FERRURE DES PIEDS DÉFECTUEUX
des défauts d'aplombs et des défauts des
allures.
Ce que nous venons de dire dans le chapitre précédent, est spécial au pied bien conformé ; occupons-nous main-
tenant de la ferrure des défauts d'aplomb et de celle des défauts des allures.
1 o Ferrure des pieds défectueux.
Pied grand. — Quand il est bien conformé et fait de bonne corne, le pied grand doit être paré comme le pied ordinaire, et demande un fer léger, ne garnissant ni en dehors ni en dedans. Si la corne est molle et la sole plate, un fer mince et légèrement couvert convient mieux. Les maréchaux doivent s'abstenir de râper la paroi, d'abattre les barres, d'amincir la fourchette et de creuser la sole pour diminuer le volume des pieds, cette pratique ayant des conséquences fâcheuses.
Pied petit. — Si le pied petit est bien conformé, il faut conserver à la paroi toute sa force , à l'exception des talons qui seront légèrement abattus pour que la fourchette porte sur le sol. Le fer sera léger , étampé à maigre , ne portera que six étampures et garnira un peu plus que le fer ordinaire, tant en dedans qu'en dehors. Les clous seront à lame mince. Si le pied petit a une certaine tendance à se resserrer en talons , le fer à planche est indiqué , quand la fourchette est assez nourrie pour lui servir de point d'appui ; tandis que le fer à éponges tronquées, que l'on incruste dans les talons, convient mieux si la fourchette est peu développée»
Pied étroit. — Pour ferrer convenablement ce pied , il faut abattre la pince; faire usage d'un fer léger, étampé loin des talons et garnissant en dedans et en dehors. Le fer à planche est souvent indiqué. Il faut se servir de clous à lame mince et brocher à maigre.
Pied inégal. — La ferrure des pieds inégaux doit varier suivant la cause qui a produit l'inégalité. Quand elle est bien faite, elle rétablit l'égalité, et empêche que la partie faible du pied ne supporte un poids trop considérable. Le fer à la turque convient le plus souvent.
Pied sec ou maigre. — Le maréchal aura soin de ménager la paroi, les barres et la fourchette; de se servir d'un fer léger, étampé à maigre et n'ayant que six étampures; d'employer des clous à lame mince : les clous à lame forte occasionnent le resserrement du pied, et font souvent boiter.
Pied gras. — En ferrant un pied gras, le maréchal doit abattre peu de corne; se servir d'un fer léger, étampé à maigre, et de clous à lame mince; il laissera le fer chaud peu de temps en contact avec le pied.
Pied faible. — La ferrure de ce pied exige une attention particulière eu égard au peu d'épaisseur de la paroi. Il faut employer un fer léger, à six étampures percées à maigre ; se servir de clous à lame mince, que l'on brochera à maigre.
Pied plat. — Pour ferrer convenablement le pied plat, il faut : conserver à la paroi toute sa hauteur et la tailler perpendiculairement en pince et en mamelles pour en diminuer l'obliquité ; respecter les talons, la sole et la fourchette ; faire usage d'un fer demi-couvert, étampé à maigre, à éponges droites et dépourvues de crampons, convenablement ajusté : une ajusture trop forte aurait l'inconvénient de renverser la paroi. Le fer à planche est indiqué, quand la fourchette est bien nourrie et que les talons sont faibles. Le fer chaud ne doit être en contact avec le pied que pendant un temps très-court. La ferrure sera renouvelée assez souvent pour corriger chaque fois l'excès d'obliquité de la paroi.
Pied comble. — Le pied comble doit être ferré d'après les mêmes règles et avec les mêmes précautions que le précédent.
Pied creux. — Il faut abattre la paroi, n'enlever à la sole que la partie de corne qui se détache d'elle-même, ménager la fourchette et les barres. Le fer ordinaire léger, à six étampures percées à maigre, ayant peu d'ajusture, et garnissant légèrement en dedans, convient le mieux. On se servira de clous à lame mince.
Pied a talons hauts. — Il faut ménager la pince ; abattre les talons, mais insensiblement et progressivement ; se servir d'un fer ordinaire, étampé loin des éponges.
Pied a talons bas. — La ferrure qui convient aux pieds à talons bas consiste à abattre la pince, à ménager les talons et la fourchette, à faire usage d'un fer à éponges progressivement nourries, ou à planche, selon les cas. Le fer à crampons, que l'on emploie souvent, écrase les talons et fait naître des bleimes. L'interposition d'un morceau de feutre ou de caoutchouc vulcanisé, de gutta-percha, entre le fer et les talons, pour les relever, produit un bon effet.
Pied a talons serrés. — Il faut parer uniformément le pied, sans toucher ni aux barres ni à la fourchette ; abattre les talons ; faire usage, si la fourchette est bonne, d'un fer à éponges tronquées, léger , à six étampures, dont les éponges sont encastrées dans la corne des talons, et d'un fer à planche dégagé , si la fourchette est assez forte pour lui fournir un point d'appui : le fer à étampures unilatérales convient aussi dans certains cas.
Pied encastelé. — Le pied doit être paré comme dans le cas précédent, mais il faut avoir recours au fer désencasteleur, et mieux au fer à fourchette artificielle, accompagné d'un traitement convenable.
Pied panard. — Il faut abattre le quartier externe et ménager le quartier interne; faire usage du fer à la turque, garnissant en mamelle interne et en quartier externe, juste, au contraire, à la mamelle externe et au talon interne.
Pied cagneux. — La ferrure doit être l'inverse de la précédente : il faut donc abattre le quartier interne et ménager l'externe ; employer un fer à branche externe plus épaisse, garnissant à la mamelle externe et au talon interne, et rentrant vers le centre du pied à la mamelle interne et au talon externe. Le fer à mamelle interne tronquée convient aussi.
Pied pinçard. — H faut abattre légèrement les talons, mais la diminution doit être , lente et progressive , ou le reu 25
mède est pire que le mal. Le fer ordinaire convient le mieux.
Pied raupin. — Pour utiliser le cheval qui en est atteint, il faut employer un fer à pince prolongée et muni de crampons aux talons.
Pied bot. — Ce pied doit être ferré avec un fer à pince fortement prolongée et à crampons.
Piedd ékobé. — Le maréchal doit faire disparaître les éclats de corne avec la râpe ; employer un fer à étampures irrégulières et disséminées de manière à correspondre aux régions de la paroi qui peuvent recevoir des clous, et portant des pinçons dano les points correspondant aux éclats; se servir de clous à lame mince.
Pied de travers. — On remédie à ce défaut, en parant le plus possible le quartier le plus élevé et en laissant l'autre intact, et môme en le protégeant par la ferrure à quartier, consistant dans l'application d'une seule branche de fer.
Pied a fourchette grasse. — Il faut parer le pied comme s'il était bien conformé ; et ferrer avec un fer ordinaire ou avec un fer à planche, ne faisant pas son appui sur la fourchette.
Pied a fourchette maigre. — Le fer désencasteleur convient en pareil cas.
2<> Ferrure des défaut* d'aplombs.
Les défauts d'aplombs que nous avons fait connaître en Extérieur, reçoivent des modifications heureuses par une ferrure rationnelle et méthodique. Voici en quoi cette ferrure doit consister :
Cheval bas du dbvaht. — Ce défaut peut être combattu, jusqu'à un certain point, en laissant au pied le plus de corne possible, ou en donnant au fer toute l'épaisseur compatible avec les règles de la ferrure. Le pied doit être paré à plat et ferré comme dans les cas ordinaires.
Cheval sous lui du devant. — On conseille d'abattre légèrement les talons, ou d'employer un fer un peu plus
fort en pince que le fer ordinaire ; mais hâtons-nous de faire observer que ces modifications doivent être peu sensibles, ou les tendons fléchisseurs du pied sont tiraillés, et alors le remède est pire que le mal. A notre avis, la ferrure ordinaire, bien faite, convient le mieux.
Cheval arqué. — Ce cheval demande à être ferré d'après les règles de la ferrure ordinaire, et non, comme on le conseille généralement, en abattant les talons et en se servant d'un fer mince en éponges.
Cheval droit sur ses boulets. — Les observations que nous venons de faire sur le cheval arqué sont applicables à celui qui est droit sur ses boulets. Chercher à ramener l'appui sur les talons et à rejeter le poids du corps en arrière , c'est donner lieu à la fatigue de ces parties, rendre le genou creux, et, par conséquent, faire naître un état plus dangereux que celui qu'on veut combattre.
Cheval a jarrets clos. — La ferrure qui convient à ce défaut est celle que nous avons indiquée en parlant du cheval panard.
Cheval a jarrets droits. — On recommande d'abattre les talons et de se servir d'un fer plus fort en pince qu'en éponge ; ce procédé est vicieux, car il occasionne des tiraillements des tendons fléchisseurs du pied, rejette le poids du corps sur les talons, et y fait naître des contusions. Mieux vaut, à notre avis, parer le pied également et employer un fer ordinaire.
Cheval long-jointé. — Ce défaut est incurable, mais, par une bonne ferrure, on peut en diminuer les conséquences. Il faut ménager les talons, abattre la pince et employer un fer à éponges progressivement épaisses.
Cheval court-jointe. — Ce défaut étant l'opposé du précédent, doit être combattu par des moyens inverses.
Cheval qui se couche en vache. — Le cheval qui se couche en vache doit être ferré avec un fer à éponge interne tronquée, arrondie et incrustée dans la paroi. Il est bon
aussi de lui mettre autour du canon un bourrelet circulaire, qui empêche le talon du fer de porter sur le coude.
3° Ferrure des défectuosités des allures.
Les défauts des allures réclament aussi une ferrure particulière, que nous allons indiquer.
Cheval qui forge. — Si le cheval forge en éponges, il faut tronquer la pince du fer de derrière et les éponges du fer de devant. S'il forge en voûte, on se servira, pour les pieds antérieurs, d'un fer rétréci en voûte.
Cheval qui se coupe. — Le cheval qui se coupe, doit être ferré avec un fer à la turque, étampé en talons, si la coupure est produite par la mamelle du fer, ou avec un fer à mamelle rétrécie ; avec un fer à la turque, étampé en pince, si l'accident est produit par l'éponge du fer. Le pied doit être paré à plat; le quartier interne ménagé plus que l'externe; le bord de la paroi, arrondi en dedans, débordera le fer.
Cheval qui trousse. — Quand le cheval trousse, on recommande de ménager les talons et d'abattre la pince aux membres antérieurs, de donner une disposition contraire aux pieds postérieurs ; d'appliquer aux pieds de devant un fer lort en éponges et mince en pince, et aux pieds de derrière un fer fort en pince et mince en éponges. A notre avis, la ferrure ordinaire convient le mieux.
Cheval qui rase le tapis. — Le cheval qui rase le tapis doit
être ferré avec des fers légers et relevés en pince (ajuslure
en bateau) , pour qu'il soit moins exposé à rencontrer le sol.