io
CAILI>
du chariot, aux moments où il doit changer de palier. Seulement la question change de face, lorsqu*à un objet inerte nous substituons I homme lui-même» doué d'intelligence et de mouvement. Les appareils oscillants retrouvent par suite, à ce point de vue, beaucoup d'importance, et ils ont rendu de grands services. On les appelle Fahrkunsl au Ilartz, où ils ont été imaginés en 18r>3 par Dôrell, Man-engine en Angleterre, échelles mécaniques eu Waroc- (fuèrtt (') en France et en Belgique. On en a construit à Praibnm, qui atteignent 1000 mètres de hauteur. Ces systèmes peuveal être à simple ou à double eflet.
Les fahrk«Dst à double effet se composent de deux longrines de bois n régnant sur toute la hauteur du puits (fig. 611, G.")?, 651), et recevant des mouvements inverses de la part d'un moteur placé à la surface (^). Elles porteat des poignées pour les mains, et, pour les pieds, des échelons en mflt de perroquet. Lorsqu'elles s'arrêtent après chaque oscillation, le mineur saisit, d'une main et d^un pied, la tige qui arrive à sa rencontre, et qui, en renversant son mouvement, le transportera dans le même sens que le parcours précédent, effectué avec la première tringle, qu'il abandonne alors de l'autre main et de l'autre pied.
' Miarocqué. Description d'un appareil à descendra les ouvriers [AnnatM^ 4*, VII, 533 . — Fayn. Appareils de translalion des ouvriers. Liège, 1877. — Moissenct Doscriptioo des man-cngiue de Gornwall (^nno/ei, 5", XV, 1). — Fahrkuust à une tige. Uabels [Rn. utiiv. d. m., 1", XVI, 97). — Fahrkunst. Baure (BulL min., 1", VI, 85). -- Fahrkunst. ViUiers [BulL min., 1'% VI, 337). — De» Fahrkuntt et de leur» avanl»ge9. Uevaux [Rev. tmiv. de m., l'*, V, 103, 450). -— Notice sur les fahiiîunsl. Dcisaux Jtn. univ. d. m., 1'*, VI, 224). — Note sur les appareils de translation du mineur dans les puits. De Vaux [Hev. univ. d. m., i"*, X, 1). — Fahrkunst [OEHerreichv^he ZeiUckrift f. B. u. //., 1880, 71). — Fahrkunst am Mariaschacht in Przibram [ibidem, 1882, 196). — \onUskuer. Die Fôrdermoêchineii der Bergwerke, 526. — Berggeist, 18C>9, ^* 19. -^ Bcrg- und HulL ZeiL, 1854, 27. — Archive» de Karslen, X, 100, 202. — Gallon s'est longuenoent étendu sur ces appareils [Cour» d'exploitation de» mine», II, p. 285 à ^,. — Fahrkunst. Rev. univ. d. m., 2*, 1, 155. '-- Ueumauz [Échelles mobiles. Bull. min., 3», III, 735. — CRM, 1888, 74). — Mines de Bascoup. Warocquères. [Bull, min., >, II. 463;. — mrocquères. [Bull. Soc. rfViic, 1% XLIV, 48). — Gocbet. La fahrkunst Lorimier (fier. univ. d, ro., 2*, V. 130).
^ On a essayé de remplacer chaque longrine par un système de deux câbles métalliques raidis, qui sont étrésillonnés ensemble par les échelons.
i') On a, dans une mine de Freyberg, utilisé, pour ce mouvement, la mal tressetige des pompes, avec des paliers fixes. Mais cette économie n'est pas à recommander. Ce service est assez important pour qu'on lui consacre un appareil spécial, indéfiendant des assujettissements et des inconvénients de l'épuisement. (Y. p. 224, note 1.)
De cette manirrc, l'ouvrier progresse d'une manière continue, en montant ou en descendant, selon qu'il se déplace de manière à profiler de tnutes les ascensions, ou de toutes les descentes des longrines. Quand il veut se rtposer un instant, il trouve, au\ divers arrôts, des paliei-s tÎAes.
sur lesquels il prend pied en abandonnant les deux tiges. Si le système se dérange, le piqueur trouve également à sa portée un système d'échelles fixes, pour remonter au jour à la manière ordinaire, l'n câble, régnant sur toute la hauteur, et aboutissant à une cloche dans la chambre des machines, sert au mineur en détresse pour correspondre avec le mécanicien, b l'aide de signaux convenus- Si sa lampe s'éteint, il attendra, en efTectuant des oscillations, que l'on vienne à son aide avec une lumière.
Les fahrkunst à simple efTel ne comportent qu'une seule lige, avec des paliers fixes, ou des niches pratiquées dans la paroi. Le mineur s'y place après chaque (fi,'.iaiion* anu-ridiiv et lairraïc)- couTse, et y reste pendant l'ex-
cursion inverse, pour i-eprendre la tige lorsqu'elle recommencera un mouvement de même sens. La durée du parcours est alors évidemment doublée.
934 — Ce système rudimcntaîre a reçu certains perfectionnements. Kn vue de diminuer, pour les hommes, le danger d'éti-e laminé entre les deux longrines par de fausses manœuvres, ainsi que les difficultés qui naissent de l'inclinaison de certains puils.
TR.ll«SUTION DU PERSOHNI-L. 3lil
on a employé des tiroirs {lig. 653), dans lesquels s'tnst'-i-e le corps de rhomme, protégé par celle armure.
Mais c'est sous la direction de M. Warocqué, que ces appareils ont pris leur forme dclinitive el la plus confortable (fig. 636). Au lieu de simples échelons, on établit de véritables paliers, environnés d'uQ garde-corps en fer. Rien n'est plus facile alors que de passer de l'un sur l'autre, quand même deux courants de circulation viennent à se rencontrer, montant et descendant à la fois; circonstance qu'il ronvieni cependant de proscrire autant que pussible. Il est d'ailleurs facile de permettre la simultanéité de cette double circulation, tout en évitant les rencontres. Il suflit de ilooner, à la course de la warocquère, une amplitude double de l'intervalle des paliers, il devient alors impossible de passer de la série paire sur la série impaire. L'une sert pour l'ascension, et l'autre pour la descente.
Quand on veut rester maître de pousser la hauteur de ces appareils au delà do lijuti's limites, on les équilibre, de dislance en distance, par des chaînes qui passent siir des poulies et supportent, de l'autre l 'ito, des contrepoids. Dans ces conditions.
... , . FLir. lïio. ~ Fihrkunsl.
non seulement la résistance des tiges est
soulagée, mais en outre le travail de la pesanteur se trouve égalisé
ilans les fahrkunst à simple eiïet.
93S — Quant à la machine motrice, destinée à communiquer »ui tiges le mouvement oscillatoire, elle peut ôtrc établie d'après deux principes distincts.
Dans l'un, l'allure est intermittente, avec intervalle de repos entre chaque oscillation, et attaque plus ou moins brusque au départ. Une cataracte commande ces manoeuvres, et permet de iv^ç'er 3 volonté le temps de l'arrêt.
Dans l'autre, le mouvement est continu, et appartient au type sinusoïdal, c'est-à-dire qu'il reproduit, sauf t'influence de l'obliquité de la bielle, la loi cinématique de la projection d'un point qui parcourt uniformément un cercle. II n'y a plus alors d'arrêt proprement dit, avec une vitesse huIIp pendant un temps fini. Seulement, le changement de sens aux extrémités s'accompagne d'un ralentissement tri-s marqué.
el bien rythmé, dont les hommes acquièrent le sentiment, de manière k changer de place sans difficulté. Ils trouvent même ce régime plus doux que le premier, dans lequel le plancher, en se dérobant tout à coup sous les pieds, produit une sensation pénible.
Dans les appareils à double cfTet. une seule des deux tiges se trouve actionnée directement par une bicUc reliée au piston à vapeur. Sa course est égale à deux fois la longueur de la manivelle. Un renvoi hydraulique, renfermé dans un lube en U, communique au piston obturateur du second cylindre un mouvement rigoureusement synchrone du premier (fig. 636).
Une petite pompe sert h réparer ses pertes. L'adjonction d'un frein est indispensable, afin de permettre la descente des hommes & charge. On peut se contenter, pour cela, d'un simple robinet, qui étrangle à volonté te passage de l'eau.
Fie fiSG -ffarocqiiiTc •*• — ^^ perfectionnement important
a été apporté par M. Guinottc à ce deniicp
système de warocqiière, et appliqué par lui à la fosse de Traie-
gnies (des mines de Bascoup). Le moteur à vapeur commande, pai'
riniermédiaire d*engrenages, les pistons plongeurs de deux corps de pompe horizontaux. Ceux-ci sont reliefs par des conduites hydrauliques èi deux cylindres verticaux, dans lesquels se meuvent des pistons directement attelés aux tiges oscillantes. Les courses de ces dernières et celles des pompes sont en raison inverse des sections de leurs pistons. On peut donc augmenter le déplacement vertical des paliers, sans arriver, comme avec le système précédent, à des dimensions inadmissibles pour la manivelle du moteur. Celui-ci, grâce aux engrenages, marche d'ailleurs à une allure plus rapide, et il devient possible d'y faire usage de la détente.
On a ainsi imprimé aux tiges, des oscillations de 5 mètres d'amplitade. L'appareil fonctionnant à double effet, et la machine donnant 10 coups simples par minute, un homme descendra de 50 mè-
1res pendant ce temps ; et sa vitesse moyenne sera de rrr.y ou ^ de
mètre par seconde. Les paliers étant espacés de 10 mèircs, il s'en trouve 10 par tige dans chaque centaine de mètres. En admettant que cliacun d'eux porte un homme de 70 kilogrammes, et que les liges soient exactement équilibrées pour plus de simplicité, le poids à élever sera lOx 70 = 700 kilogrammes; et le travail par seconde,
abstraction faite des résistances passives, *t X 700. Par conséquent
Ion ir .• I 1 •'>>^ '00 70 la puissance effective en chevaux aura pour valeur -j^ ^^f ou -jr-
Si Ton admet un rendement égal à jt la puissance nominale
j 70 devra être ^ x -^ =:z 10'", 4 ; c'est-à-dire une dizaine de chevaux
pour chaque centaine de mètres de profondeur.
On voit, par exemple, qu'un personnel de 50 hommes seulement i^uffirait à occuper toute la hauteur d'un puits de 500 mètres, et nécessiterait alors un moteur de 50 chevaux environ.
Pour apprécier la durée dû trait, on remarquera qu'elle comprend d'abord le temps nécessaire au premier mineur pour atteindre
le sommet avec une vitesse movenne de ^ de mètre, c'est-à-dire
un nombre de secondes égal à ^ W- -^ partir de ce moment, on voit
arriver un homme à chaque coup double. 11 en parvient donc 5 par
minute, c'est-à-dire ^ ou j^ par seconde. Il faudra par suite
un nouveau délai de 12 N secondes, si N désigne le chiffre du personnel. En résumé la durée des manœuvres, qui se reproduira deux fois par jour, sera pour chaque trait :
Si par exemple N est égal à 400, et que nous supposions, comme tout à l'heure, H = 500, la durée de chacun des deux traits sera de 5400 secondes, ou une heure et demie. Elle serait de trois heures avec le simple effet dans les mômes conditions.
987 — Le système de transport des hommes par fahrkunst présente en principe l'avantage de maintenir en communication constante avec l'extérieur, sans arrêter l'extraction, le personnel qui est occupé aux divers niveaux. 11 convient bien aux mines métalliques dont les étages sont multiples.
Mais si on le compare à la translation par cages guidées, il offre l'inconvénient de nécessiter un matériel spécial, dont l'installation est coûteuse. La surveillance et l'entretien de ce dernier, qui se trouve constamment dans l'obscurité, est plus difficile qnc pour les cages et cables qu'il est aisé d'examiner à la lumière du jour. De plus, il exige des ouvriers un efforl d'attention continu pendant toute la durée de l'ascension ; une distraction, une indisposition peuvent être la cause d'accidents graves. Aussi ne possède-t-il pas un avantage marqué au point de vue de la sécurité (*).
(*) On a vu (pape 258, note 1) les résultats comparatifs des statistiques allemandes à ce sujet. En Angleterre, pour le district de Cornwall (1875-1882), on a indiqué un chiffre de décès égal à 0,152 par iOOO ouvriers circulant par les Man-engine: mais celte proportion est prise ici par rapport à l'ensemble des ouvriers du fond et du jour. En revanche, avec les warocquéres perfectionnées installées à Marieraont et Bascoup.la moyenne annuelle des tués est descendue à 0,05 par 1000 omriers du fond.
TRASSLATIO DU PERSO^^ÏX. Sfii
En réalilé, l'usage des échelles mécaniques semble se restreindre ('onslaminent. Aucune ne fonclionne en France. On n'en compte que quelques-unes en Belgique, notamment aux charbonnages de Mariemont et Bascoup. leur emploi ne conserve une certaine importance que dans les mines du Cornwall et du Hartz.
TKANSI.ATI9N PAB LE (ABLE
•88 — Moyens diverê, — L'emploi du cdbic. pour le service (tes hommes, tend à prévaloir de plus en plus ('). L'expression analytique de la durée du Irait prend aloi's une forme diiïérente de la précédente; elle ne s'exprime plus par une fonction linéaire de la profondeur et du chiffre du personnel. Chaque voyage néfMsile un temps constant, d'une minute environ, pour
les manœuvres, et, en outre,
une durée proportionnelle
à la profondeur. Quant au
nombre des voyages, il est
lui-même en raison du chiffre du personnel. La durée-
lolales'expi-ime donc par le
produit de ce nombre N, et
dune fonction linéaire de la ., . „ , >. , . .li
FiR. al. — r><-«-<'nlc il^ins unp houcle de cible.
buteur ]|.
Depuis longtemps, on a commencé à employer le câble pour descendre les hommes, sous les formes les plus diverses. Le mineur pénètre, encore aujourd'hui, dans certains puits de mar-
I'' A tpingc on a emplovè pour le IransporI l'eili-uclinn alinosphérique (^■ Ml)-
nières, assis' sur un bâton, ou dans une boucle du câble dont il tient, entre ses mains, la partie verticale. Le même moyen était employé autrefois dans les salines de Wielicska (fig. 637), ou avec
les knechte{^) des mines de Sckemnitz (fig. 658). Ces derniers sont formés de lanières de cuir, dont l'une sert de siège, et l'autre de dossier. On peut garder les mains libres, en se renversant sur ce dossier, et attachant la lampe sous le siège. On a aussi employé, en Angleterre, des étrîers, sur lesquels le mineur se tient debout, en serrant le câble dans ses mains.
Un moyen plus pratique consiste à se placer dans la berme (fig. 639). Il est absolument interdit de se tenir debout sur les bords, à moins d'être attaché au câble avec une ceinture de sûreté. Celleci doit être obligatoire pour tous les hommes lorsque le cuffat a moins de 0'",80 de profondeur. Il faut en outre que les bennes soient suspendues à Taide de dispositifs qui n'en permettent pas le renversement. Un disque en tôle, d'un diamètre au moins égal à celui du récipient, préserve les mineurs de la pluie, et surtout de la chute des pierres (N** 792). En principe, on ne doit jamais sortir d'une benne à un accrochage où ne se trouvent pas de moulineurs pour recevoir les ouvriers. Au signal d'avertissement : attention aux hommes^ le receveurchef se tient sur le bord du puits, pour aider les ouvriers à débar-
Fig. fô8. — Kncîclîte de SchcniDitz.
Fig. 639.
Descenle dans la beoDc.
(«) ÂnnaU8, 7% m, 581.
quer. Nul autre que les moulineurs en titre ne doit se môler de ce 5oin. 11 convient que la vitesse des bennes non guidées qui renferment des hommes, ne dépasse jamais 1 mètre par seconde.
— Cages guidées. — Le système de descente le plus commode et le plus répandu est l'emploi des cages guidées (*). Elles procurent beaucoup plus de sécurité que les autres procédés de transport par le câble. Elles suppriment en eflet la possibilité des rencontres, et permettent Tusage des parachutes. Elles causent en outre moins d'accidents que les échelles mécaniques ('). La sécurité (le la circulation par les cages guidées s*est d'ailleurs améliorée d une manière importante» grâce aux perfectionnements apportés dans la construction des engins, et au soin avec lequel ils sont entrelenus dans les exploitations bien conduites (').
Les cages servant à la circulation du personnel doivent être disposées de manière qu'on ne puisse tomber en dehors. On a soin d'enfermer les mineurs au moyen de grillages, afin qu'il leur devienne impossible de passer la tète, les pieds, les mains, les coudes, qui seraient exposés à être cisaillés. On recouvre en outre les cages d'un toit solide. On les munit de parachutes efficaces. Si ces derniers appareils sont calés pour l'extraction du charbon, on Teille à ce que les moulineurs n'oublient jamais de les rendre libres avant l'entrée des hommes.
L'emploi des cages guidées permet d'imprimer au trait des hommes une très grande rapidité, bien que leur allure doive être alors, par prudence, sensiblement réduite au-dessous de la vitesse ordinaire du minerai. On l'abaisse aux deux tiers environ de cetle
'*< L'oberbergamt de Dortmund possédait, il y a quelques années, dans 556 puils 1^ ^ charbonnagos;, 396 dcscendories à échetles, 152 par le cible, et 8 fahrkunst Briart. De la translation des ouvriers dans les mines, lifv, univ. d. m., 2'. I;. Unis <l<'puis lors remploi des cages guidées pour la translation du personnel s'y est beaucoup déreloppé.
^ Toir le Ubleau de la note 1, page S58.
}\ U tableau de la page 258 met en évidence les progrès réalisés à cet égard. — )(' Reumaaz (BulL min., 3*« UI, 739», cite ce fait qu'en 1886, 790000 ouvriers ont circulé par les cages guidées en France, en Belgique, en Allemagne et en Angleterre. Le nombre de victimes par 1000 ouviiers a été de 0,13; tandis qu'une vingtaine d'années auparavant il s'élevait encore à 0,40 environ.
rapidité normale, sans jamais dépasser 5 à 6 mètres par seconde ('). La \itesse, même restreinle, suffit souvent pour déterminer une surdité temporaire, en raison du changement trop brusque de pression avec la hauteur. On la dissipe, en répétant de temps en temps, pendant la descente, le mouvement de la déglutition de la salive, pour rouvrir chaque fois la trompe d'Eustache, et mettre l'air qui remplit les cavités internes de l'oreille en équilibre de tension avec l'atmosphère (*).
Pour ce service du personnel, les cordages doivent être l'objet d'une attention toute parliculière; on ne les fait travailler qu'avec un coelficient de sécurité beaucoup plus restreint que dans le transport des charbons ; et on les soumet à une surveillance minutieuse, tant au point de vue des visites périodiques qu'à celui des essais de traction (chap. XXXI).
On ne doit jamais suspendre des hommes à un câble épissé.
Lorsque le service n'occupe pas les deux câbles à la fois, on a soin de se servir du plus neuf des deux ; mais toutefois on commence par le soumettre, après son renouvellement, au trait du charbon pendant quelques semaines, afin d'acquérir préalablement la certitude de sa solidité (N^ 789).
Les autres organes de l'appareil d'extraclîon, tels que les chaînes, tiges d'attelage, etc., sont également l'objet de visites très fréquentes. Une avarie, même minime, doit être réparée sans délai.
Au commencement de chaque poste, il faut faire au moins deux voyages à vide, ou avec du charbon, pour s'assurer du bon fonctionnement de la machine avant de lui confier des mineurs.
Nous rappellerons en outre la nécessité de réunir les diverses recettes entre elles par des signaux bien organisés, de renseigner le machiniste sur la marche des cages par des indicateurs, de
(') En Angleterre, on néglige souvent ces règles de prudence.
{*) L'œil lui-même met un certain temps à s'accommoder à l'obscurité relatÎTC que l'on rencontre en débarquant dans les accrochages, surtout quand on quitte la lumière directe du soleil. I^ moyen de retrouver le plus vite possible l'usage de la vue. n'est pas de faire des efforts pour mieux voir, mais, tout au contraire, de fermer complètement les yeux pendant quelques instants. I/orsqu'on les rouvre ensuite, ils sont devenus plus sensibles à la kunièrc diffuse qui éclaire les travaux.
munir enfin Tapparcil d'extraction de dispositifs efficaces pour éviter les mises aux molettes.
U est interdit au mécanicien de quitter son poste de manœuvre tant que dut*e la circulation du personnel. Les règlements exigent parfois qull soit assisté à ce moment par un aide-mécanicien, constamment pri^t à prendre en main les leviers en cas d'indisposition de son chef.
Le service des recettes doit être réglé avec précision, et il faut
que les opérations s'y exécutent dans le plus grand ordre. Les
receveurs sont seuls responsables des signaux et des manœuvres.
Les hommes doivent leur obéir; ils n'entrent dans la cage qu'au
commandement du moulineur, après que celui-ci a prévenu le
mécanicien. Le nombre d'ouvriers qu'il y a lieu dfadmettre pour
chaque compartiment est strictement limité. De même ils ne
sortent que sur un autre signal, lorsque la cage repose déjà sur
ses taquets. Quelquefois on les embarque dans des berlines, où ils
se tiennent accroupis, de manière à en laisser faire l'encagement
par les moulineurs sans aucune participation de leur part. Les
mineurs doivent se tenir immobiles dans les rages. Les outils très
lourds sont montés à part.
Lorsqu'une cage renferme des hommes, on ne doit embarquer des charbons ou matériaux quelconques ni dans la même cage, ni dans l'autre. Les receveurs du jour préviennent donc les accrocheurs du fond (ou inversement), avant de laisser entrer des mineurs dans la cage.
Les moulineurs ne doivent jamais envoyer un enfant sans un compagnon âgé d'au moins 25 ans (').
940 — Appareils australiens. — Lorsque des exploitations très réduites comme importance fonctionnent sans moteur et avec
i'> L'oberbergamt de Dortmund a rédigé, pour rextraction des hommes par les ca^es, DU ordre de service minutieusement détaiUé [DuU. min.y 3*, lU, 707). Le Coal mines rrgulation act, 1887, les Spécial rulet du Pays de Galles du Sud, le ivglemcnt (général des mines de Beljpque contiennent également des stipulations à ce sujet (Ibidem, 1%%. — En France, la cii*culaire ministcrieUc du 25 juillet 1895 comprend aussi des recommandations précises concernant la circulation des ouvriers par les câbles {Annalei, Partie administrative. 9*, IV, 356;,
l'extraction à bras, il devient difficile et dangereux de faire monter les ouvriers par le cûble. Dans Ions les cas, on n'aperçoil pas facilement la possibilité, pour un homme absolument isolé, de
Fig. G40, 611. — Appareils Kuslraliens.
monter et descendre par la corde, en raison de sa propre force, et sans la présence d'aucun aide, en haut ni en bas. C'est pourtant le problème qui a été résolu, avec une grande simplicité, sur les ptacers d'Australie (')■ Ce procédé simple, et très ingénieux, pour-
{') lloffard. Annuaire de Ui Société det ancieni élèitt de l'École det ArU et mien, 1H73. — llaloii de la Goupillière [Annale». %-. I, 403).
rait sans doute rendre des services dans des exploitations similaires de nos contrées, et je crois devoir y appeler l'attention.
Quand le poste doit descendre, les deux ouvriers les plus robustes résistent, sur les manivelles du treuil, au poids de leurs camarades, qui se suspendent successivement à la corde (fig. 610, Oil). Chacun d'eux s'assied dans une boucle formée par l'extrémité de cette dernière, dont on agrafe le crochet de sûreté après la corde ellemême, au-dessus d'un nœud situé à un mètre environ de cette extrémité, afin d'empêcher le cit>chet de glisser et de seriner la boucle. L'ouvrier tient ce céble d'une main, pour assurer sa propre verticalité. De l'autre, ou avec ses pieds, il maintient légèrement, de manière à pouvoir la saisir vivement en cas de danger, une corde de sûreté. Nous appellerons ainsi un ancien câble, encore bon, quoique ayant déjà fourni antérieurement une campagne comme câble-porteur. Il est agrafé, à l'aide de son crochet de sûreté, à l'un des montants du treuil, autour duquel il fait un tour, et d'où il pend le long de la paroi jusqu'au fond du puits. Cette précaution évite un tournoiement très pénible, et assure une protection, en cas de rupture du càble-porteur ou d'une avarie quelconque.
941 — Mais la question change de face, lorsque les deux moulineurs veulent descendre à leur tour, de manière que personne ne l'esté inactif au dehors. Le moins fort des deux passe l'avantdemier. Je le désignerai par A, et son poids par a. Le plus robuste descendra le dernier. Nous l'appellerons D, et son poids d.
L'ouvrier précédent, que A et D viennent de descendre à la manière ordinaire, accroche au câble un seau rempli de minorai, et d'un poids capable d'alléger suffisamment la résistance que D doit maintenant à lui seul opposer à la descente de A. Supposons-le, par exemple, de 30 kilogrammes. Le mouvement se fait dès lors comme précédemment, mais avec un seul moulincur résistant au poids a — 50 réduit dans le rapport inverse des rayons,
n s'agit enfin, pour le dernier ouvrier D, de descendre sans aucune aide du dehors. A cet effet, le mineur A, après s'être dégagé du câble, substitue à sa propre personne un sac rempli de sable
et noué à la gorge, qui ne sert qu'à cette fonction et ne quitte pas le puits. Je le désignei'ai par S, et son poids par s. En même temps, A agrafe à ce sac le crochet qui termine le pied du câble de sûrelé, tout comme il vient de le faire pour celui du câble-porteur. Les deux cordes se trouvent donc, par Tintermédiaire du sac S. réunies par le bas, comme on le fera tout à Fheure pour le haut, de manièi*e à constituer une corde sans fin. De là, une première circonstance très importante : c'est qu'à partir de ce moment, il n'y aura, pendant le mouvement, aucune variation de poids du câble, contrairement à ce qui se passe quand il a deux bouts, dont l'un monte par le raccourcissement de ce brin, tandis que le second descend en allongeant l'autre brin. C'est, comme on le voit, un artifice identique à celui des anciens appareils employés à Saint-Étienne pour la descente des remblais, et des machines d'extraction de M. Kœpe (N** 842). 11 ne faut pas omettre d'ajouter que l'adhérence avec le treuil s'obtient en y faisant faire au câble deux ou trois tours, qui se déplaceront latéralement le long des génératrices, pendant le mouvement de rotation.
Lorsqu'un cri, poussé par le mineur A, prévient D que tout est prêt dans le fond, celui-ci descend, après avoir pris les dispositions suivantes. Il a commencé par détacher le seau, qui avait servi de contrepoids pour la descente de A. 11 verse le minerai sur la place de dépU, et laisse le seau vide au bord du puits, pour une manœuvre qui sera indiquée tout à l'heure (^). Il détache alors le câble de sûreté du montant du treuil auquel il était fixé, et l'agrafe au câble-porteur, au-dessus du nœud qui se trouve à un mètre de son extrémité, en constituant ainsi, en haut comme en bas, un câble sans fin. Il réagrafe, en outre, celle môme extrémité audessus du nœud, de manière à former, comme à toutes les descentes précédentes, une boucle dans laquelle il s'assied à son tour*
Il saisit, d'une main, le câble-porteur pour assurer sa propre verticalité. Mais, en outre, il serre fortement de l'autre main le second brin, afin d'amortir, par la vigueur de son bras, la petite
(*) Pour faciliter ces opérations, sans avoir besoin de retenir la manivelle, on passe, dans un trou du montant du treuil, une broclie. qui s'oppose à la rotation du bras de cette manivelle.
TRANSLATION Dl^ PERSON.NEL. *i75
chute qu'il ferait sans cela dans le vide, jusqu'à ce que, le cible se trouvant tendu, le poids s commence à être soulevé, et à contrebalancer celui de Touvrier. La valeur de s est d'ailleurs déterminée de manière à ne laisser subsister, par rapport à d, qu'une (lilTérence motrice très faible : 10 kilogrammes par exemple. Le bras du moulineur D pourra donc facilement tenir cette différence en respect (% pour ralentir le mouvement suivant sa volonté. Disons, en passant, qu'il profite de cette faculté pour effectuer, à cette occasion, l'inspection des parois et du câble de sûreté.
Quand il arrive au fond, avant d'abandonner la corde, il commence par passer dans la boucle, à la place de sa propre personne, un bâton, qu*il arc-boule contre les parois, de manière à empêcher le système de remonter. Le câble se trouve ainsi accroché, et hors d'état de laisser redescendre le sac S, dont le poids < formera une réserve potentielle de travail» pour servir, quand il le faudra, à i^monter D après le poste.
94IS — Arrivons maintenant à cette seconde partie de l'opéralion. Les hommes remonteront dans Tordre précisément inverso : D tout seul, le premier; puis A, avec l'aide de D parvenu en haut; et ensuite tous les mineurs successivement, par les efforts réunis de A et D. Nous n'avons naturellement à nous occuper ici que des deux premières ascensions.
Le moulineur D commence par reprendre place dans la boucle, en se substituant au bâton qui arc-boutait le câble. Puis il tire, d'une main, sur le second brin, en se soutenant de l'autre au câble-porteur. Il n'aura, pour effectuer son ascension, qu'à exercer un effort insignifiant. En effet, il se trouve équilibré en partie par le sac S, dont le poids n*est inférieur que de 10 kilogrammes à d. Mais ce n'est mémo pas l'effort i — a ;^ 10 que le mineur devra développer : ce n'est que la moitié seulement, ou 5 kilogrammes. Cela tient, d'après le principe des vitesses virtuelles, à ce que sa main, en exerçant son effort sur
;'] On ven** iiii^me, dans un instant, que l'ofTort ft exercer est réduit, par la constiiu(ion de rappareil, à la moitié de cette difléronca.