument ces

Fig. 709. Jcrme-bouelic. "^

voies respiratoires. La respiration est alimenk*e par un réservoir d'une vingtaine de litres, que l'ouvrier porte sur le dos {fig. 710). On le construit en tôle d'acier, capable de résister à une pression de 30 atmosplières. Cette énoiTne tension est distribuée à la bouche du mineur par un régulateur (fig. 711), avec une pression à peine supérieure à celle de l'atmosphâre.

Fie. 'II' Bégulalei

L'air arrive du réservoir à travers le tube A, et pénètre, par la soupape B, dans la chambre du modérateur. H se rend de là au fiHine^bouche, placé du côté C. Le clapet B est sollicité, sur ses deux

ISO!). — Bull, min., 2-, 11, 130, 735. — Complet renilut de lAcadéiaie det tcienat, LXXX[,1362.— l]abels(R;i>. un». <f. m. <rf »., 1», KXVIII, 147 ; 3*. I, 143). — ^nnaU* </*. travaia publia de Belgique, XïXII. 203. — Zei/tckrifl BUS, ïï[. 30Ï.

(V À»«alei, -,'. VU. 171. - Bull, min., 2-, H, 735, De Place ; 1", V. 627, B«ure. — — CfUf, 1875, décembre, Z.~Piècee amexéei. etc., 1" faïc, 46. — BuUetin de l'Atêodation Françaite pour l'avancement det idencei, Couvris de Ljon, 1873. — Ret.unir. d. m. et u., 3*. I, 146.

(«1 Piicet annaeéet. ^ faie., 212.

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faces, par les pressions antagonistes du réservoir et de la chambre. Leur difTérence se trouve contre-balancée par l'inllucnce inverse des surfaces, à savoir : celle de la soupape B, du cdté du réservoir, et, de l'autre cdté, une superflcie égale de la m6me soupape, a laquelle s'ajoute celle des diaphragmes D qui, refoulés par la tension ambiante de cette chambre, renvoient cet effort, au moyen des bielles E et de la tige F, pour tenir en respect le clapet fi.

Dans ces conditions, la plus faible dépression suffît, dans l'intérieur de la chambre, pour en fermer l'accès, en refoulant l'air des réservoirs.

Lorsque, au contraire, cette tension tend à disparaître par l'acte de la respiration, la soupape cède, et laisse passer des bouffées d'air, qui entretiennent cette dépression.

Le fluide, ainsi raréûé, est aspiré par les poumons à travers un ancAetrès léger, placé sur te tube respiratoire qui est adapté au ferme-boHche ; tandis qu'un second anche, qui s'ouvre en sens contraire, sert à rejeter, dans l'atmosphère, les produits de la i^espiration. Des lunettes garnies défendent, autant que possible, les yeux conti'e le picotement produit par la fumée.

flSOl — Appareil Fayol. — L'emploi de l'air comprimé est évidemment rationnel, comme permettant d'accumuler, dans un mCme volume, une plus ample provision d'air respirable; mais les appareils qu'il alimente sont lourds, et sujets à se déranger. On comprend combien , dans des circonstances critiques et troublées, la simplicité est désirable. Pour ce motif, M. Henri Fayol a rejeté le principe de la compression forcée dans ses appareils, qui se rattachent à deux types bien distincts : l'un fixe, l'autre portatif.

Ce dernier (ûg. 712) présente la forme Fig. 71t.

, : ' : . . , Appareil porlalit Fayol.

d une sorte de souiilet carré , qui pèse

8 kilogrammes, et peut renfermer 180 litres d'air. 11 suffit, pour le

gonfler, d'enlever la bonde qui le ferme, et de soulever sa face supérieure. Le poids de celle-ri crée une légère dtiprcssion , qui vienl en aide à la respiration de l'ouvrier, pour la manœuvre des soupapes. M. Fayol a, en outre, amélioré la construction de ces dernières, en leur communiquant une grande légèreté.

Cet appareil présente l'avantage de faire corps avec l'ouvrier, et de le lais- !■ ser libre de se porter à une S distance du point de départ a qui n'est limitée que par g la prudence et la durée rt de la provision d'air. En ^ revanche, il gène beaucoup les mouvements el la possibilité de se glisser au milieu des décombres. On a donc cherché, dans un autr'e dispositif, à dégager le mineur de cet assujeltîssemcnl, en établissant une communication continue entre l'air pur et lui.

iaO« — A cet effet, l'ouvrier est muni d'un simple tube de caoutchouc fixé à sa ceinture, et aboutissant au ferme-bouche.

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avec les deux anches respiratoires. Il traîne derrière lui ce tube, en s'avançant au delà du barrage qui sépare, de l'atmosphère méphitique, la travée que l'on a pu déjà conquérir, et alimenter d'air frais (fig. 713). On lui envoie cet air à travers le tube, aii moyen de la pompe Rouquairol, à laquelle M. Fayol a substitué un petit ventilateur plus simple.

Pour le cas où ce dernier viendrait à se déranger, on dispose un reniflard, sur la partie du tube qui se trouve dans l'atmosphère saine. Cette soupape, qui s'ouvre du dehors en dedans, est ordinairement fermée par la légère dépression intérieure. Mais si le ventilateur s'arrête, celle-ci disparaît, et se trouve remplacée par un certain degré de vide, que produit l'aspiration du mineur. Le clapet s'ouvre donc, et laisse pénétrer l'air, qui, quoique plus difficilement, continue à entretenir la respiration, au moins pour assurer le retour.

Ajoutons que Ton emploie également le simple tube ouvert, sans appareil d'alimentation. La simplification se trouve alors poussée aussi loin que possible, mais la respiration devient sensiblement plus pénible.

Lorsque plusieurs hommes doivent travailler ensemble, ils ont chacun leur tube. On trouve souvent plus simple de brancher tous ces conduits sur un même réservoir, qui est porté près de l'avancement, et que l'on alimente directement au moyen d'un tuyau unique, aboutissant au ventilateur. On ne doit pas alors perdre de vue, que la multiplication des tubes crée un réel danger. Ils peuvent s'enlacer, s'élrangler mutuellement, et couper ainsi les courants alimentaires.

Avec ces appareils, la durée du travail n'est plus déterminée a priorif comme avec le système à pression d'air. Elle n'est limitée que par la fatigue qu'éprouvent les hommes, dans ces conditions précaires. On arrive, avec leur secours, à établir un nouveau barrage à 20 ou 30 mètres, quelquefois môme, à la rigueur, à 50 mètres du premier, et à s'en faire une nouvelle base d'opérations pour pousser en avant.

±1tOS — Appareil Regnard. — M. le docteur Regnard s'est proposé d'affranchir le sauveteur, dans une large mesure, des sujétions

de temps et de distance, que lui imposent les appareils précédents. D'après un principe qui avait été déjà mis en avant, mais avec moins de précision ('), il cherche à revivifier indéflniment l'air respirable, qui a perdu ses propriétés en passant par les poumons. On agit, pour cela, chimiquement sur les produits de la respiration, au moyen de réactifs très simples, dont l'approvisionnement assure le fonctionnement pendant un temps assez notable. L'appareil redevient portatif (fig. 714). Il comprend un sac A en

Fig. 711. ippireil ttcgnard.

caoutchouc, que l'on remplit d'osygène à l'aide du robinet B. Un bouchon C, ordinairement fermé, que l'on ouvre au moment du sauvetage, permet la rentrée de l'air autour de l'outre, pendant que «eile-ci se videra progressivement d'après l'écoulement de son oxygène. Ce dernier gaz se rend, par le robinet D, dans le compartiment E, au fur et à mesure de l'appel qui est exercé sur lui, comme nous le verrons. L'espace E est rempli de pierre ponce imbibée

C) Appareil Schulli, réaclion de l'icide acétique fur te perminganite de potasse. — Appareil Schwann, emploi du peroifde de baiTuni hydraté ou de l'oiygéne cmnprimé.

d'une dissolution de potasse caustique, que Ton verse par la tubulure F, au moment de se seryir de l'appareil. Ce compartiment se trouve en relation avec le ferme-bouche G, au moyen d'un double tiibe muni de deux soupapes H, I, et d'un robinet J. On ouvre ce dernier, au moment où commence la respiration.

L'air afflue par H au ferme-bouche, tandis que les gaz évacués en I se rendent à la base de la ponce alcaline. Ils doivent, par suite, traverser cette masse dans toute sa hauteur, pour revenir remplir le vide, que Tappel des poumons crée à la partie supérieure. Dans ce trajet, l'acide carbonique est nettement absorbé, et la vapeur d'eau fixée en grande partie. L'azote seul arrive en haut. Il ne saurait donc combler le vide créé par une nouvelle inspiration. Aussi cet appel fera-t-il arriver quelques bulles d'oxygène par le tubeD, en quantité exactement équivalente à l'oxygène disparu, ce qui reconstitue l'air respirable dans les conditions normales. Pour tenir compte, cependant, des petites perturbations que ces complications peuvent apporter au volume du gaz intérieur, une poche K en caoutchouc s'enfle ou se dégonfle, de manière à maintenir tout l'ensemble à la pression atmosphérique.

1204L — La manière de se servir de l'appareil est la suivante. On envoie de l'oxygène, par la tubulure B, dans le réservoir A, en maintenant fermés C et D. On prépare, de même, une solution de potasse concentrée, que l'on renferme dans un flacon placé à proximité, afin de ne pas la laisser séjourner à l'avance dans l'intérieur, en corrodant le métal et saturant une partie de son propre pouvoir absorbant.

Au moment du sinistre, on ouvre la tubulure F, et l'on verse la liqueur alcaline. Puis on referme F, on ouvre C et D, et Ton charge l'appareil sur le dos du sauveteur. Celui-ci met en place son fermebouche, ouvre le robinet J, et commence à respirer.

Après la fin des opérations, on doit avoir soin de chasser tout ce qui reste de réactifs, afin de n'employer, dans une occasion ultérieure, que de l'oxygène et de la potasse, de la pureté desquels on soit absolument sûr, et que l'on s'occupera immédiatement de reconstituer. Pour effectuer cette expulsion, on ouvre, à la fois^

58i SERYIGES DIVERS.

les tubulures F et L, puis on lave la pierre ponce à l'aide d'un courant d*eau.

Cet appareil se trouvant à la pression de Tatmosphère, on peut se contenter de le confectionner en fer-blanc, ce qui le rend à la fois léger et économique. Il permet de rester beaucoup plus longtemps dans les milieux méphitiques. L'auteur annonce une durée d'une heure et demie, tout en conseillant de se limiter beaucoup plus, par prudence.

1!S05 — Appareil Bouchez, -^ Je mentionnerai encore des appareils, pour lesquels on s'est proposé le but spécial de prémunir les ouvriers contre l'asphyxie, dans les mines à dégagements instantanés.

Avec le système Bouchez, le chapeau du mineur est garni d'une coiffe, ordinairement repliée, qu'il déploie en cas de danger, en la serrant autour de son cou pour empêcher l'accès de l'atmosphère irrespirable, après avoir saisi , entre ses lèvres, la tubulure d'une sorte de biberon. Celui-ci lui permet de respirer, aux dépens d'une provision d'oxygène renfermée dans une capacité, que l'on peut limiter à un litre, si l'on juge cette quantité suffisante pour regagner le puits.

M. Delaville-Leroux a proposé, en outre, de comprimer cet oxygène à 15 atmosphères, pour en augmenter la quantité, avec un régulateur de pression analogue à celui qui a été décrit ci-dessus (n" 1200).

Nous devons présenter, en terminant, une remarque générale^ commune à tous les appareils de sauvetage. L'un des principaux écueils auxquels est sujet leur usage, nait de la rareté même de cet emploi. Au moment décisif, les organes ne fonctionnent plus,, et les hommes manquent d'aptitude à s'en servir. On doit donc recommander, comme indispensable à cet égard, une surveillance périodique de ces engins par un agent directement responsable, contrôlé de temps en temps par l'ingénieur lui-même. En outre, des compagnies d'ouvriers spéciaux, que recommandent l'expérience et le sang-froid, doivent, à des intervalles réguliers, être exercées à ce genre de manœuvres.

f ^06 — Éclairage dans les milieux irrespirables. — L'atmosphère impropre à la respiration de l'homme l'est, par cela n\ême,

k la combustion des lampes. De là, une question spéciale, qui se rattache naturellement à la précédente.

Dans E'appareit portatif de H. Fayol, un tube fait communiquer le réservoir d'air avec une lanterne, dans laquelle brûle une grosse bougie. It en est de même pour le système portatif RoaquairoI-Denayrouzc, où la lampe est alimentée aux dépens de !a provision d'air. Avec les appareils fixes, on peut, à l'aide de tubes dérivés, relier les lampes, suivant les cas, au tuyau que traîne derrière lui chaque homme, ou bien au réservoir unique sur lequel ils se branchent tous. Mais ces ressources manquent pour le tube respiratoire simplement ouvert à l'extrémité, sans ventilateur, ainsi qu'avec l'appareil Begnard.

ique Dumas-Benoit,

On peut alors s'éclairer directement avec la lampe électrique Dumas-Benoît ('}. Cet organe se compose (flg. 715) d'une cartouchière fixée au corps, k l'aide d'une ceinture, et renfermant un élément de Bunsen et une bobine de Buhmkorfr. Des fils conducteurs les relient à un tube étincelant de Geisler, que l'on porte à la main pour s'éclairer, et dans l'intérieur duquel l'étincelle, en traversant ce milieu très raréfié, se transforme en une sorte de nappe lumineuse.

(■) Piiran. Note sur 11 lampe électrique Huroas et BenoU {Aanalei, 6>, IV, 455). — Lampe photo-électrique Dumas (Bull, min., 1", II, 5, 113, llS, 131). — Guèrtrd. Hrgiéae publiiine, 1865.

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