‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 45 sur 139 · PARTIES EXTERNES DU PIED · texte numérisé non relu

PARTIES EXTERNES DU PIED

Définition. Les parties externes ou contenantes du pied forment un appareil dur, résistant, de nature cornée, désigné sous les noms de sabot, d' ongle, de boîte cornée.

Examiné dans son ensemble , le sabot représente une boîte, un étui, modelé sur les parties sous-jacentes, ayant la forme générale de l'os du pied, et représentant un cylindre coupé obliquement par sa base.

A priori, le sabot ne semble formé que d'une seule pièce solide; mais, en l'examinant attentivement, on voit qu'il est composé de quatre parties, bien distinctes par leur forme et leurs fonctions. Ces parties sont : la paroi, la sole , la fourchette et le périople.

A. Paroi.

{Fig. î39« ».) La paroi ou la muraille est la partie

Pied, ace externe. ^u sak0t qUj en détermine la forme cy-

jjjjyy^ lindrique. Elle constitue toute la portion visible de l'ongle, lorsque le pied appuie sur le sol, et se replie en dedans pour former les arcs-boutants et les barres.

On divise la paroi en plusieurs régions, entre lesquelles il n'existe pas de limites naturelles, mais qu'il est indispensable de reconnaître en Maréchalerie. Ces régions sont, en allant d'avant en arrière : la pince, les mamelles, les quartiers, les talons et les barres.

1° La pince P est la partie antérieure et centrale ; elle a de (P 04 à 0m 05 de largeur.

2° Les mamelles M, situées de chaque côté de la pince, ont de 0- 03 à 0» 04 d'étendue.

1 E, face externe de la paroi ; P, pince ; M, mamelle ; Q, quartier ; T, talon ; A, bourrelet.

(Fig. 2«0« ».) Pied, face inférieure.

3° Les quartiers Q font suite aux mamelles et sont les régions les plus étendues du sabot.

4° Les talons ont pour base les arcs (arcs-boutants) T décrits par la paroi en s' in fléchissant en dedans; ils constituent le point d'union des barres et de la paroi.

5° Les barres B (fig. 240e) comprennent toute la partie de la paroi située entre la sole et la fourchette.

Elles s'étendent jusqu'aux deux tiers de la petite circonférence de la sole.

Leurs faces latérales, inclinées en dehors et en bas, forment une voûte qui rejette le poids de la masse sur les parties extérieures, et contribue ainsi à la dilatation générale du sabot.

On reconnaît à la paroi deux faces : une externe, l'autre interne.

La face externe E (flg. 239e) doit être lisse, polie, luisante et comme vernissée. La face interne K (fig. 241°) est pourvue d'une infinité de feuillets rosés, placés de champ, dirigés de haut en bas, et qui ont reçu le nom de tissu kéraphy lieux , ou de chair cannelée de la paroi. Ces feuillets s'engrènent avec des feuillets semblables appartenant à l'os du pied. Us s'enchâssent les uns dans les autres au moyen des petits intervalles qui les séparent, adhèrent ensemble, et augmentent considérablement la force de cohésion qui doit exister entre le sabot et les parties profondes. L'union des feuillets podo-

1 P, pince ; M, mamelle ; Q, quartier; T. talon ; L, lacune médiane de la fourchette ; V, branche de la fourchette ; G, glômes de la fourchette; A, arcs -boutant».

1 K, tissu kéraphylleux ; S, biseau ; H, cavité cutigérale; I, bord inférieur de la paroi ; L, limite de la paroi et de la pince.

(Fig. 241e ».) Paroi, face interne.

Far

phylleux et kéraphylleux est si intime que la sole peut être complètement enlevée sans que la position de l'os du pied en soit dérangée.

Bordâ. On reconnaît aussi à la paroi deux bords : l'un supérieur, l'autre inférieur. Le premier S (flg. 24r), appelé biseau, présente, dans toute l'étendue de son pourtour, une gouttière peu profonde (cavité cutigérale) dans laquelle vient se loger le bourrelet. L'inférieur I, plus étendu que le précédent, est en rapport avec le sol ou avec le fer.

Direction. La paroi est partout oblique, mais son obliquité n'est pas la même dans toutes les régions. En pince, elle s'incline sous un angle de 45° environ ; tandis qu'en talons, elle se rapproche de la verticale.

Hauteur. La hauteur et l'épaisseur de la paroi offrent aussi des différences : elles ont leur maximum en pince et leur minimum en talons ; d'où il résulte que le sabot est d'autant plus élastique , d'autant plus dilatable , qu'on se rapproche davantage des parties postérieures.

Si on compare les deux quartiers l'un à l'autre, on ne trouve ni la même direction, ni la même épaisseur : le quartier externe est plus épais , plus fort, moins rapproché de la verticale que l'interne, constance. La consistance de la paroi , non plus , n'est pas la même partout : elle est d'autant moins grande qu'on se rapproche davantage du tissu kéraphylleux. Ainsi, la corne est plus dure à sa face externe que dans les couches moyennes, plus dure dans celles-ci que dans les parties adjacentes au tissu kéraphylleux. De ces différences dans l'épaisseur et dans la consistance de la paroi , il résulte que le sabot est d'autant plus résistant qu'il a plus d'épaisseur, et que, sur un même ongle, ce sont les régions où la corne est le plus épaisse qui présentent une couche corticale plus dure. C'est cette différence dans la consistance de la corne qui a donné lieu à sa division en corne morte, demi-vive et vive.

Couleur.

La couleur des couches superficielles de la corne est noire

ou blanche, et toujours en rapport avec celle du bourrelet. Les couches profondes sont toujours blanches. Au point de vue de la pratique, la coloration de la corne n'est pas indifférente. L'expérience a démontré, en effet, que la corne noire est meilleure que l'autre, parce qu'elle offre plus de liant, plus de solidité et plus de résistance à l'usure.

La paroi a des fonctions importantes. Elle sert de revête- Fonctions ment aux parties internes et les présene du contact des corps étrangers. Par suite de l'adhérence de ses feuillets avec ceux de l'os du pied, elle s'oppose à une descente trop considérable de celui-ci , quand il supporte le poids du corps. Son bord supérieur reçoit le bourrelet et le protège; l'inlérieur supporte le corps, quand le pied est à l'appui, reçoit les clous et est en contact avec le fer.

Les talons contribuent à l'écartement des parties postérieures du pied; aussi est-il de bonne pratique, en Maréchalerie, de leur laisser toute leur force. Les amincir, détruire l'arc qu'ils forment, c'est amener le resserrement des parties postérieures du sabot.

Les barres forment une espèce de muraille interne, qui protège la sole et la fourchette, et empêche qu'elles ne rencontrent trop violemment le sol. Par l'espèce de voûte que forment leurs faces latérales, en s'inclinant en dehors et en bas, elles contribuent à l'élasticité du pied.

B. Sole (fig. 242#).

La sole est une plaque cornée, irrégulière, en forme de croissant , située entre la paroi et les barres. On lui reconnaît deux faces, deux bords et deux branches.

La face supérieure de la sole concourt, avec les barres et la fourchette, à former le plancher de la boîte cornée. Elle représente

1 I, face inférieure; G, grande circonférence; B, branches; V, petite circonférence.

(Fig m^t ) Mtniiioo,

Solfi.

une surface inégale , saillante au centre, déprimée sur les bords, et partout criblée d'une multitude de perforations qu'on dirait faites avec la pointe d'une épingle. Elle adhère au tissu réticulaire, d'une manière très-solide. La face inférieure I, concave, unie et égale, quand le pied a été paré ou usé régulièrement, représente une sorte de voûte plus ou moins éloignée du sol.

Bord.. Le bord externe ou la grande circonférence de la sole G s'unit aux feuillets de la paroi, et telle en est l'adhérence qu'il ne faut pas moins de cinq à six mois de macération pour en opérer la désunion sur un sabot de moyenne longueur.

Le bord interne ou la petite circonférence V adhère aux barres et à la fourchette d'une manière non moins solide, oimion. On reconnaît à la sole quatre régions : la pince, les mamelles , les quartiers, les talons, correspondant aux régions du môme nom de la paroi, et les branches B, qui sont les extrémités du croissant que cette plaque cornée représente.

Production. La sole est formée par l'agrégation de tubes parallèles, dont l'union diminue à mesure qu'on s'éloigne du point de sécrétion. D'où il résulte que la dureté de cette plaque cornée est en raison inverse de son rapprochement vers les parties externes, et que la sole présente d'autant plus de souplesse et de flexibilité qu'on la considère plus près des tissus vifs.

Épaiwear. L'épaisseur de la sole est de 0B,005 à (T,(M0 suivant les régions; mais elle peut augmenter considérablement si le cheval, étant ferré, reste dans l'inaction, comme aussi elle peut être réduite aux dimensions d'une lame mince, s'il marche sans cesse pieds nus.

Fonction.. La sole protège la plus grande partie des régions inférieures du pied. Dans les phénomènes de la locomotion, elle est le siège d'un mouvement d'abaissement et d'élévation qui contribue à la dilatation du sabot.

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