‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 5 sur 139 · II. DE LHLMIDITÉ · texte numérisé non relu

II. DE LHLMIDITÉ

Origine; L'air atmosphérique contient toujours de la vapeur d'eau, provenant de l'évaporation qui, sous tous les climats et dans toutes les saisons, s'opère à la surface de l'eau, de la neige et même de la glace répandues sur la terre. Éut. La vapeur d'eau existe dans l'air sous la forme de vésicules semblables à de petites bulles de savon : elle s'y soutient, mêlée à ce gaz, en vertu de sa légèreté spécifique, tant qu'elle n'est pas trop abondante ou qu'elle ne se condense pas par le froid ; mais elle se précipite et donne lieu aux

nuages, aux brouillards, à la pluie, etc., aussitôt que la température s'abaisse et que l'air en est saturé.

La quantité de vapeur aqueuse que l'atmosphère contient Quantité, varie de 0,003 à 0,046. Elle est plus considérable sur les bords de la mer et dans le voisinage des grands cours d'eau que sur les continents ; elle va en diminuant de l'équateur aux pôles, et de la surface du globe vers les régions supérieures de l'atmosphère. Ces différences dépendent principalement des différences de température de l'air : plus l'atmosphère est chaude, plus elle contient de vapeur d'eau, et réciproquement.

Pour déterminer la présence de la vapeur d'eau dans Hygromètre, l'air, on se sert d'un hygromètre. Celui de Saussure, dit hygromètre à cheveu, est le plus commode. Or, dans les régions inférieures de l'atmosphère, cet instrument marque rarement 100°, même par les jours de pluie; son indication moyenne, dans toutes les saisons, est de 72°, et la limite de sécheresse 40°.

Ce n'est pas par la quantité absolue de vapeur d'eau contenue dans l'atmosphère que ce gaz nous paraît humide, car de l'air très-chaud peut en renfermer beaucoup sans produire la sensation de l'humidité, tandis que l'air froid, en contenant très-peu, donne des signes évidents de sa présence. La cause de ce phénomène est due à ce que l'air paraît sec tant que la quantité de vapeur reste au-dessous du maximum de saturation dépendant de sa température. Mais aussitôt que le maximum est dépassé delà plus petite quantité de vapeur, la présence de l'eau dans l'atmosphère est sensible à nos organes. D'où il résulte que l'air paraît humide en se refroidissant et sec en s'échauffant. Ce fait nous explique pourquoi le mois de janvier, qui est le plus froid de l'année, est aussi le plus humide, quoique la quantité de vapeur d'eau soit au minimum dans l'air ; tandis que le mois de juillet, qui est le plus chaud, nous paraît très-sec, quoiqu'il y ait alors plus de vapeur d'eau dans l'atmosphère qu'en toute ii 3

autre saison. C'est pour le même motif que l'air nous semble humide le matin, alors qu'il contient peu de vapeur d'eau ; tandis qu'à midi, il nous paraît sec, bien qu'il en renferme beaucoup plus.

Quel que soit son état hygrométrique, l'air est toujours associé à un certain degré de calorique, qui joint ses effets à ceux de la vapeur d'eau. Il faut donc les étudier ensemble.

Action de l'aib chaud et humide.

Effet.. Dilaté par le calorique et l'interposition de la vapeur d'eau, l'air chaud et humide présente, sous un volume donné, le moins d'air respirable possible. Son action est très-débilitante : il émousse l'appétit, rend la digestion lente et paresseuse, la respiration plus active et l'hématose incomplète. Sous son influence, les organes, dépourvus d'énergie, exécutent, lentement et avec peine, leurs fondions ; les tissus sont frappés d'une mollesse remarquable; le corps entier est le siège d'un gonflement marqué dû à la force expansive du calorique et à la stase, dans les capillaires, des fluides qui ne sont pas excrétés en quantité normale; une sueur abondante inonde le corps et paraît d'autant plus copieuse que l'air, saturé d'humidité, se charge difficilement du produit de l'exhalation cutanée.

Un des inconvénients les plus graves de l'air humide et chaud, c'est de faciliter la décomposition des matières organiques et de donner lieu à des miasmes et à des effluves, qui se répandent dans l'air, où ils sont tenus en dissolution dans la vapeur d'eau ; ils sont transportés au loin, par les vents, et y portent le germe de maladies graves. Ce sont des substances organiques, décomposées sous l'influence de l'humidité et de la chaleur, qui rendent malsaines les écuries dans lesquelles séjournent les urines, les matières fécales et les produits venant de la peau ou de la respiration. Ce sont aussi les mômes principes qui rendent si insalubres les contrées chaudes après les premières pluies d'automne, et

donnent naissance à des maladies typhiques chez le cheval comme chez l'homme.

La constitution atmosphérique dont nous parlons n'est fa- ^Jjjjjj {1 vorable qu'aux chevaux soumis à l'engraissement, auquel il contient, pousse, non par un surcroît d'activité nutritive, mais par suite de l'état de faiblesse de l'économie tout entière.

Elle est nuisible aux chevaux de troupe comme à tous ceux sujet.

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appelés a laire un service pénible. Les sujets qui en soutirent contient P*«. le plus sont ceux élevés dans des contrées froides et humides, et les tempéraments lymphatiques. Les chevaux du Midi y résistent mieux que ceux du Nord.

La température humide et chaude peut s'observer en plein Indication* air ou dans les écuries. Elle règne dans les écuries toutes hTg,éDU,uet' les fois que Ton n'a pas soin d'y maintenir une température peu élevée et une bonne ventilation, et a une part très-large dans la production des maladies qui sévissent sur les chevaux de l'armée. Pour en diminuer les effets fâcheux, il faut établir dans les écuries une ventilation large, en ayant soin d'éviter les courants d'air; — exposer les chevaux le plus souvent et le plus longtemps possible au bain d'air, qui ne peut avoir que de bons résultats; — donner une nourriture de bonne qualité, tonique, et surtout éviter de faire un fréquent usage des barbotages ; — exciter l'appétit et augmenter l'énergie des forces digestives, en arrosant les fourrages avec de l'eau salée ou vinaigrée; — donner des bains généraux d'eau douce ou de mer deux ou trois fois par semaine, si la saison, la localité et l'état de l'atmosphère le permettent.

Action de l'air froid et humide.

De tous les états de l'atmosphère, voilà le plus dangereux et Eireti. le plus funeste aux chevaux : il trouble l'organisme, dérange l'harmonie des fonctions, et, eonséquemment, altère la santé. L'impression que l'air froid et humide exerce sur la peau est plus désagréable que celle d'un froid sec au même degré, parce que l'eau lui communique sa faculté conductrice du ca-

lorique, et qu'il semble s'appliquer plus exactement sur la surface du corps. Par cette température, toutes les fonctions sont déprimées et les tissus relâchés, excepté les sécrétions des muqueuses et des reins qui sont augmentées ; l'appétit diminue, la digestion est lente et pénible, la circulation moins active, l'hématose moins parfaite, les fonctions de la peau presque nulles.

Quand l'humidité froide sévit d'une manière presque permanente, ainsi que cela a lieu dans certaines localités, elle finit par altérer l'organisation. Elle fait naître le tempérament lymphatique et prédispose à la gourme , aux engorgements froids, aux hydropisies, à la morve, au farcin et à la fluxion périodique. U n'est pas de sujet, pas de tempérament qui soit à l'abri de ses coups, mais les jeunes et les vieux chevaux en éprouvent plus vite les effets que les autres. Prccriptioni Cette constitution atmosphérique ne peut être utile dans hygiéoiquw. aucune circonstance, il faut donc mettre toute notre attention à en prévenir les effets. On y parvient en donnant aux chevaux une nourriture abondante et tonique ; — en les plaçant dans des écuries fermées ; — en les couvrant avant de les sortir ; — en les soumettant à un exercice modéré ; — en évitant de les laisser au repos après le travail, et surtout de les exposer aux courants d'air ; — en appelant à la peau, par de bons pansages, le sang qui tend à se porter vers les organes internes.

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