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pés à un travail préparatoire, au niveau de 610, dans la \eine Èpuisard de 1",34 de puissance et. très grisouteuse. Le front df taille, sur le théâtre du sinistre, avait 10 mètres de longueur. Il était précédé de plusieurs trous de sonde de 4 à 5 mèlres de profondeur.
Le 17 avril 1879, vers sept heures du matin, on remarqua que le puits n° 2 de TAgrappe, servant à l'extraction et à Tentrée d'air. exhalait un courant de gaz fétide. Bientôt après, l'atmosphère s'alluma au poêle de la salle des machines, et une violente détonation se produisit. Le mécanicien fut tué, et dix pei^onnes furent plus ou moins brûlées à la recette et dans la lampisterie. Une immense gerbe de flammes s'éleva dès lors, et ne cessa de brûler pendant trois heures, avec un diamètre égal à celui du puits : 3™,60 et une hauteur d'environ 40 mètres. D'après le mouvement des corps solides qui se trouvaient entraînés, on put évaluer la vitesse decei?o/cfl« de grisou^ suivant l'expression de M. Laguesse, à 4 ou 3 mètres par seconde, et son volume à plus de 100,000 mèlres cubes. En même temps, 420 mètres cubes de charbon broyé et pulvérisi' avaient été poussés par l'explosion dans la galerie et jusqu'en pied du puits.
Pendant les premiers temps, aucune détonation souterraine no se produisit; mais quand la violence du dégagement vint à se ralentir, l'air commença à rentrer de divers côtés, et à former des mélanges détonants. Neuf explosions se succédèrent de quart d'heure en quart d'heure, d'une manière à peu près régulière. La dernièit* eut lieu au bout de trois heures et demie.
Plus de 200 ouvriers étaient enfermés à l'intérieur. En entendant le bruissement formé par l'écoulement du grisou dans le puils d'extraction, ils cherchèrent une issue par le puits d'aérage et par celui de l'épuisement. Mais l'incendie, qui dévorait toute la surface, ne leur permit pas de sortir. Les charpentes embrasées s'abattaient de toutes parts. A trois heures et demie, on put aborder le pulls d'aérage, et l'on sauva 87 ouvriers réfugiés sur ce point. On apprit d'eux avec consternation que le plus grand nombre, croyant le courant d'air renversé, et craignant que l'on ne remît en marche le ventilateur, ce qui eût ramené sur eux les gaz méphitiques, étaient
redescendus aux accrochages inférieurs. Les éboulements qui s'étaient produits depuis ce moment, rendaient impossible de les atteindre. Ce ne fut que le dimanche suivant, quatre jours après l'incendie, que Ton put redescendre par le puits d'extraction, et sauver, d'une manière inespérée, cinq personnes qui étaient remontées au niveau de 580, et qui, plongées dans une somnolence léthargique, croyaient être restées emprisonnées pendant vingt-quatre heures seulement.
f330 — Puits de la Manufacture (Saint-Étienne), — 62 victimes, — 6 décembre 1891 (*). — L'accident s'est produit, comme celui du puits Jabin (.V 1317), dans la huitième couche du système moyen de Saint-Étienne, qui est atteinte dans cette région par le puits de la Manufacture (190 mètres de profondeur), par celui des Mottelières (100 mètres de profondeur, à 350 mètres au N.-O. du premier), et par celui du Grand-Treuil (310 mètres de profondeur, à 800 mètres au S.-E. du premier). Ces trois fosses ont leurs orifices à des niveaux peu différents. Les travaux d'exploitation de la huitième couche étaient, en 1891, concentrés sur Tamont-pendage, au nord du puits de la Manufacture, et dans les environs de celui des Mottetières. Au contraire, entre le premier et celui du Treuil, la veine était entièrement déhouillée, à l'exception d'investisons résenés sous la Manufacture d'armes.
Le courant d'air circulant à travers ces travaux descendait par le puits de In Manufacture, où se trouvait installé un ventilateur soufflant, qui donnait environ 17 mètres cubes par seconde. La plus grande partie se dirigeait vers la r^ion Nord, en parcourant dans le sens ascensionnel les chantiers d'exploitation, pour sortir par le puits des Mottetières. Mais l'autre partie descendait vers le Grand-Treuil, en suivant deux grands plans inclinés successifs tracés suivant la huitième couche. Cette portion se réunissait ensuite à une certaine quantité d'air venant du puits du Treuil, et gagnait enfin celui de la Pompe.
Les vieux travaux situés à Taval-pendage du puits de la Manuel Annalea. 0-, IV, 235.
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facture étaient partiellement en feu depuis 1886. Les i*égion^ atteintes par Tincendie s'étendaient principalement au sud du grand plan incliné le plus voisin de cette fosse, et vers la tète du second. Elles étaient isolées de ces plans par des barrages.
Le dimanche 6 décembre 1891, il ne descendit au poste du matin que des ouvriers chargés de travaux de réparation. Commo deux d'entre eux travaillaient dans le puisard du puits de la Manufacture, le gouverneur fit, sur leur demande, arrêter le ventilateur, de 6 11. 1/2 du matin à 11 h. 45, parce qu'ils se plaignaient du courant d'air froid qui arrivait sur eux.
L'explosion se produisit une demi-heure après que Ton eût remis l'appareil en marche. Les tampons qui obturaient le puits de la Manufacture furent lancés dans le chevalement; des fumées abondantes sortirent par cet orifice et par celui des Mottetières.
Après avoir replacé les tampons et rétabli la ventilation, Ton commença la recherche des victimes, qui se trouvaient presque toutes dans les travaux d'exploitation du Nord.
Le lieu de rinflammation, que l'on atteignit le 12 décembre, après avoir relevé plusieurs éboulements dans les galeries principales, était cependant éloigné de cette région. 11 se trouvait à michemin des puits de la Manufacture et du Grand-Treuil, en haut du grand plan incliné inférieur. Sur ce point en effet, malgré des traces visibles du passage des flammes, l'explosion n'avait pas produit d'effet mécanique. Les désordres et les éboulements augmentaient au contraire progressivement à mesure que Ton s'en éloignait, soit en montant, soit en descendant. (N^ 1091).
1331 — L'arrôt du ventilateur pendant toute une raatimV paraît avoir été la cause de cet accident. D'après les indications que nous avons données sur les diverses profondeurs, on \oil qu'une fois l'aérage mécanique suspendu, comme les puits de la Manufacture et de la Pompe étaient obturés par des clapets, ii a dû s'établir un courant d'air naturel descendant par celui du Treuil, le plus profond, puis remontant les deux grands plans inclinés en sens inverse de la ventilation normale, et continuant à s'élever dans la 8"" couche jusqu'aux Mottetières.
La suppression du refoulement exercé par le ventilateur au sein de la mine a d'ailleurs facilité la sortie des gaz combustibles renfermés au milieu des vieux travaux (N** 1185), notamment le long (lu grand plan incliné supérieur, où la surpression produite par ce refoulement était le plus sensible.
Lorsqu'ensuite l'appareil a été remis en mouvement, Tair pur est venu descendre ce plan et se mélanger aux gaz combustibles ; enfin le courant, devenu explosif, s'est enflammé à un barrage établi en tête du plan incliné inférieur. Cet ouvrage, derrière lequel couvait le feu, n'avait probablement plus que quelques centimètres d épaisseur à sa partie supérieure.
Les circonstances de cette explosion ne prouvent pas seulement avec quel scrupule il faut éviter de suspendre la marche des venlilateurs. Elles montrent l'importance d'une bonne organisation de Taérage dans une mine envahie par le feu, aGn qu'une perturbalion du courant d'air ne risque pas d'y devenir une cause de danger. On doit isoler entièrement les circuits qui aèrent les vieux travaux de ceux qui parcourent les chanliers en activité. Nous avons déjà dit qu'un des meilleurs systèmes à suivre à cet égard était de dis- |)oser l'exploitation de manière que les régions abandonnées se trouvent toujours en amont-pendage de celles où sont situés les travaux d'exploitation.