‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 80 sur 139 · DEPOT DE REMONTE DE MÉRIGNAC · texte numérisé non relu

DEPOT DE REMONTE DE MÉRIGNAC

La circonscription d'achat de ce dépôt s'étend aux départements de la Gironde, de la Dordogne et des Landes. Espèce». Gironde. — L'espèce chevaline actuelle de ce département s'éloigne considérablement de celle élevée dans la plaine de Tarbes et ne présente rien d'homogène ; aussi, demande-t-elle à être étudiée dans chacun des groupes dont elle se compose. Elle comprend, comme types propres au pays, les chevaux landais et ceux du Médoc, et comme types importés, un mélange de navarrins, de limousins, d'auvergnats, de bretons, de normands, d'allemands, etc.

1° Cheval landais. — Le landais bordelais est élevé dans l'arrondissement de Bazas, dans toute la lande bordelaise,

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le voisinage du Médoc, et dans quelques communes de l'arrondissement de Lesparre. Ce cheval présente tous les caractères extérieurs de la race landaise, que nous ferons bientôt connaître, mais il est plus grand, plus fort et d'une conformation plus régulière; il a la tête petite, carrée et expressive; les membres d'aplomb et d'une conformation qui laisse peu à désirer. Il est sobre, nerveux, dur, infatigable, rustique ; il est recherché pour le service de la selle ; et fait de jolis petits attelages, mais il est tout-à-fait impropre au service de guerre.

2° Cheval médocain. — Le Bas-Médoc produit et élève une petite famille équine, qui est le fruit des croisements de la jument indigène avec les étalons anglais et anglo-normands; on lui a donné le nom de chevaux médocains. Cette variété a pour principal centre de production, les marais et les palus de la rive gauche de la Garonne, depuis Bordeaux jusqu'aux limites de l'arrondissement de Lesparre.

Par sa taille, sa corpulence et sa membrure, le cheval caractère*, médocain est apte à la cavalerie de ligne ; il a la tête forte et empâtée; les oreilles mal plantées, ce qui, joint au volume de la tête, le fait paraître commun; l'encolure droite; le garrot souvent un peu bas ; le rein long ; la croupe courte ; la côte plate; le ventre volumineux ; l'épaule bien attachée et bien musclée ; l'avant-bras fort ; le genou creux ; le tendon bien détaché ; le pied large sans être plat ; le jarret étranglé ; les aplombs irréguliers.

Ces chevaux sont élevés dans les palus et les marais où ils ÉleTagc vivent, par les plus gros temps de l'hiver, comme par les chaleurs les plus fortes de l'été, à peu près sans soins et sans recevoir d'autre nourriture que celle qu'ils trouvent sur le sol. A l'âge de deux ans, on châtre les mâles qui, parvenus à leur quatrième année, sont vendus, ainsi que les pouliches qu'on ne livre pas à la reproduction. Les poulinières ne travaillent pas pendant la grossesse et ne reçoivent pas une nourriture convenable.

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Dans les marais du Médoc se trouve une variété de la même race, mais plus commune, plus lymphatique et ne pouvant servir que pour le trait.

Entre la Dordogne et la Garonne, et sur les bords de la Gironde, jusqu'au Bec-d'Ambez, vit une autre variété de la même famille, que la Remonte achète pour les services de l'armée.

La Gironde fournit à la cavalerie quelques chevaux d'officiers, un petit nombre de chevaux de réserve et de ligne, des chevaux de cavalerie légère et d'artillerie.

Dordogne. — L'espèce chevaline est moins belle et moins nombreuse dans ce département que dans celui de la Gironde. En Périgord, le cheval ressemble à celui de l'Aveyron, physiquement et moralement; il est élevé de même, et, comme lui aussi, il est mal nourri, mal soigné et ne vient qu'après le mulet et le bœuf.

Dans la partie de la Dordogne qui touche à la Haute- Vienne et à la Corrèze, le cheval tient du limousin et en conserve le cachet, bien qu'il soit légèrement modifié par le climat, la nourriture, etc.

La Dordogne fournit à l'armée moitié moins de chevaux que la Gironde.

Landes. — Le département des Landes n'est pas d'une grande ressource pour l'armée, mais il nourrit une race particulière, connue sous le nom de cheval landais. Ce cheval que l'on dit descendre d'une souche orientale, se reproduit au milieu des sables et des marécages que présente le département qui lui a donné son nom. Sous l'influence de la vie demi-sauvage qu'il mène, du climat, de la nourriture et du sol qu'il foule, le cheval landais a pris un cachet particulier, qu'il conserve et transmet invariablement à ses descendants. Il est bai ou alezan ; sa taille oscille entre lm,10 et lœ,30 ; sa tête est petite, carrée et souvent camuse; son œil vif et grand; ses oreilles sont petites et très-mobiles; ses lèvres, sans «esse en action, donnent à sa physionomie un cachet

particulier qui trahit son caractère indocile et son origine demi-sauvage ; son encolure, grêle et renversée, est ombragée d'une crinière soyeuse, abondante et longue ; il a le garrot bien sorti ; le rein court et bien attaché ; la côte ronde ; la croupe tranchante; les membres grêles, très-secs et d'une pureté irréprochable.

Le cheval landais naît dans les landes et y vit sans abri ; Éi«vage. il n'a pour toute nourriture que celle fournie par la nature. Exposé sans cesse aux intempéries, sa constitution devient robuste, énergique et peu accessible aux maladies. Accoutumé à vivre de peu, il est très-sobre et peu difficile sur la nourriture, infatigable, résiste aux travaux les plus durs, fait des courses surprenantes, se contentant d'un peu de foin ou de paille. Mais, comme tous les chevaux élevés loin de l'homme, il n'est pas toujours docile et résiste quelquefois à la domestication. Cependant il est, en général, d'un caractère doux, quoique facile à effrayer.

Le cheval landais se reproduit en dedans. On a essayé de le croiser avec d'autres chevaux, mais cette opération n'a pas donné les résultats qu'on en attendait. La monte a lieu en liberté et sans soins.

A deux ans, on s'empare de lui, on le coiffe d'un licou, Dre«ag*. on le châtre, puis on commence son éducation. A cinq ans, il est fait et en état de rendre de bons services. Dans le pays, on l'emploie aux travaux agricoles, de concert avec le mulet et le bœuf. Il est impropre aux services militaires, excepté dans quelques endroits, où l'on trouve ça et là quelques individus plus grands et plus forts et que la remonte achète pour la cavalerie légère. Ceux-ci sont élevés dans les belles landes, espèces d'oasis que l'on cultive au milieu des sables, où les animaux trouvent une nourriture plus abondante et meilleure, et reçoivent, en hiver, un peu de foin ; là, ils prennent plus de taille et des formes plus gracieuses.

Le département des Landes fournit, tous les ans, à la re-

monte des chevaux de cavalerie légère et quelques chevaux de ligne.

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