GRAINS
DIAMÈTRE Mètres
VITESSE AU FOND Mètres par seconde
Limon grossier
Sable fin
Sable de rivière
Petit irnivier
1478 — Râblage. — Ces notions générales nécessitent encore une observation essentielle. Nous avons eu soin de faire remarquer, dans la théorie du criblage à la cuve (N"" 1426), qu'il y a loin des considérations relatives à un grain unique, que Ton isole par la pensée, aux conditions complexes dans lesquelles il se trouve en réalité engagé, au milieu d'une foule d'autres corps semblables. Nous avons ajouté, à cet égard, que la difficulté disparaissait alors par la subdivision du mouvement général en un très grand nombi*e
[^) E. de Beaumonl, Leçon* de géologie pratique^ II, 158.
(') De Lappareiit, Traité de géologie^ 202.
P) M. Thoulet indique, de son c6té (Annaleé, 8*, Y, 525), certains chiffres, qu'il rapproche deceux donnés par Uilgard (American Joum. of Science^ III, 337) ; Dana [Manual of Geology^ 3* édit., 654) ; Lyell {Principe* de géologie^ I, 459). — Voy. aussi M. Vauthier {Gé^iU chil, V, 308).
958 PRfiPARATlON NÊaMQIS US MINERAIS.
de petites saccades, de nature & renouveler indéimaieat les hasards de l'ébranlement initial, qui prtîcëde la vitesse de régimty, afin que celle-ci puisse exercer son influence sur des grains véritablaoïat indépendants.
Il en est de même dans le cas actuel. La longueur des tables étant en général très limitée, et les grains se gênant mutuellement, on ne peut, sur un aussi faible trajet, espérer une netteté suffisante pour le classement. On supplée à cet inconvénient en profitant, d'une part, de Télimination partielle effectuée par le courant pendant ce premier parcours, et remettant en outre tout en question, un grand nombre de fois de suite, pour le dépiH qui vient de se former. Cest ce que Ton réalise au moyen du râblage.
1474 — A cet effet, l'ouvrier, à Taide d'un râble, refoule les matières h contre-pente, du pied vers la tète de Tappareil. Les grains recommencent dès lors un nouveau trajet. Les plus légers, qui auraient dû être entraînés, mais que des circonstances fortuites avaient arrêtés, sont remis en liberté, et Finfluence du courant pourra, cette fois-ci, en débarrasser le dépôt. Si un nouveau hasard retient encore un certain nombre d^cntre eux, un second râblage remettra tout en mouvement, et ainsi de suite. On peut donc espérer que cette manœuvre, sufiiaamment répétée, arrive à dégager le dépôt des matières légères que Ton a pour but d'éliminer, et sans que Ton doive, pour cela, craindre de voir entraîner un seul des grains appelés par leur équivalence à se déposer: car le rAblage ne fait que supprimer des obstacles étrangers, sans introduire aucune force accélératrice nouvelle.
Cette opération a d'ailleurs une triple influence. Outre qu'elle écarte, ainsi qu'il vient d'être dit, les causes fortuites de perturbation, elle augmente, pour ainsi dire, la longueur des tables, en la faisant parcourir plusieurs fois. C'est un résultat analogue à celui de la substitution du trommel au tamis (N"" 1416). Enfin, le refoulement de l'eau soulève les grains, qui retombent immédiatement en se classant comme dans le criblage à la cuve, et précisément en raison de la période initiale, durant .laquelle (V 1129) rinfluence de la densité prédomine sur celle de l'équivalence. Les
matières légères restent donc & la surface, où elles sont plus facilement balayées par le courant.
On peut également remf^acer le ràblage par divers moyens tels que les suivants. L'ouvrier sollicite doucement les matières avee sa pelle, pour les ébranler légèrement. Des brosses mobiles viennent en effleurer les surfaces. Des pommes d'arrosoir y déversent une pluie qui entraîne les matières légères, en décapant la surface du dépôt le plus lourd.
Dans d'autres cas, on substitue au ràblage à la main, le râblage mécanique. Avec le lÂsburne^buddle, qui sert à laver les galènes du pays de Galles ('), un râteau formé de 21 petits râbles, inclint^s en travers sous un angle de 25 degrés par rapport à la ligne de plus grande pente, remonte les matières vers la tête de la table. Lors- (lu'il doit redescendre, un mécanisme intervient pour relever tous ces rflbles.