‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 79 sur 139 · DEPOT DE REMONTE D'AUCH · texte numérisé non relu

DEPOT DE REMONTE D'AUCH

La circonscription d'achat du dépôt de remonte d'Auch s'étend aux départements du Gers, de Y Hérault, de Y Aude et de la Haute-Garonne,

Gers. — Ce département est le principal centre de production du dépôt qui nous occupe et un des meilleurs du Midi, par sa fertilité en grains et en fourrages d'excellente qualité. Les chevaux qu'il élevait autrefois avaient tous les caractères de la race navarrine ; mais ils étaient moins élégants, moins distingués et mieux membrés que ceux de Tarbes. L'espèce actuelle est le fruit du croisement de la jument du pays avec des étalons de provenances diverses : anglais de pur sang et de demi-sang, arabes, etc. Ces chevaux ont plus de taille, de gros et d'ampleur dans les membres que ceux de la plaine de Tarbes, dont ils rappellent, du reste, le type ; mais ils ont moins de sang. Ils font de bons chevaux de cavalerie légère et de cavalerie de ligne. Quelques éleveurs se livrent à la production du pur sang.

De tous les départements du Midi celui du Gers était autrefois le plus riche en chevaux. Les guerres de la Républi-

que et de l'Empire lui enlevèrent une grande partie de ses ressources. Sous la Restauration, il s'efforça de relever sa jumenterie, mais il la livra presqu 'entièrement à la production du mulet, qui lui donnait alors, comme aujourd'hui, des bénéfices plus prompts, plus sûrs et plus considérables que celle du cheval. Depuis 1830, on s'est beaucoup trop servi de l'étalon de pur sang anglais, et les produits que l'on en a obtenus ont été souvent grêles, décousus, hauts sur jambes, sans appropriation distincte, et refusés par le luxe et par l'armée.

L'élevage laisse beaucoup à désirer dans ce département. Les juments travaillent toute l'année. Les poulains sont employés au labour dès l'âge de trois ans, et attelés avec des bœufs. Ils ne mangent jamais d'avoine, aussi leur développement est-il tardif; mais, une fois dans les corps, sous l'influence d'une bonne hygiène, ils grandissent, s'étoflent et prennent de belles formes.

Le Gers fournit à l'armée des chevaux de troupe et d'officiers pour toutes les armes, mais surtout pour la cavalerie légère et la cavalerie de ligne. Il fournit aussi des mulets.

Halte-Garonne. — Ce département est riche en chevaux, mais l'espèce n'y est pas très-homogène et provient un peu de partout : du Perche, de la Bretagne, de la Normandie, de l'Ariége. Quelques propriétaires livrent à la reproduction de bonnes juments qui produisent des chevaux de troupe pour la cavalerie légère et la cavalerie de ligne. On trouve aussi dans ce pays des poulains bigourdans, achetés à 1 ou 2 ans, dans les Pyrénées et dans le Gers, et qui prennent, sous l'influence d'une nourriture abondante et substantielle, plus de taille et de corps que s'ils étaient restés dans leur pays natal. La Haute-Garonne se livre beaucoup à la production mulassière.

L'élève des chevaux n'offre rien de particulier et n'est pas fait avec plus de soin que dans les autres départements du Midi. L'emploi mal compris du pur sang anglais a donné h 32

dans ce département les mêmes résultats que dans les départements voisins.

Les dépôts de remonte d'Auch et de Tarbes achètent dans la Haute-Garonne des chevaux de troupe et d'officiers pour toutes les armes, surtout des chevaux de hussards et de chasseurs, quelques chevaux de lanciers et des mulets.

Hérault. — L'Hérault, pays vignoble, est pauvre en chevaux et en produit peu. Il élève dans les environs d'Agde des chevaux d'origine Camargue. Les chevaux que l'Hérault possède sont importés de divers pays et propres aux travaux agricoles, au trait lent ou léger. Ce département ne fournit à l'armée que quelques chevaux par an.

Aude. — Les chevaux de ce département sont très- variés et presque tous d'origine étrangère. Ils viennent de la Bretagne, du Poitou ou de la plaine de Tarbes. Les environs de Narbonnc, de Carcassonne, de Castelnaudary, sont plus riches en chevaux que les autres parties du département. L'Aude est à peu près sans ressources pour l'armée, quoiqu'il compte une nombreuse population chevaline.

DkPOT DE REMONTE D'AGEN.

Le dépôt de remonte d'Agen a pour circonscription d'achat les départements de Tarn-et-Garonne, de Lot-et-Garonne, du Ijùt et du Tarn.

Tarn-et-G abonne. — L'espèce chevaline de ce département offre peu d'intérêt : elle est petite, chétive, de peu d'apparence, et se compose, en grande partie, d'animaux achetés en Bretagne, en Auvergne, en Saintonge, en Allemagne. Cependant, dans l'arrondissement deCastel-Sarrazin,vit une petite colonie de chevaux, importés la plupart de la plaine de Tarbes, ou formés par suite du croisement de la jument du pays avec des étalons du dépôt de Villeneuve. Ces chevaux, élevés sur les bords de la Garonne, ont des formes élégantes, de la distinction, de la finesse dans les membres, mais leurs jarrets sont souvent jardés.

Ce département le plus important du dépôt dont nous nous occupons, fournit à la remonte d'Agen des chevaux de cavalerie légère, un petit nombre de chevaux de cavalerie de ligne et des mulets.

Lot-et-Garonne. — La partie occidentale de ce département produit de petits chevaux landais, semblables à ceux qu'on trouve dans le département des Landes. Partout ailleurs, on trouve un mélange de chevaux allemands et normands de petite taille et de juments venues de la Bretagne, du Poitou et de la Saintonge. Ces chevaux , croisés avec l'espèce suivante, produisent une variété assez élevée, mais sans énergie, sans harmonie, et de peu de durée, surtout pour les services de la cavalerie de ligne. Il existe encore, dans ce département, une troisième variété, c'est celle qu'on élève dans la fertile plaine arrosée par la Garonne. Celle-ci est à deux fins, d'une taille moyenne et d'une grande énergie. On lui reproche d'avoir la poitrine étroite ; le rein mal attaché; les membres grêles inférieurement; les jarrets souvent jardonnés ou atteints d'éparvins. Ce type diminue de jour en jour.

Le dépôt d'Agen y achète les mômes espèces que dans le ïarn-et-Garonne, mais le nombre en est moins considérable.

Lot. — Dans le Lot, l'espèce chevaline est énergique, sobre, mais d'apparence grêle et chétive, partout où la nourriture est peu abondante et mauvaise ; tandis qu'elle est plus fortementconstituéeetressembleauchevalderAuvergnedans les contrées où les aliments sont abondants et de bonne qualité. Dans ce département, on ne trouve pas de chevaux d'importations diverses, comme dans les précédents. Toutes les fois que les ressources chevalines sont insuffisantes, les propriétaires y suppléent en achetant des mulets.

Le Lot fournit annuellement à l'armée une quinzaine de chevaux de cavalerie légère et quelques mulets.

Tarn. — Le Tarn est un pays pauvre en chevaux et l'es-

pèce y est mêlée. Elle résulte d'achats faits dans le Poitou, en Bretagne, en Normandie, en Auvergne. Ces chevaux arrivent dans le Tarn, à l'âge de iS à 30 mois, et y sont élevés et employés aux travaux agricoles. Mais, indépendamment de ces importations, on élève aussi, dans ce département, un cheval produit des juments du pays avec les étalons du dépôt de Rhodez, ressemblant beaucoup à celui de l'Aveyron, dont nous parlerons ailleurs.

Le Tarn vend, chaque année, à la remonte d'Agen une trentaine de chevaux de troupe et une quinzaine de chevaux de ligne et d'artillerie.

Élevage. L'élevage et l'hygiène du cheval dans les quatre départements précités laissent beaucoup à désirer. En été, les poulains vivent dans les pâturages, où ils trouvent une nourriture abondante et substantielle; tandis qu'en hiver, on les renferme dans des écuries basses, malsaines, et on ne leur donne que le rebut de la nourriture des bœufs. On les soigne peu, et pour eux, le pansage est à peu près inconnu. A trois ans, les produits des deux sexes sont livrés aux travaux les plus fatigants ; ils dépiquent les grains, labourent avec les chevaux laits, ou portent le bât.

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