TABLES CIRCULAIRES
14180 — Round'buddle. — Cet appareil, né en Angleterre, est fondé sur la substitution du tronc de cône à la forme plane, pour constituer l'aire de lavage. Il en existe deux variétés distinctes, selon que la petite base se trouve située au-dessus, ou au-dessous de la grande. On obtient ainsi des round-buddles convexes ou concaves. C'est au premier de ces types que se rapportent les figures 898 et 899.
de HonuK et de Palmer (Geetzschmann, Die Aufbereitung, H, 487), celles de Hbberl^ [Berg und Hûttenmânnische Zeitung^ 1870, 202], de Jokes [Zeitschrift des Vereinee deuUcher Ingeniewe, 1892, XXXVI, 1497), de Rohm [Lamprecht, Die Koklenaufperei" tung, liCipzig, 1888, p. 63. -~ Zeitschrift BHS, XXXU, 310), les enricbisseurs Solvat et Beacssart ;
2" Parmi les tables à courant longitudinal et à secousses (genre Frue), celles de Hartwig (Henry, Annales^ G«, XIX, 294. — Gietzschmann, Die Aufhereitung, H, 505), les enricbisseurs « Triomphe ^ (Irelan, Califomia State mining Bureau, Sacramento, 1888, p. 696), Embrey (Egleston, The metallurgy of sHver^ gold atid niercury in the United States, II, 513. — Ëissler, The metallurgy of silter, Londi'es, 1889, p. 265), WooDBDRT, J0BNST05 (Engineering and mining Journal, 1893, LVI, 78 ;
3« Parmi les tables à courant transvei'sal sans secousses (genre Urcn), les enricbisseurs BiTTiNGER (Rittinger, Dcu Lehrbuch der Aufhereitung, \" supplément, p. 64), Castelnau [Bull, min,^ 3*, IV, 922. — Castelnau, Matériel nouveau pour la préparation mécanique, Paris, Micbelet).
4« Parmi les tables à courant transversal et à secousses (genre Stein], la table Stein primitive (Bellom, Annales, 8*, XX, 57], la table STEnt-pETEBSEif (Dinglefs polytechnisches Journal, GGXXXIX, 20], et Tenrichisseur Rows (Engineering and mining Journal, 1892, LUI).
Les appareils à secousses (genrps Frue et Stein) se rapprochent comme fonctionnement de la table à secousses ordinaire, et de celle de Rittinger dont il sera question plus loin (N« 1484, 1487).
La lavée est amenée, par un conduit, à une auge centrale qui la
Fij;. 8*18. — Hound-biuldle (coupe verticale).
Fig. 899. — Round-buddle (plan).
distribue circulairement au moyen d'uiv chevet conique, d'où elle s'étale sur le tronc de cône incliné de 8 à 10 7o' en se classant
comme avec la table donnante, sauf les effets spéciaux dus à la variation de vitesse, dont nous parlerons dans un instant. Un renvoi de roues d'angle met en rotation deux bras, portant des brosses, ou des bandes d'étoffe, que l'on peut remonter à l'aide de manivelles, au fur et à mesure que le dépôt s'élève lui-même. Ces brosses sont destinées, d'une part, à effleurer légèrement la surface, afin de remettre les matières en suspension, en dégageant les fines qui seraient enchevêtrées au milieu des grains plus importants; et, d'autre part, à égaliser incessamment cette superficie, pour éviter qu'elle soit ravinée par de véritables ruisseaux. On emploie également des pommes d'arrosoir, animées d'un mouvement de giration, et destinées à décaper périodiquement le minerai métallique, en le débarrassant de la gangue légère qui tend à le recouvrir. L'eau et les troubles s'échappent par des trous pratiqués sur le pourtour du bassin. C'est un appareil discontinu; onaiTéte l'opération de temps à autre pour retirer la couche de produits riches. Une table de ce genre, de 4 mètres de diamètre, traite par heure 1800 kilogrammes environ de gros sable, en consommant 100 litres d'eau par minute. Le prix de ses armatures et des organes mobiles est de 5 à 600 francs.
1481 — Dans le round-buddle concave, qui est plus récent que l'autre, on répartit la lavée sur la circonférence supérieure, au moyen d'un tuyau qui tourne avec les balais. La boue s'échappe par le centre, à travers les trous d'un manchon en fonte, qui sert à maintenir les dépôts. Le mouvement va en s'accélérant, depuis le haut jusqu'au pied de la pente, en raison du rétrécissement progressif du périmètre, à l'inverse de ce qui a lieu pour le dispositif précédent, avec lequel on réalise, au contraire, un ralentissement. On aura, par suite, une meilleure épuration, mais au prix de pertes plus notables, car les grains riches les plus fins auront quelque peine à se soustraire aux effets de la vitesse finale.
Si l'on établit deux tables superposées, comme cela se fait quelquefois, on préfère généralement la forme concave pour l'appareil supérieur, de manière à surveiller plus facilement le roundbuddle inférieur.
970 PRËPARATION HËUMQUE DES MISERAIS.
La séparation, peu ncllc en principe dans les round-buddles, puisqu'elle ne procède que par équivalence, tend à s'obscurcir encore davantage par cette circonstance, que la pente du ci>nc de dépôts se moditîe sans cesse, du commencemcnl à la un de l'opération, ce qui Fait varier la vitesse, et comme conséquence la nature des stratiflcations.
Le round-buddle concave esigc au moins l&O litres d'eau par minute, ce qui représente une consommation plus élevée que pour l'appareil convexe. On y peut passer par heure 1 à 2 tonnes de sablesl').
Ces organes ne sont que des dégrossisseurs ; il faut repasser les produits obtenus, soit sur un engin semblable, soit sur une table à secousses.
148S — Tablée toumanles. — Les tables toumantet traitent généralement des matières plus fines que les round-buddles 0- Ce sont des appareils continus. Elles peuvent encore être convexes ou
FiR. MO. — Table tonrninte.
concaves, recevant la lavée par le centre ou par la circonférence, et offrant, à peu priis, les mêmes différences de fonctionnemcnl que les buddlcs correspondants. La figure 900 représente la table convexe, qui est la plus employée des deux.
l<) A lo mine de ^Vhc■t-Owics (ComwRll), 1c captiin Qoîns a établi ua rouad^ndilk' sur le iliamétre gigantesque de 15 maires.
1*1 Matro! {Annala, 6'. XIJ, 362]. — Table lournanie Jacometî et Leniniiie. CM. I8fô, 13.
La lavée est donnée à la partie supérieure, sur une fraction de la circonférence. Elle descend jusqu'en bas en se classant, et la rotation lente de la table n'influence pas sensiblement ce mouvement suivant les génératrices. Cette circulation a seulement pour effet d'amener successivement toutes les portions de l'appareil à passer : 1"* sous le livreur; 2" sous une gouttière donnant, pendant la plus grande partie de la révolution, de l'eau pure pour laveries dépôts ; 3" devant un système de trois tuyères, qui dardent vivement leurs jets multiples, de manière à balayer tout ce qui se trouve sur la table. La première n'attaque qu'une surface annulaire extérieure, d'une certaine largeur, et projette dans une auge les matières que lui amène successivement cette zone, par sa rotation indéfinie. Un peu plus loin, une tuyère plus large nettoie un anneau intermédiaire, dont elle envoie les produits dans une seconde auge. Enfin la dernière, montant de la circonférence inférieure jusqu'au sommet, fait descendre à un troisième compartiment la tête du dépôt, qui avait été respectée par les deux précédentes. Immédiatement après, la surface ainsi dénudée repasse sous le distributeur, pour se charger d'une nouvelle quantité de lavée, qui sera, pendant une nouvelle révolution, classée el décomposée ainsi qu'il vient d'être dit.
Le diamètre de la table augmente avec la pauvreté et la complexité des matériaux que Ton y veut traiter, afin d'accorder plus de temps à leur classement. Cette dimension varie depuis 2"*, 50 jusqu'au double de cette valeur. L'inclinaison dépend de la finesse des schiamms, ainsi que de leur nature plus ou moins visqueuse. Elle est, en général, de 5 degrés. La rotation, très lente, ne dépasse pas un tour par minute ; elle n'est parfois que d'un quart de tour pendant ce môme temps. La quantité d'eau varie, selon les circonstances, de 100 à 500 litres par minute. La production est encore plus inégale. On peut passer en 10 heures, sur les petites tables, 1 à 2 tonnes de schiamms très fins; et jusqu'à 15 ou 20 tonnes avec les plus grandes, en traitant des produits plus grossiers. Pour un appareil de 5 mètres de diamètre, les organes métalliques reviennent à 2500 francs environ.
La séparation n'est pas beaucoup plus satisfaisante, en principe.
que sur le round-buddie, et la table tournante n'est, a)mme ce dernier, qu'un dégrossisseur, lorsqu'on lui livre directement une matière brute. Mais si Ton repasse ensuite séparément, sur une seconde table, les catégories ainsi formées, elle prend le rôle de fmisseur, car l'homogénéité du produit permet alors plus facilement de régler Tappareil avec précision, de manière à retirer la totalité du riche contenu.
On a reproché aux tables tournantes de fournir des classements souvent peu précis, par suite des irrégularités de mouvement qui se manifestent au cours de leur rotation lente, et des oscillations qui en résultent pour la lavée.
1483 — Table de Linkenbach. — Ce défaut se trouve évité dans la table de M. Linkenbach (% qui présente, au point de vue du fonctionnement, une grande analogie avec les appareils tournants. Mais ici la table redevient fixe, et consiste, comme pour les round-buddles, en une aire de ciment; ce sont tous les autres organes, livreur de lavée, gouttière d'arrosage, tuyères de balayage et rigole extérieure, qui tournent lentement autour de Taxe du tronc de cône, à raison de 1/4 de tour par minute (fig. 901 et 902).
La lavée est amenée par le conduit A dans un compartiment du livreur B, qui la laisse couler sur un secteur MN de la table. L'autre compartiment NOP forme gouttière, et ne lance sur la table que de l'eau pure. Des tuyères D, E, F, balayent successivement les diverses sortes obtenues.
Pour recueillir séparément ces divers produits, la rigole mobile CC est divisée en 24 compartiments, dont chacun communique par un petit tuyau tel que ^ tf, t'\ (", avec Tun des canaux concentriques établis dans le sol autour de la table.
Le modèle représenté par les fig. 901 et 902 est combiné en vue d'obtenir, en dehors des stériles, deux classes de produits mixtes, qui se réunissent dans le même canal d'évacuation, et deux sortes de schlichs. On voit que de M' en 0', la rigole mobile verse au canal intérieur les stériles qu'elle reçoit; de 0' en R', et de S' en
(*) Bellom, Annales, 8*, XX, 60. — Linkenbach, Traité pratique de la préparation mécanique, traduit par Coutrot; p. iOO. — Bull, min., 3", VIII, 527.
L&VAfiE sua LES TABLES. 973
T', les deux classes de produits mixlcs vont, par les tuyaux {", dans
Fig. 901 cl 90Î. — Table Je LiDkpnbath (coupo transversale cl plan).
974 PRËPARATIÛN MËaN[QUE DES MINERAIS.
le second caniveau. Quant aux produits finis, an en sépare d'abord une première sorte de R' en S\ sous TelBldes tuyères E; puis une seconde, de T' en M\ à l'aide des jets d'eau F. Ces deux catégories de schlichs se rendent au troisième canal et au qHatrième par les tuyaux t' et ^ On modifie d'ailleurs suivant les besoins It lépartition de ces diverses zones.
La lavée traitée ne doit pas contenir (en poids) plus de 8 à 10 V» de matières solides.
Les tables de Linkenbach ont été construites avec des diamètres compris entre 5 et 8 mètres. .Comme pour tous les engins du même genre, l'inclinaison est d'autant plus faible que Ton y doit passer des schlamms plus fins; elle varie de 1/9 à 1/12. La quantité de produits bruts soumis au lavage doit également diminuer avec leur finesse ; on peut passer de 500 à 750 kilogrammes par heure. L'installation d'un semblable appareil coûte environ 2500 francs.
Ces organes donnant, au point de vue de la perfection du travail, des résultats comparables à ceux des tables de Rittinger que nous aurons à étudier plus loin (N"" 1487). Ils ont Tavantage d'exiger moins de main-d'œuvre, et de puissance motrice. Us sont en outre plus faciles à conduire, mais plus encombrants.
Le système de Bartsch(') en diffère en ce que, pour accélérer le classement des schlamms, la table est supportée par un bâtis spécial, et reçoit de petites secousses verticales.