‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 38 sur 139 · CHAPITRE VII HYGIÈNE DES CHEVAUX EN CAMPAGNE · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII HYGIÈNE DES CHEVAUX EN CAMPAGNE

La plupart des prescriptions hygiéniques exposées dans le cours de ce livre ne sont point applicables aux chevaux en campagne. Ici, nécessité fait loi, et souvent on ne peut mettre en pratique les moyens de conservation, quelque bons qu'ils soient. Aussi les chevaux sont-ils sans cesse sous l'influence de causes destructives qui les minent sourdement et donnent lieu à des pertes nombreuses pendant ou après la campagne. Néanmoins, il existe un grand nombre de moyens dont on peut faire usage pour préserver les chevaux d'une partie des maux inhérents à la circonstance, ou pour en diminuer les conséquences.

Les conditions dans lesquelles les chevaux sont placés en campagne, n'ont rien d'uniforme, rien de régulier; nous essaierons, cependant, d'en donner un aperçu en prenant pour exemple ce qui se passe en Algérie, et nous examinerons successivement le bivouac, les routes, la nouniture et le pansage.

Bivouac — Le campement de la cavalerie doit être établi,

autant que possible, sur un sol horizontal, et les chevaux doivent être orientés de manière à opposer la croupe au vent et aux rayons du soleil. Les plans inclinés fatiguent davantage les membres, faussent les aplombs, et, si l'inclinaison est trop prononcée, elle empêche les chevaux de se coucher, et partant de prendre le repos dont ils ont si grand besoin, après de longues marches. Si le sol est couvert de pierres, les cavaliers les enlèveront ; s'il est inégal, ils le nivèleront; s'il présente des broussailles, il est préférable de les laisser, cai les chevaux sont mieux debout que couchés sur un sol à la surface duquel existent des bouts de bois disposés en bec de flûte et qui les blesseraient.

Au printemps, quand les insectes nuisibles aux chevaux pullulent, on doit éviter de bivouaquer sur la lisière des bois, sur le bord des cours d'eau entourés d'arbres, dans les clairières, etc. En hiver, par les pluies, il faut choisir pour bivouaquer les terrains à mi-coteau ; éviter de camper dans les bas- fonds, dans les terres labourées qui, fortement détrempées par les pluies, se convertissent, après quelques heures de piétinement des chevaux, en un bourbier où ils s'enfoncent jusqu'aux canons, ce qui les fatigue et fait naître des crevasses. Si , au contraire, le froid est intense, ce sont les bas-fonds qu'il faut préférer, car les plateaux élevés sont très-froids, par suite du rayonnement plus grand du calorique vers les espaces célestes. En été, l'emplacement le plus convenable est sous les arbres où les chevaux sont à l'abri des rayons ardents du soleil et moins tracassés par les mouches. Une précaution que l'on ne doit jamais négliger alors, c'est de bivouaquer loin des marais, des mares où croupissent des eaux et d'où se dégagent des effluves souvent mortels pour les hommes et funestes aux chevaux.

Les chevaux au bivouac sont attachés par le paturon à un Attacha piquet ou à une corde. Le piquet le plus simple, celui que n 20

Page 1