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desquels ces foins entrent pour un tiers ou la moitié de la ration, sont en meilleur état de santé, d'embonpoint et de force, que ceux qu'on nourrit exclusivement avec du foin des prairies naturelles. Ces expériences ont donné lieu à la décision qui en ordonne l'usage, décision ministérielle du iS décembre 1854, qui prescrit de faire entrer le foin des prairies artificielles de trèfle, de sainfoin, de luzerne, dans la nourriture des chevaux de l'armée, dans les proportions d'un tiers ou de la moitié de la ration , selon les ressources des localités.
Mais si le foin des prairies artificielles produit un bon effet 'JJJJJ4" à des doses convenables, et associé à d'autres aliments, il n'en est plus de môme quand il est administré seul. Donné pour tout aliment aux chevaux, il occasionne des maladies graves. D'après M. Magne, ces maladies seraient dues à ce que les éléments nutritifs qu'il renferme, n'y sont pas associés en de bonnes proportions pour satisfaire aux phénomènes de la vie plastique et à ceux de la calorification. Voici ce que dit à ce sujet le savant directeur de l'Ecole d'Alfort : « On peut jusqu'à un certain point expliquer les effets nuisibles des légumineuses par leur composition chimique. Elles renferment beaucoup d'azote, mais elles ont moins de matières grasses et moins de substances salines que les foins des prairies naturelles... De sorte que, si les animaux prennent assez de luzerne ou de trèfle pour suffire aux besoins de leur respiration en matières hydro-carbonées, ils introduisent dans leur corps une trop forte proportion d'azote, et leur sang devient trop fibrineux et trop albumineux ; tandis que s'ils ne prennent que le foin réclamé par les besoins de leur corps en principes azotés, la respiration reste incomplète faute de matières susceptibles de se combiner dans le poumon avec l'oxygène de l'air. »
Les foins des prairies artificielles sont soumis aux mêmes Altération», altérations que ceux des prairies naturelles, et ces altérations sont suivies des mêmes inconvénients.
2° De la farine d'orge.
c«r*et*r«. La farine d'orge est de bonne qualité, quand elle est grossièrement moulue, d'un blanc jaunâtre, d'une saveur fade, d'une odeur douce et à peine sensible, onctueuse au toucher; qu'elle blanchit la main et contient peu de son.
Piopriét*. Cet aliment, tout à la fois nutritif et rafraîchissant, con-
DOtritlTCS.
vient aux chevaux qui digèrent difficilement ou qui sont atteints de maladies des organes digestifs, à ceux nouvellement arrivés aux corps, aux jeunes et aux vieux chevaux, et à tous pour tempérer les chaleurs de l'été. d'*dï!i?iuf» La farine d'orge doit toujours être donnée délayée dans une grande quantité d'eau, sinon elle est d'une digestion difficile et cause des embarras gastriques, des indigestions, etc.
Aiuntiof». La farine d'orge s'altère promptement et est très-facile a falsifier ; aussi doit-elle être examinée avec un soin particulier. On s'assurera que le grain qui a servi à sa production était de bonne qualité, et qu'elle ne se trouve pas mélangée à des farines étangères qui en modifieraient les propriétés. Lorsque la farine de mais, de vesces, de gesses, etc. est mêlée à celle d'orge, cette dernière est plus blanche, plus finement moulue et n'a plus la môme saveur.
Si la farine d'orge contient du sable, du plâtre, on en reconnaît la présence à sa pesanteur relative plus grande, à une sensation de rugosité qu'elle imprime au bout des doigts qui la froissent. Si l'on en met dans la bouche une pincée, elle crie sous les dents. Enfin, si on la fait dissoudre dans l'eau, on voit le sable tomber au fond du \ase.
La farine d'orge demande à être conservée dans un endroit sec ; car, placée dans un lieu humide, elle se pique, c'est-à-dire qu'elle se pelotonne, fermente, devient jaunâtre ou grisâtre, d'une odeur et d'une saveur aigres. Cette alté-
ration peut occasionner des coliques, des maladies intestinales, et môme l'altération du sang.
La farine d'orge, conservée dans un endroit chaud, se oharançonne vite. Elle est alors le réceptacle de myriades de larves ou d'insectes qui en détruisent les principes nutritifs et en altèrent les qualités. La farine charançonnée doit être rejetée comme nuisible.
3o Du Son.
Le son est l'écorce des semences des céréales, plus ou Déiiniuon. moins privée de farine par la mouture. Celui de froment est le seul en usage dans l'armée.
Le son de bonne qualité est frais, sans odeur, d'une sa- camtères. veur douce ; il blanchit les corps avec lesquels on le met en contact, et rend l'eau plus ou moins laiteuse suivant la quantité de farine qu'il contient.
Considéré pendant longtemps comme dépourvu complète- JjJJjJjj^' ment de propriétés nutritives, comme de la sciure de bois, le son est regardé aujourd'hui comme un bon aliment, en raison des principes alibiles qu'il renferme et d'une substance résineusequi le rend digestible1. Du reste, sa valeur nutritive varie selon le système de mouture et de blutage employé. Le son qui n'est passé qu'une seule fois sous la meule (recoupe) est le plus nutritif ; il se reconnaît à ses larges écailles blanches, aux parcelles de farine qu'il contient, , Celui qui est passé deux fois sous la meule (recoupette), et surtout celui qui y est passé trois fois (remoulage) ne renferme qu'une bien petite quantité de farine ; il est composé de pellicules très-minces, presque entièrement privées de farine.
Mélangé par parties égales ou dans les proportions d'un i»*'****»™.
1 Composition : amidon* dextrine, sucre, 50.00 ; — sucre de réglisse, 1,00; — gluten, 14,00; — matières grasses, 3,60; — ligneux, 9,70; — sels, 5.70, — eau, 13,00 (Millon).
tiers à la farine d'orge et étendu d'eau, le son forme une nourriture rafraîchissante qui convient à un grand nombre de chevaux, pour rompre l'uniformité de leur nourriture habituelle, par la propriété rafraîchissante dont il jouit. C'est surtout pendant l'été qu'il convient de substituer, deux ou trois fois par semaine, un repas de barbotage à un repas d'avoine.
'Su* Mais lusa£e contmu de cet aliment est nuisible aux chevaux ; il les rend mous, faibles et les prédispose aux maladies chroniques. Donné seul, en grande quantité et peu mouillé (son frisé), il fatigue les organes digestifs et occasionne quelquefois des indigestions, des purgations abondantes, des ruptures d'estomac.
Altération. Au bout de trois à quatre mois au plus de conservation, le son s'altère; il fermente, quelques soins que l'on prenne de le mettre dans un magasin sec et aéré ; celui qui séjourne trop longtemps dans un endroit humide s'échauffe, devient acide, exhale une mauvaise odeur, se prend en petits pelotons compactes et devient noirâtre. Les chevaux le refusent, et quand, pressés par la faim, ils en mangent, ils sont pris de coliques.
Les proportions des substitutions ont été fixées ainsi qu'il suit, par les décisions ministérielles du 7 août i 846 et
Proportions des Substitutions.
du 23 avril 1853.
1° Intérieur.
Poin.
Faille
Luzerne (1re coupe et regain), poids
pour poids.
Paille, double du poids.
Avoine, moitié du poids.
Sainfoin, poids pour poids.
Avoine, quart du poids.
Foin, moitié du poids.
Paille, quatre fois le poids.
Son, moitié en sus.
Farine d'orge, 8/10" du poids.
Foin, double du poids.
2° Algérie.
Pnille
Paille, double du poids.
Orge, moitié du poids.
Foin, moitié du poids.
Orge, quart du poids.
Orge.
Foin, double du poids.
Paille, quatre fois le poids.
Son, moitié eu sus.
Farine d'orge, 8/ 10e* du poids.
40 kilogrammes de fourrages verts à l'écurie ou une journée de cheval à la prairie, représentent 12 kilogrammes de foin.
Malgré les substitutions introduites dans ces dernières années, la ration des chevaux de troupe est trop uniforme encore, et cette uniformité est une des causes de la mortalité. La substitution de l'orge à l'avoine, et réciproquement, des carottes aux denrées de distribution, produirait un bon résultat; aussi émettons -nous le vœu qu'elle se réalise. L'Etat, sans augmenter, en aucune façon, ses dépenses de nourriture, verrait les maladies et les mortalités diminuer, si les substitutions devenaient plus nombreuses.
A la suite des essais successifs faits en 1852, 1853, 1854, 1855, le mode de répartition des repas, dans les régiments de cavalerie, a été réglé ainsi qu'il suit (Décision ministérielle du 12 juin 1856) :
En hiver et pendant la majeure partie de l'année : '"2 Au réveil, donner un tiers de foin ;
Après le pansage, faire boire, donner une demi-ration d'avoine, un tiers de paille ;
Après la rentrée du travail ou de la promenade, à midi ou à une heure, donner un tiers de foin ;
Après le pansage de trois heures, faire boire, donner une demi-ration d'avoine, un tiers de paille;
Au souper, donrier un tiers de foin, un tiers de paille.
Distribution des Repas.
Pendant la saison des manœuvres :
Au réveil, donner un tiers d'avoine ;
Après la manœuvre, un tiers de foin ;
Une heure après, bouchonner, faire boire, donner un tiers d'avoine et un tiers de paille ;
A trois heures et demie, pansage, faire boire, donner un tiers d'avoine et un tiers de paille ;
Au souper, deux tiers de foin et un tiers de paille.
Aux prescriptions qui précèdent, nous ajouterons qu'il serait bon de terminer le pansage par l'abreuvoir, de donner l'avoine ou l'orge immédiatement après, et de laisser les chevaux tranquilles pendant qu'ils prennent leur repas.
Article III. — alimen t qui ne pont partie ni de la ration