I. DES MÉTÉORES AÉRIENS
Les météores aériens ou les vents sont des courants d'air Définition, plus ou moins rapides qui se manifestent dans l'atmosphère. On divise les vents :
1° D'après la direction de leur courant, en vents du DiTWon. AW, du Sud, de Y Est et de Y Ouest ; du Nord -Est,
1 Les météores ignés ayant moins d'action sur le cheval que les autres, ne seront pas traités dans ce Cours.
du Nord-Ouest, du Sud-Est et du Sud- Ouest; du Nord- Nord-Est, etc. ;
2° Suivant leur vitesse, en faibles, modérés, forts et violents 1 ;
3° Selon leur état thermométrique, en froids, tièdes, chauds et brûlants]
4° D'après leur état hygrométrique, en secs et humides;
5° Selon qu'ils paraissent ou non à des époques flxes, en alisés, périodiques et variables. Les vents alisés ou les vents généraux soufflent pendant toute Tannée des pôles à l'équateur. Les vents périodiques ou moussons sont dirigés, en été, de la mer vers les continents, et, en hiver, en sens opposé. Les vents irréguliers alternent ou varient suivant les saisons, dominent dans quelques localités et sont momentanés dans d'autres, tels sont ceux qui régnent en France et en Algérie.
Effet». Les vents agissent sur les animaux par leur vitesse, leur direction, leur température, leur humidité et les substances dont ils sont les véhicules.
v»tci»e. Lorsque les vents sont modérés, leur action à la surface du corps peut être comparée à des douches qui exercent sur la peau une action tonique. S'ils sont forts, et surtout s'ils sont violents, les vents refroidissent la peau, dont ils chassent le sang vers les viscères et peuvent y occasionner des inflammations.
Qualité. Les vents agissent principalement par leurs qualités mg?q""«!°" météorologiques et produisent les mômes effets que l'air dont ils ont la température et le degré d'humidité ; mais leur action est plus marquée , en raison de la quantité , plus . considérable, de gaz qui est en contact avec le corps des
1 Les vitesses que parcourt le vent, par heure, sont : i,800m, vent à peine sensible; 3,600", vent sensible; 7,200", vent modéré; 19,200", vent assez fort; 36,000", vent fort; 54,000" vent frais; 72,000", veut très-fort; 81,000", tempête; 162,000", ouragan, renversant les arbres et les édifices.
animaux. L'air froid, mais oalme, impressionne beaucoup moins que le môme air agité par le vent; parce que celuici met sans cesse en contact, avec le corps des chevaux, des masses d'air nouvelles qui lui enlèvent de nouvelles quantités de calorique. Cette déperdition est très-grande, surtout quand le vent est froid et humide.
Lorsque les vents ont une certaine durée, la nature des Direction, terrains et l'espèce des climats qu'ils parcourent leur communiquent des propriétés caractéristiques. Ainsi, en France, les vents du Nord-Est sont froids et secs parce qu'ils ont traversé la Sibérie , la Russie, une partie de l'Allemagne, contrées froides où ils se sont peu à peu dépouillés de leur vapeur d'eau et mis à l'unisson de la température qui y règne. Les vents du Sud et du Sud-Est, qui viennent d'Afrique et passent par-dessus la Méditerranée, sont chauds, humides et énervent les chevaux. Ceux de l'Ouest et du Nord- Ouest, en roulant sur l'Océan, se chargent de vapeurs abondantes et, lorsqu'ils atteignent les côtes de France, ils possèdent au plus haut degré les propriétés de l'air froid et humide. Ils enlèvent au corps une grande quantité de chaleur, chassent le sang vers les organes intérieurs, et sont la cause fréquente d'angines, de gourmes, etc.
En Algérie , le sirocco , qui vient du grand désert , est d'une chaleur brûlante et apporte des tourbillons de sable très-fin. Ce vent occasionne souvent des ophthalmies, des angines, et, tant qu'il dure, les chevaux sont mous, faibles, suent facilement et sont hors d'état de faire de longues courses. Les vents du Nord et de l'Ouest sont violents et froids, en hiver, parce qu'ils viennent d'Europe et qu'ils ont traversé la Méditerranée; ils sont la cause fréquente d'arrêts de transpiration, de refroidissement, etc. En été, au contraire, ils tempèrent les fortes chaleurs, dissipent les miasmes, et, par cela môme, sont très-salutaires.
Les vents agissent encore par les matières dont ils sont Substances les véhicules. Le sirocco agit tout à la fois et par le sable feT!é£ukr"!
qu'il charrie et par sa température très-éïevée. lies vents qui passent par-dessus des étangs, des marais, etc., servent d'excipient aux effluves, aux émanations putrides, les transportent au loin , et deviennent la cause de maladies graves, uuiité. Mais si les vents sont nuisibles dans certains cas, ils ont aussi leur utilité, et elle est grande. En agitant, en brassant les couches atmosphériques, ils modèrent la chaleur et maintiennent une égale et uniforme composition dans l'atmosphère. Sans eux, les rues étroites , les écuries, etc., seraient constamment infectées par un air impur et deviendraient des foyers permanents de maladies. Les vents servent aussi à la fécondation et à la dissémination des espèces végétales. C'est par eux que le pollen des fleurs est transporté au loin et que se fait la fécondation des fleurs femelles à de trèsgrandes distances; c'est par eux aussi que les graines sont emportées loin des lieux qui les ont produites, et que les espèces se propagent.