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TABLES RECTILIGNES

14175 - - Table dormante. — La table dortnanle a la forme d'un rectangle légèrement incliné suivant son plus long côté ('). A la tète., se trouve un chevet en forme de triangle, et d'une pente plus accusée. 11 reçoit la lavée sur son sommet, et la répartit en nappe uniforme par l'influence d'une série de brisants, constitués par des prismes triangulaires, et destinés à diviser consécutivement la lame d'eau qui, sans cela, tendrait à couler directement suivant la ligne de plus grande pente. Au-dessus du chevet, se trouve l'auge de distribution, dans laquelle se meut un agitateur, qui remet les matières en suspension, d'une manière aussi homogène que possible.

11 est bien clair qu'une vitesse suffisante étant capable de tout entraîner, un courant moins fort ne laissera que les grains les plus gros et les plus lourds, et, qu'en diminuant progressivement l'ai-

;») Moissenet [Annales, «•, IX, 65, 94).

(*} Les iigui*es 905 et 904 donnèrent une idée sufTisantc de la taUs dûi'inaiite, si Ton supprime, par la pensée, la suspension, en supposant iixe l'aire de lavage.

lure, on augmentera peu à peu Fimportance du dépôt. Il y aurait donc moyen, si Ton voulait, de détacher du premier coup, à la tète de la table, un dépôt très enrichi ; mais ce serait au prix de pertes considérables. Cest de la manière inverse qu'il convient de procéder. On doit, par une allure modérée, chercher à éliminer d'abord le stérile. On reprend alors le résidu sur une seconde table pour le classer de nouveau, dans des conditions appropriées à son nouvel état.

La lavée s'étale en lame très mince. Le travail du râblage est peu développé. Lorsque la table est suffisamment chargée d'une matière bien classée, on arrête Técoulemcnt, et Ton nettoie la surface, en enlevant à la pelle les zones successives. Sur les frame$ des ateliers anglais, on pousse lopération jusqu'à un degré d'enrichissement plus uniforme, et Ton balaye finalement le tout, à Taide d'un fort courant d'eau, dans une auge placée au pied pour le recevoir. Le classement est alors moins net, et les déchets prennent plus d'importance. On a employé, à llolzappel, des tables dormantes percées de part en part, suivant des rainures transversales qui sont recouvertes d'un cuir. Celui-ci complète, en temps ordinaire, la surface étanche de lavage. Mais quand l'opération est terminée, on soulève successivement chaque bande de cuir, et un courant d'eau pure vient chasser dans une auge inférieure, par l'ouverture ainsi laissée libre, tout le contenu de la travée d'amonl.

14176 — Caisson allemand. — Cet appareil, que l'on appelle aussi caisse à tombeau (fig. 894), très employé autrefois, a aujourd'hui à peu près disparu, attendu que l'on n'en peut attendre que des résultats imparfaits. C'est plutôt un éboueur qu'un classifica tcur ; un dégrossisseur qu'un finisseur.

La pente, de 1/12 environ, est plus raide que celle des tables dormantes. La couche des matériaux devient bien plus épaisse. Ceux-ci sont plus gros, et le ràblage beaucoup plus actif. L'ouvrier remonte ainsi, non seulement le sable, mais l'eau elle-même, qui s'échappe dès que le râble disparaît, et, dans cette soile de cha$se. agit d'une manière plus intense sur le dépôt, pour le débarrasser des matières boueuses ou schlammeuses.

La caisse, de 2 à 4 mètres de longueur, sur 0",50 de largeur, et autant de profondeur, est fermée au pied par un revers percé de trous. Derrière celui-ci se trouve un barrage, par-dessus lequel Teau tombe en cascade dans une auge, avec les fines qu'elle entraine. Ces caissons sont ordinairement associés au nombre de trois, pour former une batterie gouvernée par un même ouvrier.

Fig. soi. — Caisson allemand.

Ce dernier donne les matières à la tête du caisson, et y refoule incessamment le dépôt jusqu'à ce qu'il le juge suffisamment purifie. Au fur et à mesure que s'élève l'épaisseur, on ferme les orifices correspondants, de manière à maintenir Técoulement au niveau actuel de la couche. Lorsque la caisse est entièrement pleine, oh arrête la lavée. On débouche les trous inférieurs pour laisser échapper toute l'eau, et Ton découpe le dépôt à la pelle en trois tronçons, perpendiculairement à la longueur, en se guidant d'après l'aspect qu'il présente.

1477 — Lavoir à eau courante. — Il existe encore quelques exemples des anciens lavoirs à eau courante (*), destinés au traitement de combustibles de la grosseur d'une noix ou d'une noisette. Dans ces auges, de 0"*,50 à 1 mètre de largeur, et de quelques dizaines de mètres de longueur, on distribue les matières au sommet de la pente, et un courant assez vif les entraîne, en les classant approximativement. Le charbon s'échappe à l'extrémité de ce cou-

(*) Il en a été établi à Decizc, à Carmaux, etc. — EfTère, Génie civil, XXll, 95. Berceau Rigaud, Ibidem, XXII, 120. — Lindet, Bull. Soc. d'enc., 4*, VIII, 20.

loir, et le schiste s'y accumule peu à peu. Au bout d'un certain temps, on arrête l'écoulement, et Ton enlève les matières à la pelle. La tête du dépôt est rejetée définitivement, et Ton sépare, au pied, un mélange à repasser (*) .

A Tredegar (South-Wales) ('), on a disposé côte à côte trois auges, qui présentent Ténorme longueur de 80 mètres (fig. 895), une largeur de 0"",60 à la surface et 0",50 au plafond, sur une profon-

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an

Fig. S95. — Lavoir à eau courante de Tredegar.

deur de 0",35, et une pente de 1/30. La main-d'œuvre ne dépasse pas 0 fr. 20 à 0 fr. 40 par tonne, mais l'appareil est embarrassant, ses résultats sont incertains, et en outre la gelée arrête tout travail. Ce mode de fonctionnement a été précisé d'une manière intéressante à Commenti^, dans le traitement de schiamms charbonneux et pyriteux. Imaginons que, sur un couloir d'une longueur suffisante, on donne la lavée pendant une durée que nous supposerons de 5 minutes, pour fixer les idées. On l'arrête à ce moment, et on la soumet ensuite à l'action d'un courant d'eau pure. Les matières cheminent, sous cette influence, avec des vitesses différentes suivant la difficulté qu'elles éprouvent, en raison du frottement. Les schistes, et surtout les pyrites, restent nettement à l'arrière, les charbons s'en séparent et forment une zone intermédiaire; puis les mourres argileuses, obéissant plus facilement encore au courant, prennent l'avance sur le combustible proprement dit. Au moment où l'on juge, d'après l'aspect de ces divers segments, que

(*) Ces lavoirs à eau courante présentent une certaine analogie avec les appareils à barrages, notamment avec le type Elliott, déjà cité plus haut (N<> 1453). (*) Harvey, On Coal-washing {Proceedinga of the Institution of civil Engineert, XX, !• partie).

la séparation est suffisamment nette, on arrête le courant d'eau pure. Supposons qu'il ait duré 15 minutes. Après cette expérience d'essai (répétée, bien entendu, un nombre de fois suffisant pour que Ton puisse compter sur des moyennes précises), on opère couramment de la manière suivante.

On donne pendant 5 minutes de lavée, on l'arrête, et Ton admet l'eau pure durant 15 minutes, après quoi l'on suspend l'écoulement. Dans ces conditions, les mourres auront nettement quitté le charbon, en se précipitant dans le bassin de dépôt que Ton a creusé en aval de la travée occupée par le combustible d'après les essais précédents. On relève celui-ci sur l'étendue qu'il garnit. On reprend ensuite un quart de la longueur occupée par les sdùstes, afin de repasser cette portion dans l'opération suivante, et Pou rejette enfin les trois derniers quarts; après quoi, tout recommtace.

1478 — Labyrinthe. — Cn ensemble de préparation mécanique se termine presque twjyoui^s par une dernière rigole, dans laquelle s^engagent définitivement toutes les eaux qui ont terminé leur rôle sur les divers appareils. On cherche ainsi à prélever un dernier dépôt sur tout ce qu'elles ont pu conserver encore de matières riches. Un classement fait dans de telles conditions sera nécessairement très confus. On ne peut, en tout cas, le réaliser qu'en laissant au liquide, pour déposer ces troubles» un temps qui lui avait manqué jusque-là. 11 faut donc que ce couloir présente une gi*ande longueur. Mais comme son développement en ligne droite deviendrait dès lors très gênant, par les distances qu'il obligerait à parcourir, on est dans l'habitude de le replier un grand nombre de fois sur lui-môme, en ligne brisée, de manière à le faire tenir dans une superficie modérée. De là l'expression de labyrinthey qui sert ordinairement à désigner ce dispositif.

Cet organe, quand il est établi avec les soins convenables, présente plusieurs parties distinctes. On commence par un, deux ou trois canaux très courts à contre-pente, et de moins en moins inclinés. Ils sont destinés à retenir les matières les plus lourdes, en raison de la difficulté qu'elles éprouvent à gravir ces rampes. On

y recueille des sortes grossièrement graduées, que Ton doit dégager le plus possible des fines, en les débourbant lé>gèreineQt à ta pelle. Ensuite commence le labyrinthe proprement dit, à inclinaison descendante, qui se rapproche de plus en plus de rhorizontale. en même temps que la largeur du canal augmente, afin de diminuer progressivement la vitesse, et de coordonner par là le mieux possible la nature des dépôts qui s*y accumuleront. L'ensemble se termine par deux grands bassins, de plusieurs centaines de mètres carrés, dans lesquels la vitesse devient inappréciable, ce qui permet aux derniers schlamms de s'arrêter, autant pour clarifier les eaux, avant de les rendre aux riverains placés en aval, qu'en ^^Ie de recueillir ce qui mérite encore de Têtre. Ces bassins sont au nombre de deux, ainsi que nous avons déjà eu l'occasion de le dire (N** 1437), afin que l'on puisse procéder au curage sans interrompre le service.

1470 — Tables à toile. — La table à toile fixe^ ou plannenherdy est une sorte de table dormante, sur la surface de laquelle on a plaqué une grosse toile adhérente, destinée à retenir dans son tissu les pépites susceptibles de s'y accrocher (*).

La table de Brunton (*) consiste en une toile sans fin, sur laquelle s'écoule la lavée, à peu près dans les conditions précédentes, avec cette différence capitale, toutefois, que la toile elle-même remonte sa propre pente, sous l'empire de rouleaux tenseurs animés d'un mouvement de rotation. On en peut ainsi régler la vitesse, de manière que le mouvement différentiel dont le grain se trouve animé, dure un temps suffisant pour assurer la netteté des résultats. C'est, en quelque sorte, l'équivalent d'une infinité de ràblagcs infiniment

(*) Ce principe rappelle l'emploi des peaux de mouton que, de nos jours encore, on immerge dans les courants aurifères de TAbasie, pour retenir au passage les pépites d*or. On retrouve ainsi, après trente-deux siècles, celle pratique grossière de préparation mécanique, qui a visiblement donné naissance à la légende de la Toison d*Or, à l'occasion de l'expédition effectuée par les Argonautes dans cette même contrée, vers ii>50 avant J.-C.

(*) Burdon, Annales, 4% XX, 527. — Durai, Trailé de la recherche det mineraù utiles, 1870, p. 375. — Mining Journal, 20 mars 1847. — Proceedings of ihe Initilute of civil Enginecrs, XXX, 106.

petits. -Ce principe est îng<inieux; cependanl, sous cette première forme, l'appareil paraît abandonné.

On retrouve la même donnée dans la table de Frue [Frue vanning machine), qui est représentée par la ligure 89fi('). Elle ne diffêre du dispositif précédent qu'en ce qu'on lui communique des secousses légères titinsversales. Par là. elle se rattache au principe dont nous étudierons, au paragraphe 4, l'influence spéciale. En

outre, CCS ébranlements aident ii détacher, en dessous, les parcelles qui resteraient adhérentes à la toile au lieu de tomber dans le bassin destiné à les recueillir. Pour d'autres types analogues, les vibrations de la table la déplacent suivant le sens de sa longueur.

Le lavoir d'Uren, appliqué aux cuivres natifs du lac Supérieur{'), dérive encore du même principe, mais avec une modification très importante. Le courant y est transversal à la toile sans fm, au lieu d'être longitudinal comme sur les appareils précédents. Le classement s'opère donc suivant des zones parallèles au mouvement, lesquelles arrivent ainsi, d'elles-mêmes, à se déverser d'une manière continue dans des compartiments distincts préparés pour recevoir leurs produits.

L'un des appareils à toile sans fin les plus perfectionnés est la table Slein, sous la forme que lui a donnée M. Bilharz (flg. 897] (*).

(■) Hœrer, Tatehenbuck fur Btrgmânner, 4H5. — Eissier, The melallvrgg ofgotd, Londres, 1891, p. 170. — Califomia ilale mining Bureau, Sacromenlo. IHKS, p. 606. (•) Rev. univ. d. m.. 1868. 412.

(ï) Schmidt, Bull. min.. 3-, VIH, 674. — OBtUrr. Zeit., 1890, H" 19. — Berg und

Comme pour le lavoir d'Uren, le courant est transversaU et les rouleaux extrêmes qui supportent la membrane sont disposés au même niveau, inclinés tous deux sur Thorizon. Mais en même temps que cette toile avance de droite à gauche sous Taction de la roue R, le cadre portant les rouleaux reçoit des secousses longitudinales par l'effet d'une roue à cames placée en R', qui l'écarle vers la droite; il se trouve ensuite ramené à pauche par le res-

Fig. 897. — Table Stein-BiUiarz.

sort S. La lavée qui contient les schlamms est déversée par le conduit A sur l'un des angles supérieurs de la table. Grâce aux chocs répétés, le classement est rapide; les zones équivalentes restant, comme ci-dessus, parallèles au mouvement de translation. Il est d'ailleurs favorisé par la gouttière oblique B. En outre, des jels d'eau sont lancés en plusieurs points, pour entraîner successivement les diverses sortes; celles-ci sont recueillies dans les caisses C. La surface utile de la table est 2",50 x0",75; sa vitesse d'avancement 4"", 20 par minute; le nombre des secousses 150 environ; leur amplitude 12 à 15 millimètres (*).

HûtletimàtinUche Zeilung^ L, 69. ^^Zeitschrift de% Vereines deuUcher Ingeniettre^ 1894, XXXVlll, 450.

(*i M. Schmidt a pubUé [BuU, min., 3", VU], 64i) une étude détaiUée des appareils à toile sans fin. Les quatre tables de ce genre citées ci-dessus caractérisent quatre 5\st<'mes différents qui ont donné naissance à de nombreux types décrits par l'auteur.

>'ous citerons :

i« Parmi les tables à courant d'eau longitudinal sans secousses (genre Brunton), celles

Dans les différents appareils à toile sans fin, Ton substitue souvent à la toile tissée la gutta-percha, et surtout le caoutchouc. Afin d'éviter l'usure provoquée par le passage sur les rouleaux, on recouvre d'une couche de caoutchouc liquide le revers de cette bande, chaque fois qu'il se trouve affaibli par le frottement. En outre, pour diminuer l'usure de la toile sur le plancher qui la supporte entre les rouleaux extrêmes, on injecte de Feau au-dessus de ce dernier.

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