DÉPÔT DE REMONTE D'AURILLAC
Le dépôt de remonte d'Aurillac effectue ses achats dans les départements du Cantal, du Puy-de-Dôme, delà Corrcze et de YAveyron, qui sont en possession du cheval auvergnat '. r.hettti cheval auvergnat n'est plus aujourd'hui ce qu'il était
rergnat. ja(jjS) tant gQQg ie rapport de la conformation que sous celui des qualités. Les croisements qu'il a subis à différentes époques, et surtout avec les chevaux anglais de pur-sang ou de demi-sang, l'ont considérablement modifié en mauvaise part. De ces croisements sont nés des produits décousus, hauts et grêles de membres, longs de reins, à côtes plates, délicats, moins rustiques, plus sujets à la fluxion périodique, et trop gros mangeurs pour un pays aussi pauvre et aussi accidenté que celui où est élevée la race dont nous parlons. Le cheval de l'époque actuelle n'a plus de caractères bien tranchés, et ressemble peu à celui de l'ancienne race ; néanmoins, il fournit à la cavalerie légère un assez bon recrutement. Il s'acclimate vite dans les corps, et, sous l'influence d'une hygiène meilleure et d'une nourriture plus abondante, il prend de l'embonpoint et perd ses formes sèches et anguleuses. Ce dont il a le plus à souffrir, c'est du séjour dans
1 L'ancien cheval auvergnat était considéré comme une légère dégénération de celui du Limousin, dont il avait la conformation, avec un peu moins d'élégance et de distinction. Il avait lm,47 au plus; la té te t ourte et expressive ; l'encolure rouée ou renversée ; la crinière abondante et fine ; le garrot beau et souvent séparé de l'encolure par le coup de hache; le dos et le rein bien conformés; les hanches saillantes; la croupe tranchante; les membres secs, nerveux, mais non loujours exempts de défauts d'aplombs; le jarret crochu et gros; le paturon court ; le pied bien conformé et d'une corne très-dure. Ces chevaux étaient sobres, rustiques, intelligents, un peu têtus, parfaitement appropriés à la nature du sol qui les produisait, et éminemment propres au service de la selle.
les écuries, où il respire un air qui est loin d'être aussi pur que celui de ses montagnes.
Les chevaux auvergnats ont pour principal centre de production le Cantal ; mais on les trouve aussi dans le Puyde-Dôme et les départements limitrophes.
Cantal. — Dans le Cantal, le cheval est soumis à un sys- éi tème d'élevage et d'hygiène qui est à peu près le même partout. La jument pleine est montée jusqu'au dixième mois de la gestation, et n'est pas mieux nourrie, en hiver, que si elle était vide. Cinq ou six jours après la mise bas, on l'envoie, ainsi que son poulain, dans les pâturages où elle passe souvent la nuit.
L'allaitement des poulains est de cinq à six mois. Après le sevrage, on en vend une partie qui est exportée dans les départements voisins ; l'autre reste dans les pâturages jusqu'au mois de novembre, époque à laquelle on les rentre à l'écurie. La stabulation dure jusqu'au mois d'avril, et tant qu'elle a lieu, les poulains ne sortent guère que pour boire. L'hiver est pour les jeunes animaux une époque de misère : ils ne reçoivent qu'une nourriture insuffisante, composée de paille de seigle et d'un peu de foin ; ils ne sont jamais pansés ; on les loge dans des écuries basses, étroites, chaudes, où l'air et la lumière ne pénètrent que difficilement. Le jour précaire des écuries, contrastant, plus tard, avec la lumière intense dont ils jouissent sur les montagnes, dans les pâturages, est regardé comme une des causes principales de la fluxion périodique.
Aux premiers beaux jours du printemps, on envoie les poulains dans les pâturages, bien que la saison soit encore rigoureuse et que la végétation soit peu avancée; ordinairement, ils y restent, nuit et jour, jusqu'au mois de novembre. Dès l'âge d'un an, la vie du poulain est toujours la même ; il passe l'hiver, à l'écurie, dans la misère et l'été, aux pâturages, dans l'abondance. A deux ans, on le châtre, et douze mois après, on le monte sans ménagements. Ce travail pré-
maturé est pour lui une cause fréquente de tares qui le mettent hors d'état d'être reçu par la remonte.
La maladie dominante chez le cheval de cette race est la fluxion périodique : elle y est si commune, qu'on a dit (M. de Lastic) qu'elle affecte un tiers de la population. Et, chose digne de remarque, c'est que cette maladie était à peu près inconnue dans le pays, avant qu'on y introduisît le sang anglais, et quand la race était croisée avec les chevaux arabes.
La population chevaline est plus nombreuse dans le Cantal que dans les autres départements de l'ancienne Auvergne. Ce département fournit au dépôt de remonte d'Aurillac la plupart des chevaux de cavalerie légère et de cavalerie de ligne qu'il achète.
Pu y-de-Dômk . — La race auvergnate présente, dans ce département, la même conformation extérieure, les mêmes qualités que dans le Cantal ; mais elle est moins belle et moins nombreuse. Le système d'élevage est aussi le même. La Remonte y achète des chevaux de cavalerie légère et de cavalerie de ligne, qui, rarement, ont assez de distinction pour monter des officiers.
Corrèze. — Ce département n'a pas une aussi grande importance que celui du Cantal. Ses produits arrivent rarement à la taille des armes de ligne, et c'est pour ce motif, qu'un moins grand nombre de chevaux sont vendus à la Remonte ; mais il donne de bons chevaux de cavalerie légère, parmi lesquels on compte quelques chevaux de tête.
Aveyron. — La race auvergnate domine dans l'Aveyron ; mais elle y est moins pure que dans les deux précédents départements. D'après M. Gayot, la jument auvergnate, croisée avec les étalons du dépôt de Rhodez, a donné lieu à un cheval particulier qui forme, pour ainsi dire, la race du pays. Ce cheval n'a que 4",47 ; cependant, il est susceptible de prendre plus de taille toutes les fois qu'il est convenablement nourri. Il est bien caractérisé par la largeur du front
et le développement des ganaches ; l'encolure grêle et la crinière courte et peu fournie ; le garrot bas ; le rein long; la croupe courte ; les membres peu musclés; la charpente osseuse forte; les canons et les tendons grêles; les paturons courts; les pieds durs et bien conformés. Ce che\al est énergique, mais plus nerveux que musculeux. On voit encore, dans ce département, un mélange de chevaux venus du Poitou, de la Bretagne, de la Normandie, etc.
Dans l'Aveyron, le cheval est soumis à un élevage et à Eie>«ge. une hygiène détestables. En été, il vit dans les pâturages, où il trouve une nourriture abondante; en hiver, il est enfermé dans des écuries étroites, basses, malsaines, où il ne reçoit, pour toute nourriture, que le rebut des afTourragements du bœuf, excepté chez quelques propriétaires, aisés et intelligents, qui le nourrissent moins mal. A deux ans et demi, le poulain est employé à dépiquer les grains, à labourer et à porter le bât.
L'Aveyron fournit à la remonte une vingtaine de chevaux de troupe de cavalerie légère, quelques chevaux de réserve et d'artillerie.