APPAREIL» DE MESURE
1153 — Anémomètres. — Il est essentiel de pouvoir se procurer avec facilité les valeurs effectives des trois données fondamentales qui viennent de nous occuper : le volume, la dépres-
(») Toire ï, p. 776.
(«) Bull, mi»., 2-, vu, 748.
»ion, la vitesse. Elles se réduisent, au food, k deux, diaprés Téquatkm (5) qui ramène Tévaluation du volume à celle de la vitesse. De là, en réalité, deux classes d'appareils : les anémomètres^ destinés aux mesures tachométrtques, et les manomètres, à Tappré* dation de la dépression.
11 ne faudra pas perdre de vue que, pour obtenir de ces instruments un bon service, on devra les choisir à la fois simples et robustes, en sacrifiant au besoin une partie de la précision à Timpossibilité pratique de transporter des organes trop fragiles au milieu des difficultés de la circulation souterraine, et de les confier souvent à des mains plus habituées aux travaux de force qu'au maniement d'appareils délicats (').
1154 — Pour mesurer la vitesse d'un courant d'air, on peut avoir recours à deux moyens principaux.
Le premier est analogue au flotteur qu'on lance sur un cours d eau de mouvement uniforme. En mesurant la longueur parcourue par ce flotteur, et le temps écoulé entre ses passages aux deux extrémités de ce trajet, on détermine, par le quotient de ces deux éléments, la vitesse du parcours. Lorsqu'il s'agit d'un courant d'air, on emploie comme flotteur une substance odorante, qui avertit très nettement de son arrivée. On a proposé, à cet égard, des ampoules délher préparées à l'avance. En brisant l'une d'elles sur une pelle avec un marteau à la station d'amont, on informe, par le bruit, le stalionnaire d aval de l'instant du départ. II observe dès lors une montre à secondes, et s'il est possible à pointage, jusqu'à l'arrivée de la bulle odorante. On emploie, plus simplement encore, la combustion de la poudre, si la mine est exempte de grisou. On en allume une petite quantité sur une pelle, et sa déflagration sert de signal à l'observateur d'aval. On peut aussi avoir recours à lamadou, dont l'odeur est très caractérisée (*).
[^] Happorl de X. Aguillon à la Commission du grisou sur les appareils de contrôle et de sur\'eillance de l'aérage des mines {ÀmtalUf ?•, XX, 248). — Hapjwrl de MM. Bia et Durant [Hev. univ. d. m., XL, 272). -- Belloiu, .Aopareils Gerhaixlet iiipp. Annales, ^V XVU, 557. — Sillimann A. Watcr Manoineter aiid Aneniometer, Tramaciiont american. min., XVII, (J6.
;'] Murgue {Bull, min., 2«. U, 475'
528 AfiRAffE.
1155 — La seconde méthode consiste dans l'emploi d'appareils tachométriques proprement dits. Outre que certains d'entre eux permettent d'atteindre un degré de précision très supérieur à celui que fournit le moyen précédent, ils présentent cet avantage qui? l'on peut ainsi mesurer la vitesse en divers points d'une même section (N^ H 50).
Il est important de conduire l'expérience de manière à conserver à la vitesse sa valeur exacte. Aussi n'emploie-t-on en général que des instruments de petit volume, fixés par un support de faibles dimensions. 11 faut en outre que le corps de l'observateur ne rélivcisse pas la section de la galerie à Tendroit où s'effex^tue la mesure. A cet effet il se place dans une niche étroite creusée au milieu de la paroi. Toutefois, lorsqu'on fait usage des anémomètres rotatifs à compteurs (N'* H57), l'opérateur peut rester sur la voie; en tenant l'appareil au bout d^ln manche, le bras tendu, et en le dirigeant du côté d'où vient le courant. 11 est bon alors de déplacer lentement l'instrument suivant toute l'étendue de la section.
Les appareils de mesure, quels qu'ils soient, ont toujours besoin d'un tarage qui permette d'interpréter, pour en déduire la valeur numérique de la vitesse en mètres par seconde, les indications concrètes qu'ils fournissent sous la forme d'angles, nombres de tours, poids, dénivellations de liquides, etc. Le procédé ordinairement suivi pour cela jusquMci, consistait à substituer au mouvement absolu un mouvement relatif, en imprimant à l'appareil suspendu à un manège, une vitesse mesurable au sein d'un air en repos, effectuant la lecture, et enregistrant la vitesse qu'elle représente (*). Mais une remarque très importante, due à MM. Aguillon, Fumât et Murgue(*), a montré que toutes les anciennes évaluations ainsi obtenues sont trop élevées. Pour une même vitesse relative, un anémomètre de rotation, par exemple, tourne plus vile sur place que s'il est lui-même animé d'un égal mouvement de translation dans un fluide au repos.
n «u//. »ii«., :>', VII, 70.
(*) Bull. min.. 2% VII, 504. — CRM, octobre 1877. — Ce fait a été vérifié depuis par la Commission prussienne du grisou. I/exagération peut atteindre 10 0/0 pour do> vitesses de 6 mrlres par seconde {Dull. min,. 3'*, ïlï, 404, 466).
VENTILATION DES MLNES. 529
On sait, en eifet, depuis du Buat, en ce qui concerne les liquides, qu'il existe une notable inégalité dans le développement de la proue fluide adhérente à un corps solide plongé dans Teau, selon que le milieu mobile vient se briser contre cet obstacle fixe, ou que ce dernier fend, par son mouvement propre, un bain stagnant. De cette variabilité résulte naturellement un écart dans la valeur do l'action exercée sur Tobstaclc, laquelle forme le point de départ des mesures enregistrées.
11 serait donc désirable que Ton pilt graduer directement quelques appareils délicats, dans des courants de vitesse exactement connue, tels que ceux que Ton détermine, par exemple, au moyen d'aspirateurs calibrés, à écoulement d'eau s'eflectuant sous une charge constante. Ces instruments-étalons serviraient ensuite à dresser, par comparaison, les échelles de nombreux appareils plus ordinaires.
1156 — Quant au principe fondamental sur lequel repose la construction de ces anémomètres, on en peut indiquer trois, à savoir : le dérangement de l'équilibre d'un solide, la rotation d'un moulinet, et la dépression d'un liquide.
Le dérangement d'équilibre stable, produit par l'action du courant sur un corps solide, comporte lui-même deux modes distincts, suivant que la force antagoniste, qui maintient ce dernier, est la pesanteur ou l'élasticité .
Le premier système se trouve réalisé dans l'anémomètre de Dickinson (lig. 735). Cet appareil (') consiste en un petit volet très léger, ou une balle
de sureau suspendue à un fil, et re- AnémomèueJfiiickinson.
nouvelée de temps en temps pour éviter qu'elle ne s'alourdisse par l'humidité en faussant les indications. Ces corps se tiennent verticalement quand l'air est en repos
') CÊsterreichÎMche ZeiUcbrifi fur Berç' und Huttenweun, 1870, p. 18. — Anéirïomélre à pendule (Ponson, H, 50).