TABLES IL SECOUSSES
1484 — Table à secousses. — Ce système (fig. 903, 901) est disposé à peu près comme la table dormante. Seulement Taire de lavage proprement dite devient distincte de son chevet. Tandis que celui-ci reste fixe, la première est suspendue sur des chaîne?, et peut s'éloigner de l'autre partie, par un mouvement de transla-
(*) Bilbarz, Erzaufbereitung, Leipzig, 1896. — lïôfer, Tatchenbuch fur RergmàHHer,
lion pendulaire. Un arbre à cames l'en «écarte périodiquement ('). Lorsque la came l'abandonne. le solide, ainsi déplace de sa position d'équilibre, s'en rapproche par l'action de la gravité, avec la lavée qui est en train de s'écouler à sa surface. Il vient choquer l'obstacle fise, qui l'arrête brusquement, tandis que d'après le
fig. va. - Table h H
(T. 90i. — Tahlï i
principe de l'inertie, les grains continuent leur mouvement en raison de la force vive acquise, qui les fait remonter vers la tête de la table. Celle-ci, pendant ce temps, a rebondi en vertu de son élasticité, ainsi que de celle des heurtoirs, et ce mouvement inverse tend à augmenter encore le déplacement relatif du minerai à sa surface. L'un et l'autre s'arrétant encore dans une position où ils ne sauraient se maintenir en équilibre, se remettent de nou-
(') Dans le ronccnirateur Imla]', l'on imprime, k l'aide d'eiwnlriques, les pulsations au nombre de SOU par roinule [Revue indutlrieUe-, novembre ISiJS. p. 470). — CornisL are Feeder. En^iFinrinj, lOarril IKOI, 459.
976 PRÉPARATION MËGAl^IQUË DES MINERAIS.
veau en mouvement, ci les mômes circonstances se reproduisent bien que sur une échelle réduite. On peut ainsi avoir théoriquement une suite de réflexions; mais, ordinairement, les secousses sont imprimées à la table avec une telle fréquence, que cette série d'eflets n*a pas le temps de se développer avant la rencontre d'une nouvelle came.
On voit par là que le grain éprouve, sous Faction de la pesanteur, un mouvement descendant incessamment contrarié par une influence inverse, qui le remonte par saccades vers le sommet. Cette action forme Téquivalent d'une sorte de ràblage, très couri, mais indéfiniment répété, qui prolonge le séjour du grain au contact de la surface frottante. Sous ce rapport, nous rencontrons jusqu'ici une grande analogie avec Topération qui a été analysée ci-dessus (N° 1474) pour les tables fixes, et surtout pour les tables à toile sans fin (N"" 1479). Cependant il existe, entre les deux modes d'action, une diflérence profonde que nous allons faire ressortir.
1485 — Analysons, en elTct, le mouvement du grain, au moment où il se trouve relativement lancé le long de la table, par l'arrêt subit qu'éprouve cette dernière. Si v désigne sa vitesse variable, la force totale de ce mouvement rectiligne sera, d'après
les notations du N^ 1419 : r/ et nous devrons l'égaler à la
g dt «^
somme algébrique des forces agissantes. Celles-ci sont toutes retardatrices. C'est en effet d'abord le frottement, dont nous avons déjà (N" 1472) formulé la valeur — /a/* (5 — 1). C'est, en second lieu, la résistance du milieu liquide. Celui-ci ressent l'influence entraînante de la table d'une manière beaucoup moins directe que le grain ; il subit en môme temps, en sens contraire, de la part de la pesanteur, une tendance permanente à l'écoulement. Cette eau peut d'après cela être considérée comme sensiblement stagnante, et la vitesse que possède le grain par rapport à elle, y diffère peu de sa vitesse absolue v. Nous avons d'ailleurs d'autant moins d'intérêt à préciser davantage, que nous allons voir, dans un instant, disparaître ce terme. La résistance s'exprimera donc (N° 1419) par — bPv^. et
Ton pourra poser l'équation différentielle :
aP8 dv
g dt
= /aP(8 — 1) — W»w«,
que nous mettrons sous la forme suivante : ... dv - 8 — 1 hq v'^
Or, bien que -j ait une valeur notable, il n'en est pas de môme de
V et a fortiori de v*. Le maximum de la vitesse du grain est en effet sa valeur initiale, qui forme, en môme temps, la vitesse finale du mouvement pendulaire ; or celui-ci s'exerce sur une amplitude restreinte, le long d'un arc peu éloigné du point le plus bas du cercle. La projection verticale de cet arc, qui est proportionnelle à v*, reste par conséquent très faible. Nous pourrons donc, avec une approximation bien permise ici, supprimer ce terme, et réduire ainsi l'équation :
dt '^ 8
Cette formule est toute semblable à celle qui caractérise, par une approximation analogue, les premiers instants du criblage à la cuve (N** 1429). Elle conduit donc à la même conclusion, à savoir que la table à secousses classe directement par densité, et non plus par équivalence, comme les organes précédents.
11 est toutefois très essentiel de faire, à cet égard, une réserve relative au calibre de la sorte que Ton traite sur cet appareil. S'il s'agissait, en effet, de matières suffisamment fines, le terme négligé, qui renferme / en dénominateur, serait susceptible de grandir indéfiniment, et l'approximation précédente ne serait plus permise; nous en rencontrerons bientôt un exemple.
1486 — Le jeu de la table à secousses dépend de bien des éléments différents. On appelle tension de la table l'inclinaison des