‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 4 sur 139 · DE L'AIR ATMOSPHÉRIQUE · texte numérisé non relu

DE L'AIR ATMOSPHÉRIQUE

Sommaire : — Propriété* physiques , composition , utilité , mode d'action de l'air atmosphérique. Températures atmosphériques : air sec et chaud, air sec et froid. Humidité atmosphérique : air chaud et humide, air froid et humide. Lumière. Electricité. Pression atmosphérique. Altérations chimiques de l'air ; altérations de l'air pur les substances pulvérulentes, ou par les matières animales putréfiées.

On appelle air atmosphérique la couche de gaz qui entoure Propriété», la terre de tous côtés et dans laquelle sont placés tous les

corps existant à sa surface. Ce gaz est transparent, incolore, inodore, invisible, pesant et élastique. Il s'élève au-dessus delà surface du globe jusqu'à une hauteur de 60 à 70 kilomètres environ, et pénètre dans toutes ses excavations. Il est formé de couches superposées, dont la densité diminue à mesure qu'on monte vers les régions supérieures, et dont le poids est égal à une colonne de mercure de 0m76 de hauteur, au niveau de l'Océan.

compwHioo. L'air atmosphérique est formé par le mélange, en volume, de 79 parties d'azote et de 21 parties d'oxygène; il contient en outre une quantité infiniment petite de gaz acide carbonique et de la vapeur d'eau.

Quelles que soient les régions et les hauteurs où l'on analyse l'air atmosphérique, sur les montagnes ou dans les profondeurs des mines, aux pôles comme à l'équateur, dans les villes ou en rase campagne, partout l'azote et l'oxygène se présentent dans les mômes proportions.

L'acide carbonique varie, selon les saisons, suivant que les animaux ou les plantes sont réunis en plus ou moins grand nombre, etc. L'air libre en contient de 0,0005 à 0,0016. L'air privé de ce gaz serait plus favorable à la santé des animaux, mais nuisible à la végétation.

La vapeur d'eau se trouve aussi dans des proportions variables, en raison de la température, et suivant que la surface de la terre contient plus ou moins d'humidité. Elle est de0,003 à0,016.

Indépendamment des corps que nous venons d'énumérer, l'atmosphère renferme encore, mais exceptionnellement, un grand nombre de substances diverses. Ces substances n'en font pas partie constituante ; elles ne se trouvent que dans ses couches inférieures et dans des points circonscrits. Les principales sont : l'hydrogène carboné, l'ozone, l'acide nitrique, l'ammoniaque, l'iode, le brôme, enfin des corpuscules solides provenant de la surface de la terre, uuiité. L'air atmosphérique est, pour les êtres organisés, l'im-

raense réservoir où les végétaux puisent l'acide carbonique et l'azote nécessaires à leur existence, et les animaux, l'oxygène qui transforme le sang veineux en sang artériel ; c'est là aussi que ces derniers restituent l'azote et l'acide carbonique qui n'ont pas servi à leurs besoins, de telle sorte que l'air se renouvelle et se reconstitue sans cesse par les échanges qui ont lieu entre les phénomènes de la vie des plantes et ceux de la vie des animaux. « Tout ce que l'air donne aux plantes, les plantes le cèdent aux animaux, les animaux le rendent à l'air. Cercle éternel dans lequel la vie s'agite et se manifeste, mais où la matière ne fait que changer de place »

L'air est plus nécessaire au cheval que les aliments et les boissons. Autant un air pur lui est salutaire, autant celui qui est altéré lui devient funeste. Son action sur cet animal est incessante et sans bornes : permanente, elle modifie profondément son organisation ; de courte durée, elle l'impressionne diversement selon son âge, son tempérament, son état de santé, etc.

L'air agit sur le cheval par sa composition et plus encore Mode par les qualités que lui communiquent certains principes d"rï?rn dont il est le véhicule. Ces principes sont de deux sortes : les uns s'y rencontrent dans toutes les circonstances, mais dans des proportions variables : tels sont le calorique, la lumière, l'électricité et la vapeur d'eau ; les autres ne s'y trouvent qu'exceptionnellement, et sont limités à des masces d'air plus ou moins circonscrites. A ce dernier groupe appartiennent les miasmes , les virus , les substances terreuses, etc., etc. Les uns et les autres exercent sur l'économie animale une action puissante qu'il importe de faire connaître tout d'abord.

1 Dumas, Essai de italique chimique des êtres orqanisés, p. 21.

Article I". — Des modificateurs atmosphériques.

Bu calorique et dei température, atmosphériques.

Propriétés. Le calorique est l'agent qui fait naître la sensation de la chaleur. Il est invisible, éminemment subtil et marche dans l'espace sous forme de rayons. Cet agent jouit de la propriété de dilater les corps qu'il pénètre, de faire passer les solides à l'état liquide et de transformer les liquides en vapeurs.

capacité Tous les corps contiennent du calorique, mais tous, à la calorifique. m£me température, n'en renferment pas la môme quantité. On appelle capacité calorifique, la faculté qu'ont les corps d'en absorber une quantité plus ou moins grande pour accuser une certaine température.

En changeant d'état, les corps absorbent ou dégagent du caloiique. Ceux qui passent de l'état solide à l'état liquide, de l'état liquide à celui de gaz ou de vapeurs en absorbent ; tandis que les corps qui, de vapeurs, deviennent liquides ou solides, en dégagent, sans que ni les uns ni les autres accusent une température différente de celle du corps dont ils émanent. Ainsi l'eau bouillante et la vapeur marquent chacune 4-100°, et pourtant l'eau, pour se changer en vapeur, a absorbé 550° de calorique. L'eau qui provient de la glace fondante et la glace sont à la température de 0°, bien que la glace ai!, absorbé 79° de chaleur pour devenir liquide.

Ces lois de la physique trouvent une application journalière en Hygiène ; ainsi l'humidité qui recouvre, si souvent, le corps des animaux, qu'elle provienne de la pluie ou de la sueur, doit se réduire en vapeur pour disparaître d'ellemême. Or, ce phénomène ne peut se produire que par la soustraction au corps d'une énorme quantité de calorique ; soustraction qui occasionne à la peau un abaissement de température susceptible de refouler le sang vers les viscères, et d'y faire naître des inflammations violentes. Les refroi-

dissements de la peau sont la cause de la plupart des maladies qui déciment les chevaux de l'armée, notamment de la morve, du farcin et des affections de poitrine.

Lie calorique existe dans les corps à l'état libre et à Vélat Éut. latent. Le calorique libre tend toujours à rayonner et à s'échapper dans l'espace ; son action est appréciable au thermomètre. Le calorique latent fait partie constituante des corps, qui lui doivent leur état solide, liquide ou gazeux ; il n'est pas appréciable au thermomètre.

L'air atmosphérique contient du calorique libre et du ca- calorique lorique latent. Sa source principale est le soleil, et telle est "^nt*" la quantité de calorique que cet astre verse dans une année sur la terre, qu'elle suffirait à fondre une couche de glace de 30 à 3i mètres d'épaisseur, couvrant la surface totale du globe. (Poiseuille.)

Mais la température atmosphérique est différente suivant la latitude et l'altitude des lieux, selon les saisons et même les heures du jour.

La température atmosphérique décroît de l'équateur aux utundê. pôles. Dans les contrées équatoriales, le thermomètre marque + 28° centigrades en moyenne; il monte souvent à H- 40°, et descend rarement au-dessous de + 26°. Dans les régions tempérées, comme à Paris, la chaleur moyenne de l'année est de + 10°,8 ; le thermomètre monte rarement, en été, audelà de -f 28°, et descend rarement, en hiver, au-dessous de

— 6°. Dans les régions polaires, la température moyenne annuelle est de 0° ; en été, elle s'élève à -(-28° ; en hiver, elle descend à — 25°, et souvent même plus bas *.

Dans tous les climats et en tous temps, c'est au niveau Altitude, de la mer que la température est le plus élevée. A mesure qu'on monte, elle décroît de4°, en moyenne, par 160 mètres. L'abaissement progiessif de la température atmosphérique

1 En Sibérie, on a vu des froids do— 39°; dans Pie Malienne, de

— 47° (Parry); au fort Reliance, de — 57° (Black).

des couches supérieures du globe est l'élément principal de la climatologie. C'est ainsi que des contrées très-éloignées les unes des autres jouissent de la même température : Quito, placé sous l'équateur, mais à 2,908 mètres au-dessus du niveau de la mer, a la même température moyenne que Rome, situé sous le 42° parallèle; Saint-Pétersbourg, par 59° 56' de latitude et 0B d'altitude, et Antisana, par 4° de latitude et 4,000 mètres d'altitude , ont une température moyenne annuelle de +30 5. Cet abaissement est aussi la cause des climats étagés et le correctif des effets du rayonnement solaire aux diverses latitudes. C'est ainsi que les montagnes, placées non loin de l'équateur, jouissent à leur pied d'un climat brûlant, au milieu d'un climat tempéré, tandis que leur sommet est toujours couvert de neige. Anoée La chaleur atmosphérique varie suivant les mois; elle s'élève d'abord lentement en février, puis rapidement en avril et en mai, augmente encore en juin, et arrive à son maximum en juillet. Elle décroît ensuite insensiblement en août, plus rapidement en septembre et en octobre , et tombe à son minimum en janvier Ces différences sont dues au degré d'inclinaison de la terre par rapport au soleil.

Chaque jour, la température atmosphérique varie aussi : elle est, au minimum, avant le lever du soleil, et, au maximum, entre une heure et trois heures du soir, suivant les saisons ; la température moyenne du jour a lieu entre sept et huit heures du matin. Ces variations diverses dépendent de la présence ou de l'absence du soleil à l'horizon, et de la direction que suivent ses rayon3 aux différentes heures de la journée.

nuance Le cheval jouit de la faculté de vivre dans toutes les tem- 4 u ch»ieor pâtures et ^'y conserver la sienne propre, en vertu de ceran froid, tamg phénomènes que nous avons fait connaître en physio-

Jour

1 Maximum dj température, le 26 juillet; moyenne, les 94 avril et 21 octobre ; minimum, le 14 janvier.

logie(voir t. Ier, pages 272 et suivantes). Néanmoins, le froid et la chaleur exercent sur lui une grande influeuce, qui, du reste, varie avec son âge, ses habitudes, sa constitution, etc., et dont nous allons faire connaître les effets.

Action de l'air sec et chaut>.

Dans nos climats, l'air produit l'impression d'un corps Effeu. chaud, quand il marque + 20° centigrades. Parvenu à ce degré de température, l'air, s'il est sec, détermine des phénomènes physiques et vitaux très-remarquables, qui se confondent dans leurs effets. Sous son influence, les organes extérieurs s'exaltent, tandis que les viscères s'affaissent. La peau fonctionne avec plus d'énergie et sécrète une quantité abondante de sueur qui, en se vaporisant, maintient la température du corps au même degré, mais affaiblit puissamment l'animal. Le foie produit de la bile en abondance, et supplée, avec la peau, à l'insuffisance de la respiration pour la décarbonisation du sang. Les urines sont rares et foncées en couleur; la respiration est accélérée; la circulation active ; la soif vive ; la faim peu intense ; la digestion pénible ; la nutrition s'accomplit mal, et le cheval maigrit. Les forces musculaires sont déprimées, aussi le cheval aime-t-ilà rester en repos, et se fatigue-t-il au moindre travail.

Les chevaux qui vivent dans un pays où l'air est toujours chaud, ont les muscles bien accusés, les chairs fermes, les os denses, de la distinction et beaucoup d'intelligence : témoins ceux de l'Arabie, de la Perse, de l'Afrique, etc.

Dans nos climats, l'air, quand il est modérément chaud ( + 20° à +25°), est favorable à tous les sujets, surtout à ceux qui *"ïorabi«e sont faibles, languissants, lymphatiques. Sous son influence, ilsdigèrent mieux etacquièrent de l'embonpoint; il semble que la chaleur de l'atmosphère élève la vitalité de leurs appareils organiques au degré nécessaire pour en régulariser le jeu. Mais si la température atmosphérique s'élève au-delà des chiffres que nous venons d'indiquer, elle incommode les

sujet, chevaux et peut même avoir des conséquences fâcheuses.

aurquelMiest * *

nuisible. L'air très-chaud est nuisible aux sujets d une constitution bilieuse et nerveuse. Il occasionne des maladies de la peau, le tétanos, des congestions cérébrales, des affections typhoïdes, etc. Les premières fortes chaleurs du printemps produisent souvent, en Algérie surtout, des coups de sang, et occasionnent des symptômes d'asphyxie ou de congestion cérébrale.

r^énfquw* Quana* la température de l'air ne dépasse pas +24°, l'hygiène des chevaux ne doit pas être modifiée ; mais si elle s'élève davantage, on doit en diminuer l'influence fâcheuse en soumettant les chevaux à un régime rafraîchissant, consistant à donner de temps en temps un repas de barbotage ou de carottes au lieu d'un repas d'avoine ; — en arrosant les fourrages avec de l'eau salée ou vinaigrée, pour exciter leur appétit ; — en donnant des bains généraux deux ou trois fois par semaine ; — en les sortant le soir pour respirer l'air pur; — en lavant souvent les écuries et en y maintenant une température aussi basse que possible, par une aération large et bien ordonnée. — Les manœuvres et les promenades doivent se faire le matin ou le soir, et être moins longues. — Après le travail, on évitera de laisser les chevaux exposés aux courants d'air, et en rentrant à l'écurie, on leur épongera les yeux, les naseaux, les parties génitales, etc., puis on leur fera un bon pansage pour les débarrasser des impuretés qui les recouvrent. — En expédition, ilfaut éviter de bivouaquer dan s les bas-fonds, où l'air stagne et où la température est excessive.

Action de l'air sec et froid.

Lorsque la température marque moins de -f 6° centigrades, l'air produit une sensation de froid dont les effets sont en rapport avec son intensité.

• Eifcu. Air froid. — A la température de 0° et de quelques degrés au dessus ou au dessous, le froid cause d'abord un spasme

périphérique qui chasse le sang à l'intérieur. La peau se resserre, les capillaires diminuent de volume, les poils se hérissent, les flancs se retroussent, les membres se rapprochent du centre de gravité et tremblent, la colonne vertébrale se vousse, la respiration cesse plus ou moins complètement.

Chez les sujets adultes, bien constitués, d'un tempérament sujeu sanguin et nerveux, les premiers effets du froid modéré sont «*»t

favorable.

de courte durée, et bientôt une réaction s'établit. La peau devient chaude par suite du retour du sang dans ses capillaires; les viscères intérieurs cessent d'être le siège d'un afflux sanguin très-considérable ; la respiration est lente ; l'hématose se fait largement ; la circulation est active , l'appétit vif et la soif peu intense; les forces musculaires sont énergiques, et les chevaux, éprouvant le besoin de prendre de l'exercice , sautent, gambadent, ruent : aussi jamais les accidents, tels que coups de pied, écarts, ne sont plus fréquents, à la promenade et aux manœuvres, que par un froid sec. Si cet état de l'atmosphère se prolonge, les poils s'allongent, deviennent ternes, touffus, surtout à la poitrine et au ventre.

Si l'air modérément froid est salutaire aux chevaux bien sujet» portants, jeunes ou adultes, il n'en est pas de même de ceux qui sont faibles, très-jeunes, mal nourris, à poitrine délicate. Chez ces derniers, il fait naître des affections des organes respiratoires, des hydropisies du tissu cellulaire, etc. Les maladies qui dominent, par le froid, sont celles des organes respiratoires.

Air irès-froid. — L'air très-froid produit des effets plus nuisibles que ceux dont nous venons de parler : il refroidit la peau et en suspend complètement les fonctions ; refoule le sang vers les organes intérieurs, y occasionne des congestions et des inflammations ; le cheval est saisi de tremblements, devient triste, faible et insensible, et le sang, chassé vers le cerveau, produit l'engourdissement, le sommeil et la mort.

Certaines causes extérieures peuvent, du reste, modifier

rnmible.

condition, les effets du froid. Le froid est d'autant plus intense que le

qui modifient ... , . • ■

de liCrUf°roid est p Pur » ^ Plus 1 air e8t transparent, plus le rayonnement de la terre vers les astres est grand, et, par conséquent, plus le refroidissement est prompt et sensible. Aussi est-ce pendant la nuit, quand le ciel est sans nuages, que l'action du froid est le plus à redouter. Lors de la campagne de Russie, les chevaux, au bivouac, succombaient en nombre bien plus grand pendant la nuit que pendant le jour. Les nuages et les brouillards, au contraire, s'opposent au rayonnement du calorique : jamais le froid n'est aussi vif et aussi funeste par les temps couverts que quand l'atmosphère est transparente. Les courants d'air augmentent beaucoup l'influence pernicieuse des températures basses; voilà pourquoi il est dangereux de bivouaquer dans les vallées où régnent des vents l. Sur les hauteurs, les effets du froid sont plus funestes que dans les plaines, sujet, qui Les chevaux qui résistent le mieux au froid sont ceux à 8 constitution forte, caractérisée par la prédominance des systèmes sanguin et nerveux, la fermeté des chairs, l'énergie des mouvements. On a remarqué, lors de la campagne de Russie, que les chevaux du Midi supportaient mieux les froids que ceux du Nord. Un fait du même genre s'est produit en Crimée, où l'on a vu les races orientales résister au froid mieux que celles de France, et celles-ci mieux que les races anglaises. Dans l'une et l'autre campagne, on a observé encore que les sujets adultes étaient moins accessibles au froid que les vieux et les jeunes.

Prescription» Par les temps froids, il faut prendre des précautions hygiéniques : on s'abstiendra de faire le pansage dehors et de laisser les chevaux en plein air dans l'inaction ; — on aura soin de les couvrir, lorsqu'après le pansage, on les conduira

' Les régions polaires ne sont habitables qu'autant que l'atmosphère y est sans agitation. Du moment où des courants d'air y surviennent, les hommes et les animaux sont pris d'accidents graves de congélation, etc.

retenu hygiéniq

dehors pour les faire boire, ferrer, etc. ; — les promenades, les manœuvres et autres exercices doivent être faits aux heures les moins froides de la journée, de il heures à 3 heures ; — on évitera de laisser les chevaux immobiles, surtout après un travail qui aurait produit une transpiration abondante.

Une prescription hygiénique sur laquelle on ne saurait trop attirer l'attention, est relative à la chaleur des écuries : moins la température de ces milieux est élevée, mieux cela vaut. Quand elle est trop forte, ce qui a lieu presque toujours en hiver, la chaleur rend les chevaux douillets, et les prédispose aux maladies qui reconnaissent pour cause les refroidissements.

Au bivouac surtout, il faut couvrir les chevaux.

Il n'est pas de moyen plus sûr pour atténuer les effets du froid excessif que de donner au cheval une nourriture abondante et substantielle, des grains surtout ; car le régime modifie puissamment les effets du froid. Les chevaux, au bivouac, devraient recevoir, par les grands froids, un supplément d'avoine de 500 grammes, au moins, parjour. Malheureusement c'est là généralement que les aliments sont peu abondants et de mauvaise qualité.

Il faut éviter de faire usage de l'eau très-froide ou de la neige pour étancher la soif. En Russie, les chevaux auxquels on faisait manger de la neige périssaient promptement. 11 fallait, pour les conserver, leur faire boire une petite quantité d'eau provenant de neige ou de glace fondue dans des vases au feu du bivouac (Larrey).

Les chevaux doivent rester le moins possible immobiles. L'exercice prévient l'engourdissement des membres, entretient la chaleur et le jeu des organes, tandis que le repos amène le froid, qui jette le cheval dans un état d'engourdissement et de torpeur paralysante et occasionne la mort. Pour éviter les effets du repos, les conducteurs de voitures de place de Moscou, de Saint-Pétersbourg, etc., font pro-

mener leurs chevaux toute la nuit par les froids les plus intenses. Nous tenons de M. le général Morris qu'en Crimée, les régiments qui eurent la précaution de promener les chevaux pendant les nuits et les journées les plus froides, en perdirent moins que ceux qui les laissèrent dans l'inaction.

Action de la température moyenne.

C'est quand le thermomètre marque de -f 10° à -f 20° centigrades que la température est le plus favorable. Sous son influence, toutes les fonctions du cheval s'exécutent avec facilité : il est gai, a de l'appétit et de la vigueur; ses poils sont courts et luisants; rarement sa santé souffre, à moins cependant que cette constitution atmosphérique ne se prolonge trop longtemps et ne donne lieu à un état pléthorique.

Par rapport à son influence excitante, la température moyenne convient surtout aux jeunes chevaux, à ceux affaiblis par l'âge ou les maladies chroniques, aux tempéraments lymphatiques, aux convalescents. Elle est moins salutaire aux tempéraments sanguins, qu'elle rend pléthoriques et prédispose aux maladies inflammatoires dont il est facile, du reste, de les préserver, par une alimentation rafraîchissante, et en diminuant la ration.

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