VITESSE
1149 — La vitesse est reliée au débit par la formule (5) : (17) « = -2-.
Il est bon qu'elle ne varie pas entre des limites très étendues, la valeur la plus convenable parait être de un mètre; et Ion ne doit pas, autant que possible, dépasser 4 mètres par seconde (')• Trop faible, celte vitesse ne déterminerait pas un entraînemenl certain des mauvais gaz. Trop grande, elle tend à faire sortir la flamme des lampes de leur treillis protecteur (•), à soulever les poussières, et à nuire par la fraîcheur aux hommes en transpiration.
Lorsque le débit q a été déterminé directement d'après les nécessités de l'aéragc, on dispose de la section des galeries pour restreindre, suivant l'équation (17), la vitesse au-dessous du maximum qu'elle ne doit pas dépasser. On voit qu'elle variera en raison inverse du carré des dimensions de la galerie, si on les amplifie homolhétiquement.
1150 — II est très nécessaire de ne pas oublier que la masse fluide ne s avance pas en réalité tout d'une pièce, comme nous l'avons supposé pour simplifier les raisonnements précédents. Elle chemine, en quelque sorte, par tubes concentriques. En d aulies termes, la vitesse n'a pas la môme valeur en tous les points de la section ; et l'on peut diviser l'étendue de cette dernière au moyen
(*) Le règlement des mines du district de Mâhrisch-Ostrau exige que La Tites>e du coui'ant d'air ne dépasse pas 6 mcti*es par seconde ; la limite est portée à 10 mèii« pour les puits et les compartiments d'aérage {Bull, min., 5«, X, 626. — Anmlet des mines de Belgique, I, 105].
(*) La vitesse maxima que l'on peut admettre dans une exploitation dépend ainsi directement du modèle de lampe adopté, et des qualités qu'il possède au point de vue de la résistance aux courants d'air.
VEXTILATIOX DES MINES.
de courbes telles que, pour tous les points de chacune d'elles, cette rapidité garde une valeur uniforme, variable au contraire lie l'une à Tautre.
Des observations directes ont été faites par MM. Âguillon, Fumât elMurgueC) en vue de déterminer ces lignes d'égale vitesse. Les ligures 729 à 734 en représentent un certain nombre de types.
Pour faciliter les jaugea- |îos, M. Schondorf a cherché s'il existe, au milieu de cette variation, un point constant, qui ait pour vitesse la moyenne déterminée par l'équation (2) ; de telle sorte que le débit puisse s'évaluer à l'aide d'une seule mesure tachométrique prise en ce point. Il a cru pouvoir énoncer la règle suivante, qui remplirait ce but d'une manière équivalente (*) : Dans une section RECTA>'Gri>AiRe, lu vUesse moyenne est le produit de celle que Fon aurait observée au centre du rectangle^ par lei coefficients 0,75 ; 0,80; 0,85; selon que la galerie est boisée, nue, ou maçonnée.
Des expériences récentes de M. Murgue (') n'ont pas justifié cet énoncé. Les résultats de ses observations conduiraient h remplacer respectivement les coefficients ci-dessus par les chiffres 0,70; 0,75; 0,80; lorsque Ton
Fitf. lia. — Courbes d't^gnle vilt^ssc.
Ki{f. 730. — Coiirb<*s dV(fal»' vitesse
(') BuU. mi/i., 2*, VU, 758. — Agiiillon, Pièces annexées aux pi'oci's-verbaux de la Commission du g:insou« 2* fascic, p. 129. {•) Zeituhrift BHS. XXIV, 120.
f, Bull, miii., 3-, VU, 80.
ÂÉRAGE
compare la vitesse moyenne h la vitesse maxima observée dans
toute retendue de la section.
M. Murgue avait d'ailleurs antérieurement établi une loi qui
procure des facilités particulières pour le jaugeage, et qui peut se
formuler ainsi : Lorsque le débit vient à varier, toutes les vitesses augmentent proportionnellement dans une même section, quelle qu'elle soit. iN»
cette manière, si, par une étude faite à loisir en un grand nombre de points d'une certaine section , on arrive a déterminer avec précision remplacement de la moyenne,
il suffira, en tous temps, d'y effectuer une mesure unique, en un
point toujours le même, pour apprécier les variations que subit
cette moyenne.
Fig. 731. — Courbes d't^gale vitesse.
Fip. 732. — Courbes dVgale vitesse.
Fip. 733. — Courbes d'égale vitesse.
1151 — On ne devra pas perdre de vue, quand on évalue o prioW Taire de la section capable de maintenir la vitesse entre des limites données, que ce n'est pas seulement à la moyenne qu'il convient de
Fi g. 734. — Courbes dVVale vitesse.
sallacher pour les considérations de prudence, mais surtout au maximum. C'est lui qui constitue la véritable caractéristique du danger à l'égard des lampes.
Ces considérations prennent surtout de la gravité pour les retours dâir, qui sont toujours plus contaminés que les autres galeries, et qui, malheureusement, se trouvent souvent dans des conditions 1res médiocres au point de ^^^^^^
vue des dimensions. Lors- ".^il^^^^^^^
qu'un homme v circule, la JPT ,'— ^•l
présence de son corps réduit .! Mm \ \ \ -a ■ »m
encore considérablement la *! m \ \ à / m
section eflective, et la vitesse ! ■ / y v * ; / / ■ peut y augmenter alors d'une i ■/ / ; / ''' /■
manière dangereuse (*). -m^^^. '■■''■ '^ . ■ ^^^■ ■„'j.!]Jp
Celle même préoccupation doit encore régler la distance à laquelle le remblai suivra
le front de taille. 11 est bon, à la vérité, de diminuer autant que possible celte distance, au point de vue du soutènement; mais il importe, d'un autre côté, d'éviter soigneusement l'étranglement, qui aurait pour effet d'augmenter abusivement la vitesse, précisément sur le point où se trouvent les lampes, et où se dégage le grisou.
On devra, pour le même motif, proscrire les accumulations de charbon au front de taille, car elles produiraient le même inconvénient, sans aucune compensation utile.
1152 — L'irrégularité de la répartition des vitesses, accusée par les diagrammes que l'on voit se dénaturer complètement quand on passe d'une section à une autre très rapprochée, mais de forme différente, tend à souligner l'importance de soigner les parois en y évitant les anfractuosilés, puisque l'on ne peut compter, pour les laver, que sur une vitesse très réduite, et non sur la valeur
(*] Le règlement du district de Mahrisch-Ostrau impose pour les principales galeries d'aérage une section minima de 3 métrés can*cs ; il abaisse cette limite à 1 mètre carré pour les autres voies.
moyenne, encore moins sgr le maximum. C'est pourtant sur ce dernier que Ton se repose souvent, car c'est lui qui se manifesle le plus directement par la sensation de fraîcheur au visage, par rinclinaison de la flamme, ou parles mesures tachométriques, si l'on n'apporte pas, dans ces évaluations, toutes les précautions dont nous avons parlé, aûn qu'elles puissent fournir une véritable movenne.
Remarquons également, avec M. Le Chatelier, qu'il se produit, derrière ces anfractuosités, des remous que le courant en délaoho souvent, et qu'il emporte alors avec lui dans sa translation d'ensemble, comme on l'observe facilement dans le lit des rivières, on aval des piles de ponts, ou encore au milieu des coups de vent qui soulèvent la poussière du sol. Or, si nous désignons par u la vitesse de gyration à la circonférence, et par v celle de la translation, b vitesse absolue sera, d'un côté du tourbillon ainsi entraîné, v + v, et de l'autre v — w. L'écart 2w de ces deux valeurs constitue une quantité très appréciable, dont il y a lieu de tenir compte pour les effets que l'on peut redouter d'une trop grande vitesse.
J'appellerai enfm l'attention sur celte circonstance, que le mouvement des véhicules \)tvX apporter des perturbations analogues. On en remarque par exemple à Montrambert et à la Béraudière. dans les régions voisines des puits jumeaux pour lesquels la cage, bien que munie d'un plancher à claires-voies, fait, jusqu'à un certain point, l'effet d'un piston (N" 877). Il en est de même de la galerie des locomotives de Cessons (*), où l'on voit le volume d'air varier d'un dixième, suivant le sens de la marche des trains (*).