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CHAPITRE VIII ALLAITEMENT, SEVRAGE

Sommaire. — Allaitement : naturel, artificiel, par adoption; sevrage : précautions à prendre.

Occupons-nous maintenant de Y allaitement et du sevrage.

Art. Ier. — De l'allaitement.

Dé6nition. L'allaitement est l'action de nourrir un animal avec du lait.

Dimion. On en distingue trois espèces : Pallaitement naturel, raL laitement par adoption et l'allaitement artificiel

allaitement natuael

L'allaitement est naturel, lorsque le poulain prend le lait aux mamelles de sa mère.

L'allaitement est généralement de six mois, quelquefois moins, souvent plus ; et, pendant sa durée, le poulain et la mère ont besoin de soins particuliers, soi,,, En toute saison, le poulain doit rester à l'écurie une douau poulain. zaine je jours et y être surveillé attentivement; car c'est

alors que les jeunes animaux sont le plus sujets à contracter des maladies intestinales, des hernies, etc.

Si le poulain est constipé , on lui donne des lavements d'eau de savon tiède ou un breuvage composé de 45 à 60 gr. d'huile douce, ou de 30 grammes de sulfate de soude. Par contre, s'il a la diarrhée, on lui administre des lavements émollients, on lui entoure le ventre d'une ceinture de laine, et surtout on évite de l'exposer au froid. Nourriture. Le lait de la mère suffit au poulain pendant un mois et

demi à deux mois. Passé cette époque, il de\ient insuffisant ; il faut y joindre d'autres aliments : l'avoine en France, l'orge en Algérie. Quand le poulain n'a d'autre nourriture que le lait de sa mère, il est de petite taille et de peu d'avenir, au moment du sevrage. Au contraire, lorsqu'il reçoit du grain tous les jours, il prend de la force, un grand développement et donne de belles espérances.

L'orge et l'avoine doivent être administrées entières aux poulains qui les digèrent bien ; aplaties ou concassées à ceux qui les mâchent ou les digèrent incomplètement. A mesure que le poulain avance en âge, il faut associer à ces aliments du vert et, à défaut, un peu de loin et de paille.

Quant à la quotité de la ration , elle doit être : à deux Ration, mois, de 300 grammes par jour; à trois mois, de 1 kilog. Gn augmente ensuite, de mois en mois, d'un demi-kilogramme, jusqu'à ce que le poulain en reçoive 3 kilog. par jour. La ration doit être distribuée de telle sorte que les repas soient nombreux, mais peu abondants.

Aussitôt que le poulain est assez fort pour suivre sa mère K»ercic<*. au pâturage, il faut l'y conduire, si le temps est beau. A défaut de prairie, on le met dans un parcours, où il reste exposé au soleil, la plus grande partie de la journée.

La vie en plein air et en liberté convient au poulain. Là, il respire un air pur, se livre à des ébats, à une gymnastique qui contribue puissamment au développement de ses organes locomoteurs. Dans les pays chauds, il peut y passer le jour et la nuit ; tandis que, dans les climats tempérés, il faut le rentrer le soir à l'écurie, surtout dans la mauvaise saison. Le séjour constant à l'écurie nuit aux jeunes chevaux, lors même qu'on les y laisse libres.

Pendant l'allaitement, il faut commencer le dressage du n™*»*^poulain : l'habituer d'abord à se laisser brosser; éponger les yeux, les naseaux, l'anus et les parties génitales; lever les pieds et frapper sur la face plantaire des sabots.

Vers le quatrième mois de l'allaitement, on le coiffe d'un H 29

petit licou en cuir, sans boucles ni longe, par lequel on le prend de temps en temps pour lui faire faire quelques tours dans son box ; on l'attache à la mangeoire avec la longe, pendant qu'il mange l'avoine, et on reste auprès de lui pour l'empêcher de tirer au renard ; on le couvre d'une couverture maintenue avec un surfaix de sangle.

Deux mois avant le sevrage, on habitue le poulain à se laisser conduire par la longe. La première fois que le jeune sujet se trouve mené ainsi, il pousse des pointes et cherche à s'échapper. On ne doit pas lutter de force avec lui, mais lui faire une sage opposition, et dès qu'il obéit, il faut le récompenser en lui donnant des aliments dont il est friand.

La première condition de réussite dans le dressage du poulain, est la douceur et la patience. Quand on les emploie, au bout de peu de temps, il comprend vite ce qu'on lui demande, et aussitôt qu'il a compris, il s'y soumet sans difficultés. Si, au début, on le brusque, il perd la tête et on retarde considérablement son instruction.

Bopot. Soins a la jument. — La jument, qui vient de mettre bas, a besoin de rester à l'écurie pendant une douzaine de jours pour se rétablir des fatigues qu'elle a éprouvées. Après ce temps, elle peut commencer à travailler ou retourner aux pâturages. Dans les prairies, elle peut être seule ou réunie à d'autres mères ayant pouliné à peu près en môme temps et avec lesquelles elle sympathise. E faut mettre à part les juments qui mordent, ruent, et sont méchantes avec les autres mères ou avec les autres poulains. Nourriture. La nourriture des juments nourrices doit se composer d'aliments propres à donner du lait en grande quantité et de bonne qualité, par conséquent d'aliments tout à la fois nutritifs et rafraîchissants. Un repas de vert, et, à défaut, des carottes ou une mach , associé à la ration ordinaire de sec, convient dans cette circonstance. Quant à la quotité de la ration, elle doit varier suivant la taille et selon que les juments sont pleines ou non. Nous avons fait connaître,

page 442, quelle est la ration des juments au haras de l'Ecole de cavalerie.

Pour les mères qui restent dans les prairies toute la journée et ne reçoivent pas de nourriture sèche, il faut faire choix des prairies les plus riches et les mieux composées.

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