‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 21 sur 139 · DENREES · texte numérisé non relu

DENREES

En cas de difficultés dans la réception des denrées préparées pour la distribution, il est procédé à un examen avec le concours d'une commission de vérification composée ainsi qu'il suit :

Une personne choisie par l'entrepreneur sur une liste d'habitants notables et idoines désignés par l'autorité municipale 1 ;

Le capitaine instructeur du corps ou l'oflicier le suppléant;

Le vétérinaire en premier ou celui qui le supplée ;

Un officier de gendarmerie en résidence dans la place, ou à défaut d'officier présent, le sous-officier ou le brigadier commandant la brigade ».

La commission d^ vérification procède, sous la direction du sous-intendant militaire, dans la forme prescrite, par les articles 385 et 386 du règlement sur les subsistances. Par application des dispositions de l'article 386, le sous-intendant militaire n'est pas astreint à suivre l'avis de la commission de vérification, si sa propre conviction s'y oppose ; sa décision est sans appel et sera exécutée sur-le-champ.

Aux termes de l'article 387 du règlement, toutes denrées reconnues nuisibles à la santé des chevaux ou impropres au service sont détruites immédiatement ou remises au domaine pour être vendues au profit de l'Etal, sans que l'entrepreneur puisse prétendre à aucune espèce d'indemnité pour raison de la destruction ou de la vente desdites denrées.

Les dispositions qui précèdent s'appliquent entièrement aux denrées d'approvisionnement existant ou entrant en magasin.

Cependant, s'il est reconnu que l'altération de la qualité des denrées est le résultat de circonstances fortuites, indépendantes de la volonté de l'entrepreneur, et que ces mêmes denrées étaient saines et de bonne nature lors de leur entrée en magasin, le produit net de la vente peut, dans ce seul cas, sur la décision du Ministre, être compté à l'entrepreneur# Cette exemption ne s'applique pas aux denrées reconnues nuisibles à la santé des chevaux, lesquelles sont toujours détruites.

1 En territoire militaire, si c'est en Algérie, l'autorité municipale est suppléée par le fonctionnaire qui la représente.

* Si plusieurs corps stationnent dans la même place, il y a autant de commissions de vérification que de corps. Le même officier, sous-oflît ier ou brigadier de gendarmerie, peut faire partie de ces diverses commissions. Quant à l'eutrepreneur, il peut s'y faire représeuler par la même personne.

Partout où ne se trouve pas le capitaine instructeur ou l'officier qui lui est adjoint, l'un et l'autre sont suppléés sur la désignation du chef de corps ou de détachement.

En station et en route, si, par un motif quelconque, il n'est pas possible de réunir tous les membres des commissions de vérification , elles n'en sont pas moins convoquées par les sous-intendants militaires ou pat* leurs suppléante légaux, et elles opèrent au nombre des membres présents, leur intervention étant purement consultative.

Art. IV. — Préparation des aliments.

La plupart des aliments sont donnés au cheval tels que la nature les fournit et n'exigent aucune préparation, pour être introduits dans les voies digestives; quelquefois, cependant, on leur fait subir différentes préparations qui ont pour but d'augmenter ou de modifier leurs propriétés nutritives. Ces préparations peuvent se réduire à six modes principaux, savoir : la division, la mouture, le concassement , la cuisson, la germination, la panification.

1° Division. — Le foin, l'avoine et l'orge sont quelquefois hachés dans le but de les rendre plus digestibles ; les carottes, les betteraves , les panais subissent toujours cette préparation afin d'en rendre l'usage plus commode et de prévenir les inconvénients que peut faire naître le passage, dans l'œsophage, d'un corps étranger trop volumineux. La paille hachée est d'un usage journalier dans les pays où l'on comprend bien l'hygiène du cheval, et l'administration en a été recommandée par des hommes éminents en médecine * vétérinaire et par des agronomes distingués.

L»tge«. Les fourrages hachés exigent moins de travail des mâchoires, sont plus facilement attaqués par les sucs digestifs, et cèdent plus complètement leurs principes alibiles que ceux qui sont entiers. Ils conviennent surtout aux poulains, en travail de dentition: aux vieux chevaux, dont les dents sont usées et irrégulières; aux convalescents de maladies des organes digestifs ; aux jeunes chevaux, nouvellement arrivés aux corps et qui ont de la peine à s'y acclimater.

U serait à désirer que chaque corps eût un hache-paille pour pouvoir soumettre au régime de la paille et du foin hachés les chevaux qui en ont besoin.

Usage*. 2° Mouture. — La mouture est une préparation trèsavantageuse dans un grand nombre de circonstances et trèsusitée en Hygiène hippique. Les éleveurs donnent, aux chevaux qu'ils préparent pour la vente, des farines de seigle, de K

froment, d'orge, de féverolles, de mais, qui produisent, en peu de temps, un grand état d'embonpoint. Nous avons vu ailleurs le parti qu'on tire, dans l'armée, de la farine d'orge et du son.

3° Concassèrent. — Le concassement consiste à moudre grossièrement les grains et les graines, et Y aplatissement k faire passer les grains entre deux cylindres. Ces deux opérations déchirent l'enveloppe des grains et des graines, mettent la farine à nu et rendent les aliments plus facilement attaquables par la salive et les sucs intestinaux, et, par cela môme, plus nutritifs. Elles n'ont pas, comme la mouture, l'inconvénient d'annihiler les effets de l'insalivation et de la mastication.

L'usage des grains, concassés ou aplatis, convient aux lMgc,. vieux chevaux, à denture irrégulière, aux poulains dont les dents ne sont pas encore bien sorties et très-solides, aux sujets dont les organes digestifs fonctionnent mal. Chez tous ces animaux, en effet, la plupart des grains arrivent dans l'estomac sans avoir subi l'insalivation, si préalablement ils n'ont point été aplatis ou concassés. Or, nous avons vu en Physiologie, que tout grain, dont l'enveloppe n'a pas été brisée, résiste à l'action des puissances digestives, traverse le tube alimentaire et est rejeté au dehors sans avoir perdu môme la faculté de germer.

Dans ces dernières années, des hommes pratiques et des sociétés savantes ont fait de nombreuses expériences, tant à Paris qu'en province, pour connaître les effets des fourrages divisés, concassés, aplatis, et savoir si, comme l'avaient annoncé certaines personnes, on pouvait réaliser une économie du quart et môme du tiers de la ration. Or, il résulte de ces expériences que le foin et la paille hachés et l'avoine concassée ne procurent pas une grande économie sur ces aliments donnés entiers, et qu'on a singulièrement exagéré les avantages de cette nourriture ; que l'avoine concassée n'est pas moins nourrissante que celle qui est entière, mais que,

dans certains cas, elle rend les chevaux mous, faibles, incapables de suffire à des travaux pénibles, et qu'on est obligé de renoncer à son usage.

En résumé, si les fourrages divisés sont utiles dans les circonstances exceptionnelles que nous avons indiquées ci-dessus, il faut s'en abstenir pour les chevaux bien portants, appelés à faire un service pénible et ayant besoin de déployer beaucoup d'énergie.

Effeu. 4° Cuisson. — L'eau ou la vapeur sont seules employées pour cuire les aliments dont le cheval fait usage. L'action de la cuisson varie suivant la nature des aliments ; mais elle est toujours importante. Elle dilate et ramollit les parties fibreuses, rompt les cellules qu'elles circonscrivent et fait couler les sucs qui s'y trouvent incarcérés, dissipe les principes volatils ou âcres de certaines plantes, détruit les poisons fugaces, livre à l'action des forces digestives des principes qui, sans elle, ne feraient que traverser le tube digestif, change les propriétés physiques et chimiques des aliments, etc., etc. Il y a bien des substances qui, crues, ne sont pas alibiles, sont même vénéneuses, et qui, cuites, deviennent des aliments très-nutritifs. Les végétaux herbacés, les racines, les tubercules, les grains, les graines augmentent de propriétés alibiles par la cuisson. La pomme de terre cuite est un bon aliment, tandis que crue, elle est loin de jouir de cette propriété. Les Anglais prétendent que 10 kilogrammes de foin cuit nourrissent autant que 15 kilogrammes de foin cru. L'avoine et l'orge bouillies augmentent aussi de pouvoir nutritif, et sont d'une digestion très-facile, mais ils sont moins excitants. 1

Définition. « Mach. On fait avec de la paille ot du foin hachés, du son et de l'avoine ou de l'orge macérés dans l'eau bouillante, un mélange que le» Anglais appellent Mach, qui jouit de propriétés nutritives très grandes, tout en étant d'une digestion très facile. Compétition. Leg proportions de chacune des substances qui composent la mach varient à l'inûni; celles que nous avons adoptées sont les suivantes :

La cuisson est donc un moyen très-efficace pour augmenter les propriétés nutritives des aliments ; mais nàtons-nous de dire que les aliments bouillis poussent plus à la pro-

une partie de foin, une partie de paille, deux parties d'avoine, une partie de son, en mesure de capacité. Nous y ajoutons six à huit centilitres de graines de lin , quand la mach est destinée à des juments nourrices.

L'orge ou l'avoine et la graine de lin , sont déposées au fond d'un Prépantioo. seau d'écurie ; nous plaçons par-dessus une couche de paille et de foin mélangés, et par-dessus celle-ci , une couche de son. Nous jetons par-dessus de l'eau bouillante; puis nous couvrous le tout avec une couverture de laine, et nous l'abandonnons pendant quatre ou cinq heures.

L'eau employée doit être bouillaute, sous peine d'être refroidie avant d'avoir dilaté, gonflé le grain, et fait crever son enveloppe. Quatre ou cinq heures sont nécessaires pour qu'elle produise son effet. Pendant tout ce temps, le seau doit être couvert. Quant à la quantité d'eau nécessaire, elle doit être telle, qu'à l'état tiède, le mélange de toutes les substances fait avec soin, la mach l'absorbe, en entier, sans en laisser échapper.

La manière de préparer la mach est loin d'être sans action sur ses qualités; voilà pourquoi nous l'indiquons avec quelques détails. Si elle est bien faite, la mach exhale une odeur aromatique agréable; elle est du goût des chevaux, qui l'ingèrent avec plaisir et sans eu rien perdre, et constitue un aliment de facile digestion et très nutritif. Mais, avant de la donner, il faut avoir soin de bien mêler toutes les substances qui la composent pour avoir une masse humectée, imbibée plutôt que mouillée, où l'eau est à l'état de combinaison et a perdu ses qualités propres.

La plus forte ration qu'on puisse en donner, par jour, ne doit pas dé- nation. passer un litre d'avoine, un demi-litre de son , de paille et de foin secs. Le volume augmente nécessairement par la préparation Une mach, par jour, est tout ce que le cheval doit prendre régulièrement, d'une manière suivie et saus dégoût. Une ratiou trop considérable en exagérerait les effets, et finirait par être dédaignée et même par devenir nuisible.

Les machs conviennent aux juments nourrices, aux poulains en tra- indication, vail de dentition, à ceux qu'on veut pousser au gros, aux chevaux fatigués par l'enlraluement ou le coït, aux convalescents de maladies des organes abdominaux.

duction de la graisse qu'au développement des muscles et des os ; plus à la mollesse qu'à la force, à la vigueur et à l'énergie. Ils conviennent mieux aux chevaux convalescents, malades, vieux, à denture irrégulière, qu'à ceux qui sont jeunes, bien portants et destinés à un service pénible. Effets. 5° Germination. — La germination produit aussi dans les aliments des transformations, physiques et chimiques, qui en modifient les propriétés nutritives, en augmentent la digestibilité, et changent en principes nutritifs certains produits qui ne l'étaient pas auparavant. L'orge germée est plus nutritive que celle qui n'a pas subi cette préparation. Parla germination, l'hordéine, qui est difficilement attaquée par les sucs du tube digestif, se trouve changée en sucre, principe facilement soluble dans les liquides intestinaux, d'une absorption facile et jouant, dans les phénomènes de la calorification, un rôle important. L'orge fermentée a les mêmes avantages et les mômes inconvénients que l'orge cuite ; elle pousse à la graisse, rend les chevaux mous et ne convient pas à ceux qui doivent faire un service pénible, composition. 6° Alimentation panaire. — Dans quelques grands établissements de chevaux, on a essayé de remplacer la ration ordinaire par un pain fait : tantôt avec un tiers de farine de froment, un tiers de farine de féverolles, un tiers de farine d'orge et du sel en quantité suffisante (pain Darblay) ; tantôt avec un tiers de résidu de marc de pommes de. terre, deux tiers de farine de quatrième qualité, un mélange de balles de blé et de paille hachée et du sel (pain Dailly) ; ou avec deux tiers de farine d'avoine, un tiers de farine d'orge, de féverolles, de froment et de sel (pain Feulard); ou avec des pommes de terre cuites et de la farine d'orge (pain Tostain).

Effet». Quelle qu'ait été la composition de ces différents pains, las effets en ont été toujours à peu près les marnes. Au début, les chevaux ont présenté tous les signes de la rigueur, de la force, de la santé, et on a pu réaliser des économies notables

sur la ration. Mais, au bout de quelques mois, et lorsque l'économie a été profondément modifiée, les chevaux sont Revenus tellement faibles et maigres , que la plupart , ne pouvant plus continuer un service un peu pénible, on a été obligé de les remettre au régime ordinaire.

Si l'usage habituel du pain ne convient pas aux chevaux de travail, il n'en est pas de même de son emploi momentané, surtout quand il est donné aux convalescents atteints de gastro-entérite chronique, à ceux épuisés par les fatigues de l'entraînement, du coït, etc. Après une course longue et pénible, quelques tranches de pain trempées dans du vin, contribuent à rendre au cheval ses forces et lui donnent du courage.

M. Naudin, vétérinaire militaire, a proposé un nouveau pain, à l'usage du cheval de guerre, qu'il appelle biscuitfourrage. 11 le compose avec : foin, 70 k. ; luzerne, 70 k. ; paille, 80 k. ; avoine, 100 k. ; farine d'orge, 80 k. Ces fourrages sont hachés et arrosés avec 400 grammes de mucilage de graines de lin. Le tout est ensuite pétri et mis en pains de0"15 de longueur et de largeur, et de O"^ d'épaisseur et exposés à une température de -f 150° pendant trois heures. Vingt-quatre de ces biscuits, trempés dans l'eau, forment la ration d'un cheval pour une journée.

Art. V. — Pouvoir nutritif des aliments.

Tout aliment se compose de deux parties : une cUbUe, l'autre inerte, qui se séparent une fois en présence des liquides du tube digestif.

La partie alibile éprouve, pendant les phénomènes de la digestion , certains changements qui la rendent propre à être absorbée et à servir, ultérieurement, à la formation et à l'entretien des tissus ou à la calorification.

Parmi les substances qui composent la partie inerte, les unes, comme le ligneux, sont réfractaires à l'action des sucs gastriques et intestinaux ; les autres, tels que les sels, sont

dissoutes dans ces liquides ou dans l'eau des boissons, et éliminées en grande partie, en nature, comme corps étrangers à l'économie.

Les proportions relatives des substances alibiles et de celles réfractaires à la nutrition varient dans chaque aliment, suivant sa composition chimique. Quant au temps qu'elles mettent à s* séparer, et à la manière dont se fait la séparation, ils dépendent de l'intégrité et de l'activité des organes digestifs de chaque cheval, et de la digestibilité des substances alimentaires.

Éut La plus importante de toutes les conditions pour que les dd!g°itffi" aliments soient digérés et cèdent leurs principes nutritifs, c'est que les organes digestifs jouissent d'une intégrité parfaite. Si la mastication et l 'insalivation sont incomplètes, si l'estomac ou l'intestin est malade, les aliments traversent le canal digestif sans avoir cédé tous leurs principes nutritifs ; ils peuvent même sortir intacts. C'est au mauvais état des organes digestifs qu'il faut attribuer la maigreur de certains chevaux qui mangent beaucoup, mais dont les excréments, fréquemment rendus, indices d'une mauvaise digestion, doivent leur fluidité à la présence des sucs nutritifs qu'ils renferment, ou bien dans lesquels on rencontre une certaine quantité de matières alimentaires, et surtout des grains d'avoine ou d'orge qui , n'ayant pas été attaqués par les dents, ont résisté à l'action des sucs de la digestion et ont été sans effet pour la nutrition.

mge*iibuiié. Plus les substances alimentaires sont d'une digestion facile, plus prompteraent et plus complètement elles cèdent leurs principes nutritifs. Or, parmi les aliments, les uns cèdent avec une grande facilité à l'action des organes digestifs, et peuvent être digérées même par des estomacs faibles; d'autres, au contraire, ont besoin d'un temps plus ou moins long. Les principes immédiats qui se digèrent le plus facilement sont le sucre, la gomme, l'amidon, l'albumine; ensuite viennent le gluten, la fibrine; enfin, les

graisses. On peut dire, en thèse générale, que les aliments mous, faciles à écraser, d'une odeur et d'une saveur agréables, sont d'une digestion facile ; que les grains et les graines sont plus promptement digérés que le foin et la paille.

Beaucoup de circonstances favorisent ou ralentissent la Conditions digestion. Le repos, après le repas, est favorable à l'accom- yUlt^im! plissement de cet acte important. Aussi est-il de bonne hygiène de ne faire boire et de ne donner l'avoine ou l'orge qu'à la fin du pansage, et de ne jamais tracasser les chevaux pendant qu'ils prennent leur repas. Les Arabes savent, mieux que nous, que le repos favorise l'assimilation des substances alibiles et leur conversion en matière organique. Aussi ne donnent-ils l'orge au cheval que le soir, lorsqu'il a devant lui de longues heures pour la digérer; ils se gardent bien de la donner le matin ou dans le jour. L'orge qu'on donne le soir, disent-ils, passe dans la croupe, et celle qu'on donne le matin, dans les crottins.

Un exercice léger, au pas, ne nuit cependant pas à la digestion ; il favorise même le passage des aliments de l'estomac dans l'intestin, et leur marche dans ce réservoir.

Un exercice violent, au trot ou au galop, et surtout des sauts Condition! ont, au contraire, des conséquences funestes. Par suite des ïdïjSi4 mouvements rapides que la locomotion imprime au tube digestif, les aliments ne séjournent que très-peu de temps dans l'estomac, traversent rapidement l'intestin grêle et le gros intestin, et sont rendus par l'anus avant d'avoir subi une digestion complète. Ce phénomène se produit lorsqu'après le repas le cheval est monté aux allures rapides. Alors il n'est pas rare de voir des sujets bien portants, rendre des matières fécales à moitié liquides et au milieu desquelles se trouve une grande quantité de grains non altérés. Les contractions violentes des parois abdominales et thoraciques, qu'elles soient produites par le contact douloureux de l'éperon ou par les violents efforts que le cheval fait en sautant n 12

des haies, des fossés, etc., peuvent occasionner des déchirures des viscères abdominaux ou thoraciques suivies souvent de mort. Mais ce qui est plus fréquent, ce sont les ruptures des vésicules pulmonaires qui donnent lieu à l'emphysème du poumon et à la pousse.

La valeur nutritive des aliments, c'est-à-dire la faculté qu'ils ont de pouvoir se convertir en substance organique, est en raison directe de la quantité d'azote qu'ils renferment, et, pour parler plus exactement, de la quantité de ce corps qu'ils cèdent à l'assimilation ; car un aliment moins azoté, mais qui livre tout son azote à l'action des puissances digestives, nourrit mieux qu'un autre plus riche en azote, mais en partie réiractaire à la digestion. Or, toutes les substances dont le cheval se nourrit contiennent de l'azote, mais dans des proportions variables ; aussi leur pouvoir nutritif diffère-t-il beaucoup. Pour le déterminer, les chimistes et les agronomes ont fait des expériences nombreuses dans lesquelles ils ont pris le foin des prairies naturelles, de bonne qualité, pour terme de comparaison, et ils ont trouvé que 100 parties de ce foin égalent :

d'orge 425

d'avoino 425

de trèfle 420

de sainfoin 325

d'herbe des pré* 450

de luzerne 420

de seigle 440

de froment 420

de maïs 320

de vesce 400

Paille»

d'avoine 280

d'orge 300

de froment 270

de seigle 350

de maïs 200

de trèfle . .

de luzerne de sainfoin.

Grains et graines

de froment

de maïs

de seisçle

d'orge

de sarrazin

d'avoine

de légumineuses

de châtaignes

de glands secs | de marrons d'Inde.

de pommes de terre 220

de csrotles 290

de topinambours 200

de navets 300

de choux-raves 320

de betteraves 280

de raves 500

Les matières azotées sont bien évidemment les éléments de la nutrition , mais ce serait une erreur de croire qu'elles y contribuent seules et que les principes non azotés ne remplissent aucun rôle dans l'économie. Nous avons vu, en effet, en Physiologie, que ceux-ci sont aussi utiles que celles-là, en raison du rôle spécial dévolu aux uns et aux autres. Des chiens, des oies, nourris exclusivement avec de la ûbrine, de l'albumine, du gluten, de la caséine, de la gélatine, données ensemble ou séparément, ont succombé en moins de trois mois. Des animaux de même espèce, nourris avec de la fécule, de la gomme, des graisses ou d'autres principes non azotés, n'ont pas vécu au-delà de quarante jours. Pour nourrir convenablement, il faut même que les principes azotés et non azotés soient associés dans de certaines proportions, sinon la nutrition est incomplète; témoin ce qu'on observe quand on donne aux chevaux, pour tout aliment, du foin des prairies artificielles.

Le pouvoir nutritif des aliments ne peut, du reste, s'exercer d'une manière complète qu'à de certaines conditions, et varie sous l'empire de plusieurs circonstances dépendant : de la présence du ligneux, de la diversité et du mélange des aliments, de la présence de condiments naturels, des préparations qu'on fait subir aux aliments.

Pour que l'émission des principes alimentaires soit plus Effets facile et plus complète, il est nécessaire qu'une certaine quantité de ligneux soit mêlée aux substances alibiles. L'interposition de ce corps entre les éléments réparateurs en augmente la faculté nutritive. Le ligneux, par son association avec les principes azotés, en favorise la digestion et en facilite l'émission totale. 1! sert de lest, excite la muqueuse de l'estomac et de l'intestin, et conserve aux organes intes-

tin ligneoi.

tinaux le volume et la forme qu'ils doivent avoir. Sans lui, les intestins ne tarderaient pas à éprouver un resserrement nuisible à la santé. Pour les animaux herbivores surtout, la propriété de nourrir convenablement ne dépend pas seulement de la quantité des principes alibiles des aliments, elle tient aussi à leur volume. D'où il résulte qu'à un fourrage très-nutritif, sous un petit volume, il faut ajouter des substances moins nourrissantes , offrant aux organes digestifs une masse suffisante pour l'exercice de leur action vitale*. Ainsi, en associant l'orge ou l'avoine à la paille, on compose une bonne nourriture pour le cheval.

Uniformité La diversité et le mélange des aliments contribuent beaurégime, coup au maintien de la santé et en augmentent la puissance nutritive; tandis que l'uniformité amène le dégoût et engendre des maladies. On a attribué, avec raison, à l'uniformité de l'alimentation des chevaux de troupe, une large part dans la production des affections chroniques graves : morve , larcin, etc., qui déciment notre cavalerie, et c'est en vue d'obtenir des changements salutaires que des substitutions ont été introduites, depuis quelques années, dans l'armée. Ces changements ont contribué puissamment à diminuer le chiffre des mortalités.

Actuellement, dans l'armée, les substitutions ne sont ni assez nombreuses, ni assez fréquentes. Nous verrions avec plaisir que les corps et les dépôts de remonte fussent autorisés à changer de l'orge contre de l'avoine, et réciproquement ; que les carottes fussent comprises parmi les denrées de substitution. C'est surtout pour les jeunes chevaux, nouvellement arrivés dans l'armée, qu'il serait bon d'opérer des changements dans la ration réglementaire afin de les y habituer graduellement. Le son et la farine d'orge, seules substitutions autorisées, sont insuffisants et impropres à remplir complètement le but qu'on se propose; les chevaux s'en dégoûtent et s'en fatiguent promptement. En substituant à ces aliments des carottes, qui sont toujours re-

cherchées par les chevaux, on faciliterait l'acclimatement, on augmenterait beaucoup, dans le cas de maladies, les chances de guérison, et on abrégerait surtout la durée des convalescences.

Les principes aromatiques que les alim ents renferment condiment* contribuent aussi à les rendre plus digestifs et plus nutritifs. n*tureU' Ils déterminent dans la bouche, l'estomac et l'intestin, une excitation qui leur permet de réagir sur les aliments et d'en extraire les substances assimilables. Voilà pourquoi le foin des pays chauds et des contrées montagneuses, qui est riche en plantes contenant des huiles essentielles et des résines, est préféré par les chevaux, et nourrit mieux que celui des prairies basses et humides, qui en est dépourvu à peu près complètement. Voilà pourquoi aussi la farine renfermant du son, aliment qui recèle le principe le plus aromatique des grains, est plus facilement digéré et nourrit mieux que la farine pure.

Les préparations diverses qu'on fait subir aux aliments Préparée», modifient puissamment leurs propriétés alimentaires ; nous nous sommes étendu assez sur ces préparations pour que nous croyions inutile d'y revenir ici.

Article VI. — Effets des aliments.

Les aliments ont sur le cheval une influence très-grande ; après l'air et le climat, ce sont eux qui le modifient le plus. Par une bonne nourriture, sagement administrée, on peut suppléer au défaut de beaucoup d'autres conditions hygiéniques, corriger même la mauvaise proportion ou le vice des éléments de l'organisation, modifier les formes extérieures, changer la taille, imprimer un cachet particulier aux chevaux de chaque contrée, etc., etc. Ainsi un poulain, quelque belle qu'en soit la généalogie, s'il est mal nourri, ne se développe qu'incomplètement et ne fait qu'un médiocre cheval ; tandis qu'un poulain bien nourri fait un bon cheval, fût-il né de parents communs.

Les aliments agissent sur les chevaux par leur quantité et leurs qualités.

Effet* de 1° Quantité. — Une nourriture copieuse, si elle est de lVb?ndMtï™ honne qualité, fournit un sang abondant et riche en fibrine, en globules et en matière colorante ; elle exerce une action très-grande sur le développement des formes et de la taille du cheval, contribue puissamment à le maintenir en bonne santé, et lui donne l'ensemble des qualités qu'on recherche chez le cheval de guerre. Sous son influence, le poulain croît et s'étoffe beaucoup les premières années, devient fort et vigoureux , est apte , de très-bonne heure, à rendre des services

Effet» cruoe Si, au contraire, la nourriture est donnée avec parci- °°î»rri-re monie, le cheval est en mauvais état ; il a le sang pauvre

et séreux, les muscles mous et peu développés, les os saillants, la peau sèche, les poils ternes et piqués ; il est mou, faible, indolent et résiste peu aux causes morbifiques.

Toutes les races sont en rapport de développement avec la quantité d'aliments qu'elles consomment. C'est principalement la différence de nourriture qui produit les variétés de taille et d'ampleur des formes qui existent entre les chevaux des différents pays. Le cheval boulonnais, qui reçoit une nourriture abondante et riche en grains, est grand, très-étoffé et d'un tempérament sanguin. Celui de la Flandre ou de la Picardie, nourri abondamment, avec des aliments renfermant peu de principes azotés, est grand, étoffé, mou et lymphatique. Le cheval des Landes, de la Camargue, de la Corse, qui prend une nourriture peu abondante, mais tonique, est petit, sanguin et nerveux.

R.ppurt. Mais pour que les effets de l'alimentation abondante soient u nourriture avantageux , il faut qu'elle soit associée à un exercice convei« trïvaii. nable. S'il y a disproportion entre la nourriture et le travail,

1 Le poulain bien nourri, grandit: la 1" année, de 0B4H; la 2me, de 0-MO ; la 3«e, de O-OÔ ; la 4"% de 0»03; la 5ae, de 0"02.

si les réparations l'emportent de beaucoup sur les déperditions, le cheval éprouve des changements qui sont en rapport avec la nature des aliments. Quand les substances alimentaires sont riches en fécule, en sucre, en mucilage, lorsqu'elles ont été rendues plus digestibles par la cuisson, etc., l'animal engraisse, mais il manque de vigueur et d'énergie, et est prédisposé aux maladies. Ce qui se passe chez les jeunes chevaux qu'on soumet, quelque temps avant la vente, à une nourriture très-abondante, composée d'aliments farineux cuits, en est une preuve frappante.

Si les aliments sont riches en principes azotés, le cheval est vigoureux et énergique ; mais il est prédisposé aux affections inflammatoires du poumon, de l'intestin, de la peau, du tissu feuilleté du pied.

Enfin, si la nourriture est abondante, mais pauvre en éléments nutritifs, elle a tous les inconvénients de l'alimentation insuffisante. De plus, elle distend outre mesure l'estomac et l'intestin, gêne les fonctions des organes abdominaux et thoraciques, s'oppose à l'arrivée du sang du côté de la croupe, et le fait refluer vers les parties antérieures du corps.

2° Qualité. — Les aliments agissent aussi par la qualité des matières alibilesqu'ils renferment et par les qualités spéciales qu'ils possèdent. De là leur division : i° en aliments pauvres, médiocres et riches ; 2° en aliments stimulants, toniques, analeptiques, relâchants.

Les aliments pauvres ne renferment que peu de principes Aliment» nutritifs, et n'éprouvent que de faibles altérations en tra- P30Tresversant le tube digestif. Le foin de deuxième qualité, la betterave, les carottes, la paille sont dans ce cas.

Les aliments médiocres ont à peu près autant de parties AiimeoU nutritives que de parties qui ne le sont pas. Ils peuvent ^1•ïcn, nourrir le cheval, mais ils sont impropres à conserver en bon état celui qui fatigue beaucoup ; exemple, le bon foin.

L&6 aliments riches contiennent, sous un petit volume,

A!im«nu beaucoup de principes alibiles, tels sont le blé, le seigle, l'orge, l'avoine, les féverolles. Ils donnent des muscles fermes et de la force aux chevaux.

Aiimtou Les aliments analeptiques restaurent vite l'organisation, an«iertiquet. et posent beaucoup à la production de la graisse : les graines et les grains cuits appartiennent à cette classe. Aitmentt Les aliments excitants renferment des principes amers ou eicit«nt». aromatiques . ies féverolles, le chenevis, par exemple. Aliment* Les aliments relâchants ont une action contraire à celle rciachaou. ^ précédents ; ils rafraîchissent, relâchent les organes intestinaux, sont peu nutritifs, et leur usage, longtemps continué, rend les chevaux mous et froids. Les plantes vertes, les racines, les tubercules entrent dans cette catégorie.

Ces diverses classes d'aliments produisent, chacune, sur les chevaux des effets particuliers auxquels on donne le nom d'alimentation, et on distingue autant de genres d'alimentations qu'il y a de classes d'aliments. Alimentation Produite par des aliments très-nutritifs, comme l'avoine, tomque. i»orge> elc ^ y alimentation tonique détermine sur la muqueuse gastro-intestinale une action tonique qui lui donne plus d'énergie, produit une sécrétion plus abondante de salive, de sucs gastrique et pancréatique, etc., facilite la conversion des aliments en chyme, et rend l'absorption de celui-ci plus énergique. Cette alimentation développe les muscles, donne à leurs fibres une grande fermeté , amène et conserve les chevaux en chair. Elle est préférable à toutes les autres, et doit être mise en usage dans la plupart des circonstances, surtout pour les chevaux de guerre. Alimentation \J alimentation excitante résulte de l'usage d'aliments très-riche? en principes azotés, ou qui contiennent un principe aromatique ; tels sont : le blé, le seigle, les féverolles, donnés à haute dose. Elle rend le sang riche en globules et en matière colorante, relève rapidement les forces, imprime à toutes les fonctions un surcroît d'énergie, donne aux organes de la locomotion une vigueur remarquable, de l'a-

gilité et de la force. Utile pour relever les forces épuisées par les fatigues, le coït, etc., l'alimentation excitante ne doit être que d'un usage passager et de peu de durée. Son usage, longtemps prolongé, amène un état pléthorique qui ne tarde pas à produire des maladies intestinales, la lourbure, etc., à moins qu'elle ne soit administrée à des chevaux d'un tempérament lymphatique et sous un climat froid et humide.

V alimentation analeptique est fournie par les aliments Alimentation farineux, dépourvus de principes excitants ou amers, ou analepl,q,,e qui les ont perdus par l'effet des préparations auxquelles ils ont été soumis. L'orge, l'avoine, les fèves, le maïs cuits, sont ceux qu'on emploie le plus souvent pour la produire. L'alimentation analeptique pousse à la graisse, et convient aux chevaux amaigris par la maladie ou le travail, atteints d'irritations intestinales ; mais ne donne pas la force, l'énergie, la vigueur nécessaires pour supporter de rudes fatigues. Les jeunes chevaux que l'on prépare pour la vente par une alimentation analeptique sont prédisposés aux maladies d'acclimatement.

L'alimentation rafraîchissante est produite par le vert, Alimentation le barbotage, les racines. Elle diminue l'activité des organes chante, digestifs, augmente la partie séreuse du sang, étanche la soif et produit de bons effets sur les chevaux échauffés, pléthoriques, constipés, etc., etc. Son action doit être attribuée plutôt à l'eau que les aliments rafraîchissants contiennent, en abondance, qu'à ces aliments eux-mêmes. Au printemps, pendant les fortes chaleurs de l'été, il est bon d'en faire usage pour tempérer les effets des influences atmosphériques; mais il faut apporter dans son administration une sage réserve, ou bien elle rend les chevaux mous et peut donner lieu à des accidents graves.

\J alimentation débilitante peut être le résultat de la pré- Alimentation

. débilitante.

cédente longtemps continuée; mais, le plus souvent, elle est produite par des aliments peu nutritifs, comme les foins composés de plantes grossières, aqueuses, étiolées, récoltées

dans des prairies basses, ou privées de principes excitants. Ce genre d'alimentation prédispose aux affections du système lymphatique : morve et farci n, et à celles qui reconnaissent pour cause l'appauvrissement du sang.

Les fourrages moisis, rouillés, poudreux, sont plus funestes encore. Non seulement iis ne fournissent que peu ou point de principes alibiles, mais ils introduisent dans l'économie des éléments qui y apportent une perturbation fâcheuse. Toutes les fois qu'on en fait usage, ils occasionnent des maladies graves : la morve, le farcin, les maladies charbonneuses et thyphoïdes. Et chose remarquable, ce n'est pas pendant que les chevaux sont soumis à la nourriture de mauvaise qualité que ces maladies se déclarent, mais après que les nutritions ont été profondément perverties et qu'à une mauvaise alimentation a succédé une nourriture meilleure.

Art. V. — Du vert.

Sommaire. - Saison, indications, contre-indication», mode» d'adrainiatra- Uon, plantes donnée* en vert, ration, soins à donner aux chevaux, effets.

Définition ^n nomme vert la nourriture fournie par les herbes des prairies naturelles et artificielles, par les tiges des céréales, données fraîches, soit avant, soit pendant la floraison ; et on appelle donner le vert, mettre au vert, soumettre au régime du vert, un usage qui consiste à nourrir, pendant un certain temps, avec des plantes herbacées vertes, des animaux qui reçoivent journellement des aliments secs.

Le vert est pour le cheval de guerre un régime exceptionnel dont la prescription demande de la mesure et du discernement, et le choix des chevaux auxquels on le donne exige la plus grande attention. Son administration amène toujours des changements notables dans l'économie, et peut avoir les conséquences les plus contraires. Autant, en effet, un vert de bonne nature, et administré dans des circons-

tances convenables, produit de bons résultats, autant cette nourriture de qualité médiocre et donnée dans des conditions défavorables, amène des effets fâcheux. Il importe donc d'indiquer successivement la saison de l'année où il doit être donné, les cas qui en réclament l'usage, ceux qui le contreindiquent, les différentes manières de le donner, la quotité de la ration, les précautions à prendre avant, pendant et après la mise au vert.

Ei oque. — L'époque de la mise au vert ne peut être invariablement fixée 1 ; elle varie suivant les pays, selon les climats, et, dans chaque pays, d'après la nature des plantes et l'instabilité des saisons.

En France, c'est du 15 avril à la fin de mai que les chevaux de troupe commencent à prendre le vert, et la différence qui existe du Nord au Midi est d'un mois à cinq semaines. En Algérie, les chevaux sont rais à ce régime dans la première quinzaine de mars, sur le littoral, et, dans la seconde, dans l'intérieur des terres et sur la lisière des hauts plateaux.

Quelles que soient les contrées et les différences que présentent les saisons, pour mettre les chevaux au vert, il faut se baser sur l'état de la végétation. C'est un peu avant le développement des fleurs du plus grand nombre des plantes des prairies naturelles et pendant la floraison des légumineuses, qu'il faut commencer à les donner en vert. Plus tôt, les plantes sont acidulés, nourrissent fort peu, relâchent les organes digestifs, et produisent des diarrhées qui peuvent devenir fatigantes. Plus tard, elles sont plus substantielles, mais trop dures pour bien remplir les indications du régime.

Indications. — Le vert convient : Aux jeunes chevaux

1 Tous les ans, à l'époque du vert, le vétérinaire, après uue revue spéciale «le tous les chevaux du régiment, passée en présence des capitaines commandants, désigne, par la voie du rapport, ceux auxquels il juge que ce régime est nécessaire. (Règlement du 12 juin sur le service vétérinaire.) ♦

qui n'ont pas acquis tout leur développement et sont en travail de dentition, surtout quand ils ont été élevés dans les^ prairies;

A ceux dont l'acclimatement a été difficile par suite des différences que présentent la nourriture, les soins, etc., qu'ils recevaient chez les propriétaires et ceux qu'ils trouvent dans les corps ;

Aux animaux convalescents de gourmes et d'autres maladies aiguës dépendant de l'acclimatement;

Aux chevaux atteints d'inflammation chronique des organes digestifs, qui se traduisent, à l'extérieur, par la sécheresse de la peau et des poils, la rougeur et la chaleur de la bouche, la tension et le retroussement du ventre, la coloration et la rareté des urines, la fétidité et la sécheresse des excréments ;

Aux sujets atteints d'affections de la peau , anciennes et rebelles, de maladies vermineuses ;

Aux chevaux dont les membres sont fatigués, dont les aplombs ont été faussés, dont les pieds sont altérés par la ferrure ou toute autre cause, et surtout resserrés, encastelés, cerclés. Le vert seconde l'action du feu appliqué aux membres pour cause d'engorgements ;

Aux juments qu'on veut préparer à recevoir l'étalon et à celles qui sont nourrices ; il donne à ces dernières plus de lait que la nourriture sèche.

Le vert produit de meilleurs effets sur les sujets d'un tempérament nerveux ou sanguin que sur ceux d'un autre tempérament.

Toutes choses égales, le vert convient beaucoup mieux aux chevaux en Algérie qu'en France ; aussi les Chasseurs d'Afrique et les Spahis y mettent-ils les leurs, tous les ans, pendant six semaines environ. Ils ne font d'exception que pour les sujets dontunétat maladif en contr'indique l'usage. Les indigènes commencent cet usage un mois, six semaines avant les corps, y laissent leurs chevaux plus longtemps, et

cette nourriture, à très-peu d'exceptions près, est la seule qu'ils leur donnent, même en marche. Les effets plus avantageux du vert, en Algérie qu'en France, tiennent à plusieurs causes : au climat, à la manière de le donner, au mode d'élevage des chevaux, qui a toujours lieu en plein air et en liberté, et surtout au pouvoir nutritif et tonique des plantes, bien supérieur dans les pays chauds que dans les régions tempérées.

En France, le vert produit de meilleurs effets dans les contrées chaudes et sèches que dans celles où règne une température humide et froide.

Toutes choses égales, dans les années de sécheresse, les effets en sont plus salutaires que dans les années froides et humides.

Contr'indications. — Le vert ne convient pas : Aux vieux chevaux, qui ont besoin, pour bien se porter, d'une nourriture tonique ;

A ceux qui font un service pénible et réclament une nourriture très-substantielle, pour réparer les pertes considérables qu'ils font;

Aux étalons, pendant la monte ;

Aux animaux en bonne santé, forts et énergiques ;

A ceux d'un tempérament lymphatique ;

Aux chevaux atteints de maladies chroniques, morve, farcin, eaux-aux-jambes, hydropisies, engorgements froids.

Mode d'administration. — On donne le vert de trois manières : en liberté, à l'écurie, ou par un système mixte, et chacun de ces trois modes a ses avantages et ses inconvénients. Celui qu'il faut préférer dépend des motifs qui font prescrire le régime et des conditions économiques dans lesquelles on se trouve.

i° Vert en liberté. Lorsque le vert est donné, en liberté, Avantage, les chevaux, dégagés de toute entrave, sont placés dans les prairies ou les pâturages. Ce système permettant aux animaux de choisir et de manger les plantes qui leur convien-

nent, de respirer un air pur, de prendre une gymnastique en rapport avec leurs forces, de jouir des effets vivifiants du soleil et de la lumière, est celui qui semble être le plus en rapport avec les vues de la nature et devoir donner les meilleurs résultats. Il convient surtout aux chevaux fortement constitués pour résister aux intempéries du climat ;

A ceux qui ont quitté, depuis peu, les pâturages au milieu desquels ils avaient été élevés ;

A ceux qui ont besoin de prendre beaucoup d'exercice ;

Aux chevaux à talons serrés et encastelés, aux articulations fatiguées, aux membres engorgés, ou qui ont eu le feu tout récemment.

Le vert en liberté est plus avantageux dans les pays chauds que dans les contrées tempérées et surtout que dans les pays froids.

inconTé. On reproche, avec raison, au vert en liberté, d'exposer les chevaux à se blesser, en cherchant à franchir les haies, les fossés, les barrières ; à se donner des coups de pieds, causes fréquentes de blessures graves et même de fractures ; à contracter des rhumatismes, des crevasses, des maladies de poitrine, par suite de leur exposition constante aux intempéries et aux variations atmosphériques.

Au point de vue économique, le vert en liberté a aussi son mauvais côté. Les chevaux, en courant, en se roulant dans les prés, en laissant de côté les plantes médiocres et en ne mangeant que les bonnes, font éprouver un déchet tel qu'une étendue de prairie donnée fournit les moyens de nourrir le double de chevaux, l'herbe étant fauchée et donnée à l'écurie, que si elle était pâturée dans les prairies. De plus, les excréments, par leur amoncellement sur un seul point, détruisent les plantes et sont perdus comme fumier, précaution. Quand on veut donner le vert en liberté, il y a des précautions à prendre. 11 faut tout d'abord s'assurer que les prairies réunissent les conditions d'hygiène désirables, ba^t* Les prés bas et humides ne conviennent pas, en raison

de leur composition botanique, souvent mauvaise et même pernicieuse ; les chevaux y respirent un air nuisible à leur santé; l'eau et l'humidité altèrent promptement la corne de leurs sabots.

Les prés arides, où les chevaux ne trouvent qu'une nour- Pr«mM riture insuffisante, ne conviennent pas non plus, quoique le vert soit de bonne qualité.

Les prairies bordées de frênes et de lilas, sur lesquels viennent les cantharides , insectes nuisibles aux chevaux, doivent être rejetées, surtout dans le Midi.

11 faut refuser les prés nui présentent de nombreux acci- Prairie»

r i r accidentée»

dents de terrain, des fossés, des haies, et ceux qui ne seraient pas suffisamment clos. Les premiers exposent les animaux à se blesser, à contracter des écarts, des efforts de tendons, etc. ; les seconds leur permettent de s'échapper.

On doit rejeter les prés qui auraient été fumés avec des prair.v» engrais susceptibles de communiquer aux plantes une odeur n,n dc»ave forte, qui n'aurait pas encore été détruite par les pluies ou enîdoranu.' les irrigations, et les ferait refuser des chevaux.

Avant de mettre les chevaux au vert en liberté, il faut les déferrer des pieds de derrière pour atténuer les effets des coups de pieds, si fréquents les premiers jours de leur arrivée dans les prairies. Si les chevaux ne passent pas la nuit dans les prairies, on ne doit les y conduire qu'après la disparition de la rosée ou après leur avoir donné un repas de sec à l'écurie ; car les chevaux qui mangent du vert à jeun sont prédisposés à contracter des coliques ou des indigestions. Les cavaliers préposés à la garde et à la surveillance des chevaux, seront armés de gaules et non de fouets avec lesquels ils pourraient les frapper, dont les claquements les effraieraient et les forceraient à se livrer à des mouvements désordonnés nuisibles à leur état.

2° Vert a l'écurie. — Dans ce système, le vert est déposé dans les râteliers, et les chevaux le prennent sans quitter l'écurie. Cette manière de donner le vert est préférable pour

les chevaux faibles ou convalescents, ayant besoin de soins hygiéniques et médicaux ; pour ceux qu'un long séjour à l'écurie a rendus trop impressionnables à l'action des agents atmosphériques; pour les juments pleines ou nourrices auxquelles on a coupé la queue , qui ne peuvent se préserver des piqûres des mouches et autres insectes qui pullulent alors.

Le vert à l'écurie permet de mieux observer les effets du régime sur les chevaux, de leur donner les soins que leur état réclame, d'arrêter dès le début, les accidents auxquels il peut donner lieu, quand il est contr'indiqué ; il permet de tirer un parti plus avantageux des prairies, et de varier la nourriture en donnant alternativement du vert de trèfle, de sainfoin, de luzerne, etc.

3° Système mixte. — Dans quelques circonstances, on donne le vert d'après un système mixte, ayant à peu près tous les avantages des deux autres, sans en avoir les inconvénients. Ce procédé consiste, tantôt à placer dans les prairies des râteliers où l'on apporte l'herbe que les chevaux doivent prendre, tantôt à déposer le vert dans des râteliers situés sous des hangars. Dans les deux cas, les chevaux ne mangent que l'herbe qu'on leur donne, et, comme ils sont en liberté, ils prennent l'exercice qui leur convient, respirent l'air pur, et ne font pas éprouver aux prairies les dégâts et les déchets que nous avons signalés en parlant du vert en liberté.

En Normandie et dans quelques autres contrées de la France, les chevaux, attachés à un piquet, au milieu d'un champ de vert, restent jour et nuit à la belle étoile, ne prenant qu'un exercice borné et ne mangeant que les herbes placées à leur portée. Cela s'appelle donner le verlan piquet.

La manière de donner le vert, en Algérie, se rapproche beaucoup de la méthode suivie en Normandie. Les chevaux, installés au bivouac , le reçoivent attachés au piquet ou h la corde.

Plantes données en vert. — Quel que soit le système suivi, les plantes données en vert proviennent des prairies naturelles ou des prairies artificielles, et celles que Ton préfère sont le trèfle, la luzerne, le sainfoin, l'escourgeon, le blé, le maïs, etc.

Les qualités et la valeur nutritive de ces différentes espèces de vert varient selon un grand nombre de circonstances dépendant, soit de la nature des plantes, soit de la position et de l'exposition des prairies. Or, la composition de la ration étant la môme dans tous les cas, il n'est donc pas sans avantage de donner telje espèce de préférence à telle autre. Aussi allons-nous indiquer le pouvoir nutritif de chacune d'elles.

Le vert des prairies naturelles est consommé sur pied , et vert plus rarement au râtelier. Quand les plantes qui le compo- dMt«nu«T sent sont de bonne qualité et fauchées en temps convenable, il est recherché des chevaux et convient bien pour produire les effets qu'on veut en obtenir. Néanmoins, il est moins alibile et renferme plus d'eau de végétation que le vert des prairies artificielles; son pouvoir nutritif est à celui du foin :: 450 : 100.

Le vert de luzerne est distribué le plus souvent au râte- vert

de luzerne

lier, surtout dans le Nord et le Centre de la France. Il convient bien pour cet usage, mais il faut avoir soin de le faucher peu de temps à l'avance, parce qu'il se fane vite; de le donner à petites doses et non mouillé, sinon il occasionne fréquemment des indigestions. Le moment le plus favorable pour couper cette légumineuse est pendant la floraison. Plus tard, elle est trop nutritive, échauffante même, et donne lieu à des échauboulures. Son pouvoir nutritif est à celui du foin :: 420 : 100.

Le vert de sainfoin est préférable au précédent; il s'altère ven

... «de sainfoin.

moins vite, et les chevaux le mangent mieux ; il est aussi plus nutritif : 400 kilogrammes équivalent à 100 de foin.

Le vert de trèfle est aussi nutritif que celui de sain- veridetr*ne. foin; mais il est plus souvent suivi d'indigestion, de plén 13

thqre , d'échauboujures ; il s'altère plus vite, après la fauchaison. Le trèfle incarnat est le meilleur de tous. de Ve,rJ II y a encore un grand nombre de plantes légumineuses %Vt«. qui peuvent être données en vert; les principales sont

d'etconrgeoa

les vesces, les gesses, les lentilles, les pois, que l'on cultive en grand* , comme fpurrages, dans certaines contrées. Ces légumineuses doivent être coupées en fleurs et au moment où le grain commence à se former. Elles sont alors plus nutritives que les plantes précitées : 360 kilogrammes de ces verts égalent 100 kilogrammes de foin, vert Le vert 4'orgP 0fJ d'escourgeon est préférable aux autres sous tous les rapports; il est plus nutritif que celui des légumineuses, s'altère difficilement, et une fois coupé, il cause rarement des accidents, lors môme que les chevaux en mai}gpnt de grandes quantités. II donne aux juments suitées beaucoup de bon lait. En Algérie , même en expédition, les chevaux qui le prennent se conservent en bon. état , vigoureux et énergiques, surtout si l'on a soin d'en seconder les effets par la ration d'orge. 380 kilogr. de ce vert équivalent à 100 kilogr. de foin.

Mais pour jouir dp toqs ces avantages, le vert d'orge doit être coupé au moment où l'épi est formé, et non encore sort} de son enveloppe. Quanc) l'épi existe depuis plusieurs jours, ses barbes, raides et fortes, blessent la membrane muqueuse de la bouche, e\ la plante, devenue dure, a perdu une partie des propriétés qui la font rechercher pour l'usage dont nous parlons, vert Les tiges et les feuilles du maïs, celles du sorgho sucré, avant la floraison, peuvent fournir un vert excellent, surtout pour les juments nourrices. Elles sont très-nutritives et donnent beaucoup de lait, vert On peut aussi faire usage du blé, du seigle, de l'avoine en ïa^ioeV vert; mais le prix en est très-élevé, et les propriétés échauffaptes dont ils jouissent les rendent moins précieux que les espèces précédemment indiquées.

de

Ration. — On donne le vert à discrétion dans les prairies et à la ration au râtelier. La ration est la même , quelle que soit la nature des plantes; elle a été fixée ainsi qu'il suit :

Cavalerie de réserve, train, artillerie, par jour, 50kilogr.

Cavalerie de ligne, — 45 —

Cavalerie légère, — 40 —

Chaque cheval a droit, en outre, à 2 kil. 500 gr. de paille par jour, pour litière.

Soins a donner aux chevaux. — Les chevaux au vert, en liberté, doivent être l'objet de soin9 particuliers; ceux qui le prennent à l'écurie en réclament de plus grands encore. Libres dans les prairies, les chevaux mangent, boivent, se promènent selon leurs besoins; tandis qu'à l'écurie, ils exigent une hygiène particulière pour favoriser l'effet du régime.

Les chevaux doivent passer progressivement du sec au Transition vert. On commencera par mélanger au foin et à la paille *e« ™%er\. une quantité de vert telle, qu'en augmentant, tous les jours, d'un quart ou d'un cinquième, et en diminuant les aliments secs, dans les mêmes proportions, on arrive, au bout de quatre ou cinq jours, à ne donner que du vert.

Le vert ne doit pas être donné immédiatement après la Faochaiwn fauchaison. D faut le couper quelques heures à l'avance, et, autant que possible, quand i) n'est pas couvert de rosée. Il faut donc faucher le soir celui qui doit être donné le matin, et deux ou trois heures après le lever du soleil celui qui sera consommé dans la soirée du même jonr. Cette précaution est nécessaire pour éviter les coliques que la rosée ou l'eau de végétation pourraient occasionner.

On doit conserver le vert dans un local à l'abri du soleil conservation et de la pluie, mais bien aéré. Si l'herbe est mouillée, il faut dn Tert' la laisser égoutter avant de la présenter aux chevaux ; le vert mouillé occasionnerait des coliques, des indigestions.

Les repas doivent être peu copieux, et souvent répétés. Repa». Chaque cheval recevra, chaque foîs, environ 4 kilogr. de vert, et les repas seront distants d'une heure à une heure

et demie l'un de l'autre. Avant de remettre du vert dans le râtelier, il faut avoir soin d'en extraire les plantes qui n'auraient pas été consommées ; car les fourrages imprégnés de l'haleine du cheval prennent une mauvaise odeur qui non # seulement les fait rejeter dos chevaux, mais altère les bonnes plantes avec lesquelles on les met en contact. Promenades. Tous les jours on promènera les chevaux pendant une heure et demie, deux heures au plus, au pas et au trot. En rentrant à l'écurie, on les bouchonnera convenablement.

p«oMge. Le pansage doit être fait avec un soin particulier, afin de débarrasser la peau des produits qu'elle sécrète plus abondamment alors que dans toute autre circonstance.

AYoine. Les chevaux au vert devraient avoir droit, en station, au tiers de la ration d'avoine, et à la totalité en expédition. L'utilité de l'avoine est reconnue par tous les vétérinaires qui, unanimement, demandent que cette mesure soit adoptée, et attribuent à l'absence complète de cet aliment la plupart des accidents que le vert occasionne.

Écurie*. Les écuries seront tenues dans le plus grand état de propreté et bien aérées; il ne faut y loger que les deux tiers des chevaux qu'elles contiennent d'habitude.

Médication. Les chevaux soumis à ce régime ne recevront des médicaments qu'autant que leur état maladif en nécessitera l'emploi.

Retour au Ils doivent être remis au sec progressivement et en mélangeant au vert une quantité de sec telle, qu'en cinq jours on ne donne plus de vert.

Travail. Le régime du vert fini, il ne faut pas trop se hâter de remettre les chevaux à leur travail habituel. On doit attendre qu'ils aient repris de la vigueur et de la force sous l'influence du régime ordinaire.

Durée. — Le temps pendant lequel les chevaux doivent prendre le vert est subordonné à la nature des cas qui en nécessitent l'emploi, et aux effets qu'il produit. Il est rare qu'on le donne pendant moins de quinze jours et plus de deux mois. La moyenne est de trente-cinq jours.

Effets. — Les effets du vert varient suivant qu'il est favorable ou nuisible.

Quand le vert est favorable, les effets varient suivant qu'on les observe au commencement, au milieu ou à la fin du régime. Pendant les quatre ou cinq premiers jours, le ventre se ballonne, le cheval rend des gaz par l'anus, les urines sont abondantes, la peau est sèche et les poils sont ternes. Passé cette première période, une diarrhée plus ou moins abondante s'établit, le flanc se creuse et se retrousse, la peau fonctionne activement et se recouvre d'une couche épaisse de produits de sécrétions. Cet état dure une douzaine de jours, tantôt plus, tantôt moins, suivant la nature du vert, l'état des animaux et la constitution atmosphérique régnante. Puis, le cheval devient gai et mange avec appétit; ses crottins se pelotonnent, signe d'une digestion facile; le ventre s'arrondit et reprend ses formes ; la peau devient souple , et les poils brillants; il est gai, saute et bondit dans les pâturages.

Chez quelques chevaux, le vert produit un état pléthorique qui se reconnaît à la rougeur, à la chaleur, à l'injection des muqueuses , à la plénitude et à la fréquence du pouls, à l'injection du réseau vasculaire sous-cutané. Cet état prédispose aux congestions de l'intestin et de la peau. Pour en prévenir les suites, il faut diminuer la ration et même avoir recours à la saignée.

Si, au contraire, le vert n'est pas salutaire, le cheval devient triste ; les poils sont ternes et piqués ; la peau est sèche ; les excréments restent liquides pendant trop longtemps et répandent une mauvaise odeur; le ventre est ballonné, dur, distendu ou retroussé; les muqueuses sont pâles; l'appétit est capricieux. Quand cet état existe, il faut suspendre le régime et remettre les chevaux au sec.

SECTION II

DES CONDIMENTS Sommaire. — Définition, usages, espèces.

Définition. Les condiments sont des substances qu'on mêle aux aliments pour en relever la saveur et en favoriser la digestion. Ces substances dénuées, pour la plupart, de propriétés alibiles, ne concourent aux phénomènes de la nutrition que par la faculté qu'elles ont de stimuler les organes de l'odorat, du goût et de la digestioa ; elles provoquent la sécrétion des sucs gastriques et intestinaux, ainsi que ceux des glandes annexées à l'appareil digestif, et, par cela même, elles rendent la digestion plus active.

UM&e«. En Hygiène hippique, on s'en sert pour corriger les substances altérées, malsaines, comme l'eau corrompue, les fourrages avariés; pour rendre sapides et excitants des corps insipides ou d'une aaveur fade , pour composer une nourriture tonique ou adoucissante, selon les effets qu'on désire obtenir.

Les condiments le plus souvent employés sont le vinaigrej le sel marin et Y acide sulfurique. vinaigre. Donné en quantité modérée, et étendu d'eau, le vinaigre excite les glandes salivaires, réveille l'appétit, tempère la soif, seconde l'action du suc gastrique, et contribue à rendre plus digestibles certaines substances, surtout celles qui sont muoilagineuses. Il est souvent employé pour corriger les altérations du foin. L'eau vinaigrée , répandue sur les foins vieux, poudreux, vasés, lui communique une bonne saveur. On met aussi du vinaigre dans l'eau tiède, fade, impure, pour lui communiquer une acidité agréable. On lave avec de l'eau vinaigrée la bouche des chevaux qui viennent de faire une course.

L'acide sulfurique jouit des mêmes propriétés et est em- Adde ployé dans les mêmes circonstances que le vinaigre. Il a sur ,nlfur,qne ce dernier le grand avantage d'être beaucoup moins cher; mais, en raison de son haut degré d'acidité, il doit être étendu d'une grande quantité d'eau.

Le sel de cuisine (chlorure de sodium) est, de tous les con- sei marin, diments, le plus souvent employé. Il agit comme excitant et comme élément entrant dans la composition des organes. Dissous dans l'eau, ce sel est d'un usage fréquent. On sale l'eau, quand lés organes digestifs sont paresseux ; on arrose d'eau salée les aliments peu sapides, comme le foin vieux ou lavé ; on en fait autant, lorsqu'on a des fourrages vasés, poudreux, échauffés.

Il y a encore d'autres condiments dont on fait usage en Hygiène vétérinaire, mais dont l'emploi est rare et difficile dans celle du cheval de guerre ; il nous semble donc inutile d'en parler ici.

Les plantes aromatiques que les foins renferment agissent Condiments aussi comme condiments. Leurs huiles essentielles, leurs D*,nreU résines, etc. excitent les papilles nerveuses delà langue, de l'estomac et de l'intestin, et donnent lieu à une sécrétion plus abondante des fluides saKvaire, gastrique et intestinal, qui activent la digestion. Voilà pourquoi les chevaux recherchent les fourrages qui contiennent des plantes labiées et autres, riches en huiles essentielles; voilà pourquoi aussi les fourrages du Midi, fiches en condiments naturels, sont plus recherchés des animaux que ceux du Nord.

SECTI0M lit

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