ALLAITEMENT ARTIFICIEL ET ALLAITEMENT PAR ADOPTION
Lorsque le poulain a perdu sa mère ou qu'elle ne lui fournit pas assez de lait, il faut lui donner une mère d'adoption, ou le nourrir artificiellement.
La plus grande difficulté que présente l'allaitement par une soim. mère étrangère, c'est d'habituer celle-ci à se laisser téter. Cette condition obtenue, l'allaitement se fait comme dans les circonstances ordinaires.
Si l'on ne peut donner au jeune sujet une mère d'adoption, il faut lui faire boire du lait dans un vase. Pour l'habituer à prendre cette nourriture, on se sert d'abord d'une bouteille bouchée d'un linge qu'on place dans sa bouche, puis on l'amène insensiblement à boire dans un vase à large ouverture. S'il refuse de prendre ainsi sa nourriture, on le force à boire en lui versant dans la bouche du lait contenu dans une bouteille.
Le lait de jument convient le mieux ; mais comme il est difficile de s'en procurer, on le remplace par du lait de vache. Quand celui-ci est insuffisant, on y ajoute de la farine de blé ou d'orge, etc., ou une décoction de quatre parties de blé ou d'orge et d'une partie de graine de lin.
L'allaitement artificiel est loin de valoir l'allaitement na- tiret*, turel. Les poulains qui y ont été soumis n'ont jamais la vigueur, la taille, la force des autres, et il est rare qu'ils n'en conservent pas toujours des traces.
Art. II. — Sevrage.
Après six mois d'allaitement, on peut sevrer le poulain. Cette opération est peu pénible, tant pour la mère que pour
le produit, quand on a soin de les séparer assez pour qu'ils ne puissent se voir, ni entendre leurs cris, et si on donne à l'un et à l'autre un compagnon.
Pour faire passer le lait de la mère, il faut la traire deux ou trois fois par jour, diminuer sa ration et augmenter un peu le travail. Si ces moyens ne suffisent pas, on place sur les mamelles un cataplasme de terre glaise ou de craie, délayée dans du vinaigre ; on donne un purgatif.