‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 16 sur 139 · CD · texte numérisé non relu

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Si la ration est insuffisante pour les chevaux de troupe, à plus forte raison l'est-elle pour ceux des officiers, dont la taille est plus élevée. Un supplément de ration serait donc nécessaire au bon entretien de ces chevaux. Leur ration devrait être celle des armes dans laquelle les place leur taille.

Les proportions relatives des trois parties qui composent la îation, en France, ne nous semblent pas, non plus, avoir été déterminées d'une manière irréprochable. La quotité d'avoine n'est pas assez forte, relativement à celle du foin et de la paille ; aussi verrions-nous, avec plaisir, substituer 0k500 d'avoine à i kilog. de foin. La ration serait alors plus judicieusement composée.

La quotité de la ration invariablement fixée, pour tous les jours, est, en principe, une bonne chose; cependant elle est trop absolue. Il est contraire, en effet, aux règles de l'Hygiène de donner aux chevaux, quand ils ne travaillent pas, qu'ils ne quittent pas l'écurie pendant plusieurs jours, la môme ration que lorsqu'ils manœuvrent ou se livrent à d'autres travaux pénibles. Les chefs de corps devraient être autorisés à opérer une légère diminution, dans la ration, les jours où la pluie, la neige, etc. rendent tout travail impossible, et à employer ces économies à améliorer la ration les jours de travaux pénibles.

Art. II. — Des aliments de substitution.

On appelle substitution le i emplacement, en totalité ou en partie, d'un ou de plusieurs aliments de distribution par une substance alimentaire qui n'entre pas dans la ration du cheval de troupe.

Les aliments de substitution sont :

1° Les foins artificiels, le son et la farine d'orge ;

2° Le vert, dans la saison.

Le foin des prairies artificielles entre tous les jours dans la ration des chevaux, tandis que les autres aliments ne sont donnés qu'exceptionnellement.

1° Foin des prairies artificielles.

Les foins des prairies artificielles, dont l'usage est ordonné dans l'armée, sont ceux de sainfoin, de luzerne et de trèfle. Ces foins présentent des caractères qui permettent de les distinguer facilement de ceux des prairies naturelles. Les tiges en sont moins fines, plus dures et plus cassantes ; la couleur en est plus foncée et moins lustrée ; l'odeur moins aromatique ; le poids plus considérable, sous un volume donné; la plupart des tiges sont pourvues de leurs fleurs et de leurs sommités fleuries. Ajoutons qu'une botte ne se compose que d'une seule espèce de plantes : elle est toute de trèfle, ou de sainfoin, ou de luzerne.

Mais les trois variétés de foin des prairies artificielles, admises dans l'armée, différent par leurs propriétés extérieures et leurs qualités nutritives.

A. Luzerne.

, La luzerne est une plante de la famille des légumineuses, • originaire des pays chauds, qui fournit plusieurs variétés : les unes végètent dans les prairies et les pâturages, telles sont la luzerne faucille, la luzerne rustique; les autres sont cultivées en prairies artificielles, la plus importante est la luzerne cultivée (medicago saliva), que l'on cultive en France depuis le commencement du xvi' siècle. Cette plante, originaire de l'Orient, vient dans tous les pays, mais elle préfère les contrées méridionales, où elle donne des récoltes plus nombreuses et plus abondantes. Dans nos

départements du Nord, on la fauche deux et trois fois Tan ; dans ceux du Centre, trois et quatre fois ; dans ceux du Midi, quatre à cinq fois. En Algérie, on peut faire jusqu'à huit coupes, si elle est arrosée. La luzerne est douée d'une grande longévité, mais, pour donner de bonnes récoltes, elle doit être cultivée sur des terres profondes, perméables et pas trop humides.

Le foin de luzerne se reconnaît à ses longues tiges vertes, nJ™J*M dures, cassantes, dépourvues de feuilles dans la plus grande partie de leur étendue ; à ses feuilles elliptiques et disposées par trois ; à ses fleurs violettes ou bleuâtres, réunies en grappes axillaires. Ce foin contient plus de principes nutritifs 1 que celui des prairies naturelles : 90 kilogrammes de luzerne équivalent à 100 de foin ordinaire.

B. Sainfoin.

Le sainfoin est aussi une plante de la famille des légumi- k»

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neuses, qui fournit à la nourriture du cheval de nombreuses espèces, venant dans les prairies et les pâturages. Celle que l'on cultive, comme foin, est le sainfoin cultivé (hedisarum onobrychis). Cette plante préfère les contrées méridionales à celles du Nord, aussi la regarde-t-on,dans le Midi, comme la légumineuse par excellence. Elle préfère aussi les terrains calcaires, secs, sablonneux, graveleux, élevés, à mi-coteaux, meubles et profonds. Le sainfoin ne donne qu'une coupe et un regain.

Le foin de sainfoin présente les caractères suivants : tiges caractère* rameuses et pubescentes ; folioles oblongues, droites, linéaires ; fleurs roses ou purpurines, disposées en épis coniques et terminaux. Ce foin est préférable à celui de luzerne; il est plus digestible et renferme plus de principes

1 Composition : eau, 15,000; — amidon, sucre, 41,P0; — albumine, caséine, 12,000; — matière* grasses, 3,50; — ligneux et cellulose, 22,00; — sels, o,70 (Boussingault).

du foin.

nutritifs1: 85 kilogr. de sainfoin équivalent à 100 kilog. de foin.

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