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III. DE LA LUMIÈKE

EfffeU La lumière a une action puissante sur les êtres organisés. u*fouïîagM. Sous son influence, les plantes décomposent l'eau, l'acide carbonique et l'ammoniaque qu'elles puisent dans le sein de la terre ou dans l'air, et s'assimilent les diverses parties de ces corps qui doivent servir à leur nutrition. Elles agissent comme des appareils de réduction, tandis que, privées de l'action bienfaisante de ce fluide, elles fonctionnent comme de simples filtres, donnant passage à l'eau et au gaz sans les

décomposer. Cette différence d'action nous explique pourquoi les végétaux produisent de l'acide carbonique pendant la nuit et de l'oxygène pendant le jour. C'est grâce à la lumière que la matière colorante se forme dans les plantes et que le carbone s'y fixe. Aussi est-ce dans les lieux trèséclairés que les végétaux ont leur coloration la plus vive, qu'ils sont le plus durs, et renferment le plus de principes résineux et odorants. Les foins les plus sapides et les plus nutritifs, les bois les plus compacts et les meilleurs pour le chauffage et le charronnage, les parfums les plus suaves et les plus pénétrants viennent dans les contrées où la lumière solaire est le plus intense ; tandis que dans les endroits peu éclairés, comme dans les grottes, dans les caves, sous les arbres, les végétaux sont pales, peu sapides, peu odorants, longs, grêles et renferment peu de principes nutritifs.

L'action que la lumière exerce sur le cheval porte spécialement sur le sang, les centres nerveux, la peau et l'œil.

La lumière est un excitant énergique de Joute l'économie. Action Elle favorise l'accomplissement de toutes les fonctions, active Tic»"™*1 la nutrition, assure la régularité du développement et l'heu- oerTCU,• reuse proportion des formes. L'exposition aux rayons solaires est favorable aux chevaux de tous les âges : elle hâte la croissance des poulains et accroît leurs forces ; elle contribue puissamment à donner aux chevaux qui vivent sans cesse sous son influence, comme ceux de l'Asie et de l'Afrique, des muscles bien accusés, du tissu cellulaire rare, des tendons bien apparents, des os durs et lourds. Ces chevaux ne sont pas très-grands, mais ils sont robustes, agiles, énergiques, supportent bien la fatigue et les privations, et possèdent un haut degré de sang. Rarement ils sont affectés de tares osseuses et molles, de défauts d'aplomb.

L'obscurité, au contraire, favorise singulièrement l'engraissement, le développement de la lymphe et l'état séreux du sang. Les chevaux élevés sous un climat brumeux, où le soleil se montre peu à l'horizon, ont les chairs molles et

bouffies ; ils sont frappés d'atonie dans tous leurs tissus, et présentent les attributs du tempérament lymphatique ; ils sont grands, fortement charpentés, mais ils ont peu de sang et sont prédisposés à la gourme, au farcin, à la morve. Action La lumière agit sur la peau d'une manière très-remarquable. Les animaux des contrées où elle est très-intense, et qui y sont toujours exposés, quelle qu'en soit la température, ont le pelage ou le plumage de couleur foncée, et présentent ordinairement des reflets brillants. Les mammifères de ces contrées ont les poils courts et nuancés des couleurs les plus variées, et les oiseaux se font remarquer par les couleurs vives de leur plumage. Par contre, les animaux des pays où la lumière n'offre que peu d'intensité ont la peau pâle, le pelage ou le plumage de couleur tendre, témoins l'ours blanc, le cygne et autres animaux du Nord de l'Europe !.

Le cheval semble, de prime abord, faire exception à cette règle générale. Nulle part, en effet, les robes blanche, grise, rouanne et aubère ne sont plus communes que dans les pays où règne constamment une vive lumière, comme en Asie et en Afrique ; mais cette exception n'est qu'apparente, car le pigment existe à la surface de la peau et ne manque que dans bs poils. Pour en constater la présence, il suffit d'écarter les poils et d'examiner attentivement la peau. Le pigment forme même une couche abondante au pourtour des yeux,

1 Môme observation pour l'homme, don lia couleur de la peau est d'autant plus foncée que la lumière est plus intense, dans les contrées où il vit. Les Nègres rivent sous l'équateur et à une petite distance. Les habitants du Sahara algérien sont presque noirs. Les Arabes de nos possesions algériennes sont très-bruLS. La couleur brune domine encore en Espagne, en Italie, dans le Midi de la France ; mais à mesure que l'on se dirige vers le Nord de l'Europe, la peau devient de plus en plus blanche et rosée. Les Esquimaux et les Groêulandais, qui habitent un pays où il y a s»x mois" de jour et trois mois de crépuscule, ont la peau brune, les yeux bruns, les cheveux noirs comme les habitants des pays chauds.

des naseaux, de la bouche et de l'anus, au fourreau, en un mot, dans toutes les régions privées de poils, et leur donne une coloration foncée.

La lumière agit spécialement sur l'œil, dont elle est l'ex- Action citant naturel ; mais, pour que ses effets ne soient pas suivis d'accidents, elle doit exercer son action, avec une certaine mesure, dans son intensité et dans sa durée.

Si elle est en trop grande quantité ou trop éclatante, la lumière irrite l'œil, affaiblit la vue et finit pai l'abolir. Ces effets peuvent être occasionnés subitement par la brusque impression d'une lumière éblouissante, comme la flamme d'un incendie, et ils varient depuis l'éblouissement jusqu'à la cécité. C'est à l'action d'une lumière trop vive qu'est due cette indéfinissable obstination des chevaux qui, renfermés dans des écuries où a lieu un incendie, préfèrent se laisser brûler ou asphyxier, plutôt que de s'en échapper. La preuve en est que, si l'on a soin de leur couvrir les yeux, ils sortent sans difficulté.

Si la lumière est moins intense, mais continue, elle finit par épuiser la sensibilité et amener la paralysie de la rétine ou du nerf optique. Des accidents de cette nature ne sont pas rares, quand les chevaux ont constamment devant eux un mur blanchi à la chaux, ou qu'ils voyagent sur des terrains calcaires et couverts d'une poussière blanchâtre sur lesquels tombent les rayons solaires. C'est l'intensité de la lumière solaire, augmentée de la couleur blanche du sol et des bâtiments, qui rend les ophthalmies si fréquentes en Algérie, sur les chevaux français nouvellement débarqués. Le même effet se produit aussi lorsque les chevaux ont la tête en face d une croisée, d'une porte, etc., donnant passage à une lumière trop vive. La manière dont la lumière aborde dans les écuries, par rapport à la position qu'y occupent les chevaux, n'est donc pas indifférente pour la conservation et le perfectionnement de la vue. La disposition la plus lavorable est quand le jour frappe la croupe,

comme dans les écuries à deux rangs, les râteliers étant situés de chaque côté d'un mur de refend.

Une lumière trop faible donne lieu à des accidents d'une autre nature : elle produit la dilatation prolongée de la pupille et peut, à la longue, causer la myopie. Les efforts que font les chevaux pour voir, sous un jour trop faible, augmentent la sensibilité des yeux et rendent dangereux le passage d'un endroit sombre à une trop vive clarté. Voilà pourquoi des chevaux qu'on laisse longtemps dans les écuries peu éclairées distinguent mal les objets, quand ils en sortent; ils sont peureux, ombrageux, font des difficultés pour franchir des flaques d'eau, pour passer sur de la glace, et se livrent à des écarts en apercevant des objets qui ne leur sont pas familiers : aussi est-ce en hiver, que l'œil se fatigue le plus et est le plus prédisposé aux maladies.

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