‹ Cours d'hippologie à l'usage de MM. les officiers de l'arméeChapitre 96 sur 139 · DÉPÔT DE REMONTE DE VILLERS · texte numérisé non relu

DÉPÔT DE REMONTE DE VILLERS

Le dépôt de remonte de Villers a pour circonscription d'achat les départements des Ardennes, de la Marne, de Y Aisne y de Seine-et-Marne, du Nord, du Pas-de-Calais.

Ardennes. — Le département des Ardennes possédait autrefois une race très-estimée pour les armes légères Le cheval de l'époque actuelle est le résultat des croisements divers de la jument du pays avec les étalons percheron, anglonormand, anglais de pur sang et de demi-sang. Il est propre à l'artillerie-trait et aux travaux agricoles, ou à la selle.

L'espèce de trait (fig. 288e) a iœ,51 au plus; des formes grossières et rudes ; la tête mal attachée, chargée de ganaches,

1 La chronique fait descendre l'ancienne race ardennaise du cheval arabe, introduit dans les Ardennes au xie siècle. Le cheval ardennais était petit, sobre, très-rustique, près de terre, à tête camuse et trèsexpressive, à l'œil très-intelligent, à l'encolure droite, aux épaules plates, au poitrail large, aux membres courts et nerveux, aux jarrets solides, mais crochus. Il était éminemment propre à la cavalerie légère et jouissait, dans l'armée, d'une grande considération. 11 supporta parfaitement les rudes épreuves de la campagne de Russie.

bien coiffée ; le front droit; l'œil grand et saillant ; le garrot gras ; le rein court ; les hanches saillantes ; la croupe oblique ; la queue mal attachée; le jarret étroit, coudé et crochu. Ce cheval est doux, docile, sobre, rustique et a du fond, qualités précieuses qui le rendent propre aux services de l'artillerie. Il est élevé dans les arrondissements de Rocroy, Mézières, Sedan.

L'espèce de selle est élevée sur les bords de la Meuse et

{Fig. Î92.«) Cheval ardennais d'artillerie.

sur les frontières de la Belgique. Elle diffère de la précédente par des formes moins massives et moins communes, sa tète camuse et légère, son garrot bien sorti, son épaule plus longue, son poitrail moins large et son ventre moins volumineux. Ce cheval est énergique, robuste, rustique, apte à la cavalerie légère, et pourrait donner des sujets de cavalerie de ligne si sa taille était un peu plus élevée. On le trouve dans les arrondissements de Réthel, Vouziers, etc.

L'hygiène laisse à désirer dans les Ârdennea. Les écuries sont peu salubres ; la nourriture est peu abondante et médiocre, et les chevaux sont soumis, jeunes, à un travail qui dépasse leurs forces et les tare promptement.

Ce département est riche en chevaux et fournit un nom- Aeh«u. breux contingent à l'armée, surtout en chevaux d'artillerie.

Aisne. — L'espèce chevaline de l'Aisne n'a rien d'uni- Espèce», forme. Elle provient presque toute d'importations de la Belgique, des Ardennes, du Boulonnais, de l'Allemagne. Les quelques sujets qui naissent dans ce département sont le produit des juments des espèces précitées, croisées avec des étalons ardennais. Ces chevaux sont grands, forts et communs. Ceux que l'on trouve dans les arrondissements de Soissons et de Château-Thierry sont propres au gros trait ; ceux de Saint -Quentin et de Vervins, au trait lent et à 1 artillerie. L'arrondissement de Laon donne quelques chevaux de cavalerie légère.

Les chevaux importés arrivent, les uns, après le sevrage, tie^ge. les autres, à 3 ou 4 ans. A leur arrivée, on les loge dans de petites écuries malpropres, où manquent l'air et la lumière, et on les soumet à un nouveau régime alimentaire. Ils ne sortent de ces réduits que pour aller boire une eau de mauvaise qualité. Rarement on leur donne de l'avoine. A 48 mois, on les attelle à la charrue et on les soumet à des travaux qui les usent et les tarent promptement.

Le département de l'Aisne fournit à la Remonte des su- Achats, jets pour toutes les armes, notamment pour l'artillerie.

Marne. — L'espèce de gros trait domine dans ce dépar- E.Pèce«. tement ; on la trouve surtout dans les arrondissements de Reims et de Sainte-Ménehould. On y voit aussi des chevaux d'artillerie et de cavalerie dans les arrondissements de Châlons et de Vitry.

Seine-et-Marne. — Ce département renferme des chevaux de gros trait et quelques petits chevaux chétifs, communs et décousus.

Espace». Nord. — Le département du Nord est peuplé en grande partie de chevaux flamands, que nous avons fait connaître en parlant de la race boulonnaise. On y trouve aussi une espèce intermédiaire entre le boulonnais et le percheron : celle-ci mesure de 4,55 à i ,65; a la tête forte, carrée, chargée de ganaches; l'encolure courte, épaisse; la crinière double et rude ; le poitrail largement ouvert ; le garrot noyé ; l'épaule belle; l'avant-bras bien musclé; le genou large; le canon et le paturon courts ; le sabot légèrement plat et la fourchette grasse ; la côte ronde ; le dos court et droit ; les reins doubles, ainsi que la croupe; la queue attachée bas; la cuisse forte ; la jambe bien établie ; le jarret droit, mais solide ; les rayons inférieurs un peu grêles. Robuste et vigoureux, ce cheval trotte vite et longtemps, etfait un excellent cheval de train et d'artillerie. Dans l'arrondissement d'Avesne, il est plus grand, moins massif, plus élégant.

Le défaut de pâturages ne permettant pas au département d'élever les chevaux qu'il produit, le Nord vend les 4/5 de ses poulains aux marchands de la Normandie, qui les revendent comme Normands à 4 et 5 ans. Ceux qu'on élève dans le pays sont envoyés dans des pâturages communaux humides, où ils restent, nuit et jour, jusque vers la fin de l'automne.

Les juments les plus élégantes, telles que celles de l'arrondissement d'Avesne, donnent, avec le carrossier de Caen ou du Merlerault, de bons chevaux de grosse cavalerie et de ligne.

Pas-de-Calais. — L'espèce chevaline la plus importante de ce département appartient à la race boulonnaise de trait léger, dont nous avons fait l'histoire.

Achats. Le Nord et le Pas-de-Calais fournissent à la Remonte des chevaux de toutes armes, surtout d'artillerie-trait.

DÉPÔT DE REMONTE DE SAMP1GNY.

Le dépôt de remonte de Sampigny achète dans la Lorraine et l'Alsace des chevaux propres à toutes les armes et surtout à l'artillerie.

Lorraine. — L'ancienne Lorraine, comprenant les quatre Etptœ*. départements actuels de la Moselle, de la Meuse, de la Meurthe et des Vosges, possède une population chevaline très-mêlée, mais que l'on peut réunir, d'après ses aptitudes au service, en deux types : l'un propre au trait, l'autre à la selle.

Le cheval de trait a la tête carrée; l'encolure courte; le chetd garrot bas ; le dos ensellé et souvent mal attaché ; les hanches de traa' saillantes ; la croupe courte, basse et avalée ; les membres grêles ; les articulations effacées, quoique sèches et nettes ; les pieds bien conformés. Sa taille s'élève rarement au-delà de 1-52. Les plus grands, les plus étoffés se trouvent dans les riches et fertiles plaines de la Moselle, de la Meurthe et des Vosges ; tandis que les contrées montagneuses et pauvres, comme l'arrondissement de Sarrebourg, ne produisent que des sujets médiocres.

Le cheval de selle a im50, au plus; des formes anguleuses cbeT»i et sans distinction; la tête belle; le dessus généralement de M,le* assez régulier; le dessous grêle. Il est sobre, rustique, doux, docile, et peut être employé au service de la cavalerie légère, quand il a assez de taille. Les chevaux lorrains ont beaucoup de nerf, sont sobres et durs à la fatigue. Leur conformation, alors même qu'elle les rapproche du cheval de trait, les rend plus propres aux allures accélérées qu'à traîner de pesants fardeaux (Gayot).

Alsace. — L'Alsace est riche en chevaux ; mais les types se ressemblent peu et diffèrent dans les deux départements par le nombre et les caractères extérieurs.

Bas-Rhin. — Le type dominant dans ce département K.Pècet. rappelle l'ancienne race deux-pontoise. Il dépasse rarement lœ50; il a la tête petite, bien attachée, mais mal coiffée et l'œil couvert; l'encolure bonne; le garrot bien sorti ; le dos et le rein ensellés et mal attachés; la croupe courte et tranchante ; la queue attachée bas ; la poitrine manque d'ampleur et de développement musculaire ; le jarret est étroit et souvent jardé; le boulet petit, le paturon rond, le sabot

évasé. H est d'un tempérament sanguin et lymphatique, doux, docile et d'un dressage facile.

Mais, dans tous les arrondissements, les chevaux ne se présentent pas avec les mêmes caractères. Les meilleurs sont élevés dans celui de Vissembourg. L'arrondissement de Schélestadt élève une espèce de petite taille, sobre, rustique, vigoureuse, qui fournit quelques sujets à la cavalerie légère. Celui de Strasbourg est peuplé en partie de chevaux allemands.

Achat*. Le Bas-Rhin fournit à l'armée des chevaux de cavalerie légère et d'artillerie-trait.

E.Pèce«. Haut-Rhin. — Dans le Haut-Rhin, le cheval a des formes lourdes et massives. Dans l'arrondissement de Belfort et d'Altkirch, on trouve un mélange de chevaux comtois et suisses. Dans celui de Colmar, le cheval belge ou anglonormand est le plus répandu.

Achat*. La Remonte achète dans ce département quelques chevaux de cavalerie de réserve et d'artillerie-trait.

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