‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 10 sur 139 · II. HES MÉTÉORES AOI KI X · texte numérisé non relu

II. HES MÉTÉORES AOI KI X

Lorsque l'air atmosphérique, saturé de vapeur d'eau, vient à se refroidir par une cause quelconque, il laisse se condenser une partie de la vapeur qu'il contient. Cette vapeur se transforme alors en une multitude de globules d'eau qui paraissent être creux et qui constituent les brouillards et les m ta g es.

Les nuages et les brouillards flottent dans l'atmosphère jusqu'à ce qu'ils se dissipent sous forme de vapeur ou de pluie.

Par l'effet d'un refroidissement plus grand, la vapeur véslculeuse se condense en solides, et donne lieu à de la neige ou à de la grêle.

Fo.matioo. Brouillards. — Les brouillards sont dus à la condensation de la vapeur d'eau qui se trouve dans l'air. Ceux des grandes villes contiennent des particules carbonisées qui leur communiquent une odeur particulière et des propriétés irritantes.

Les brouillards sont nuisibles aux chevaux; mais leur influence est variable suivant qu'ils sont permanents ou temporaires. Si leur action n'est que passagère, ils les refroidissent par leur température peu élevée, relâchent les tissus, débilitent les organes , arrêtent la transpiration et donnent naissance à des affections catarrhales de la muqueuse des voies respiratoires. Si l'action des brouillards est permanente, ils rendent les chaiis molles, prédisposent au tempérament lymphatique et aux maladies de ce système, donnent aux chevaux une peau épaisse et garnie de poils longs, une tète volumineuse , des pieds à corne molle et peu consistante. Toutes choses égales, les brouillards sont plus préjudiciables aux jeunes et aux vieux sujets, à ceux d'un tempérament lymphatique qu'aux individus adultes et d'un tempérament sanguin.

On préserve les chevaux de l'action des brouillards, en Prewriptior.» leur donnant une nourriture tonique et abondante; — en les hyglé,,",,I<', couvrant; — en évitant de les laisser au repos quand ils sont en sueur; — en ne les sortant des écuries qu'après leur avoir donné un repas d'avoine.

Rosée. — La rosée est due à la condensation de la vapeur Formaiion. d'eau, produite par l'abaissement de la température qui résulte du rayonnement nocturne du calorique. Elle est d'autant plus abondante que les nuits sont plus sereines et plus calmes, que l'air est plus humide et la température plus * basse. Elle est moins forte sous les arbres et auprès des objets qui tont l'office d'écran, qu'en rase campagne où rien n'intercepte le rayonnement du calorique de la terre Yers les espaces célestes.

La rosée agit sur la peau des chevaux comme corps froid ma*. et humide; elle donne lieu à des rhumatismes et à des maladies des organes digestifs ou respirât* >ires. L'ingestion dans l'estomac du vert couvert de rosée produit très-souvent des coliques; de là l'indication de ne conduire les chevaux daus les prairies qu'après sa disparition, et quand on leur a

donné un repas de sec. Au bivouac, peur préserver les chevaux de l'action de la rosée, on devrait les couvrir pendant la nuit. 0 Formation. Pluie. — La pluie est tantôt le résultat de la condensation de la vapeur d'eau, répandue dans l'air, tantôt elle provient des combustions électriques qui s'opèrent dans les régions supérieures de l'atmosphère.

La quantité de pluie qui tombe varie suivant les climats, l'altitude des lieux et leur disposition physique. Les pluies sont plus abondantes dans les pays chauds que dans les contrées tempérées, et plus dans celles-ci que dans les climats froids, parce que la capacité de l'air pour la vapeur d'eau est en raison directe de la température des lieux. Les pluies sont plus abondantes aussi sur les montagnes que dans les plaines, et cette différence trouve sa cause dans l'attraction des nuages par les montagnes, dans la température basse qui y règne, ce qui favorise la condensation de la vapeur d'eau. Le voisinage des forêts et des grands cours d'eau est aussi une des causes qui favorisent la formation de la pluie : la quantité d'eau qui tombe sur les côtes de l'Océan et les rives des grands fleuves et des lacs est plus considérable que dans l'intérieur des terres, dans le voisinage des forets qu'en rase campagne. Les pluies ne sont pas également abondantes dans tous les mois de Tannée : nous verrons, en parlant des climats, les différences qu'on observe à ce sujet. Effet». La pluie agit, directement, sur le cheval comme corps froid et humide, et, indirectement, par l'influence qu'elle a sur le sol, l'air et les fourrages, et les effets en sont variables, suivant les saisons. Les pluies d'été de courte durée répandent une fraîcheur agréable et sont salutaires ; elles procurent aux chevaux surexcités par les chaleurs une sensation de détente, et, à ceux qui suent beaucoup, une diminution d'activité des fonctions de la peau. Elles abaissent la température, activent la végétation et fixent sur le sol la poussière qui les incommode. Par contre, si les pluies de

cette saison sont abondantes et de longue durée, elles altèrent les fourrages, et nuisent aux chevaux en rendant l'air humide.

Les pluies, qui tombent en petite quantité au commencement de l'automne, donnent lieu, surtout dans les pays chauds, à des émanations miasmatiques qui engendrent des fièvres et des maladies avec altération du sang. Jamais, dans les pays chauds, les intoxications paludéennes ne sont plus fréquentes et plus graves qu'en automne.

Les pluies d'hiver rendent l'air humide et froid, détrempent les terrains, forcent les chevaux à rester dans l'inaction et deviennent la cause d'engorgements froids des membres, ainsi que de nombreux cas de gourmes, d'angines, de bronchites, de farcin, de morve, qu'on observe si souvent alors.

Neige. — La neige est de la vapeur d'eau atmosphérique Eirei». cristallisée. Appliquée sur le corps, elle agit comme l'air froid et humide et peut donner lieu aux mêmes accidents. De plus, en s'accumulant sous les pieds des chevaux, la neige rend l'équilibre instable et les expose à des glissades qui dounent lieu à des efforts de tendons, de boulet, etc. Aussi est-il de bonne précaution de nettoyer souvent les pieds de ceux qui voyagent sur un sol couvert de neige.

Glace. — La glace n'a aucune action directe sur les che- Eifcu. vaux, mais elle les expose à des glissades, et, par conséquent, à des efforts des articulations et des tendons, etc. Le meilleur moyen à employer pour prévenir ces accidents consiste à ferrer à crampons et avec des clous à glace. I^ous avons vu ailleurs qu'il faut se garder de faire usage de la glace fondue comme boisson ; elle donne des coliques et hâte la mort par congélation.

SECTION" III

DES SAISONS Sommaire : Printemps, été, nuloinue, hiver.

Dmiion. Les hygiénistes, comme les astronomes, ont divisé Tannée en quatre saisons : le printemps, l'été, l'automne et l'hiver. Mais il est bon de faire observer que les saisons astronomiques ont une durée invariable et déterminée : le printemps commence le 21 mars, l'été le 20 juin, l'automne le 22 septembre, l'hiver le 21 décembre; tandis que les saisons hygiéniques n'ont ni la môme longueur, ni la môme régularité ; elles varient suivant les climats, et, dans chaque climat, selon les années.

En France, et dans tous les climats tempérés, les saisons ont des caractères particuliers, et exercent une influence marquée sur les chevaux. Elles agissent, directement, sur eux, par l'état du sol et de l'atmosphère, la chaleur, la lumière et l'humidité, et, indirectement, par les aliments et les boissons.

r<ructèrcs. 1° Printemps. — Dans cette saison, les variations barométriques et thermométriques sont brusques; les pluies alternent et se môlent avec les vents; le soleil, quand il se montre, est limpide et très-chaud; mais, le soir et le matin, en plein jour, à l'ombre ou quand le ciel est couvert, on éprouve une vive sensation de froid.

Kifet*. La première moitié du printemps participe de l'hiver et donne lieu aux mômes etfets; tandis que, dans la seconde, la longueur toujours décroissante des nuits et l'augmentation proportionnelle des jours, la douceur de la température, l'action viviflante de la lumière, etc., réunissent leur influence et produisent, sur les chevaux, des changements salutaires qui se traduisent par des modifications notables

dans leur santé. La digestion devient plus active; le sang, plus riche et mieux hématose, est plus propre à la nutrition ; l'économie entière prend un surcroît d'énergie qui s'annonce par lagaîté, la vivacité des mouvements, l'embonpoint, la chute des poils longs et touffus qui couvraient le corps.

Le printemps est la saison des chaleurs et la plus favorable pour la mise bas. Le cheval participe alors de la turgescence vitale de tous les êtres, et sa force créatrice est plus grande, qu'à toute autre époque de l'année. Le plus grand nombre des poulains naissent en mars, avril et mai , ce qui porte au printemps le maximum des fécondations. Le printemps est aussi la saison pendant laquelle on met les chevaux au vert et celle où l'on commence le travail des classes.

Si le printemps est salutaire à la plupart des chevaux, il incon™a aussi des inconvénients. Les pluies froides, les giboulées, les variations de température, si fréquentes dans la première moitié, occasionnent des angines, des gourmes, des arrêts de transpiration. L'abondance de la nourriture et l'action vivifiante du soleil, dans la seconde, donnent lieu, chez quelques sujets, à un état pléthorique qui amène des échauboulures, des congestions vers les poumons, etc.

On prévient les effets funestes de cette saison, en évitant ^y^p^ d'exposer les chevaux aux vicissitudes atmosphériques ; — en les couvrant toutes les fois qu'ils sont hors des écuries et au repos ; — en surveillant ceux qui sont au régime du vert ; — eu diminuant la ration de ceux qui sont menacés d'un état pléthorique.

2° Eté. — L'été ne se présente pas, pendant toute sa ciracu-w. durée, avec les mêmes caractères. Le commencement se ressent encore des variations météorologiques du printemps. Le milieu est très-chaud et sec, et le ciel est pur. La fin en est souvent humide et chargée d'électricité ; le matin et le so:r, on observe un abaissement de température notable ; les pluies et les brouillards commencent à devenir fréquents.

L'été est moins favorable aux chevaux que le printemps. eim?.

Pendant sa durée, la température tantôt sèche, tantôt humide, mais toujours chaude ; l'électricité qui abonde dans l'air; la raréfaction de l'atmosphère par l'effet de la chaleur et son altération par des gaz délétères, provenant de la décomposition des matières organiques ; les travaux exceptionnels auxquels les chevaux sont soumis pendant les manœuvres, les expéditions, etc.; la mauvaise qualité et la rareté des eaux ; les insectes qui les incommodent et les font se livrer à des mouvements désordonnés, sont autant de causes qui portent atteinte à la santé des chevaux. Maladie.. Les sujets qui ont le plus à souffrir de cette saison sont ceux d'un tempérament nerveux ; tandis que les constitutions molles et lymphatiques en supportent parfaitement les effets ; il semble même que les chaleurs donnent à ces natures la vitalité qui leur manque. Les maladies auxquelles l'été prédispose sont : le vertige , la fourbure, le tétanos, les affections de poitrine avec ou sans altération du sang. Prccriptinns Pour prévenir l'influence fâcheuse de l'été, il faut mouiller hygiénique. jpg fourrages avec de l'eau vinaigrée ou salée, qui excite les forces digestives; — donner un ou deux repas de barbotage et mieux encore de carottes , par semaine ; — panser les chevaux hors des écuries, et les abreuver aux auges ; — des bains généraux, trois fois par semaine, donnent de bons résultats. Ce serait aussi une excellente mesure à introduire dans l'hygiène des chevaux de guerre, de les sortir des écuries et de les attacher au piquet ou à la corde pendant une heure ou deux tous les jours. Les bains d'air, tout en remédiant aux effets que produit un trop long séjour dans les écuries, auraient encore pour avantage de les habituer à rester au bivouac et de les préparer à faire campagne, caractère». 3° Automne. L'automne ressemble au printemps par le fond humide de sa constitution atmosphérique, le nombre et l'intensité de ses variations météorologiques ; mais il ?n diffère en ce qu'il est chaud au début et froid au déclin. Dans cette saison, chaque jour diminue de longueur et les

rayons solaires, tombant de plus en plus obliquement sur la terre, les chaleurs perdent insensiblement de leur intensité et de leur action ; les nuits deviennent longues et froides ; l'humidité est grande dans l'air; les variations de température sont très-sensibles ; les brouillards et les rosées incommodent souvent les chevaux.

Sous l'influence de cette saison , on voit se développer M«iadi«. des maladies graves et nombreuses auxquelles les chaleurs, les manœuvres, les travaux de l'été ont prédisposé les chevaux en les affaiblissant. Les changements de garnison, qui ont lieu d'ordinaire en automne, ajoutent leurs effets à ceux de la saison. Les affections dominantes sont : la morve , le farcin, les hydropisies de poitrine, les engorgements chroniques des membres, les crevasses. En Algérie, comme dans tous les pays chauds, l'automne est la saison la plus dangereuse. Après les premières pluies, on voU apparaître des maladies graves, qui font d'autant plus de victimes que les expéditions ont été plus pénibles et plus longues.

C'est par une alimentation bien appropriée selon les cir- Pre««ripiiont constances, en couvrant les chevaux pour les préserver des byg,enlq,le• variations atmosphériques, par des pansages bien faits, qu'on peut prévenir l'influence fâcheuse de l'automne.

4° Hiver. — Pendant l'hiver, des vents froids, des pluies ctr«ctère». fréquentes, de la neige, des brouillards incessants, une légère élévation de la température atmosphérique entre midi et trois heures, des nuits prolongées, des alternatives de pluie, de neige ou de glace suivant que le ciel est clair ou couvert : tel est l'état de l'atmosphère.

L'hiver est la saison la plus funeste aux chevaux. Ceux Effet», qui sont dans l'âge adulte, forts, bien nourris, en supportent cependant bien les rigueurs; ils acquièrent même, sous son influence, un degré de vigueur et d'énergie qu'ils n'ont pas aux autres époques de l'année. Il n'en est pas de môme des vieux et des jeunes, de ceux qui sont convalescents de maladies graves. Le froid, la neige, la pluie, la glace

réunissent leurs effets pour occasionner des engorgements froids des membres, des crevasses, des angines, la gourme, les eaux-aux-jambes, la morve, le farcin.

Quand les froids de l'hiver sont excessifs ( — 10° et audessous), l'air acquiert des propriétés irritantes et nuisibles à tous les sujets; il produit des inflammations des voies respiratoires, l'apoplexie pulmonaire, la gangrène, la congélation.

Indication* En hiver, généralement, on élève trop la température des .ygi*niquM. £curjcg ^ et cette pratjqUe regrettable est la cause la plus

fréquente des refroidissements que les chevaux contractent en passant de l'écurie à l'air extérieur, qui est souvent à plusieurs degrés au-dessous de zéro. Il faut faire le pansage à l'écurie, et y faire boire les chevaux ; — éviter de les laisser immobiles après le travail ; — avoir soin de les couvrir, quand ils vont à la forge; — lorsque l'état de l'atmosphère ne permet pas de les sortir pendant plusieurs jours de suite, il est bon de supprimer une partie de leur ration.

Les effets des saisons sont d'autant plus nuisibles ou favorables aux chevaux qu'elles sont plus irrégulières ou plus régulières.

Les faisons régulières, c'est-à-dire celles qui commencent sans transition brusque , et sont ce qu'elles doivent être : printemps chaud et tempéré, été chaud et sec, automne froid et sec, hiver froid et humide, sont les plus favorables à la santé.

Les saisons irrégulières, c'est-à-dire qui empiètent les unes sur les autres, dont le passage de l'une à l'autre est brusque, dont les chaleurs et les froids sont excessifs, trop secs ou trop humides, sont nuisibles à la santé. Sous leur influence, les maladies sont fréquentes et prennent un caractère grave, quelquefois même épizootique.

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