‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 26 sur 139 · DES CRINS · texte numérisé non relu

DES CRINS

On appelle faire les crins une opération qui consiste à couper ras, à l'aide des ciseaux et du peigne, les poils de la région du tendon et de celle du paturon. Cette opération a pour but de faciliter l'entretien de la propreté des membres, en empêchant la boue et la crasse d'y séjourner, et de donner à leur partie inférieure une apparence plus gracieuse. Les règlements militaires prescrivent de la faire une fois par mois.

Cette pratique n'est pas sans influence sur la santé des chevaux. Elle excite légèrement le bulbe pilifère et donne un nouvel élan à la croissance des poils. Ceux-ci naissent, en effet, d'un bulbe logé dans l'épaisseur delà peau, lequel continuant de recevoir, après la coupe des poils, la même quantité de matériaux nutritive, se trouve dans une sorte de suractivité fonctionnelle momentanée. La sensation de chaleur et quelquefois de démangeaison qui survient aux paturons après la coupe des poils, s'explique par cet afflux plus considérable de sang vers la partie et par les tractions et les froissements dont s'accompagne le tondage.

Lorsque la coupe des poils a l;eu trop près du bulbe pi- Inconté. lifère ou par un temps froid et humide, elle a souvent des nknU'

conséquences fâcheuses. C'est ainsi que les coupes réitérées auxquelles on soumet les chevaux, en hiver, dans le but de prévenir quelques accidents de peu d'importance, ont pour résultat d'exalter la vitalité des bulbes des poils et font naître un érysipèle, des crevasses et quelquefois même les eaux-aux-jambes. Aussi , dans les saisons froides et quand la constitution atmosphérique est humide, au lieu de faire les crins tous les mois, il vaut mieux ne les faire que tous les deux et môme tous les trois mois. En route surtout, il faut se garder de faire les crins pendant la saison humide et froide.

En faisant les crins, on ne se borne pas toujours à couper les poils longs et raides qui recouvrent le tendon et le paturon ; on a la mauvaise habitude de couper ras les poils qui recouvrent le bourrelet, facilitent l'écoulement de l'eau sur la corne et la préservent du contact des agents extérieurs ; les poils de la face interne de la conque, qui s'opposent à l'introduction des corps étrangers dans l'oreille; les cils longs et raides qui, autour des yeux, de la bouche et des naseaux, servent d'organes de tact.

C'est aussi lorsqu'on fait les crins qu'on rafraîchit la crinière pour la maintenir à une longueur uniforme ; le toupet, pour qu'il n'arrive pas dans les yeux; la queue, qui, d'après les règlements, ne doit dépasser la châtaigne que de quatre travers de doigt. Cette pratique n'a jamais d'inconvénients.

SECTION III

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