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DÉPÔT DE REMONTE D'ANGERS

Ce dépôt achète dans les départements de Maine-et-Loire, d'Indre-et-Loire, de Loir-et-Cher et de la Mayenne.

Maine-et-Loire. — La population chevaline est hétérogène dans ce département. On y trouve une race de petits chevaux, particuliers au pays ; une dégénération de la race bretonne, apte, comme la précédente, aux travaux agricoles, mais trop commune pour l'armée ; des chevaux issus du croisement de ces deux races ; enfin des produits de ces mêmes races avec des étalons anglais ou anglo-normands, de pur sang ou de demi-sang du dépôt d'Angers. Ceux-ci forment une espèce métis, connue sous le nom de chevaux angevins, qui fournit à l'armée bon nombre de chevaux de trait et de selle, sans caractères particuliers, mais ressemblant au type anglonormand. Les meilleurs descendent des étalons de demisang ; ceux qui sortent du pur sang ont la poitrine étroite, les membres grêles, de mauvais aplombs et sont trop irritables. Prodoction. Mais l'espèce équine présente des différences dans Maineet-Loire. Les arrondissements de Beaupreau, de Segré, d'Angers sont les plus riches et produisent les meilleurs chevaux. A Beaupreau et à Segré, on trouve de la distinction et du cachet. L'arrondissement d'Angers fait bien aussi. Celui de Baugé donne des chevaux de petite taille et communs. Celui de Saumur fait peu de chevaux de selle.

Maine-et-Loire est plutôt un pays de production que d'élevage. Les éleveure vendent leurs poulains dès l'âge oe dix-huit mois à deux ans à des marchands qui les conduisent en Touraine, en Limousin, en Auvergne, en Normandie. Le peu qu'ils élèvent sont livrés au commerce ou à la Remonte, lorsqu'ils ont atteint leur quatrième année. Hygiène. L'hygiène laisse beaucoup à désirer. La plupart des éleveurs enferment les chevaux, en hiver, dans des écuries basses, chaudes, humides, où l'air et la lumière ne pénètrent que difficilement. Le pansage y est à peu près inconnu. Les chevaux restent dans les prés, les marais, les jachères, jusqu'au moment où les neiges ou les inondations obligent à les en retirer, et ne reçoivent d'autre nourriture que celle qu'ils trouvent. Ces conditions hygiéniques nuisent au

développement du cheval, à ses qualités physiques, mais elles le rendent docile, doux, sobre, rustique. Aussi, ceux qui réunissent les conditions nécessaires pour entrer dans l'armée s'acclimatent-ils facilement et promptement dans les corps, et une fois acclimatés, y font-ils un bon service.

Le dépôt d'Angers achète dans Maine-et-Loire des che- Achat*, vaux pour toutes les armes, surtout pour la cavalerie légère, l'artillerie et la ligne.

Mayenne. — La Mayenne est peuplée, en grande partie, Espèce., de chevaux de trait qui participent des caractères du breton et de ceux du percheron. Dans le Craonnais, l'espèce est légère, ne manque ni de cachet ni de valeur et fournit dos chevaux de ligne. Dans les contrées qui touchent au département de l'Orne, on élève des chevaux 1 très-sobres, très-rustiques, mais trop petits pour l'armée.

La Mayenne offre peu de ressources à l'armée. Acbau.

Indre-et-loire. — Ce département est peuplé de chevaux E»pècei bretons, percherons et poitevins ; mais le type breton y est le plus répandu. On le trouve partout; cependant, dans les environs de Tours, dans l'arrondissement de Loches et à l'est de celui de Chinon, le cheval du Poitou et la jument percheronne lui disputent la place. Dans les contrées qui touchent au département de l'Indre, on rencontre une petite variété impropre aux services militaires, mais éminemment sobre et rustique.

1 Ces chevaux, appelés charbonniers ou baynolett, sont bons pour les services agricoles. Ils sont vendus, à l'âge de un an à dix-huit mois, aux habitants de l'Orne, qui les abandonnent, le jour, dans les champs de bruyères, de genêts et d'Ajoncs. La nuit venue, on les rentre à l'écurie, où ils trouvent un peu de menue paille, ou de mauvais foin, et rarement un peu de sou. Ce mode d'élevage n'est pas fait pour grandir ces chevaux, mais il leur donne de l'énergie, de la vigueur et une sobriété à toute épreuve. A quatre ou cinq ans, ces chevaux sont achetés aux foires de Dorafront, de Préi-en-Paille, de Mayenne, par des marchands qui les conduisent à Paris, où ils sont employés aux voitures; en Auvergne, sur les bords de la Loire, où on les utilise aux travaux agricoles.

Achat». C'est à peine si la Remonte achète dix chevaux, par an, dans Indre-et-Loire.

Eipècw. Loir-ethiher . — Le cheval percheron, que nous ferons connaître plus tard, domine dans ce département et s'y présente avec tous ses caractères propres. L'arrondissement de Vendôme, qui est en quelque sorte le cœur du Perche, est en possession des plus belles juments percheronnes. Dans l'arrondissement de Romorantin, les juments du pays, croisées avec le demi-sang anglo-normand, ont donné des produits qu'on pourrait employer aux services de la cavalerie de ligne.

Ce département nourrit, en outre, beaucoup de petits chevaux chétifs, rabougris, vivant, pour ainsi dire, à l'abandon, dans les landes et les marais de la contrée. Achat*. La Remonte n'achète pas plus de quinze chevaux, par an, dans le Loir-et-Cher.

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