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DES ÉCURIES

Sommaire. — Orieutalioo, assiette, matériaux, distribution, dimensions, aération, plafond, mangeoires, rrUeliers, espacement, système d'attache, auuenux de longe de jour, barrage, éclairage, litière, température, assainissement, annexes. — Ecuries en Algérie.

Les écuries sont des bâtiments ou parties de bâtiments Définition qui servent à loger les chevaux.

Jusqu'en 1844, les écuries dc l'armée ont été dans les plus mauvaises conditions d'hygiène, et on attribuait à leur insalubrité la plus grande partie des maladiesqui décimaient alors les chevaux de troupe. Depuis cette époque, les écuries anciennes ont subi de grandes améliorations, et celles que l'on a construites ont été établies d'après des données infiniment plus hygiéniques.

Nous allons faire connaître les conditions d'hygiène qui doivent présider à la construction des écuries, et nous décrirons successivement l'emplacement, l'orientation, l'assiette, la nature des matériaux de construction, la distribution intérieure, les dimensions, l'aération, les mangeoires, les râte-

liers, l'espacement accordé à chaque cheval, le système d'attache et celui de barrage, l'éclairage, les soins de propreté; enfin, les accessoires des écuries.

Eœpitoe- Remplacement des écuries de l'armée n'a pas toujours été déterminé d'après les meilleures conditions de salubrité. Lechoixen a souvent été commandé par des intérêts de stratégie, de finance, de localité mal entendus. « Ici, dit Séon, le quartier se trouve perché sur une hauteur où il est battu par tous les vents (Laon), ou bien l'eau manque ou du moins a manqué (Niort, Nevers), jusqu'à ce que l'autorité administrative ait fait un puits artésien, ce qui faisait perdre beaucoup de temps pour mener boire les chevaux à la rivière et occasionnait de nombreux accidents; ailleurs (Nancy), il est construit dans un fond, le long d'un ruisseau fangeux, espèce d'égoût qui envoie ses émanations infectes dans les écuries où les ouvertures ne pouvant admettre la lumière qu'intercepte un bâtiment voisin, ne servent qu'à laisser pénétrer ces effluves mortels. Là(Melun, Saumur), c'est tellement sur le bord d'une rivière que la moindre crue d'eau inonde les écuries ; ou bien on a choisi pour l'asseoir un terrain marécageux (Arras), qui communique aux écuries une humidité qui vient s'ajouter aux autres motifs qui vicient l'air. D'autres fois (Bel fort), c'est enfouies sous les remparts des villes fortes qu'il faut chercher les écuries, vrais cloaques, où la vie des chevaux est un sujet d'étonnement et une preuve de la vigueur de leur organisation. Quand elles ne sont pas adossées à un rocher (Pontivy), qui les prive d'air et de lumière, il en est que l'on trouve au centre de quartiers populeux (Stenay), misérables et sales, où un air épais , vicié par des industries nuisibles à la santé, circule à peine, ou bien, par un con- • trastc surprenant, on a jugé à propos de les établir sur une langue de terre (Sedan), presqu'île environnée d'eau, battue par tous les vents, etc. ; ce à quoi il faut ajouter, pour les quartiers les mieux établis, l'orientation d'un certain

nombre d'écuries dans une direction nuisible selon le climat, la température habituelle, où les vents soufflent le plus ordinairement, et surtout les vices nombreux de la plupart des écuries qui servent d'infirmeries. » (L*co citatoyp. 206.)

Depuis que Séon écrivait ces lignes, l'emplacement des quartiers de cavalerien'a pas changé ; mais l'Administration de la guerre y a apporté des améliorations qui détruisent en partie l'influence funeste à laquelle leur situation vicieuse donnait lieu.

Avant de faire choix de l'endroit où doit être établi un quartier de cavalerie, on doit avoir égard à la composition de l'atmosphère ; à la moyenne du nombre de jours de pluie, de brouillards, de neige, de gelée, de sérénité; à la température moyenne de chaque saison; à la quantité d'eau qui tombe annuellement; à la direction, à la fréquence et à la qualité thermoraétrique et hygrométrique des vents qui soufflent; à la nature et à la configuration des terrains environnants.

On peut regarder, en général, comme bien placées, les écuries qui ne sont ni encaissées, ni dominées par des constructions ou des terrains environnants. L'accès facile des vents y renouvelle l'air, les émanations qui s'y forment se dissipent promptement, et les effluves marécageux n'y parviennent que difficilement.

Quand les écuries sont situées dans les parties basses des villes, ou entourées de maisons très-élevées, l'air y est stagnant, humide et altéré par des miasmes de diverse nature. Si, au contraire, les écuries sont placées sur des plateaux élevés, dominant tous ceux d'alentour, elles sont battues par les vents, et les chevaux y sont exposés aux maladies dues à des refroidissements.

L 'orientation des écuries ne peut pas être indiquée d'une orientation, manière absolue; elle variera suivant les climats et les localités. Tout ce que l'on peut dire de général, c'est qu'autant que faire se peut, dans le Nord, il faut exposer les écuries au

Sud ; dans le Midi et en Algérie, il faut préférer l'exposition à l'Est ou au Nord ; dans la plupart des autres contrées de la France, l'orientation à l'Est est la meilleure.

Mais le voisinage des grandes rivières, des lacs, des marais, de la mer, d'usines d'où émanent des gaz malfaisants, celui des montagnes, des forêts, sont autant de causes qui peuvent faire modifier les bases de l'orientation des écuries.

Lorsqu'il existe plusieurs rangées d'écuries, il est bon qu'elles soient parallèlement placées et éloignées le plus possible les unes des autres. Les allées larges contribuent puissamment à la salubrité des écuries ; elles peuvent être considérées, ainsi que les cours et les avenues, comme des réservoirs aériens dans lesquels se déverse le méphitisme des animaux par toutes les ouvertures des bâtiments qui les bordent de chaque côté. Quand les allées qui séparent les corps d'écuries sont largement espacées, on fait bien d'y planter des arbres qui procurent, en été, une douce fraîcheur et interceptent les miasmes. Mais les arbres doivent être assez distants des bâtiments pour ne pas nuire à la circulation de l'air et ne pas y entretenir l'humidité. AMiette. Quelle qu'en soit l'orientation, les écuries devront être construites au-dessus du niveau des parties environnantes, afln de faciliter l'écoulement, au dehors, des eaux qu'elles peuvent contenir et d'empêcher celles de l'extérieur d'arriver dans leur intérieur.

La différence qui doit exister entre le niveau du sol des écuries et celui des terrains extérieurs, ne peut être indiquée d'une manière absolue; mais on peut poser en principe que plus elle est grande, mieux cela vaut, pourvu que les abords en soient faciles et non glissants.

Le sol des écuries doit être siliceux ou calcaire. Les sols argileux conservent trop longtemps leur humidité. Quand ils existent, il faut avoir soin de les faire disparaître, et de les remplacer par une couche de sable, de 0mW d'épaisseur. Au reste, il est toujours avantageux de remplacer les terres

fussent-elles de bonne nature, par des cailloux recouverts de sable grossier.

Les matériaux dont on se sert pour la construction des M,t*2*01 écuries doivent être solides, réfractaires à l'humidité, mau- contraction, vais conducteurs du calorique et non susceptibles de donner lieu à un dégagement de gaz délétères. Les assises des fondations exigent surtout ces conditions. Elles porteront sur une couche compacte et ferme du sol, sinon il convient de bâtir sur pilotis ou sur des couches de maçonnerie encaissées, faites avec du ciment hydraulique.

Les murs doivent être construits en pierres dures, au moins jusqu'à un mètre au-dessus du sol, afin d'éviter les effets nuisibles de l'humidité qui, dans les constructions en pierres tendres, monte, en vertu du phénomène de la capillarité, jusqu'à une certaine hauteur, rend les écuries humides, et devient la cause d'affections rhumatismales. On les crépira à la chaux et non au plâtre, qui a le double inconvénient de conserver l'humidité et de se nitrifier à proximité du sol. Il faut les doubler d'une boiserie dans les endroits où le cheval est en contact avec eux.

Les bois de construction doivent être en essences" dures et bien secs, avant d'être employés. Les planches ne conviennent nullement pour construire des écuries ; elles ont l'inconvénient de se laisser trop facilement traverser par le froid, la chaleur et l'humidité. Au bout de peu de temps, elles se fendillent et donnent passage à la pluie, à la poussière, etc. Les planches ne doivent être employées qu'en Algérie ou dans les camps, pour la construction des écuries provisoires.

Les bois destinés à être enfoncés en terre doivent avoir subi préalablement une préparation, consistant à les infiltrer avec une dissolution de sulfate de cuivre, qui les préserve de la putréfaction A défaut de ce procédé, il faut

1 Des traverses de différentes essences : bouleau, chêne, orme, préparée» par ce procédé, et enterrées pendant 8 ans pour supporter les

les goudronner, après les avoir charbonnés légèrement.

Dutnbntion. Dans les quartiers qu'on construit depuis une vingtaine d'années, on place, autant que possible, la totalité des chevaux d'un escadron dans un seul et même bâtiment, divisé par des murs de refend transversaux ou des cages d'escaliers, suivant la convenance des localités, en quatre écuries doubles, de môme capacité, et plus rarement en écuries simples. Les écuries simples sont à un seul rang de chevaux. Les écuries doubles sont à deux rangs, et, tantôt les chevaux se trouvent tête à tête, tantôt croupe à croupe. Toutes les fois qu'on a la faculté de prendre des jours sur les deux façades des corps d'écuries, les chevaux doivent être placés tôle à tête, et séparés par une cloison longitudinale ne s'élevant pas au-delà de 0œ30 au-dessus du couronnement du râtelier, de manière à laisser la plus grande circulation d'air entre les deux parties de l'écurie.

Dimensions. L'écurie est le milieu où les chevaux de l'armée passent 22 heures au moins par chaque jour de 24 heures. Or, pour peu qu'on se rappelle ce que nous avons dit ailleurs sur les changements que l'air confiné éprouve, on comprendra facilement toute l'importance qu'il y a de donner aux écuries des dimensions convenables et des moyens de ventilation assez larges pour que l'air s'y renouvelle sans cesse.

La respiration est la principale cause des altérations de l'air des écuries ; car, chaque fois que le cheval respire, il absorbe o parties d'oxygène pour 100, et exhale une quantité à peu près équivalente d'acide carbonique. D'où il résulte qu'un cheval renfermé pendant 24 heures dans un milieu parfaitement clos et contenant \ 15,200 litres d'air, lui enlèverait 5 parties de son oxygène et lui donnerait 5 parties d'acide carbonique pour 100. La respiration introduit aussi dans l'air de la vapeur d'eau, de l'azote, des matières ani-

rails d'un chemin de fer, ont été trouvées aussi saines que si elles n'avaient pas servi.

maies, qui ont un effet funeste sur la santé des chevaux. A ces altérations diverses, il faut ajouter celles provenant de la décomposition des urines, des matières fécales, etc.

Quand l'air des écuries est altéré, l'hématose ne se fait plus d'une manière régulière ; or cette fonction jouant un rôle capital dans les phénomènes de la nutrition, il en résulte qu'elle imprime aux matériaux importés dans l'économie, par la digestion, des propriétés qui les rendent aptes à se combiner avec les tissus. Aussi, toutes les fois que la respiration est altérée, les fonctions de nutrition le sont aussi. On ne saurait donc prendre trop de précautions pour réunir, dans les écuries, les dimensions qui assurent les meilleures conditions de salubrité.

Il y a dans les quartiers de cavalerie, en France, des écuries de contenance variable : les unes sont grandes, les autres petites, enfin il y en a de moyennes; toutes ont des avantages et des inconvénients.

Les grandes écuries, c'est-à-dire celles qui contiennent Grandes 25 chevaux, et plus, coûtent moins cher à construire que les autres, sont plus agréables à l'œil et plus faciles à surveiller ; aussi sont-elles préférées par les personnes qui ne s'occupent que superficiellement de l'étiologie des maladies des chevaux de troupe. Mais, en adoptant ce système, on n'a pas assez réfléchi aux conséquences de la solidarité que la cohabitation établit entre des individus de même espèce, vivant dans le même espace clos'; on n'a pas assez fait attention que dans cette agglomération de chevaux, il y en a qui sont minés sourdement par des maladies organiques, acquises ou congéniales, et répandent dans l'air le germe de leur mal. Or, n'est-il pas à craindre que les chevaux sains, qui respirent un air vicié, n'y puisent le même germe, surtout s'ils y sont prédisposés. Ce qui confirme la vérité de cette opinion, c'est que, toutes choses égales, et dans les circonstances ordinaires, les maladies sont plus nombreuses dans les grandes écuries que dans les écuries moyennes, et surtout

que dans les petites. Mais c'est surtout quand une maladie contagieuse ou épizootique règne, qu'elle fait des ravages considérables dans les grandes écuries.

Petite» Les petites écuries, c'est-à-dire celles de 6 à 40 chevaux,

oc u rie» • i ■ • /•

n'ont pas, au point de vue de 1 hygiène, les inconvénients que nous venons de reprocher aux précédentes ; mais le prix de construction en est trop élevé, et la surveillance trop difficile pour qu'on les admette, en règle générale, dans l'armée. Elles doivent cependant être adoptées, à l'exclusion de toutes autres, pour les infirmeries, où les causes d'infection et de contagion sont si fréquentes, et où il importe tant de séparer les chevaux de chaque catégorie de maladies.

Écurie. Les écuries moyennes n'ont pas les inconvénients des moyen™». gran(]es et pe^es écuries, tandis qu'elles en ont à peu

près tous les avantages ; aussi a-t-on bien fait de les adopter en principe dans l'armée. Nous allons en faire connaître les dimensions et la distribution intérieure, telles qu'elles ont été fixées par les règlements; nous indiquerons, en même temps, les améliorations qu'elles exigent.

urgenr La largeur des écuries simples est de 6m dans œuvre ; celle des écuries doubles, de i2m, quand les chevaux doivent être tête à tête, et de 10™ 40, quand, par exigence des localités et faute d'une largeur suffisante des bâtiments, on est forcé de les mettre croupe à croupe.

Haoteor. Dans tous les cas, la hauteur, sous le plafond, doit être de 5m au moins. Il ne peut y avoir que des avantages à donner plus d'élévation aux écuries ; car, plus elles sont élevées, plus elles sont sal libres.

Longueur. La longueur est subordonnée au nombre des chevaux qu'on veut y loger. L'espace accordé à chaque cheval est de iŒ45.

Ces dimensions donnent 43m50 cubes d'air par cheval. Aération. Les dimensions des écuries, telles que nous venons de les donner, ne sont pas sulfisantcs pour que l'air qu'elles

contiennent ne s'altère pas piomptement. Elles exigent impérieusement qu'on y établisse une aération large, au moyen de plusieurs ordres d'ouvertures. Or, les ouvertures nécessaires, tant pour donner aux écuries une aération convenable que pour les besoins du service, sont les portes, les fenêtres, les cheminées d'appel et les barbacanes.

Les portes, destinées à procurer une ventilation longitu- Porte», dinale dans les écuries, en l'absence des chevaux, sont placées dans les murs de pignon et de refend transversaux. Les portes destinées au service habituel, pendant la piésence des chevaux, sont pratiquées dans les murs de façade. Si les besoins l'exigent, ces dernières doivent être garnies de tambours, pour prévenir les effets funestes des courants d'air.

Les dimensions des portes ont été fixées à 2m de largeur environ et à 2" 60, au moins, de hauteur ; leurs angles extérieurs doivent être arrondis soigneusement.

Les fenêtres sont aussi nombreuses que possible ; il y en Feutre* a, au moins, une pour trois chevaux. Le bas des fenêtres est à S^o'O du sol, pour que les rayons lumineux et le vent ne tombent pas sur la tête des chevaux et ne fatiguent pas leurs yeux. Elles s'ouvrent autour de leur arête inférieure, sur une surface de i"50, et au moyen du mécanisme le plus simple possible. Elles sont garnies de volets en bois, du côté du Sud, lorsque cette disposition est reconnue nécessaire en raison du climat et des localités.

Les embrasures des fenêtres descendent jusqu'au sol, afin d'augmenter l'espace intérieur, et pour qu'elles puissent être utilisées pour la suspension des seUes, brides, bridons, etc.

Les fenêtres sont les moyens de ventilation les plus na- camé, turels et les plus efficaces. Elles mettent l'air des écuries en conflit avec l'air extérieur, et donnent lieu à des courants en sens contraire, qui rejettent au loin l'air altéré par la respiration, la transpiration, et les produits gazeux qui se dé-

gagent des matières alvines et des urines. Plus les fenêtres ont de hauteur et plus elles sont nombreuses, plus elles facilitent la prompte rénovation de l'air, surtout si elles sont placées à l'opposite les unes des autres. Elles doivent atteindre à la corniche du plafond, sinon la couche dair supérieure et les miasmes y adhèrent, y stagnent et ne se renouvellent que difficilement.

Inconvé- Mais les fenêtres ont aussi leurs inconvénients. Placées au-dessus de la tête des chevaux, trop bas surtout, elles donnent fréquemment lieu à des maladies des yeux, soit par l'introduction d'une trop grande quantité de lumière, soit par l'action des courants d'air qui s'établissent de l'extérieur à l'intérieur des écuries, et qui, en tombant sur les organes de la vue, les irritent. Quand cette disposition existe, il faut en prévenir les effets en mettant des rideaux ou des volets aux fenêtres. Parles temps froids et humides, si toutes les fenêtres sont ouvertes, il peut en résulter des courants d'air qui deviennent la cause de refroidissements dont les conséquences sont souvent fâcheuses. Aussi, est-il de bonne hygiène de ne pas ouvrir toutes les croisées en même temps, quand un vent froid et humide souffle, surtout si les chevaux sont en sueur.

Cheminée* Des ventouses supérieures ou cheminées d'appel sont d établies dans les écuries lorsque celles-ci se trouvent placées de telle sorte qu'il n'est pas possible d'y pratiquer le nombre de fenêtres nécessaires pour renouveler l'air. On les place au-dessus et dans l'axe des passages, en arrière des chevaux ; elles doivent pouvoir se fermer à volonté.

On peut augmenter l'activité des cheminées d'appel en plaçant à leur bouche, située au niveau inférieur du plancher, un moulinet en bois, à ailes très-légères et la remplissant presque entièrement. Le plus léger courant d'air imprime alors un mouvement à ce moulinet, et l'air extérieur, attiré par ce moyen, renouvelle celui des écuries et les rafraîchit.

Pour faciliter le déplacement des couches inférieures de B»rb*an«. l'air des écuries, on établit quelquefois, au niveau du sol et dans l'embrasure des fenêtres, des ventouses inférieures ou barbacanes munies de portes en bois, de 0"50 de largeur, sur 0"30 de hauteur. Ces ouvertures lancent des courants d'air pur dans la partie intérieure de l'écurie et concourent à leur assainissement. 11 est regrettable que toutes les écuries n'aient pas des barbacanes, et qu'on ait cru devoir réserver ce moyen de ventilation à quelques écuries seulement.

Les barbacanes ne doivent être ouvertes qu'en l'absence des chevaux, sinon le courant d'air froid qu'elles établissent agit sur la partie inférieure des membres, les refroidit, et donne lieu à des crevasses, à des rhumatismes, etc.

Les portes et les fenêtres sont les meilleurs moyens de ventilation ; à elles seules, elles doivent sufBre au renouvellement de l'air. Les cheminées d'appel et les barbacanes ne sont que des moyens accessoires auxquels on ne doit avoir recours que lorsque les autres sont insuffisants.

Une faut pas craindre d'établir dans les écuries une ventilation très-large, car elle y entretient un air constamment pur, et l'air pur contribue à conserver les chevaux en santé plus que les aliments, les boissons et l'exercice. Partout où il règne, les chevaux sont rarement malades, leurs maladies sont de courte durée et faciles à guérir ; partout où il est altéré, la santé s'en ressent et les maladies prennent souvent un mauvais caractère 1 .

1 Une question de la plus haute importance se présente : Faut-il entretenir, dnns les écuries, une aération permanente en laissant jour et nuit les fenêtres et les portes ouvertes ? Des expériences ont élé faites, par ordre du Ministre de la Guerre, dans plusieurs régiment*, pour éclairer cette question, et la Commission d'hygiène hippique, qui a été appelée à les analyser et à les résumer, a donné l'avis suivant :

a De ces résultats et de ces opinions, ressortent les conclusions générales suivantes :

» 1° Que les 311 chevaux soumis à l'aération habituelle, d'après le classement établi à l'ouverture et à la clôture des expériences, n'ont

Aire. Le sol des écuries doit être uni, imperméable, plus élevé que celui des terrains environnants, horizontal dans les écuries où la litière est permanente , légèrement incline dans celles où elle est faite tous les jours. La pente la plus convenable est de 0"(M à 0œ02 par mètre. Au-delà de ces limites, les aplombs se faussent par suite du rejet du centre de gravité en arrière. De là fatigue des membres postérieurs.

Le pavage le meilleur et le plus économique est celui en grès, cailloux coupés, ou autres pierres dures. Il doit être posé sur un fond résistant et garni, dans tous ses points, d'une matière imperméable et adhérente, telle que le mortier hydraulique, le ciment de Pouilly et l'asphalte. Si les pavés ne sont pas cimentés, le pavage laisse des interstices qui favorisent l'infiltration des urines dans le sol et deviennent des foyers d'infection.

Mais le pavage en grès a l'inconvénient de devenir glissant par l'usure ; celui qu'il faudrait lui préférer, si son prix n'était pas beaucoup plus élevé, c'est le pavage en briques* de 0œ22 de longueur, 0"12 de largeur, et 0M05 d'épaisseur, placées de champ sur une couche de béton.

L'asphalte et le bitume ne conviennent pas pour les chevaux de troupe; ils deviennent glissants et se ramollissent sous l'influence de la chaleur et du piétinement des chevaux, plafonds. Les écuries doivent être plafonnées pour préserver les chevaux de la poussière et des graines de foin qui tombent des magasins à fourrages. Les plafonds ont encore l'avan-

éprouvé aucun changement appréciable dans leur état ni dans leur énergie; que leur état sanitaire a été le même que celui des autres chevaux du corps; que, d'après le tableau des mutations, le chiffre des entrées aux infirmeries a été de 92, — ou 29,6 sur 100, — et que le chiffre des pertes de l'année a été de 50, — ou 16 sur tOO;

» 2° Que les 451 chevaux soumis à l'aération permanente, d'après un classement analogue au précédent, ont, au contraire, subi d'avantageuses modifications dans leur état et dans leur énergie; que leur état sanitaire a été très-sensiblement plus satisfaisant que celui des chevaux de la première catégorie, puisque le relevé des mutations a

tage d'être faciles à nettoyer et moins exposés aux incendies.

Les voûtes, adoptées autrefois, doivent ôtre abandonnées complètement comme trop fraîches en été et trop chaudes en hiver, si les murs et la voûte ne sont pas percés d'ouvertures bien disposées.

constaté, pour l'année, 63 chevaux entrés aux infirmeries, — ou 13,9 sur 100, — et 3 chevaux morts, — ou 6,6 sur 1000;

» 3° Que les différences observées entre la température extérieure et la température intérieure des écuries affectées aux chevaux soumis à l'aération habituelle out varié suivant que, dans le système adopté, l'aération a été plus ou moins large, plus ou moins complète ; mais que cependant, lorsque la température extérieure marquait -f- 4° et audessous, la température intérieure a toujours été plus élevée de -f à + 12°; qu'au contraire, lorsque la température extérieure dépassait +20°, la température intérieure était plus basse de 4-6° à +10° ;

» 4° Que ces différences, en ce qui regarde les écuries affectées aux chevaux soumis à l'aération permanente, ont été beaucoup moins sensibles ; puisque, dans le premier cas, la différence en moins n'a été que de 4 2° à + 4°, et que, dans le deuxième cas, elle n'a été que de + 3° à -h 6°, ce qui évidemment plaçait déjà les chevaux de cette catégorie dans de meilleures conditions d'hygiène, attendu que ceux-ci se trouvaient moins exposés aux influences des transitions brusques de température;

» 5° Que les chevaux de cette dernière catégorie ont paru mieux résister au travail et suent plus difficilement ; qu'ainsi, ils étaient relativement moins exposés aux arrêts de transpiration et aux répercussions cutanées;

» 6° Que, en présence de ces résultats, évidemment très-explicites, les Commissions régimentaires ont été unanimes à reconnaître que l'aération permanente présentait une supériorité notable sur tous les autres modes employés dans l'armée ; que cette supériorité cependant était d'autant plus marquée que, dans le système qui servait de point de comparaison, l'aération était inoins large et moins complète ; que ce même mode d'aération, envisagé a un point de vue général, offrait deux grands avantages : celui de fournir toujours à la respiration des chevaux une grande quantité d'air pur, et d'augmenter ainsi leur résistance à l'action des agents morbifiques ; et, en second lieu, celui de reudre les animaux moins impressionnables aux influences atmosphériques ;

» 7° Que cependant deux Commissions, celle du 2* de Hussards et celle du 3e de Cuirassiers, ont exprimé l'opinion que ce système ne saurait être adopté d'une manière définitive qu'à la condition de remplacer les

Les planchers sont inférieurs aux voûtes ; ils exposent les chevaux à la poussière des greniers, etc. Mang«oiret. Les mangeoires sont en bois, en pierre dure ou en fonte, suivant la qualité et le prix de ces matières dans chaque localité. Elles reposent sur un massif en maçonnerie,

châssis des fenêtres des écuries par de» claies métalliques, et les portes entières par des demi-portes ne s'éleyant du sol que de un mètre cinquante centimètres;

» En conséquence, Messieurs, nous avons l'honneur de vous proposer de répoudre dans ce sens à M. le Ministre de la Guerre, mais de faire observer à Son Eicelleuce, en lui adressant les conclusions générales qui précèdent, que si la Commission d'hygiène hippique reconnaît que les résultats obtenus dans cette expérimentation viennent encore confirmer la justesse des nombreuses observations de ce genre déjà consignées dans les Annales vétérinaires, et corroborer surtout les opinious eiprimées sur celte question par M. Renault, dans l'excellent discours qu'il prononça à l'Académie île médecine (séance du 14 février 4862); elle pense, malgré tout, que les expériences qui font l'objet de ce rapport ont été renfermées dans des limites trop restreintes et n'ont pas été prolongées pendant un temps sulQ>ant pour que leurs résultats pussent être considérés comme absolument concluants, et pour qu'ils pussent autoriser dès à présent l'adoption générale de l'aération permanente dans l'armée; qu'il serait donc prudent, au contraire, avant do rendre l'exécution de cette mesure d'hygiène obligatoire pour tous les corps, d'en ordonner de nouveau l'application pendant deux ans au moins, toujours à titre d'essai, dans douze régiments de toutes armes, situés sur différents points de la France (trois au Midi, trois au Nord, trois à l'Est et trois à l'Ouest). »

Ces nouvelles expériences ne pourraient plus, il est vrai, être exécutées d'une manière comparative dans chaque corps ; car, faites dans ces conditions , elles occasionneraient certainement de sér.eux embarras pour le service et des difficultés réelles pour la direction de l'expérimentation; elles devraient donc avoir lieu, d'après un nouveau programme, sur tous les chevaux des régiments désignés; leurs résultats, cependant, ne seraient pas moins faciles à apprécier a leur juste valeur en les comparant, sinon aux faits qui Be produiraient dans les autres régiments de l'armée, du moins aux faits antérieurs inhérents à chacun des corps où la mesure serait appliquée. C'est là, selon nous, le seul moyen qui puisse permettre de mener à bonne fin l'étude si intéressante de la question d'aération des écuries.

dont le parement a, comme la face antérieure des mangeoires, une inclinaison, en surplomb, du cinquième par rapport à la verticale. L'arête supérieure de cette face est à \mi0 au-dessus du sol.

Les mangeoires en bois ont 0",20 de profondeur, 0m30 de largeur en haut et O"^ en bas. Elles sont divisées par cheval,

au moyen de séparations en planches. Elles sont recouvertes, sur leurs bords et dans leur fond, de bandes de fer qui empêchent le cheval de les saisir avec les dents et de contracter l'habitude de tiquer.

Les mangeoires en pierre ou en fonte ne sont creusées que sur 0m60 de longueur, 0"35 de largeur et 0m30 de pro-

fondeur. Le massif sur lequel elles reposent est continu et s'élève entre les parties creusées à la hauteur totale de i"10. Les mangeoires en pierre dure sont les meilleures. Elles sont plus faciles à tenir propres et le cheval cherche rarement à les saisir avec les dents ; mais elles laissent à la partie inférieure de la tête du cheval la liberté d'exécuter des mouvements brusques qui rejettent hors de la cavité une partie de l'avoine. Il serait facile de remédier à cet inconvénient en plaçant deux tiges en fer, arrondies, dirigées dans le sens de la largeur, et laissant entre elles un espace suffisant pour permettre au cheval d'introduire facilement la tête jusque dans le fond, mais rendant les mouvements brusques impossibles.

Quelle qu'en soit la matière , les mangeoires doivent être à bords et à angles parfaitement arrondis, pour ne pas blesser les chevaux, et être tenue3 dans le plus grand état de propreté. Avant d'y déposer de l'avoine, on s'assurera qu'elles ne contiennent ni graines étrangères ni poussière, ni cailloux, que l'on y rencontre si souvent quand le grain n'est pas parfaitement pur.

luuiier.. Les râteliers sont en bois, en fer creux ou en fonte ; dans tous les cas, ils sont placés à 0m50 au-dessus du plan supérieur des mangeoires.

Les râteliers en bois R, espèces d'échelles, posées transversalement et de 0m76 de hauteur, sont les plus usités. Ils ont leurs barreaux bien arrondis, espacés de 0m08 à 0"12 , portant sur un pivot, afin qu'en tournant au moindre efFort, le cheval en tire le foin et la paille sans peine, et garnis de bandes en fer, roulées tout autour et dans toute leur étendue.

Le minimum d'écartement fixé pour les barreaux n'est pas suffisant, surtout quand les écuries contiennent des chevaux de cavalerie de réserve ou de ligne, et même de cavalerie légère venant du Nord ou de l'Ouest de la France. Avec ces dimensions, le cheval a de la peine à sortir la paille

et le foin du râtelier. L'écartement le plus convenable est de 40 à 14 centimètres. Quand les barreaux sont plus espacés, les aliments, sortant trop facilement et en trop grande quantité à la fois, tombent sur la litière et sont perdus, en partie, pour l'alimentation des chevaux.

Les râteliers sont fixés au mur inférieurement et supérieurement, au moyen de bandes en fer. Leur direction est ou penchée ou perpendiculaire. Dans le premier cas, la partie supérieure est distante du mur de 0o,40 et la partie inférieure y touche, pour que les débris des fourrages et la poussière tombent dans la mangeoire. Dans le second, la distance inférieure est aussi grande que la supérieure, et on place entre le mur et le râtelier, une planche obliquement dirigée, qui rejette les fourrages du côté du râ-elier, à moins que le massif en maçonnerie sur lequel il repose ne présente cette direction et ne remplisse cet office.

Les râtelier3 obliques ont l'inconvénient de permettre à la poussière de tomber sur la tête des chevaux, et de les forcer à renverser fortement l'encolure pour saisir les fourrages, ce qui rejette le centre de gravité en arrière, fatigue le rein et les jarrets, surtout si le râtelier est trop élevé. Les râteliers droits sont donc préférables.

Quand la lame de fer qui entoure les barreaux se détériore, les chevaux se blessent ou ils cherchent à saisir les barreaux avec les dents et contractent l'habitude de tiquer. On doit donc s'assurer que les barreaux sont en bon état.

Les râteliers en fonte ou en fer creux sont préférables aux râteliers en bois. Quand le prix n'en est pas trop élevé, il faut s'en servir, surtout pour les écuries infirmeries et pour celles de luxe.

L 'espacement a été fixé à 4m45 pour tous les chevaux. Espacement. Nous désirerions qu'on donnât 4"45 aux chevaux de cavalerie légère et de cavalerie de ligne et 4 "55 à ceux de cavalerie de réserve, de l'artillerie et du train, ainsi qu'aux mulets.

système Le système d'attache se compose : 1° d'une barre de fer

d «i t triche • « «

ronde 0, dirigée de haut en bas, parallèlement à la base antérieure de la mangeoire, et recourbée à angle droit à ses deux extrémités, qui sont scellées dans le massif de la maçonnerie ;

2° D'une chaîne en fer de 0B65 de longueur C, portant à l'une de ses extrémités un anneau qui embrasse la barre d'attache, le long de laquelle il glisse, et à l'autre extrémité un T, qui passe dans le boucleteau du licou.

Ce système, tout en laissant aux chevaux la liberté nécessaire pour se coucher et atteindre les fourrages placés dans le râtelier, suffit pour les empêcher de manger la ration de leurs voisins. Il est à demeure et fait partie du casernement. Anneau II serait boa de placer sous le râtelier, et de distance en

ie longe de distance, ^es anneaux destinés à recevoir une longe de jour à laquelle on attacherait les chevaux, qui ont une grande propension à mordre, ou ne doivent pas se coucher, etc.

Barrage. Les chevaux sont séparés les uns des autres au moyen de bat- flancs, suspendus par un système particulier.

bm nance. Le bat-flanc B se compose d'un ou de deux madriers en sapin de 0m054 d'épaisseur, de2n45 de longueur et de 0"45 à 0m46 de hauteur. A chacune de ses extrémités est une armature en fer X, placée obliquement, qui sert en même temps à attacher l'appareil, d'une part, à la mangeoire et, d'autre part, au système de suspension. Le bat-flanc est arrondi à son extrémité antéro-inférieure, suivant un arc de cercle de 0B20 à 0*25 de rayon, et beaucoup moins à son extrémité postérieure. Les arêtes inférieures sont abattues sur toute la longueur. Enfin, sur lv20 de long, du côté de la mangeoire, le dessus du bat-flanc est garni d'une plaque de tôle ou d'une bande plate de ier.

Le bat-flanc mis en place, ses arêtes supérieures se trouvent horizontales et élevées respectivement, près de la mangeoire et à l'extrémité postérieure, de 0"85 à 0-90 au-dessus des parties correspondantes des pavés. Cette élévation

n'est pas suffisante, aussi voit-on tous les jours des chevaux passer les jambes par-dessus le bat-flanc et s'embarrasser. Cet accident n'arriverait pas si leur bord supérieur était à 1"10 du sol, et si le madrier avait 0M60 de hauteur. Avec cette disposition, en eflet, le cheval ne s'embarrasserait que très-difficilement, il ne se blesserait pas, non plus, le bas des jambes, en frappant le long du bord inférieur du madrier.

Le bat-flanc a encore d'autres inconvénients : quand la plaque de tôle qui le recouvre est déclouée, elle peut blesser les chevaux ; si elle est enlevée, ils contractent l'habitude de le saisir avec les dents. On ne saurait donc trop veiller à ce que les bat-flancs soient en bon état.

Le bat-flanc est suspendu au moyen de chaînes en fer, système les unes transversales, les autres verticales. Les chaînes ,u.PJn«on. transversales T, sont réunies par un anneau à leur point d'intersection, pour diminuer les oscillations des chaînes verticales. Elles ont 2B80 environ et sont composées de mailles torses et larges, posées en même sens, et exercent leur frottement mutuel sur une grande surface pour que la durée en soit aussi grande que possible.

Les chaînes verticales V, se composent de deux parties : l'une supérieure, l'autre inférieure. La première est fixée supérieurement, aux chaînes transversales, par un anneau, et se termine inférieurement par une bascule en fer, nommeé sauterelle S, qui passe dans l'anneau de l'extrémité supérieure de la seconde partie de la chaîne verticale, et sert de trait d'union entre les deux divisions au moyen d'un anneau mobile qui la fixe.

Quand les chevaux s'embarrent, on relève l'anneau mobile pour dégager la sauterelle, qui faisant aussitôt bascule, l'extrémité postérieure du bat-flanc tombe sur le soi.

Le bat-flanc n'est pas assez long et la chaîne de suspension assez distante du cheval en arrière. Aussi voit-on assez souvent des chevaux se frotter la pointe des fesses contre le rouleau qui entoure la chaîne de suspension inférieurement,

et y contracter des dépilations et même de légères blessures. On éviterait ces inconvénients en donnant au bat-flanc 0"50 de longueur de plus, ce qui éloignerait d'autant la chaîne do suspension et la mettrait dans l'impossibilité de blesser le cheval.

Au lieu du système de suspension actuellement en usage, dans les corps, nous désirerions voir accepter un mode existant déjà aux écuries du manège et de l'Ecole de dressage de Saumur, et consistant en un poteau arrondi, haut de im30, placé en arrière des chevaux et portant une sauterelle qui reçoit la chaîne du bat-flanc. Ce système est plus économique, plus simple et plus agréable à l'œil. Éclairage. L 'éclairage, entretenu la nuit, ayant donné lieu à des inconvénients et à des accidents graves, on a dû le supprimer. Aujourd'hui, les écuries ne sont éclairées, en hiver, que, le soir, pour donner le repas des chevaux et, le matin, à l'heure du réveil. Dès que le service est fait, toutes les lumières sont éteintes, un seul réverbère est conservé allumé, dans un corridor ou un endroit séparé , et placé de manière que la lumière ne pénètre jamais dans les écuries. Des lanternes portatives sont à la disposition des gardes d'écurie, pour qu'ils puissent se procurer immédiatement de la lumière et porter secours aux chevaux qui en auraient besoin. Les gardes d'écurie doivent garder le plus grand silence ; il en est de môme des sous-officiers de ronde pendant la nuit.

ï.iiicre. Depuis 1848 on laisse la litière sous les pieds des che-

1 Avant la décision ministérielle du b mars 1848, la litière était relevée, le matin, à la sonnerie du déjeuner des chevaux et étendue, le soir, lors delà sonnerie de leur souper. Cette pratique avait de graves inconvénients : elle enlevait, chaque matin, aux chevaux une heure au moius de leur repos, car les gardes d'écurie, n'ayant pas assez de temps pour relever la litière, du réveil à la botte, se levaient a\ant l'heure afin de n'être pas en défaut ; elle exposait les chevaux à être maltraités par les gardes d'écurie chaque fois qu'ils faisaient la litière ;

vaux pendant une semaine entière et même plus longtemps si l'état de l'atmosphère ne permet pas de procéder, à jour fixe, à son enlèvement. Les gardes d'écurie ne touchent pas à la couche qui repose sur le sol. Aussitôt après le réveil, ils répartissent la litière d'une manière égale, afin que les chevaux puissent se reposer sur un lit dont la surface supérieure n'est pas imprégnée d'humidité. A la suite de cette opération, ils ramassent dans des vanettes, destinées à cet effet, les crottins, tout moulés, à mesure qu'ils sont évacués, et les portent hors des écuries. Une fois par semaine, la litière est enlevée ; les portions imprégnées d'urine sont jetées au fumier, et les parties sèches sont replacées sous les pieds des chevaux.

En suivant ces prescriptions le service intérieur des écuries est simplifié ; les écuries ne répandent pas d'odeur ; le pavé est toujours sec; les chevaux n'ont jamais les pieds dans les urines et les matières fécales ; ils sont aussi plus tranquilles et ne sont pas exposés à être déplacés par les gardes d'écurie. De plus, leurs membres, reposant sur une couche de litière, se fatiguent moins et leurs aplombs se conservent intacts.

Mais, pour que ce système réunisse les avantages précités, quelques précautions sont nécessaires : le jour où la litière est faite, il faut avoir soin de sortir tous les chevaux de l'écurie, d'ouvrir les portes et les fenêtres, de mettre en meule, dehors, la litière encore bonne et sèche, d'étendre et de faire sécher celle encore passable pour former la couche inférieure, de ne porter au fumier que la paille pourrie.

Une heure après cette opération, quand l'écurie est bien

elle donnait lieu à des dégagements abondants d'ammoniaque, d'acide carbonique, etc. chaque fois que l'on remuait la litière, et ces gaz, se mêlant à l'air et aux aliments, en altéraient la pureté. Ajoutons que les chevaux avaient constamment les pieds dans le fumier, ce qui donnait lieu à des échauffements de la fourchette, à la fourchette pourrie, etc.

nettoyée et bien aérée, on replace la litière sous les chevaux, en ayant soin de mettre au-dessous la paille la moins bonne, celle qui a conservé de l'humidité et au-dessus la paille la plus sèche et celle qui est neuve. La paille qui tombe des râteliers sert à remplacer celle qui se pourrit trop tôt sous les pieds de derrière.

Les gardes d'écurie doivent éviter que la paille ne soit soulevée par les pieds des chevaux, et la frapper souvent avec le dos de la pelle, pour en faire une espèce de matelas compact et imperméable à l'air. Si ce gaz se mettait en contact avec les urines, il se formerait de l'ammoniac. Le matin, pour nettoyer l'écurie, ils se garderont de relever la litière , et se borneront à introduire la fourche dans la première couche de paille et à donner de légères secousses de manière à rejeter au dehors les crottins écrasés qu'ils relèveront ensuite.

Tempéra- La température la plus salutaire aux chevaux est celle qui se rapproche le plus de la température extérieure, c'est-àdire qui, en été, est de quelques degrés au-dessous de celle de l'air du dehors et, en hiver, s'élève à quelques degrés audessus. Mais il n'est pas toujours facile de régler ainsi la chaleur des écuries, aussi ne fixerons-nous aucun chiffre, et laisserons-nous à chacun le soin de le déterminer, en se basant d'après les circonstances. Nous nous contenterons de faire ressort'r les avantages et les inconvénients de la chaleur des écuries.

Et d'abord, établissons en principe que le froid modéré n'a jamais d'influence fâcheuse sur le cheval, surtout quand il est bien nourri. L'expérience démontre, en effet, que dans les années les plus froides, ce sont les écuries le moins bien fermées, où règne la température la plus basse, qu'on observe le moins de maladies. Ce que l'on doit rechercher, c'est de préserver les chevaux des courants d'air, des arrêts de transpiration qui ont toujours une influence fâcheuse.

La température élevée des écuries, au contraire, a de nombreux inconvénients. Elle hâte la décomposition des matières animales, provenant de la peau et des voies respiratoires, et celle des matières fécales et des urines ; par conséquent, elle altère la pureté de l'air et le rend moins propre à l'hématose. Elle rend les chevaux mous, douillets et plus impressionnables au froid, et les expose à contracter des refroidissements, quand ils passent dans un endroit froid. Elle favorise le développement de la graisse au détriment de la vigueur et de l'énergie. Toutes ces causes se réunissent pour prédisposer les chevaux à des maladies graves, et souvent même en sont la cause déterminante. Les effets de la température élevée des écuries sont funestes surtout aux chevaux qui y ont été soumis pendant longtemps et que l'on met subitement au bivouac.

Pendant les chaleurs de l'été, il est bon de laver de temps Au»\nht*en temps le sol des écuries, le bas des mangeoires et des murs, pour les débarrasser des débris d'excréments ou des aliments desséchés qui, en se décomposant, altèrent la pureté de l'air et rendent les écuries insalubres. Dans les circonstances ordinaires, l'eau pure, fraîche et le frottement avec un bouchon de paille suffisent à cet effet ; mais, dans le cas où il s'agit de désinfecter la place occupée par un cheval atteint d'une maladie contagieuse, il faut faire usage d'eau contenant du chlorure de Labarraque. Les écuries infirmeries surtout doivent être lavées souvent avec de l'eau chlorurée.

Sous la dénomination d'annexés des écuries, nous nous Annexet occuperons des magasins à fourrages, du coffre à avoine et du dépôt des fumiers.

L'emplacement le plus convenable pour loger le foin et la Maga«nt paille des distributions est au-dessus des écuries, lorsqu'elles 4 fonrragM' sont plafonnées. On peut alors jeter les fourrages par les abat-foin, situés au milieu de chaque écurie; mais il faut que ces ouvertures soient bien fermées pour éviter que les émanations des écuries ne pénètrent dans le magasin.

Si les écuries ne sont que planchéiées, le magasin à fourrages est mieux placé au rez-de-chaussée ; car les planches laissent toujours entre elles des fissures par lesquelles la poussière passe et tombe sur les chevaux et par lesquelles aussi les émanations s'introduisent dans les magasins à fourrages et y altèrent les denrées. Les magasins du rez-dechaussée sont souvent envahis par les rats et les souris, qui attaquent les fourrages et y déposent leurs excréments

coffre Le coffre à avoine peut être placé dans un impasse d'escalier, ou dans un local spécial, peu importe le lieu, pourvu que l'emplacement soit spacieux, bien aéré, facile à tenir propre et surtout loin des atteintes des rats.

DépAt Les fumiers doivent être déposés loin des écuries pour

des fumiers*

que les gaz qui s'en dégagent, lors de la fermentation dont ils sont sans cesse le siège, ne s'introduisent pas dans les écuries et n'en altèrent pas l'air. Il faut aussi qu'ils soient éloignés des puits et des pompes, qui fournissent l'eau destinée à abreuver les chevaux, sinon les eaux putrides qui s'en échappent, pendant les pluies, s'infiltrant dans les couches du sol, arrivent jusqu'à l'eau potable et en altèrent les qualités.

Des écuries en Algêbie.

En Algérie, les chevaux sont logés sous des hangars, simples ou doubles, en planches ou en pierres, généralement non pavés, sans râteliers, ni bat-flanc, ne réunissant pas, par conséquent, toutes les conditions désirables.

Dans ce pays, en raison de la température et du mode d'élevage des chevaux, les écuries ne doivent pas être construites comme en France. Des hangars doubles, larges, spacieux, bien aérés, bien distribués, suffisent.

1 line décision ministérielle prescrit d'éloigner les magasins à fourrage* des écuries. Cette décision a été dictée non par des considérations d'hygiène, mais par la crainte qu'on a de *oir le feu gagner des magasins aux écuries, et réciproquement

Le système de hangars le meilleur consisterait en des hangars doublés, déparés par un mur de refend, s'élevant à 2m50 au-dessus du sol. Ces hangars auraient au moins 14 mètres de largeur et 7 mètres de hauteur, leur longueur serait subordonnée au nombre de chevaux qu'on voudrait y loger, chaque cheval ayant 4m4o* d'espace. Les piliers servant à supporter la toiture devraient être assez rapprochés l'un de l'autre pour que l'on pût fermer l'espace compris entre eux pendant les pluies, les grands vents et fcs fortes chaleurs, avec des nattes en alfa, que l'on élèverait ou que l'on abaisserait, à volonté, à l'aide d'un système de poulies et de cordes ou de châssis à bascule.

Tout ce que nous avons dit sur l'emplacement, l'assiette, l'orientation, les mangeoires, les râteliers, le sol, le système d'attache et de séparation des écuries, en France, est applicable à celles de l'Algérie.

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